Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- לָא, שְׁלִיחַ בֵּית דִּין כְּמַלְוֶה.La Guemara (discussion des Amoraïm) répond : Non, l'émissaire du tribunal est comme le prêteur : lui aussi doit attendre dehors que le débiteur lui apporte le gage.
- תָּא שְׁמַע: ״אִם חָבֹל תַּחְבֹּל שַׂלְמַת רֵעֶךָ״ – בִּשְׁלִיחַ בֵּית דִּין הַכָּתוּב מְדַבֵּר. אַתָּה אוֹמֵר בִּשְׁלִיחַ בֵּית דִּין הַכָּתוּב מְדַבֵּר, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּבַעַל חוֹב? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״לֹא תָבֹא אֶל בֵּיתוֹ לַעֲבֹט עֲבֹטוֹ״ – הֲרֵי בַּעַל חוֹב אָמוּר, הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אִם חָבֹל תַּחְבֹּל שַׂלְמַת רֵעֶךָ״ – בִּשְׁלִיחַ בֵּית דִּין הַכָּתוּב מְדַבֵּר!La Guemara tente une autre preuve : Viens et entends une preuve d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain », tu le lui rendras avant le coucher du soleil (Exode 22, 25) : le verset parle de l'émissaire du tribunal. Dis-tu que le verset parle de l'émissaire du tribunal, ou bien ne s'agit-il que du créancier ? Lorsqu'il dit : « Tu n'entreras pas dans sa maison pour prendre son gage » (Deutéronome 24, 10), voici que le créancier est déjà mentionné, et il lui est interdit d'entrer. Comment donc appliquer le verset « Si tu prends en gage le vêtement de ton prochain » ? Le verset parle de l'émissaire du tribunal ! Celui-ci a donc le droit de prendre un gage.
- תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: שְׁלִיחַ בֵּית דִּין שֶׁבָּא לְמַשְׁכְּנוֹ – לֹא יִכָּנֵס לְבֵיתוֹ לְמַשְׁכְּנוֹ, אֶלָּא עוֹמֵד מִבַּחוּץ, וְהַלָּה מוֹצִיא לוֹ מַשְׁכּוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר ״בַּחוּץ תַּעֲמֹד וְהָאִישׁ״.La Guemara répond : C'est une divergence entre Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna), comme il a été enseigné dans une baraïta : L'émissaire du tribunal qui vient prendre un gage au débiteur n'entrera pas dans sa maison pour prendre le gage, mais il se tient dehors, et l'autre, le débiteur, lui apporte le gage, comme il est dit : « Tu te tiendras dehors, et l'homme » à qui tu prêtes t'apportera le gage (Deutéronome 24, 11). Selon ce Tanna, l'émissaire a le même statut que le créancier.
- וְתַנְיָא אִידַּךְ: בַּעַל חוֹב שֶׁבָּא לְמַשְׁכְּנוֹ – לֹא יִכָּנֵס לְבֵיתוֹ לְמַשְׁכְּנוֹ, אֶלָּא עוֹמֵד בַּחוּץ, וְהַלָּה נִכְנָס וּמוֹצִיא לוֹ מַשְׁכּוֹנוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בַּחוּץ תַּעֲמֹד״. וּשְׁלִיחַ בֵּית דִּין שֶׁבָּא לְמַשְׁכְּנוֹ – הֲרֵי זֶה נִכְנָס לְבֵיתוֹ וּמְמַשְׁכְּנוֹ.Et il a été enseigné dans une autre baraïta : Le créancier qui vient prendre un gage au débiteur n'entrera pas dans sa maison pour prendre le gage, mais il se tient dehors, et l'autre, le débiteur, entre et lui apporte son gage, comme il est dit : « Tu te tiendras dehors. » Mais l'émissaire du tribunal qui vient prendre un gage, celui-ci entre dans sa maison et prend le gage.
- וְלֹא יְמַשְׁכְּנֶנּוּ דְּבָרִים שֶׁעוֹשִׂין בָּהֶן אוֹכֶל נֶפֶשׁ. וְנוֹתֵן מִטָּה וּמִטָּה וּמַצָּע – לְעָשִׁיר. מִטָּה וּמִטָּה וּמַפָּץ – לְעָנִי. לוֹ – אֲבָל לֹא לְאִשְׁתּוֹ, וְלֹא לְבָנָיו וְלִבְנוֹתָיו.La baraïta poursuit : L'émissaire du tribunal ne prendra pas en gage au débiteur les objets avec lesquels on prépare la nourriture, car la Torah l'interdit. Et il laisse un lit, et un second lit, et une literie, au riche ; un lit, et un second lit, et une natte, au pauvre. Ces objets sont laissés à lui, mais non à sa femme, ni à ses fils et à ses filles, car la Torah n'a pas imposé au créancier de faire vivre la famille du débiteur.
- כְּדֶרֶךְ שֶׁמְּסַדְּרִין לְבַעַל חוֹב – כָּךְ מְסַדְּרִין בַּעֲרָכִין. כְּלַפֵּי לְיָיא?! עִיקַּר סִידּוּר – בַּעֲרָכִין כְּתִיב! אֶלָּא אֵימָא: כְּדֶרֶךְ שֶׁמְּסַדְּרִין בַּעֲרָכִין – כָּךְ מְסַדְּרִין בְּבַעַל חוֹב.Le Tanna ajoute : De même que l'on fait un arrangement (sidour : on laisse au débiteur de quoi vivre) pour le débiteur, ainsi l'on fait un arrangement pour les vœux d'estimation ('arakhin : promesse de donner au Temple la valeur fixée par la Torah pour une personne, Lévitique 27). La Guemara s'étonne : Tout le contraire ! (litt. vers où va ce propos ?) L'essentiel de l'arrangement est écrit dans la Torah à propos des estimations ! Dis plutôt : De même que l'on fait un arrangement pour les estimations, ainsi l'on fait un arrangement pour le débiteur.
- אָמַר מָר: נוֹתֵן מִטָּה וּמִטָּה וּמַצָּע לְעָשִׁיר, מִטָּה וּמִטָּה וּמַפָּץ לְעָנִי. לְמַאן? אִילֵימָא לְאִשְׁתּוֹ וּלְבָנָיו וְלִבְנוֹתָיו – הָא אָמְרַתְּ, לוֹ, אֲבָל לֹא לְאִשְׁתּוֹ וּלְבָנָיו וְלִבְנוֹתָיו! אֶלָּא אִידֵּי וְאִידֵּי לְדִידֵיהּ.Le Maître a dit plus haut : Il laisse un lit, et un second lit, et une literie, au riche ; un lit, et un second lit, et une natte, au pauvre. Pour qui est ce second lit ? Si l'on dit : pour sa femme, pour ses fils et pour ses filles, n'as-tu pas dit : ces objets sont laissés à lui, mais non à sa femme, ni à ses fils et à ses filles ? Mais alors, l'un et l'autre sont pour lui-même.
- תַּרְתֵּי לְמָה לִי? חֲדָא דְּאָכֵיל עֲלַהּ וַחֲדָא דְּזָג עֲלַהּ, כְּדִשְׁמוּאֵל. דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: כֹּל מִילֵּי יָדַעְנָא אָסוּתַיְיהוּ, לְבַר מֵהָנֵי תְּלָת: מַאן דְּאָכֵיל אֲהִינָא מְרִירָא אַלִּיבָּא רֵיקָנָא, מַאן דְּאָסַר מִיתְנָא דְּכִיתָּנָא רַטִּיבָא אַחַרְצֵיהּ, וּמַאן דְּאָכֵיל נַהֲמָא וְלָא מְסַגֵּי אַרְבְּעָה גַּרְמִידֵי.Pourquoi deux lits lui sont-ils nécessaires ? L'un sur lequel il mange et l'autre sur lequel il dort, conformément à l'enseignement de Chmouel. Car Chmouel a dit : Pour toutes les choses qui rendent malade, je connais leurs remèdes, excepté ces trois : celui qui mange une datte amère (ahina) à jeun, celui qui attache autour de ses reins une corde de lin mouillée, et celui qui mange du pain et ne marche pas quatre coudées ensuite. C'est pourquoi il lui faut deux lits : ainsi il marchera un peu entre le repas et le sommeil.
- תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב נַחְמָן: כְּדֶרֶךְ שֶׁמְּסַדְּרִין בַּעֲרָכִין – כָּךְ מְסַדְּרִין בְּבַעַל חוֹב. אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא זַבּוֹנֵי מְזַבְּנִינַן לֵיהּ, סַדּוֹרֵי מְסַדְּרִינַן לֵיהּ?! וּמִי מְזַבְּנִינַן לֵיהּ? וְהָתְנַן: מַחְזִיר אֶת הַכַּר בַּלַּיְלָה, וְאֶת הַמַּחְרֵישָׁה בַּיּוֹם!Un Tanna enseigna devant Rav Na'hman : De même que l'on fait un arrangement pour les estimations, ainsi l'on fait un arrangement pour le débiteur. Rav Na'hman lui dit : Maintenant que, d'après la Michna, nous vendons le gage du débiteur, nous lui ferions un arrangement ?! La Guemara demande : Et le lui vendons-nous donc ? N'avons-nous pas appris dans la Michna : Il rend le coussin la nuit et la charrue le jour ! Ces objets ne sont donc pas vendus.
- תַּנָּא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל תַּנָּא קַמֵּיהּ, וְהָכִי קָאָמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא לְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל זַבּוֹנֵי מְזַבְּנִינַן לֵיהּ, סַדּוֹרֵי מְסַדְּרִינַן לֵיהּ? דִּתְנַן, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף לְעַצְמוֹ אֵינוֹ מַחְזִיר אֶלָּא עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם, מִכָּאן וְאֵילָךְ מוֹכְרָן בְּבֵית דִּין.La Guemara répond : Le Tanna enseigna devant lui conformément à Rabban Chimon ben Gamliel, et voici ce que Rav Na'hman lui disait : Maintenant que, selon Rabban Chimon ben Gamliel, nous vendons le gage, nous lui ferions un arrangement ?! Car nous avons appris dans la Michna : Rabban Chimon ben Gamliel dit : Même à lui-même, il ne rend le gage que jusqu'à trente jours ; à partir de là, il les vend au tribunal.
- וּמִמַּאי דְּכִי קָאָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל זַבּוֹנֵי – לִגְמָרֵי קָאָמַר? דִּלְמָא הָכִי קָאָמַר: עַד שְׁלֹשִׁים יוֹם [מַ]הְדַּר לֵיהּ בְּעֵינֵיהּ, מִכָּאן וְאֵילָךְ מַיהְדַּר לֵיהּ לְמַאי דַּחֲזֵי לֵיהּ, וּמְזַבְּנִינַן מַאי דְּלָא חֲזֵי לֵיהּ?La Guemara demande : Et d'où sait-on que, lorsque Rabban Chimon ben Gamliel parle de vendre, il parle d'une vente totale ? Peut-être voici ce qu'il dit : jusqu'à trente jours, il lui rend le gage tel quel ; à partir de là, il lui rend ce qui lui convient, et l'on vend ce qui ne lui convient pas ?
- אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אִית לֵיהּ לְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הַאי סְבָרָא, לֵיכָּא מִידֵּי דְּלָא חֲזֵי לֵיהּ. דְּאָמַר אַבָּיֵי: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְרַבִּי עֲקִיבָא – כּוּלְּהוּ סְבִירָא לְהוּ: כׇּל יִשְׂרָאֵל בְּנֵי מְלָכִים הֵן.La Guemara rejette cette idée : S'il te vient à l'esprit que Rabban Chimon ben Gamliel adopte ce raisonnement, c'est impossible, car selon lui il n'y a rien qui ne lui convienne. Car Abayé a dit : Rabban Chimon ben Gamliel, Rabbi Chimon, Rabbi Ichmaël et Rabbi Akiva pensent tous : tout Israël sont des fils de rois.
- רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, דִּתְנַן: לֹא אֶת הַלּוּף וְלָא אֶת הַחַרְדָּל. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל מַתִּיר בַּלּוּף, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַאֲכָל לְעוֹרְבִין.Rabban Chimon ben Gamliel, comme nous avons appris dans une Michna (Chabbat 126b) : On ne déplace à Chabbat ni le louf (l'arum) ni la moutarde, qui ne sont pas consommables crus. Rabban Chimon ben Gamliel permet pour le louf, car c'est de la nourriture pour les corbeaux, que les gens fortunés élèvent pour l'agrément. Comme il le permet à tous, on voit qu'il considère tout Juif comme fortuné.
- רַבִּי שִׁמְעוֹן, דִּתְנַן: בְּנֵי מְלָכִים סָכִין שֶׁמֶן וֶורֶד עַל גַּבֵּי מַכּוֹתֵיהֶן בְּשַׁבָּת, שֶׁכֵּן דַּרְכָּן לָסוּךְ בַּחוֹל. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: כׇּל יִשְׂרָאֵל בְּנֵי מְלָכִים הֵן.Rabbi Chimon, comme nous avons appris dans une Michna (Chabbat 111a) : Les fils de rois s'enduisent d'huile de rose sur leurs plaies à Chabbat, car telle est leur habitude de s'en enduire en semaine, de sorte que ce n'est pas manifestement un soin. Rabbi Chimon dit : Tout Israël sont des fils de rois, et tous peuvent donc s'en enduire.
- רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְרַבִּי עֲקִיבָא, דְּתַנְיָא: הֲרֵי שֶׁהָיוּ נוֹשִׁין בּוֹ אֶלֶף זוּז וְלָבוּשׁ אִיצְטְלָא בַּת מֵאָה מָנֶה – מַפְשִׁיטִין אוֹתָהּ מִמֶּנּוּ וּמַלְבִּישִׁים אוֹתוֹ אִיצְטְלָא הָרְאוּיָה לוֹ. וְתָנָא מִשּׁוּם רַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְתָנָא מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא: כׇּל יִשְׂרָאֵל רְאוּיִן לְאוֹתָהּ אִיצְטְלָא.Rabbi Ichmaël et Rabbi Akiva, comme il a été enseigné dans une baraïta : Si on lui réclamait mille zouz et qu'il portait un manteau (itstela) de cent mané (dix mille zouz), on le lui ôte pour le vendre et rembourser la dette, et on le revêt d'un manteau qui lui convient. Et il a été enseigné au nom de Rabbi Ichmaël et il a été enseigné au nom de Rabbi Akiva : Tout Israël sont dignes de ce manteau.
- וּלְמַאי דִּסְלֵיק אַדַּעְתִּין מֵעִיקָּרָא, דְּיָהֵיב לֵיהּ מַאי דַּחֲזֵי לֵיהּ, וּמְזַבְּנִינַן מַאי דְּלָא חֲזֵי לֵיהּ? בִּשְׁלָמָא כַּר וָכֶסֶת חֲזֵי לֵיהּ דְּבֵינֵי בֵּינֵי. אֶלָּא מַחְרֵישָׁה לְמַאי חַזְיָא? אָמַר רָבָא בַּר רַבָּה: מַחְרֵישָׁה דְּכַסְפָּא.La Guemara revient au sujet : Et d'après ce qui nous était venu à l'esprit au début, qu'il lui donne ce qui lui convient et qu'on vend ce qui ne lui convient pas : on comprend bien pour le coussin et le matelas : ce qui lui convient, c'est-à-dire la différence de prix entre les siens et de moins chers, servira à payer la dette. Mais pour une charrue, à quoi peut-elle lui convenir ? Quelle différence y a-t-il là ? Rava bar Rabba a dit : Il s'agit d'une charrue d'argent, un objet d'ornement.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב חַגָּא: וְלֵימָא לֵיהּ, לָאו עֲלַי קָרְמֵית? אָמַר לֵיהּ אַבָּיֵי:Rav 'Hagga objecta à cela, à toute cette idée d'arrangement pour le débiteur : Que le créancier lui dise : Ta subsistance n'est-elle pas à ma charge ? (litt. N'est-ce pas sur moi que tu l'as jetée ?) Pourquoi moi, qui t'ai prêté, devrais-je y pourvoir ? Abayé lui dit :
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