Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְהָא כִּי אֲתָא רַבִּי אָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֶחָד אִילָן הַנּוֹטֶה לְתוֹךְ שְׂדֵה חֲבֵירוֹ, וְאֶחָד אִילָן הַסָּמוּךְ לַמֶּצֶר – מֵבִיא וְקוֹרֵא, שֶׁעַל מְנָת כֵּן הִנְחִיל יְהוֹשֻׁעַ לְיִשְׂרָאֵל אֶת הָאָרֶץ!On objecte encore au nombre des conditions de Yehochoua : Mais voici que, lorsque Rabbi Avin est venu d'Erets Israël, il a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Aussi bien un arbre qui penche vers le champ de son prochain qu'un arbre proche de la limite du champ voisin – leur propriétaire apporte les prémices (bikourim) et récite la déclaration prescrite par la Torah, car c'est à cette condition que Yehochoua a fait hériter le Pays à Israël ! Voilà donc une condition de plus, alors que la liste n'en compte que dix.
- אֶלָּא מַאן תָּנָא עֲשָׂרָה תְּנָאִין שֶׁהִתְנָה יְהוֹשֻׁעַ – רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הוּא. רַב גְּבִיהָה מִבֵּי כְתִיל מַתְנֵי לַהּ בְּהֶדְיָא: רַבִּי תַּנְחוּם וְרַבִּי בִּרְיָיס אָמְרִי מִשּׁוּם זָקֵן אֶחָד, וּמַנּוּ – רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי; עֲשָׂרָה תְּנָאִין הִתְנָה יְהוֹשֻׁעַ.On répond : Mais alors, qui a enseigné les dix conditions que Yehochoua a posées ? C'est Rabbi Yehochoua ben Lévi, un Amora (Sage de l'époque de la Guemara), et non une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) ; Rabbi Yo'hanan, Amora lui aussi, peut donc le contredire. Rav Guevia de Bei Ketil l'enseigne explicitement : Rabbi Tan'houm et Rabbi Beraïs disent au nom d'un Ancien, et qui est-ce ? Rabbi Yehochoua ben Lévi : Yehochoua a posé dix conditions.
- עֲשָׂרָה תַּקָּנוֹת תִּיקֵּן עֶזְרָא: שֶׁקּוֹרִין בַּמִּנְחָה בַּשַּׁבָּת; וְקוֹרִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי; וְדָנִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי; וּמְכַבְּסִים בַּחֲמִישִׁי בַּשַּׁבָּת; וְאוֹכְלִין שׁוּם בְּעֶרֶב שַׁבָּת; וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה מַשְׁכֶּמֶת וְאוֹפָה; וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹגֶרֶת בְּסִינָר; וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹפֶפֶת וְטוֹבֶלֶת; וְשֶׁיְּהוּ רוֹכְלִין מַחֲזִירִין בָּעֲיָירוֹת; וְתִיקֵּן טְבִילָה לְבַעֲלֵי קְרָיִין.Ezra a institué dix ordonnances : qu'on lise la Torah à Min'ha (l'office de l'après-midi) le Chabbat ; qu'on lise la Torah le lundi et le jeudi ; qu'on juge en tribunal le lundi et le jeudi ; qu'on lave le linge le jeudi ; qu'on mange de l'ail la veille de Chabbat ; que la femme se lève tôt et cuise le pain les jours où elle en fait ; que la femme se ceigne d'un sinar (sorte de petit caleçon) ; que la femme démêle sa chevelure et ensuite s'immerge au mikvé (bain rituel) ; que les colporteurs circulent dans les villes ; et il a institué l'immersion pour ceux qui ont eu un épanchement séminal.
- שֶׁיְּהוּ קוֹרְאִין בַּמִּנְחָה בַּשַּׁבָּת – מִשּׁוּם יוֹשְׁבֵי קְרָנוֹת.Qu'on lise à Min'ha le Chabbat – à cause de ceux qui sont assis aux coins de rue : les boutiquiers, occupés toute la semaine, n'entendent pas la lecture du lundi et du jeudi, et on a institué pour eux une lecture supplémentaire.
- וְשֶׁיְּהוּ קוֹרְאִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי – עֶזְרָא תִּיקֵּן?! וְהָא מֵעִיקָּרָא הֲוָה מִיתַּקְנָא! דְּתַנְיָא: ״וַיֵּלְכוּ שְׁלֹשֶׁת יָמִים בַּמִּדְבָּר וְלֹא מָצְאוּ מָיִם״ – דּוֹרְשֵׁי רְשׁוּמוֹת אָמְרוּ: אֵין מַיִם אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי כׇּל צָמֵא לְכוּ לַמַּיִם״.Qu'on lise le lundi et le jeudi – est-ce Ezra qui l'a institué ?! Mais voici que cela avait été institué dès l'origine ! Car il a été enseigné dans une baraïta : « Ils marchèrent trois jours dans le désert et ne trouvèrent pas d'eau » (Exode 15, 22) : ceux qui interprètent les versets ont dit : L'eau n'est autre que la Torah, comme il est dit : « Ô vous tous qui avez soif, allez vers l'eau ! » (Isaïe 55, 1).
- כֵּיוָן שֶׁהָלְכוּ שְׁלֹשֶׁת יָמִים בְּלֹא תּוֹרָה, נִלְאוּ, עָמְדוּ נְבִיאִים שֶׁבֵּינֵיהֶם וְתִיקְּנוּ לָהֶם שֶׁיְּהוּ קוֹרִין בַּשַּׁבָּת, וּמַפְסִיקִין בְּאֶחָד בַּשַּׁבָּת, וְקוֹרִין בְּשֵׁנִי, וּמַפְסִיקִין שְׁלִישִׁי וּרְבִיעִי, וְקוֹרִין בַּחֲמִישִׁי, וּמַפְסִיקִין עֶרֶב שַׁבָּת, כְּדֵי שֶׁלֹּא יָלִינוּ שְׁלֹשָׁה יָמִים בְּלֹא תּוֹרָה.Comme ils avaient marché trois jours sans Torah, ils furent épuisés ; les prophètes qui étaient parmi eux se levèrent et instituèrent pour eux qu'on lise la Torah le Chabbat, qu'on s'interrompe le dimanche, qu'on lise le lundi, qu'on s'interrompe le mardi et le mercredi, qu'on lise le jeudi et qu'on s'interrompe la veille de Chabbat, afin qu'ils ne restent pas trois jours sans Torah. Cette ordonnance est donc bien antérieure à Ezra.
- מֵעִיקָּרָא תִּקְּנוּ חַד גַּבְרָא – תְּלָתָא פְּסוּקֵי, אִי נָמֵי תְּלָתָא גַּבְרֵי – תְּלָתָא פְּסוּקֵי, כְּנֶגֶד כֹּהֲנִים לְוִיִּם וְיִשְׂרְאֵלִים; אֲתָא הוּא, תַּיקֵּן תְּלָתָא גַּבְרֵי וְעַשְׂרָה פְּסוּקֵי, כְּנֶגֶד עֲשָׂרָה בַּטְלָנִין.On répond : À l'origine, ils ont institué qu'un seul homme lise trois versets, ou bien que trois hommes lisent trois versets, correspondant aux Cohanim (prêtres), aux Léviim (lévites) et aux Israélites. Lui, Ezra, est venu et a institué trois hommes et dix versets, correspondant aux dix oisifs de la ville, ces hommes dégagés de tout travail pour se consacrer aux besoins de la communauté.
- וְדָנִין בְּשֵׁנִי וּבַחֲמִישִׁי – דִּשְׁכִיחִי, דְּאָתוּ לְמִקְרֵא בְּסִיפְרָא.Qu'on juge le lundi et le jeudi – car les gens se trouvent alors en ville, puisqu'ils viennent des campagnes pour la lecture du Livre, la Torah.
- וְשֶׁיְּהוּ מְכַבְּסִין בַּחֲמִישִׁי בַּשַּׁבָּת – מִשּׁוּם כְּבוֹד שַׁבָּת.Qu'on lave le linge le jeudi – par honneur pour le Chabbat.
- וְשֶׁיְּהוּ אוֹכְלִין שׁוּם בְּעֶרֶב שַׁבָּת – מִשּׁוּם עוֹנָה; דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר פִּרְיוֹ יִתֵּן בְּעִתּוֹ״, וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה, וְאִיתֵּימָא רַב נַחְמָן, וְאִיתֵּימָא רַב כָּהֲנָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹחָנָן: זֶה הַמְשַׁמֵּשׁ מִטָּתוֹ מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת.Qu'on mange de l'ail la veille de Chabbat – à cause de la ona (le devoir conjugal), l'ail accroissant la semence ; comme il est écrit à propos du juste : « Qui donne son fruit en son temps » (Psaumes 1, 3), et Rabbi Yehouda a dit, et certains disent Rav Na'hman, et certains disent Rav Kahana, et certains disent Rabbi Yo'hanan : C'est celui qui a des relations conjugales de veille de Chabbat en veille de Chabbat.
- תָּנוּ רַבָּנַן, חֲמִשָּׁה דְּבָרִים נֶאֶמְרוּ בַּשּׁוּם: מַשְׂבִּיעַ, וּמַשְׁחִין, וּמַצְהִיל פָּנִים, וּמַרְבֶּה הַזֶּרַע, וְהוֹרֵג כִּנִּים שֶׁבִּבְנֵי מֵעַיִים. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: מַכְנִיס אַהֲבָה וּמוֹצִיא אֶת הַקִּנְאָה.Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta : Cinq choses ont été dites de l'ail : il rassasie, il réchauffe le corps, il fait rayonner le visage, il accroît la semence et il tue les vers qui sont dans les intestins. Et certains disent : il fait entrer l'amour et fait sortir la jalousie.
- וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה מַשְׁכֶּמֶת וְאוֹפָה – כְּדֵי שֶׁתְּהֵא פַּת מְצוּיָה לַעֲנִיִּים.Que la femme se lève tôt et cuise le pain – afin que du pain soit disponible pour les pauvres qui passent quêter le matin.
- וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹגֶרֶת בְּסִינָר – מִשּׁוּם צְנִיעוּתָא.Que la femme se ceigne d'un sinar – par pudeur, pour se tenir éloignée de la faute.
- וְשֶׁתְּהֵא אִשָּׁה חוֹפֶפֶת וְטוֹבֶלֶת – דְּאוֹרָיְיתָא הִיא!Que la femme démêle sa chevelure et s'immerge – c'est de la Torah ! Ezra n'a donc rien eu à instituer.
- דְּתַנְיָא: ״וְרָחַץ אֶת בְּשָׂרוֹ בַּמַּיִם״ – שֶׁלֹּא יְהֵא דָּבָר חוֹצֵץ בֵּין בְּשָׂרוֹ לַמַּיִם. ״אֶת בְּשָׂרוֹ״ – אֶת הַטָּפֵל לִבְשָׂרוֹ, וּמַאי נִיהוּ – שֵׂעָר!Car il a été enseigné : « Il baignera sa chair dans l'eau » (Lévitique 14, 9) : que rien ne s'interpose entre sa chair et l'eau. « Èt sa chair » : le mot èt inclut ce qui est accessoire à sa chair, et qu'est-ce donc ? Les cheveux ! La Torah interdit donc déjà toute interposition dans les cheveux.
- אָמְרִי: דְּאוֹרָיְיתָא – לְעַיּוֹנֵי דִּלְמָא מִיקְּטַר, אִי נָמֵי מְאַוַּס מִידֵּי, מִשּׁוּם חֲצִיצָה;On répond : De la Torah, il faut seulement examiner la chevelure, de crainte qu'elle ne soit nouée, ou qu'il n'y ait quelque saleté, à cause de l'interposition ;
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