Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- זֶה הַכְּלָל – הַכֹּל לְפִי כְּבוֹדוֹ. אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: אֲפִילּוּ עֲנִיִּים שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל, רוֹאִין אוֹתָם כְּאִילּוּ הֵם בְּנֵי חוֹרִין שֶׁיָּרְדוּ מִנִּכְסֵיהֶם; שֶׁהֵם בְּנֵי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב.Telle est la règle : tout s'évalue selon l'honneur de la personne humiliée. Rabbi Akiva a dit : Même les pauvres d'Israël, on les considère comme des hommes libres déchus de leurs biens, car ils sont les enfants d'Avraham, Yits'hak et Yaakov.
- וּמַעֲשֶׂה בְּאֶחָד שֶׁפָּרַע רֹאשׁ הָאִשָּׁה בַּשּׁוּק, בָּאת לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא, וְחִיְּיבוֹ לִיתֵּן לָהּ אַרְבַּע מֵאוֹת זוּז. אָמַר לוֹ: רַבִּי, תֵּן לִי זְמַן. וְנָתַן לוֹ זְמַן.Il arriva qu'un homme découvrit la tête d'une femme au marché. Elle vint devant Rabbi Akiva, qui le condamna à lui donner quatre cents zouz. Il lui dit : Rabbi, donne-moi un délai. Et il lui donna un délai.
- שְׁמָרָהּ עוֹמֶדֶת עַל פֶּתַח חֲצֵרָהּ, וְשָׁבַר אֶת הַכַּד בְּפָנֶיהָ, וּבוֹ כְּאִיסָּר שֶׁמֶן. גִּילְּתָה אֶת רֹאשָׁהּ, וְהָיְתָה מְטַפַּחַת וּמַנַּחַת יָדָהּ עַל רֹאשָׁהּ.Il la guetta jusqu'à ce qu'elle se tienne à l'entrée de sa cour, et il brisa devant elle la cruche qui contenait pour environ un issar (petite pièce de monnaie) d'huile. Elle se découvrit la tête, trempa sa main dans l'huile et la posa sur sa tête.
- הֶעֱמִיד עָלֶיהָ עֵדִים, וּבָא לִפְנֵי רַבִּי עֲקִיבָא; אָמַר לוֹ: לָזוֹ אֲנִי נוֹתֵן אַרְבַּע מֵאוֹת זוּז?!Il plaça des témoins pour l'observer, vint devant Rabbi Akiva et lui dit : À celle-ci, je donnerais quatre cents zouz ?! Elle a montré, en se découvrant la tête pour si peu, que cela ne l'humilie pas.
- אָמַר לוֹ: לֹא אָמַרְתָּ כְּלוּם. הַחוֹבֵל בְּעַצְמוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ רַשַּׁאי – פָּטוּר; אֲחֵרִים שֶׁחָבְלוּ בּוֹ – חַיָּיבִים. וְהַקּוֹצֵץ נְטִיעוֹתָיו, אַף עַל פִּי שֶׁאֵינוֹ רַשַּׁאי – פָּטוּר; אֲחֵרִים – חַיָּיבִין.Rabbi Akiva lui dit : Tu n'as rien dit. Celui qui se blesse lui-même, bien qu'il n'en ait pas le droit, est pétour (exempt) ; d'autres qui l'ont blessé sont 'hayavim (passibles). Et celui qui coupe ses propres plants, bien qu'il n'en ait pas le droit, est pétour ; d'autres qui les coupent sont 'hayavim.
- גְּמָ׳ אִיבַּעְיָא לְהוּ: מָנֶה צוֹרִי תְּנַן, אוֹ מָנֶה מְדִינָה תְּנַן?GUEMARA : Ils ont posé la question à propos de l'opinion de Rabbi Yossé HaGlili : Avons-nous appris un mané tyrien, ou avons-nous appris un mané du pays (de valeur huit fois moindre) ?
- תָּא שְׁמַע: דְּהָהוּא גַּבְרָא דִּתְקַע לֵיהּ לְחַבְרֵיהּ. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה נְשִׂיאָה, אֲמַר לֵיהּ: הָא אֲנָא, הָא רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, הַב לֵיהּ מָנֶה צוֹרִי. שְׁמַע מִינַּהּ: מָנֶה צוֹרִי תְּנַן! שְׁמַע מִינַּהּ.Viens et entends une preuve : Un certain homme frappa son prochain. Celui-ci vint devant Rabbi Yehouda Nessia, qui lui dit, à l'agresseur : Voici moi, et voici Rabbi Yossé HaGlili : donne-lui un mané tyrien. Déduis-en que nous avons appris un mané tyrien ! Déduis-en en effet.
- מַאי ״הָא אֲנָא, הָא רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי״? אִילֵּימָא הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: הָא אֲנָא – דַּחֲזֵיתָךְ, וְהָא רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי – דְּאָמַר מָנֶה צוֹרִי, זִיל הַב לֵיהּ מָנֶה צוֹרִי. לְמֵימְרָא דְּעֵד נַעֲשֶׂה דַּיָּין?!Que signifie : « Voici moi, et voici Rabbi Yossé HaGlili » ? Si l'on dit que voici ce qu'il lui a dit : « Voici moi, qui t'ai vu frapper, et voici Rabbi Yossé HaGlili, qui a dit un mané tyrien ; va, donne-lui un mané tyrien » : est-ce à dire qu'un témoin peut devenir juge ?!
- וְהָתַנְיָא: סַנְהֶדְרִין שֶׁרָאוּ אֶחָד שֶׁהָרַג אֶת הַנֶּפֶשׁ – מִקְצָתָן נַעֲשׂוּ עֵדִים, וּמִקְצָתָן נַעֲשׂוּ דַּיָּינִין; דִּבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: כּוּלָּם עֵדִים הֵם, וְאֵין עֵד נַעֲשֶׂה דַּיָּין.Mais il a été enseigné dans une baraïta : Un Sanhédrin qui a vu quelqu'un tuer un homme : les uns deviennent témoins, et les autres deviennent juges ; telles sont les paroles de Rabbi Tarfon. Rabbi Akiva dit : Tous sont témoins, et un témoin ne devient pas juge.
- עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי טַרְפוֹן – אֶלָּא דְּמִקְצָתָן נַעֲשׂוּ עֵדִים וּמִקְצָתָן נַעֲשׂוּ דַּיָּינִין; אֲבָל עֵד נַעֲשֶׂה דַּיָּין – לָא קָאָמַר!Rabbi Tarfon n'a parlé que du cas où les uns deviennent témoins et les autres deviennent juges ; mais qu'un témoin soit lui-même juge, il ne l'a pas dit !
- כִּי תַּנְיָא הָהִיא – כְּגוֹן שֶׁרָאוּ בַּלַּיְלָה, דְּלָא (לְמֶעְבַּד) [בְּנֵי מֶעְבַּד] דִּינָא נִינְהוּ.Lorsque cette baraïta a été enseignée, c'était dans le cas où ils ont vu de nuit, car ils ne sont pas alors en état de rendre la justice. Le lendemain, il faut donc que les uns témoignent devant les autres. Rabbi Yehouda Nessia, lui, avait vu en qualité de juge.
- וְאִיבָּעֵית אֵימָא, הָכִי קָאָמַר לֵיהּ: הָא אֲנָא – דִּסְבִירָא לִי כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, דְּאָמַר מָנֶה צוֹרִי; וְהָא סָהֲדִי דְּמַסְהֲדִי בָּךְ; זִיל הַב לֵיהּ מָנֶה צוֹרִי.Et si tu veux, dis que voici ce qu'il lui a dit : « Voici moi, qui suis de l'avis de Rabbi Yossé HaGlili, lequel a dit un mané tyrien ; et voici les témoins qui témoignent contre toi ; va, donne-lui un mané tyrien. »
- וְסָבַר רַבִּי עֲקִיבָא דְּאֵין עֵד נַעֲשֶׂה דַּיָּין?Et Rabbi Akiva estime-t-il qu'un témoin ne devient pas juge ?
- וְהָתַנְיָא: ״וְהִכָּה אִישׁ אֶת רֵעֵהוּ בְּאֶבֶן אוֹ בְאֶגְרֹף״ – שִׁמְעוֹן הַתִּימְנִי אוֹמֵר: מָה אֶגְרוֹף מְיוּחָד – שֶׁמָּסוּר לָעֵדָה וְלָעֵדִים, אַף כֹּל שֶׁמָּסוּר לָעֵדָה וְלָעֵדִים; פְּרָט לְשֶׁיָּצְתָה מִתַּחַת יַד הָעֵדִים.Mais il a été enseigné dans une baraïta : « Et qu'un homme frappe son prochain avec une pierre ou avec le poing » (Exode 21, 18). Chimon HaTeimani dit : De même que le poing a ceci de particulier qu'il est présenté à l'assemblée des juges, qui évaluent sa force, et aux témoins, de même tout objet doit pouvoir être présenté à l'assemblée et aux témoins ; à l'exclusion de la pierre qui est sortie des mains des témoins.
- אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: וְכִי בִּפְנֵי בֵּית דִּין הִכָּהוּ – שֶׁיּוֹדְעִין כַּמָּה הִכָּהוּ, וְעַל מָה הִכָּהוּ – אִם עַל שׁוֹקוֹ אוֹ צִיפַּר נַפְשׁוֹ?Rabbi Akiva lui dit : Est-ce donc devant le tribunal qu'il l'a frappé, pour qu'ils sachent combien de coups il lui a donnés et où il l'a frappé, si c'est sur la cuisse ou sur le lobe du cœur ?
- וְעוֹד, הֲרֵי שֶׁדָּחַף אֶת חֲבֵירוֹ מֵרֹאשׁ הַגָּג אוֹ מֵרֹאשׁ הַבִּירָה וָמֵת – בֵּית דִּין הוֹלְכִין אֵצֶל בִּירָה, אוֹ בִירָה הוֹלֶכֶת אֵצֶל בֵּית דִּין? וְעוֹד, אִם נָפְלָה, חוֹזֵר וּבוֹנֶה?!Et de plus : si quelqu'un a poussé son prochain du haut du toit ou du haut d'une tour, et que celui-ci est mort, est-ce le tribunal qui va vers la tour, ou la tour qui va vers le tribunal ? Et de plus, si elle s'est écroulée, la rebâtit-on ?!
- אֶלָּא מָה אֶגְרוֹף מְיוּחָד – שֶׁהוּא מָסוּר לָעֵדִים, אַף כֹּל שֶׁהוּא מָסוּר לָעֵדִים;Mais il faut expliquer : De même que le poing a ceci de particulier qu'il est présenté aux témoins, de même tout objet doit pouvoir être présenté aux témoins ;
- פְּרָט לִכְשֶׁיָּצְתָה אֶבֶן מִתַּחַת יָדוֹ שֶׁל מַכֶּה – פָּטוּר.à l'exclusion du cas où la pierre est sortie de la main de celui qui frappe sans que les témoins aient pu la voir : il est pétour.
- קָתָנֵי מִיהַת, אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: וְכִי בִּפְנֵי בֵּית דִּין הִכָּהוּ, שֶׁיּוֹדְעִין כַּמָּה הִכָּהוּ? הָא הִכָּהוּ בִּפְנֵיהֶם – עֵד נַעֲשֶׂה דַּיָּין!La Guemara reprend sa question : Il est enseigné en tout cas que Rabbi Akiva lui a dit : « Est-ce donc devant le tribunal qu'il l'a frappé, pour qu'ils sachent combien de coups il lui a donnés ? » Il s'ensuit que, s'il l'avait frappé devant eux, un témoin deviendrait juge !
- לִדְבָרָיו דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הַתִּימְנִי קָאָמַר, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ.Il a parlé selon les propos de Rabbi Chimon HaTeimani, mais lui-même n'est pas de cet avis.
- תָּנוּ רַבָּנַן: שׁוֹר תָּם שֶׁהֵמִית וְהִזִּיק – דָּנִין אוֹתוֹ דִּינֵי נְפָשׁוֹת, וְאֵין דָּנִין אוֹתוֹ דִּינֵי מָמוֹנוֹת.Nos Maîtres ont enseigné : Un bœuf tam (non réputé dangereux) qui a tué un homme puis causé un dommage : on le juge selon les lois capitales, et on ne le juge pas selon les lois civiles.
- מוּעָד שֶׁהֵמִית וְהִזִּיק – דָּנִין אוֹתוֹ דִּינֵי מָמוֹנוֹת, וְחוֹזְרִין וְדָנִין אוֹתוֹ דִּינֵי נְפָשׁוֹת. קָדְמוּ וְדָנוּהוּ דִּינֵי נְפָשׁוֹת – אֵין חוֹזְרִין וְדָנִין אוֹתוֹ דִּינֵי מָמוֹנוֹת.Un bœuf mouad (réputé dangereux) qui a tué puis causé un dommage : on le juge selon les lois civiles, puis on le juge de nouveau selon les lois capitales. Si on l'a d'abord jugé selon les lois capitales, on ne le juge plus ensuite selon les lois civiles.
- וְכִי קָדְמוּ וְדָנוּהוּ דִּינֵי נְפָשׁוֹת מַאי הָוֵי? לִיהְדַּר וְלִידַיְינֵיהּ (נָמֵי) [דִּינֵי] מָמוֹנוֹת!Et si on l'a d'abord jugé selon les lois capitales, qu'importe ? Qu'on le juge ensuite selon les lois civiles !
- אֲמַר רָבָא: אַשְׁכַּחְתִּינְהוּ לְרַבָּנַן דְּבֵי רַב, דְּיָתְבִי וְקָאָמְרִי: הָא מַנִּי – רַבִּי שִׁמְעוֹן הַתִּימְנִי הִיא, דְּאָמַר: ״מָה אֶגְרוֹף מְיוּחָד – שֶׁמָּסוּר לָעֵדָה וְלָעֵדִים״,Rava a dit : J'ai trouvé les Sages de l'école de Rav assis, qui disaient : De qui est cet enseignement ? C'est de Rabbi Chimon HaTeimani, qui a dit : « De même que le poing a ceci de particulier qu'il est présenté à l'assemblée et aux témoins. »
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