Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- חַיָּיב בְּכוּלָּן.est passible pour toutes les cinq indemnités (dommage, douleur, frais de guérison, chévèt – perte d'activité – et humiliation).
- הַאי ״לֹא עָשָׂה בּוֹ חַבּוּרָה״, הֵיכִי דָּמֵי? לָאו כְּגוֹן שֶׁהִכָּהוּ עַל יָדוֹ וְסוֹפוֹ לַחְזוֹר? וְקָתָנֵי: חַיָּיב בְּכוּלָּן!La Guemara (discussion des Amoraïm) explique : ce cas où « il ne lui a pas fait de meurtrissure », à quoi ressemble-t-il ? N'est-ce pas le cas où il l'a frappé sur la main, et qu'elle finira par se rétablir ? Et la Michna (enseignement des Tannaïm) enseigne pourtant : il est passible pour toutes ! Cela trancherait donc la question de Rabba.
- אָמְרִי: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁחֵירְשׁוֹ, וְלֹא עָשָׂה בּוֹ חַבּוּרָה. וְהָאָמַר רַבָּה: (הַחוֹרֵשׁ) [חֵרֵשׁ] אֶת אָבִיו – נֶהֱרָג, לְפִי שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַחֲרִישָׁה בְּלֹא חַבּוּרָה; טִיפְּתָא דִּדְמָא נְפַלָה לֵיהּ בְּאוּדְנֵיהּ!Ils ont répondu : de quoi s'agit-il ici ? Du cas où il l'a rendu sourd, et ne lui a pas fait de meurtrissure : la perte étant définitive, cela n'a aucun rapport avec la question de Rabba. Mais Rabba n'a-t-il pas dit : celui qui rend son père sourd est mis à mort, car il est impossible de rendre sourd sans meurtrissure ? Il est certain qu'une goutte de sang lui est tombée dans l'oreille, même si on ne la voit pas de l'extérieur !
- אֶלָּא הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁגִּילְּחוֹ. גִּילְּחוֹ – מִהְדָּר הָדַר, וְהַיְינוּ בַּעְיָין!Plutôt, de quoi s'agit-il ici ? Du cas où il l'a rasé sans le blesser. Mais s'il l'a rasé, les cheveux repoussent, et c'est bien là notre question : il s'agit d'un dommage appelé à disparaître, et elle serait donc tranchée !
- אָמְרִי: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁסָּכוֹ נָשָׁא, דְּלָא הָדַר.Ils ont répondu : de quoi s'agit-il ici ? Du cas où il l'a enduit d'un dépilatoire (nacha), de sorte que les cheveux ne repoussent pas.
- צַעַר – דְּאִית לֵיהּ קַרְטוּפָנֵי בְּרֵישֵׁיהּ, וְצָוַוחי [לֵיהּ] מֵהָנְהוּ קַרְטוּפָנֵי. רִיפּוּי – דְּבָעֵי אַסּוֹיֵי. שֶׁבֶת – דַּהֲוָה מְרַקֵּיד בֵּי כוּבֵּי, דְּבָעֵיא מַחְוֵי גַּוְנֵי אַרֵישֵׁיהּ; וְלָא מַחְוֵי – מֵהָנְהוּ קַרְטוּפָנֵי. בּוֹשֶׁת – אֵין לְךָ בּוֹשֶׁת גָּדוֹל מִזֶּה.Comment serait-il alors passible des cinq indemnités ? La douleur : dans le cas où il a des crevasses sur la tête, et qu'il en crie de douleur, à cause de ces crevasses. Les frais de guérison : qu'il a besoin de se soigner. Le chévèt : qu'il dansait dans les tavernes pour gagner sa vie, ce qui demande de faire des figures sur la tête ; et il ne peut plus en faire, à cause de ces crevasses. L'humiliation : il n'y a pas pour toi d'humiliation plus grande que celle-ci.
- וּמִילְּתָא דְּבַעְיָא לֵיהּ לְרַבָּה – פְּשִׁיטָא לֵיהּ לְאַבָּיֵי לְהָךְ גִּיסָא, וּלְרָבָא לְהָךְ גִּיסָא. דְּאִתְּמַר: הִכָּהוּ עַל יָדוֹ וְצָמְתָה, וְסוֹפָהּ לַחֲזוֹר – אַבָּיֵי אָמַר: נוֹתֵן לוֹ שֶׁבֶת גְּדוֹלָה וְשֶׁבֶת קְטַנָּה. וְרָבָא אָמַר: אֵינוֹ נוֹתֵן לוֹ אֶלָּא דְּמֵי שִׁבְתּוֹ שֶׁבְּכׇל יוֹם וָיוֹם.Et la chose qui fait question pour Rabba est évidente pour Abayé dans un sens, et pour Rava dans l'autre sens. Car il a été dit : s'il l'a frappé sur la main et qu'elle s'est atrophiée, mais qu'elle finira par se rétablir, Abayé a dit : il lui donne le grand chévèt (la dépréciation de sa valeur, comme s'il avait perdu sa main) et le petit chévèt (le gain perdu pendant son inactivité). Et Rava a dit : il ne lui donne que le prix de son inactivité de chaque jour, sans lui payer la valeur de sa main.
- אִיתְּמַר: הַקּוֹטֵעַ יַד עֶבֶד עִבְרִי שֶׁל חֲבֵירוֹ – אַבָּיֵי אָמַר: נוֹתֵן לוֹ שֶׁבֶת גְּדוֹלָה לָעֶבֶד, וְשֶׁבֶת קְטַנָּה לָרַב. רָבָא אָמַר: הַכֹּל יִנָּתֵן לָעֶבֶד, וְיִלָּקַח בָּהֶן קַרְקַע וְהָרַב אוֹכֵל פֵּירוֹת.Il a été dit : celui qui coupe la main de l'esclave hébreu de son prochain – Abayé a dit : il donne le grand chévèt à l'esclave et le petit chévèt au maître. Rava a dit : le tout sera donné à l'esclave, on achètera avec cela une terre, et le maître en consommera les fruits pendant la durée de la servitude.
- פְּשִׁיטָא – פִּיחֵת אֵצֶל עַצְמוֹ, וְאֵצֶל רַבּוֹ לֹא פִּיחֵת – הֵיכִי דָּמֵי? דְּפַסְקֵיהּ לְרֵישׁ אוּנֵּיה אוֹ לְרֵישׁ נְחִירֵיהּ – הַכֹּל לְעַצְמוֹ. פִּיחֵת אֵצֶל רַבּוֹ – פְּלוּגְתָּא דְּאַבָּיֵי וְרָבָא.C'est évident : s'il a déprécié la valeur de l'esclave pour lui-même, mais ne l'a pas dépréciée pour son maître – à quoi cela ressemble-t-il ? S'il lui a fendu le bout de l'oreille ou le bout de la narine, sans nuire à sa capacité de travail – le tout revient à lui-même. S'il l'a déprécié pour son maître, c'est la machlokèt (divergence d'opinions) d'Abayé et de Rava.
- בּוֹשֶׁת – הַכֹּל לְפִי הַמְבַיֵּישׁ וְהַמִּתְבַּיֵּישׁ. מַנִּי מַתְנִיתִין? לָא רַבִּי מֵאִיר וְלָא רַבִּי יְהוּדָה, אֶלָּא רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא.La Michna enseigne : l'humiliation – tout dépend de celui qui humilie et de celui qui est humilié. De qui est notre Michna ? Ni de Rabbi Méïr, ni de Rabbi Yehouda, mais elle est de Rabbi Chimon.
- דִּתְנַן: וְכוּלָּן – רוֹאִין אוֹתָן כְּאִילּוּ הֵם בְּנֵי חוֹרִין שֶׁיָּרְדוּ מִנִּכְסֵיהֶם, שֶׁהֵן בְּנֵי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב; דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: הַגָּדוֹל לְפִי גּוֹדְלוֹ, וְהַקָּטָן לְפִי קׇטְנוֹ. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עֲשִׁירִים – רוֹאִין אוֹתָן כְּאִילּוּ הֵם בְּנֵי חוֹרִין שֶׁיָּרְדוּ מִנִּכְסֵיהֶם, עֲנִיִּים – כִּפְחוּתִין שֶׁבָּהֶן.Car nous avons appris : et tous – on ne tient pas compte de leur rang – on les considère comme s'ils étaient des hommes libres déchus de leurs biens, car ils sont fils d'Avraham, Its'hak et Yaakov ; paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yehouda dit : le grand selon sa grandeur, et le petit selon sa petitesse. Rabbi Chimon dit : les riches, on les considère comme s'ils étaient des hommes libres déchus de leurs biens ; les pauvres, comme les plus humbles d'entre eux.
