Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אִי לְרַבִּי יְהוּדָה – דַּעֲבַד לֵיהּ שְׁמִירָה פְּחוּתָה, וְלָא עֲבַד לֵיהּ שְׁמִירָה מְעוּלָּה. אִי לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב – דְּלָא עָבֵיד לֵיהּ שְׁמִירָה כְּלָל;Il y a deux façons d'appliquer la baraïta à un tam (bœuf réputé inoffensif, qui n'a pas été averti trois fois) : si elle suit Rabbi Yehouda, il s'agit d'un cas où le propriétaire lui a assuré une garde réduite, mais ne lui a pas assuré une garde supérieure. Si elle suit Rabbi Eliézer ben Yaakov, il s'agit d'un cas où il ne lui a assuré aucune garde ;
- דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: אֶחָד תָּם וְאֶחָד מוּעָד שֶׁשְּׁמָרָן שְׁמִירָה פְּחוּתָה – פְּטוּרִין. וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן רַבִּי יַעֲקֹב – דְּמַעֲמִידִין (לָהֶן) אַפּוֹטְרוֹפִּין לְתָם, לִגְבּוֹת מִגּוּפוֹ.comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : Aussi bien un tam qu'un mouad (bœuf averti, qui a encorné à trois reprises) que le propriétaire a gardés d'une garde réduite sont exempts. Le propriétaire n'est passible que s'il ne les a pas gardés du tout. Et voici ce que Rabbi Yaakov nous enseigne : qu'on nomme (pour eux) des tuteurs pour un tam, afin que le lésé puisse percevoir son dû sur son corps, c'est-à-dire sur le produit de la vente du bœuf.
- אֲמַר לֵיהּ: הָכִי קָאָמַר – חֲדָא דְּאִית בֵּיהּ תַּרְתֵּי טַעְמָא.Ravina lui dit : voici ce que Rava veut dire en appliquant les propos de Rabbi Yaakov à un mouad : Rabbi Yaakov a énoncé une seule chose qui contient deux raisonnements conformes à Rabbi Yehouda : le mouad conserve son côté tam, et une garde réduite suffit pour le côté mouad.
- רָבִינָא אָמַר: רְשׁוּת מְשַׁנָּה אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ – כְּגוֹן דַּהֲוָה מוּעָד; וְנִתְפַּקֵּחַ הַחֵרