Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- קָטָן שֶׁהָרַג אֶת הַגָּדוֹל וְגָדוֹל שֶׁהָרַג אֶת הַקָּטָן, הֵיכִי קָטְלִינַן לֵיהּ? הַתּוֹרָה אָמְרָה: ״מִשְׁפַּט אֶחָד יִהְיֶה לָכֶם״ – מִשְׁפָּט הַשָּׁוֶה לְכוּלְּכֶם! אֶלָּא נְשָׁמָה שְׁקַיל מִינֵּיהּ, נְשָׁמָה אָמַר רַחֲמָנָא נִשְׁקוֹל מִינֵּיהּ; הָכִי נָמֵי, נְהוֹרָא שְׁקַיל מִינֵּיהּ, נְהוֹרָא אָמַר רַחֲמָנָא נִשְׁקוֹל מִינֵּיהּ!… dans le cas d'un petit homme qui a tué un grand, ou d'un grand qui a tué un petit, comment le mettrions-nous à mort ? Si l'on propose de ne lui imposer alors qu'une peine pécuniaire, la Torah a dit : « Vous aurez une seule loi » (Lévitique 24, 22), c'est-à-dire une loi égale pour vous tous ! Mais il faut dire ceci : puisqu'il lui a pris la vie, le Miséricordieux (D.ieu, dans la Torah) a dit : qu'on lui prenne la vie, quelle que soit sa taille. De même ici : il lui a pris la vue, le Miséricordieux a dit : qu'on lui prenne la vue ! La preuve de Rabbi Dosstaï ben Yehouda n'est donc pas retenue.
- תַּנְיָא אִידַּךְ, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אוֹמֵר: ״עַיִן תַּחַת עַיִן״ – מָמוֹן. אַתָּה אוֹמֵר מָמוֹן, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא עַיִן מַמָּשׁ? הֲרֵי שֶׁהָיָה סוֹמֵא, וְסִימֵּא; קִיטֵּעַ, וְקִיטַּע; חִיגֵּר, וְחִיגֵּר; הֵיאַךְ אֲנִי מְקַיֵּים בָּזֶה ״עַיִן תַּחַת עַיִן״ – וְהַתּוֹרָה אָמְרָה: ״מִשְׁפַּט אֶחָד יִהְיֶה לָכֶם״, מִשְׁפָּט הַשָּׁוֶה לְכוּלְּכֶם?La Guemara (discussion des Amoraïm) présente une autre dérivation. Il a été enseigné dans une autre baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Chimon ben Yo'haï dit : « Œil pour œil » (Lévitique 24, 20) désigne de l'argent. Tu dis de l'argent, ou bien ne s'agit-il que d'un œil réel ? Voici qu'il y avait un aveugle, et il a aveuglé quelqu'un ; un amputé, et il a amputé quelqu'un ; un boiteux, et il a rendu boiteux quelqu'un : comment accomplirais-je dans ce cas « œil pour œil » au sens littéral, puisqu'il n'a pas le membre qu'on devrait lui ôter ? Et si l'on répond qu'il paierait alors de l'argent, la Torah a dit : « Vous aurez une seule loi » (Lévitique 24, 22), une loi égale pour vous tous !
- אָמְרִי: וּמַאי קוּשְׁיָא? דִּלְמָא הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר – אֶפְשָׁר; הֵיכָא דְּלָא אֶפְשָׁר – לָא אֶפְשָׁר, וּפָטְרִינַן לֵיהּ! דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, טְרֵפָה שֶׁהָרַג אֶת הַשָּׁלֵם – מַאי עָבְדִינַן לֵיהּ?On a répondu : Et quelle est la difficulté ? Peut-être que là où c'est possible d'appliquer la peine de la Torah, c'est possible et on l'applique ; là où ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, et nous l'exemptons ! Cela ne contredit pas le principe d'une loi égale. Car si tu ne dis pas ainsi, dans le cas d'une tréfa (personne atteinte d'une blessure mortelle) qui a tué un homme sain, que lui ferions-nous ?
