Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בִּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת שָׁנָה לָנוּ רַבִּי יְהוּדָה אָסוּר לְאָדָם שֶׁיֵּהָנֶה מִמָּמוֹן חֲבֵירוֹ. חֲדָא – הָא דִּתְנַן.GUEMARA : Rabbi Yo'hanan a dit : en trois endroits, Rabbi Yehouda nous a enseigné le principe selon lequel il est interdit à un homme de tirer profit des biens de son prochain sans son plein accord, même si l'autre n'y perd rien. L'un de ces endroits est ce que nous avons appris dans notre Michna (enseignement des Tannaïm, Sages de l'époque de la Michna, compilé par Rabbi Yehouda HaNassi), où Rabbi Yehouda n'autorise pas à habiter dans la maison d'autrui sans lui payer de loyer.
- אִידַּךְ מָה הִיא, דִּתְנַן: הַנּוֹתֵן צֶמֶר לַצַבָּע לִצְבּוֹעַ לוֹ אָדוֹם וּצְבָעוֹ שָׁחוֹר, שָׁחוֹר וּצְבָעוֹ אָדוֹם, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: נוֹתֵן לוֹ דְּמֵי צַמְרוֹ. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם הַשֶּׁבַח יוֹתֵר עַל הַהוֹצָאָה – נוֹתֵן לוֹ הַיְּצִיאָה, וְאִם הַהוֹצָאָה יְתֵירָה עַל הַשֶּׁבַח – נוֹתֵן לוֹ אֶת הַשֶּׁבַח.Quel est l'autre endroit ? Ce que nous avons appris dans une Michna (Bava Kama 100b) : celui qui donne de la laine au teinturier pour qu'il la lui teigne en rouge, et que celui-ci l'a teinte en noir, ou pour qu'il la teigne en noir, et qu'il l'a teinte en rouge : Rabbi Méïr dit : le teinturier lui donne la valeur de sa laine. Rabbi Yehouda dit : si la plus-value dépasse la dépense du teinturier, le propriétaire de la laine lui donne la dépense ; et si la dépense dépasse la plus-value, il lui donne la plus-value. Le teinturier ne peut donc pas garder la laine, car il est interdit de tirer profit des biens de son prochain.
- וְאִידַּךְ מַאי הִיא, דִּתְנַן: מִי שֶׁפָּרַע מִקְצָת חוֹבוֹ וְהִשְׁלִישׁ אֶת שְׁטָרוֹ וְאָמַר לוֹ: ״אִם אֵין אֲנִי נוֹתֵן לְךָ מִכָּאן וְעַד זְמַן פְּלוֹנִי – תֵּן לוֹ שְׁטָרוֹ״. הִגִּיעַ זְמַן וְלֹא נָתַן, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יִתֵּן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לֹא יִתֵּן.Et quel est l'autre, le troisième endroit ? Ce que nous avons appris dans une Michna (Bava Batra 168a) : celui qui a remboursé une partie de sa dette et a déposé sa reconnaissance de dette entre les mains d'un tiers, et lui a dit : « Si je ne te donne pas le solde d'ici telle date, donne-lui au créancier sa reconnaissance de dette », afin qu'il puisse réclamer la totalité de la somme ; la date est arrivée et il n'a pas donné le solde : Rabbi Yossé dit : il la donnera au créancier ; Rabbi Yehouda dit : il ne la donnera pas, car le créancier n'a pas le droit de profiter ainsi des biens d'autrui.
- אַמַּאי? דִּלְמָא עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה הָכָא, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאִיכָּא שַׁחְרוּרִיתָא.La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) rejette ces preuves : Pourquoi en déduire un principe général ? Peut-être Rabbi Yehouda ne l'a-t-il dit ici, dans le cas de la maison et de l'étage, qu'à cause du noircissement des murs : celui qui habite la maison noircit par la fumée des murs neufs dont le propriétaire devra payer tout le prix.
- אִי נָמֵי לִצְבּוֹעַ לוֹ אָדוֹם וּצְבָעוֹ שָׁחוֹר – מִשּׁוּם דְּקָא מְשַׁנֶּה, וְהָתְנַן: כׇּל הַמְשַׁנֶּה יָדוֹ עַל הַתַּחְתּוֹנָה.Ou encore, dans le cas de celui qui a demandé de lui teindre la laine en rouge et que l'artisan l'a teinte en noir, c'est parce qu'il change ce qui était convenu, et n'avons-nous pas appris dans une Michna (76a) : quiconque change ce qui était convenu a le dessous ?
- וּמִי שֶׁפָּרַע מִקְצָת חוֹבוֹ נָמֵי הָוֵי אַסְמַכְתָּא, וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר לָא קָנֵי.Et dans le cas de celui qui a remboursé une partie de sa dette, la raison aussi est différente : c'est une asmakhta (engagement conditionnel pris sans intention réelle de l'exécuter), et nous avons entendu Rabbi Yehouda dire qu'une asmakhta n'acquiert pas. Il n'y a donc aucune preuve que Rabbi Yehouda interdit par principe de profiter des biens d'autrui.
- אָמַר רַב אַחָא בַּר אַדָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: תַּחְתּוֹן הַבָּא לְשַׁנּוֹת, בִּגְוִיל – שׁוֹמְעִין לוֹ, בְּגָזִית – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ.Rav A'ha bar Adda a dit au nom de Oulla : le propriétaire de l'étage inférieur qui vient changer la construction en rebâtissant la maison effondrée : s'il veut bâtir en pierres brutes au lieu de pierres taillées, on l'écoute, car le mur est plus large et plus solide ; s'il veut bâtir en pierres taillées au lieu de pierres brutes, on ne l'écoute pas, car cela affaiblit la construction.
- בִּכְפִיסִין – שׁוֹמְעִין לוֹ. בִּלְבֵנִים – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ. לְסַכֵּךְ בַּאֲרָזִים – שׁוֹמְעִין לוֹ. בְּשִׁקְמִים – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ.De même, s'il veut bâtir en demi-briques au lieu de briques entières, on l'écoute, car le mur est plus épais ; s'il veut bâtir en briques entières au lieu de demi-briques, on ne l'écoute pas. S'il veut couvrir le plafond en bois de cèdre au lieu de sycomore, on l'écoute ; s'il veut le couvrir en bois de sycomore au lieu de cèdre, on ne l'écoute pas.
- לְמַעֵט בְּחַלּוֹנוֹת – שׁוֹמְעִין לוֹ. לְהַרְבּוֹת בְּחַלּוֹנוֹת – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ. לְהַגְבִּיהַּ – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ. לְמַעֵט – שׁוֹמְעִין לוֹ.S'il veut réduire le nombre de fenêtres, on l'écoute, car cela renforce les murs ; s'il veut augmenter le nombre de fenêtres, on ne l'écoute pas. Surélever la maison, on ne l'écoute pas ; réduire sa hauteur, on l'écoute.
- עֶלְיוֹן שֶׁבָּא לְשַׁנּוֹת, בְּגָזִית – שׁוֹמְעִין לוֹ, בִּגְוִיל – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ.Inversement, le propriétaire de l'étage supérieur qui vient changer la construction : s'il veut bâtir en pierres taillées au lieu de pierres brutes, on l'écoute, car cela allège la charge qui pèse sur le bas ; s'il veut bâtir en pierres brutes au lieu de pierres taillées, on ne l'écoute pas, car cela l'alourdit.
- בִּכְפִיסִין אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ, בִּלְבֵנִים שׁוֹמְעִין לוֹ. בַּאֲרָזִים אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ, בְּשִׁקְמָה שׁוֹמְעִין לוֹ. לְרַבּוֹת בְּחַלּוֹנוֹת שׁוֹמְעִין לוֹ, לְמַעֵט בְּחַלּוֹנוֹת אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ. לְהַגְבִּיהַּ אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ, לְמַעֵט שׁוֹמְעִין לוֹ.S'il veut bâtir en demi-briques au lieu de briques entières, on ne l'écoute pas ; s'il veut bâtir en briques entières au lieu de demi-briques, on l'écoute. S'il veut couvrir en cèdre au lieu de sycomore, on ne l'écoute pas ; s'il veut couvrir en sycomore au lieu de cèdre, on l'écoute. S'il veut augmenter le nombre de fenêtres, ce qui allège la construction, on l'écoute ; s'il veut réduire le nombre de fenêtres, on ne l'écoute pas. Surélever l'étage, on ne l'écoute pas ; réduire sa hauteur, on l'écoute.