- מַנִּי? הַשְׁתָּא אִי רַבִּי מֵאִיר – מַתְנִיתִין קָתָנֵי: הַכֹּל לְפִי הַמְבַיֵּישׁ וְהַמִּתְבַּיֵּישׁ; וְרַבִּי מֵאִיר – כּוּלְּהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי נִינְהוּ! וְאִי רַבִּי יְהוּדָה – מַתְנִיתִין קָתָנֵי: הַמְבַיֵּישׁ אֶת הַסּוֹמֵא – חַיָּיב; וְאִילּוּ רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: סוֹמֵא אֵין לוֹ בּוֹשֶׁת! אֶלָּא לָאו רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא?De qui est-elle ? Or, si c'est de Rabbi Méïr, notre Michna enseigne : tout dépend de celui qui humilie et de celui qui est humilié ; alors que pour Rabbi Méïr, tous sont égaux les uns aux autres ! Et si c'est de Rabbi Yehouda, notre Michna enseigne : celui qui humilie l'aveugle est passible ; alors que Rabbi Yehouda dit : l'aveugle n'a pas d'humiliation ! N'est-ce donc pas de Rabbi Chimon ?
- אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי יְהוּדָה, כִּי אָמַר רַבִּי יְהוּדָה סוֹמֵא אֵין לוֹ בּוֹשֶׁת – לְמִשְׁקַל מִינֵּיהּ, אֲבָל לְמִיתְּבָא לֵיהּ – יָהֲבִינַן לֵיהּ.Tu peux même dire que c'est de Rabbi Yehouda : quand Rabbi Yehouda a dit que l'aveugle n'a pas d'humiliation, c'est pour prendre de lui une indemnité ; mais pour lui donner, on lui donne.
- וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: הַמְבַיֵּישׁ אֶת הַיָּשֵׁן – חַיָּיב, וְיָשֵׁן שֶׁבִּיֵּישׁ – פָּטוּר; וְלָא קָתָנֵי: סוֹמֵא שֶׁבִּיֵּישׁ – פָּטוּר; מִכְּלָל דְּלָא שְׁנָא הָכִי וְלָא שְׁנָא הָכִי! אֶלָּא מְחַוַּורְתָּא מַתְנִיתִין רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא.Mais du fait que la fin de la Michna enseigne : celui qui humilie l'homme endormi est passible, et l'homme endormi qui a humilié est exempt ; et qu'elle n'enseigne pas : l'aveugle qui a humilié est exempt ; on en déduit qu'il n'y a pas de différence dans un sens ni dans l'autre : qu'il humilie ou qu'il soit humilié, il y a responsabilité. Il est donc clair que notre Michna est de Rabbi Chimon.
- מַאן תְּנָא לְהָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: נִתְכַּוֵּון לְבַיֵּישׁ אֶת הַקָּטָן, וּבִיֵּישׁ אֶת הַגָּדוֹל – נוֹתֵן לַגָּדוֹל דְּמֵי בוֹשְׁתּוֹ שֶׁל קָטָן. לְבַיֵּישׁ אֶת הָעֶבֶד, וּבִיֵּישׁ אֶת בֶּן חוֹרִין – נוֹתֵן לְבֶן חוֹרִין דְּמֵי בוֹשְׁתּוֹ שֶׁל עֶבֶד. מַנִּי? לָא רַבִּי מֵאִיר, וְלָא רַבִּי יְהוּדָה, וְלָא רַבִּי שִׁמְעוֹן!Quel Tanna (Sage de l'époque de la Michna) a enseigné ce que nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : s'il a eu l'intention d'humilier le petit et a humilié le grand, il donne au grand le prix de l'humiliation du petit ; d'humilier l'esclave et a humilié l'homme libre, il donne à l'homme libre le prix de l'humiliation de l'esclave. De qui est-ce ? Ni de Rabbi Méïr, ni de Rabbi Yehouda, ni de Rabbi Chimon !
- קָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ: קָטָן – קָטָן בִּנְכָסִים, גָּדוֹל – גָּדוֹל בִּנְכָסִים. אִי רַבִּי מֵאִיר, הָאָמַר: כּוּלְּהוּ בַּהֲדֵי הֲדָדֵי נִינְהוּ! וְאִי רַבִּי יְהוּדָה, הָאָמַר: אֵין לַעֲבָדִים בּוֹשֶׁת! וְאִי רַבִּי שִׁמְעוֹן, הָאָמַר: נִתְכַּוֵּון לְבַיֵּישׁ אֶת זֶה, וּבִיֵּישׁ אֶת זֶה – פָּטוּר!Il te vient à l'esprit de comprendre : « petit » – petit en biens, « grand » – grand en biens. Si c'est de Rabbi Méïr, il a dit : tous sont égaux les uns aux autres ! Et si c'est de Rabbi Yehouda, il a dit : les esclaves n'ont pas d'humiliation ! Et si c'est de Rabbi Chimon, il a dit : s'il a eu l'intention d'humilier celui-ci et a humilié celui-là, il est exempt !
- מַאי טַעְמָא? כִּקְטָלָא; מָה קְטָלָא – עַד דְּמִתְכַּוֵּון לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״וְאָרַב לוֹ וְקָם עָלָיו״ – עַד שֶׁיִּתְכַּוֵּון לוֹ; בּוֹשֶׁת נָמֵי – עַד דְּמִיכַּוֵּין לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״וְשָׁלְחָה יָדָהּ וְהֶחֱזִיקָה בִּמְבֻשָׁיו״ – עַד שֶׁיִּתְכַּוֵּון לוֹ!Quelle en est la raison ? C'est comme le meurtre : de même que pour le meurtre on n'est passible que si on le visait, lui, comme il est écrit : « Il le guette et se dresse contre lui » (Deutéronome 19, 11) – à condition qu'on le vise ; de même pour l'humiliation, il faut qu'on le vise, comme il est écrit : « Elle avance la main et le saisit par les parties honteuses » (Deutéronome 25, 11) – à condition qu'on le vise !
- לְעוֹלָם רַבִּי יְהוּדָה, וְכִי קָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אֵין לַעֲבָדִים בּוֹשֶׁת – לְמִיתְּבָא לְהוּ; אֲבָל לְמֵישַׁם – שָׁיְימִינַן בְּהוּ.En réalité, c'est de Rabbi Yehouda ; et quand Rabbi Yehouda dit : les esclaves n'ont pas d'humiliation, c'est pour leur donner une indemnité ; mais pour évaluer, on évalue d'après eux l'humiliation due à autrui.
- וְאִי בָּעֵית אֵימָא: אֲפִילּוּ תֵּימָא רַבִּי מֵאִיר, מִי סָבְרַתְּ: גָּדוֹל – גָּדוֹל בִּנְכָסִים, קָטָן – קָטָן בִּנְכָסִים? לֹא; גָּדוֹל – גָּדוֹל מַמָּשׁ, וְקָטָן – קָטָן מַמָּשׁ.Et si tu veux, dis : tu peux même dire que c'est de Rabbi Méïr. Penses-tu que « grand » soit grand en biens, et « petit » petit en biens ? Non : « grand » – véritablement grand (adulte), et « petit » – véritablement petit (mineur).
- וְקָטָן בַּר בּוֹשֶׁת הוּא?! אִין; כִּדְאָמַר רַב פָּפָּא: דְּמַיכְלְמוּ לֵיהּ וּמִיכְּלַם; הָכָא נָמֵי –Mais un petit est-il sujet à l'humiliation ?! Oui ; comme l'a dit Rav Pappa à propos d'un autre cas : il s'agit d'un mineur à qui on fait honte et qui en est confus ; ici aussi
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