- אֶלָּא הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר – אֶפְשָׁר; הֵיכָא דְּלָא אֶפְשָׁר – לָא אֶפְשָׁר, וּפָטְרִינַן לֵיהּ!Mais il faut bien dire : là où c'est possible, c'est possible ; là où ce n'est pas possible, ce n'est pas possible, et nous l'exemptons ! La preuve de Rabbi Chimon ben Yo'haï n'est donc pas retenue.
- דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל תָּנָא, אָמַר קְרָא: ״כֵּן יִנָּתֶן בּוֹ״ – וְאֵין נְתִינָה אֶלָּא מָמוֹן. אֶלָּא מֵעַתָּה, ״כַּאֲשֶׁר יִתֵּן מוּם בָּאָדָם״ – הָכִי נָמֵי דְּמָמוֹן הוּא?L'école de Rabbi Ichmaël a enseigné : Le verset dit : « Comme il aura donné une tare à un homme, ainsi sera-t-il donné en lui » (Lévitique 24, 20), et « donner » ne désigne que de l'argent. La Guemara objecte : S'il en est ainsi, « comme il aura donné une tare à un homme » (même verset) : est-ce aussi de l'argent ? Là, le verbe « donner » désigne pourtant une blessure réelle !
- אָמְרִי: דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל – קְרָא יַתִּירָא דָּרְשִׁי; מִכְּדֵי כְּתִיב: ״וְאִישׁ כִּי יִתֵּן מוּם בַּעֲמִיתוֹ, כַּאֲשֶׁר עָשָׂה כֵּן יֵעָשֶׂה לוֹ״; ״כֵּן יִנָּתֶן בּוֹ״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ: מָמוֹן. ״כַּאֲשֶׁר יִתֵּן מוּם בָּאָדָם״ – לְמָה לִי? אַיְּידֵי דְּבָעֵי מִיכְתַּב ״כֵּן יִנָּתֶן בּוֹ״, כְּתַב נָמֵי ״כַּאֲשֶׁר יִתֵּן מוּם בָּאָדָם״.On a répondu : L'école de Rabbi Ichmaël interprète un verset superflu. En effet, il est écrit : « Et un homme qui aura donné une tare à son prochain, comme il a fait, ainsi lui sera-t-il fait » (Lévitique 24, 19). Pourquoi ai-je besoin de « ainsi sera-t-il donné en lui » (Lévitique 24, 20) ? Déduis-en : il s'agit d'argent. Et pourquoi ai-je besoin de « comme il aura donné une tare à un homme » ? Ce passage n'enseigne rien de particulier : puisque le texte devait écrire « ainsi sera-t-il donné en lui », il a aussi écrit « comme il aura donné une tare à un homme ».
- דְּבֵי רַבִּי חִיָּיא תָּנָא, אָמַר קְרָא: ״יָד בְּיָד״ – דָּבָר הַנִּיתָּן מִיָּד לְיָד; וּמַאי נִיהוּ? מָמוֹן. אֶלָּא מֵעַתָּה, ״רֶגֶל בְּרָגֶל״ נָמֵי הָכִי הוּא?!L'école de Rabbi 'Hiya a enseigné : Le verset dit, à propos des faux témoins : « Main pour main » (Deutéronome 19, 21), c'est-à-dire une chose qui se donne de main à main. Et qu'est-ce donc ? De l'argent. La Guemara objecte : S'il en est ainsi, « pied pour pied » (même verset) serait-il aussi de cette manière, une chose donnée de pied à pied ?