- אֵין לוֹ לָזֶה וְלֹא לָזֶה, מַאי? תַּנְיָא: אֵין לוֹ לֹא לָזֶה וְלֹא לָזֶה – אֵין לוֹ לְבַעַל עֲלִיָּיה בַּקַּרְקַע כְּלוּם.Si ni l'un ni l'autre n'a de quoi rebâtir et qu'ils sont trop pauvres pour cela, qu'en est-il ? Il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : si ni l'un ni l'autre n'a de quoi rebâtir, le propriétaire de l'étage n'a aucun droit sur le terrain.
- תַּנְיָא, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: תַּחְתּוֹן נוֹטֵל שְׁנֵי חֲלָקִים וְהָעֶלְיוֹן שְׁלִישׁ. וַאֲחֵרִים אוֹמְרִים: תַּחְתּוֹן נוֹטֵל שְׁלֹשָׁה חֲלָקִים וְהָעֶלְיוֹן נוֹטֵל רְבִיעַ. אָמַר רַבָּה: נְקוֹט דְּרַבִּי נָתָן בִּידָךְ, דְּדַיָּינָא הוּא וְנָחֵית לְעוּמְקָא דְּדִינָא, קָא סָבַר: כַּמָּה מַפְסֵיד עֲלִיָּיה בַּבַּיִת – תִּילְתָּא, הִלְכָּךְ אִית לֵיהּ תִּילְתָּא.Il a été enseigné dans une autre baraïta : Rabbi Natan dit : celui du bas prend deux parts du terrain et celui du haut un tiers. Et d'autres disent : celui du bas prend trois parts et celui du haut prend un quart. Rabba a dit : tiens en main l'opinion de Rabbi Natan, car il est juge et il descend jusqu'aux profondeurs de la loi. Il pense : de combien l'étage déprécie-t-il la maison ? D'un tiers. C'est pourquoi il a un tiers du terrain.
- מַתְנִי׳ וְכֵן בֵּית הַבַּד שֶׁהוּא בָּנוּי בַּסֶּלַע וְגִינָּה אַחַת עַל גַּבָּיו, וְנִפְחַת – הֲרֵי בַּעַל הַגִּינָּה יוֹרֵד וְזוֹרֵעַ לְמַטָּה עַד שֶׁיַּעֲשֶׂה לְבֵית בַּדּוֹ כִּיפִּין.MICHNA : Et de même, un pressoir à huile bâti dans une cavité creusée dans le rocher, avec un jardin appartenant à un autre par-dessus, et dont le toit s'est effondré : le propriétaire du jardin descend et sème en bas jusqu'à ce que l'autre fasse pour son pressoir des voûtes soutenant de nouveau le jardin.
- הַכּוֹתֶל וְהָאִילָן שֶׁנָּפְלוּ לִרְשׁוּת הָרַבִּים וְהִזִּיקוּ – פָּטוּר מִלְּשַׁלֵּם. נָתְנוּ לוֹ זְמַן לָקוֹץ אֶת הָאִילָן וְלִסְתּוֹר אֶת הַכּוֹתֶל, וְנָפְלוּ בְּתוֹךְ הַזְּמַן – פָּטוּר, לְאַחַר הַזְּמַן – חַיָּיב.Le mur et l'arbre qui sont tombés dans le domaine public et ont causé un dommage : le propriétaire est pétour (exempt) de payer, car il s'agit d'un accident. Si le tribunal, voyant le danger, lui a donné un délai pour couper l'arbre et abattre le mur, et qu'ils sont tombés pendant le délai, il est pétour ; après le délai, il est 'hayav (passible).
- מִי שֶׁהָיָה כּוֹתְלוֹ סָמוּךְ לְגִינַּת חֲבֵירוֹ וְנָפַל, וְאָמַר לוֹ: פַּנֵּה אֲבָנֶיךָ, וְאָמַר לוֹ:Celui dont le mur était contre le jardin de son prochain, et ce mur est tombé, et le propriétaire du jardin lui a dit : « Dégage tes pierres », et l'autre lui a répondu :
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