- אָמְרִי: דְּבֵי רַבִּי חִיָּיא – קְרָא יַתִּירָא קָא דָרְשִׁי; מִכְּדֵי כְּתִיב: ״וַעֲשִׂיתֶם לוֹ כַּאֲשֶׁר זָמַם לַעֲשׂוֹת לְאָחִיו״; אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מַמָּשׁ, ״יָד בְּיָד״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ: מָמוֹן. ״רֶגֶל בְּרָגֶל״ לְמָה לִי? אַיְּידֵי דִּכְתִיב ״יָד בְּיָד״, כְּתַב נָמֵי ״רֶגֶל בְּרָגֶל״.On a répondu : L'école de Rabbi 'Hiya interprète un verset superflu. En effet, il est écrit : « Vous lui ferez comme il avait projeté de faire à son frère » (Deutéronome 19, 19). S'il te venait à l'esprit qu'il s'agit d'un membre réel, pourquoi ai-je besoin de « main pour main » ? Ce serait déjà inclus dans ce verset. Déduis-en : il s'agit d'argent. Et pourquoi ai-je besoin de « pied pour pied » ? Puisqu'il est écrit « main pour main », il a aussi écrit « pied pour pied ».
- אַבָּיֵי אוֹמֵר: אָתְיָא מִדְּתָנֵי דְּבֵי חִזְקִיָּה, דְּתָנָא דְּבֵי חִזְקִיָּה: ״עַיִן תַּחַת עַיִן״; ״נֶפֶשׁ תַּחַת נָפֶשׁ״ – וְלֹא נֶפֶשׁ וְעַיִן תַּחַת עַיִן. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מַמָּשׁ, זִימְנִין דְּמַשְׁכַּחַתְּ לַהּ עַיִן וָנֶפֶשׁ תַּחַת עַיִן – דְּבַהֲדֵי דְּעַוַּיר לֵיהּ, נְפַקָא לֵיהּ נִשְׁמְתֵיהּ.Abayé dit : Cela découle de ce qu'a enseigné l'école de 'Hizkiya, car l'école de 'Hizkiya a enseigné : Il est écrit « œil pour œil » (Exode 21, 24) et « vie pour vie » (Exode 21, 23), mais non une vie et un œil pour un œil. Or, s'il te venait à l'esprit qu'il s'agit d'un œil réel, tu trouverais parfois un œil et une vie pour un œil : pendant qu'on l'aveugle, son âme s'en va, s'il est trop faible.
- וּמַאי קוּשְׁיָא? דִּלְמָא מֵימָד אָמְדִינַן לֵיהּ; אִי מָצֵי מְקַבֵּל – עָבְדִינַן, וְאִי לָא מָצֵי מְקַבֵּל – לָא עָבְדִינַן; וְאִי אָמְדִינַן דְּמָצֵי מְקַבֵּל, וְעָבְדִינַן בֵּיהּ וּנְפַק רוּחֵיהּ – אִי מָיֵית, לֵימוּת! מִי לָא תְּנַן גַּבֵּי מַלְקוֹת: אֲמָדוּהוּ, וּמֵת תַּחַת יָדוֹ – פָּטוּר?La Guemara objecte : Et quelle est la difficulté ? Peut-être que nous l'évaluons : s'il peut le supporter, nous le faisons ; et s'il ne peut pas le supporter, nous ne le faisons pas. Et si nous avons évalué qu'il peut le supporter, que nous le lui faisons et que son souffle s'en va : s'il meurt, qu'il meure ! N'avons-nous pas appris à propos de la flagellation (Michna Makkot 22b) : Si on l'a évalué et qu'il est mort sous la main de celui qui le frappait, celui-ci est exempt ? La preuve d'Abayé n'est donc pas retenue.
- רַב זְבִיד מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבָּה אָמַר, אָמַר קְרָא: ״פֶּצַע תַּחַת פָּצַע״ – לִיתֵּן צַעַר בִּמְקוֹם נֶזֶק. וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ מַמָּשׁ – כִּי הֵיכִי דִּלְהַאי הָוֵי לֵיהּ צַעֲרָא, לְהַאי נָמֵי אִית לֵיהּ צַעֲרָא!Rav Zevid a dit au nom de Rabba : Le verset dit : « Plaie pour plaie » (Exode 21, 25), pour donner un paiement pour la souffrance là où il y a un dommage. Or, s'il te venait à l'esprit qu'il s'agit d'un œil réel : de même que celui-ci a de la souffrance, celui-là aussi a de la souffrance quand on lui ôte l'œil. Pourquoi paierait-il encore la souffrance ?
- וּמַאי קוּשְׁיָא? דִּלְמָא אִיכָּא אִינִישׁ דִּמְפַנַּק – אִית לֵיהּ צַעֲרָא טְפֵי, וְאִיכָּא אִינִישׁ דְּלָא מְפַנַּק – לֵית לֵיהּ צַעֲרָא! לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִתַּבי לֵיהּ הַיְאךְ דְּבֵינֵי בֵּינֵי.La Guemara objecte : Et quelle est la difficulté ? Peut-être y a-t-il un homme délicat, qui a plus de souffrance, et y a-t-il un homme qui n'est pas délicat, qui n'a pas de telle souffrance ! Quelle en serait la conséquence pratique ? De lui faire donner à l'autre ce qu'il y a entre les deux, la différence de souffrance. La preuve de Rav Zevid n'est donc pas retenue.
- רַב פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא אָמַר, אָמַר קְרָא: ״וְרַפֹּא יְרַפֵּא״ – לִיתֵּן רְפוּאָה בִּמְקוֹם נֶזֶק. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מַמָּשׁ – כִּי הֵיכִי דְּהַאי בָּעֵי אָסְיָיא, הַאי נָמֵי בָּעֵי אָסְיָיא!Rav Pappa a dit au nom de Rava : Le verset dit : « Et il le fera bien soigner » (Exode 21, 19), pour donner un paiement pour les soins là où il y a un dommage. Or, s'il te venait à l'esprit qu'il s'agit d'un œil réel : de même que celui-ci a besoin d'un médecin, celui-là aussi a besoin d'un médecin ! Pourquoi paierait-il encore les soins ?
- מַאי קוּשְׁיָא? דִּלְמָא אִיכָּא דְּסָלֵיק בִּשְׂרֵיהּ הַיָּיא, וְאִיכָּא דְּלָא סָלֵיק בִּשְׂרֵיהּ הַיָּיא! לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִיתַּב לֵיהּ הַיְאךְ דְּבֵינֵי בֵּינֵי.La Guemara objecte : Quelle est la difficulté ? Peut-être y a-t-il quelqu'un dont la chair guérit vite, et y a-t-il quelqu'un dont la chair ne guérit pas vite ! Quelle en serait la conséquence pratique ? De lui faire donner à l'autre ce qu'il y a entre les deux, la différence entre leurs frais de soins.
- רַב אָשֵׁי אָמַר: אָתְיָא ״תַּחַת״–״תַּחַת״ מִשּׁוֹר; כְּתִיב הָכָא: ״עַיִן תַּחַת עַיִן״, וּכְתִיב הָתָם: ״שַׁלֵּם יְשַׁלֵּם שׁוֹר תַּחַת הַשּׁוֹר״ – מָה לְהַלָּן מָמוֹן, אַף כָּאן מָמוֹן.Rav Achi a dit : Cela découle d'une guezéra chava (analogie textuelle fondée sur un même mot dans deux versets) entre « pour » et « pour » à partir du bœuf. Il est écrit ici : « Œil pour œil » (Exode 21, 24), et il est écrit là-bas : « Il paiera un bœuf pour le bœuf » (Exode 21, 36). De même que là-bas il s'agit d'argent, de même ici il s'agit d'argent.
- מַאי חָזֵית דְּיָלְפַתְּ ״תַּחַת״–״תַּחַת״ מִשּׁוֹר? נֵילַף ״תַּחַת״–״תַּחַת״ מֵאָדָם – דִּכְתִיב: ״וְנָתַתָּ נֶפֶשׁ תַּחַת נֶפֶשׁ״; מָה לְהַלָּן מַמָּשׁ, אַף כָּאן מַמָּשׁ!La Guemara demande : Qu'as-tu vu pour déduire « pour » de « pour » à partir du bœuf ? Déduisons plutôt « pour » de « pour » à partir de l'homme, comme il est écrit : « Tu donneras vie pour vie » (Exode 21, 23). De même que là-bas il s'agit de la vie réelle, de même ici d'un membre réel !
- אָמְרִי: דָּנִין נְזָקִין מִנְּזָקִין, וְאֵין דָּנִין נְזָקִין מִמִּיתָה. אַדְּרַבָּה! דָּנִין אָדָם מֵאָדָם, וְאֵין דָּנִין אָדָם מִבְּהֵמָה!On a répondu : On déduit les dommages des dommages, et on ne déduit pas les dommages de la mort. La Guemara rétorque : Au contraire ! On déduit l'homme de l'homme, et on ne déduit pas l'homme de l'animal !
- אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: מִ״תַּחַת אֲשֶׁר עִנָּהּ״ יָלֵיף לֵיהּ – אָדָם מֵאָדָם, וּנְזִיקִין מִנְּזִיקִין.Mais Rav Achi a dit : On l'apprend de « parce qu'il l'a violentée » (Deutéronome 22, 29), où figure aussi le mot ta'hat (« pour, parce que ») et où le coupable paie de l'argent : on y apprend l'homme de l'homme, et les dommages des dommages.
- תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: ״עַיִן תַּחַת עַיִן״ – מַמָּשׁ. ״מַמָּשׁ״ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! רַבִּי אֱלִיעֶזֶר לֵית לֵיהּ כְּכֹל הָנֵי תַּנָּאֵי?!Il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Eliézer dit : « Œil pour œil » (Exode 21, 24) signifie réellement. La Guemara s'étonne : Te viendrait-il à l'esprit « réellement » ? Rabbi Eliézer ne partage-t-il pas l'avis de tous ces Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna), selon lesquels il s'agit d'argent ?
- אָמַר רַבָּה: לוֹמַר שֶׁאֵין שָׁמִין אוֹתוֹ כְּעֶבֶד. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: אֶלָּא כְּמַאן, כְּבֶן חוֹרִין?! בֶּן חוֹרִין מִי אִית לֵיהּ דָּמֵי? אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: לוֹמַר שֶׁאֵין שָׁמִין אוֹתוֹ בְּנִיזָּק, אֶלָּא בְּמַזִּיק.Rabba a dit : C'est pour dire qu'on ne l'évalue pas comme un esclave. Abayé lui a dit : Mais comme qui, alors ? Comme un homme libre ? Un homme libre a-t-il un prix ? Mais Rav Achi a dit : C'est pour dire qu'on n'évalue pas le dommage sur la victime, mais sur l'auteur du dommage : on estime de combien sa propre valeur baisserait s'il subissait cette blessure.
- הָהוּא חַמְרָא דְּקַטַּע יְדָא דְיָנוֹקָא. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב פָּפָּא בַּר שְׁמוּאֵל, אֲמַר לְהוּ: זִילוּ שׁוּמוּ לֵיהּ אַרְבָּעָה דְּבָרִים. אָמַר לֵיהּ רָבָא: וְהָא אֲנַן חֲמִשָּׁה תְּנַן! אֲמַר לֵיהּ: לְבַר מִנֶּזֶק קָאָמֵינָא. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא חֲמוֹר הוּא, וַחֲמוֹר אֵינוֹ מְשַׁלֵּם אֶלָּא נֶזֶק! אֲמַר לְהוּ: זִילוּ שׁוּמוּ לֵיהּ נִזְקֵיהּ. וְהָא כְּעַבְדָּא בָּעֵי לְמִשְׁיְימֵיהּ! אֲמַר לְהוּ: זִילוּ שַׁיְימוּהּו כְּעַבְדָּא.Un certain âne avait sectionné la main d'un enfant. L'affaire est venue devant Rav Pappa bar Chmouel. Il a dit aux officiers du tribunal : Allez, évaluez pour lui quatre choses. Rava lui a dit : Mais nous avons appris cinq dans la Michna ! Il lui a répondu : Je parle en dehors du dommage. Abayé lui a dit : Mais c'est un âne, et le propriétaire d'un âne ne paie que le dommage ! Il leur a dit : Allez, évaluez pour lui son dommage. On a objecté : Mais il faut l'évaluer comme un esclave ! Il leur a dit : Allez, évaluez-le comme un esclave.
- אֲמַר לְהוּ אֲבוּהּ דְּיָנוֹקָא: לָא בָּעֵינָא, דְּזִילָא בֵּיהּ מִילְּתָא. אֲמַרוּ לֵיהּ: וְהָא קָא מְחַיְּיבַתְּ לֵיהּ לְיָנוֹקָא! אֲמַר לְהוּ: לְכִי גָדֵיל, מְפַיֵּיסְנָא לֵיהּ מִדִּידִי.Le père de l'enfant leur a dit : Je ne le veux pas, car cela l'avilit. Ils lui ont dit : Mais tu lèses l'enfant, qui perdra son dédommagement ! Il leur a répondu : Quand il aura grandi, je l'apaiserai avec mes propres biens.
- הָהוּא תּוֹרָא דַּאֲלַס יְדֵיהּ דְּיָנוֹקָא. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא, אֲמַר לְהוּ: זִילוּ שַׁיְימוּהּו כְּעַבְדָּא. אֲמַרוּ לֵיהּ: וְהָא מָר הוּא דְּאָמַר: כׇּל הַנִּישּׁוֹם כְּעֶבֶד – אֵין גּוֹבִין אוֹתוֹ בְּבָבֶל! אֲמַר לְהוּ: לָא צְרִיכָא, דְּאִי תְּפַס.Un certain bœuf avait mâché la main d'un enfant. L'affaire est venue devant Rava. Il a dit aux officiers du tribunal : Allez, évaluez-le comme un esclave. Ils lui ont dit : Mais n'est-ce pas le Maître qui a dit : Tout ce qui s'évalue comme pour un esclave, on ne le perçoit pas en Babylonie ? Il leur a répondu : Cela n'est nécessaire que pour le cas où la victime saisirait des biens de l'auteur du dommage : on sait ainsi jusqu'à quelle somme elle peut les garder.
- רָבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רָבָא: נִזְקֵי שׁוֹר בְּשׁוֹר, וְנִזְקֵי שׁוֹר בְּאָדָם – גּוֹבִין אוֹתוֹ בְּבָבֶל. נִזְקֵי אָדָם בְּאָדָם, וְנִזְקֵי אָדָם בְּשׁוֹר – אֵין גּוֹבִין אוֹתוֹ בְּבָבֶל.Rava suit là sa propre opinion, car Rava a dit : Les dommages causés à un bœuf par un bœuf et les dommages causés à un bœuf par un homme, on les perçoit en Babylonie. Les dommages causés à un homme par un homme et les dommages causés à un homme par un bœuf, on ne les perçoit pas en Babylonie.
- מַאי שְׁנָא נִזְקֵי אָדָם בְּאָדָם וְנִזְקֵי אָדָם בְּשׁוֹר, דְּלָא – ״אֱלֹהִים״ בָּעֵינַן, וְלֵיכָּא; נִזְקֵי שׁוֹר בְּשׁוֹר וְשׁוֹר בְּאָדָם נָמֵי –En quoi diffèrent les dommages causés à un homme par un homme et les dommages causés à un homme par un bœuf, pour qu'on ne les perçoive pas ? Si c'est parce que nous avons besoin d'Elohim (de juges ordonnés), et qu'il n'y en a pas en Babylonie, alors pour les dommages causés à un bœuf par un bœuf et à un bœuf par un homme aussi…
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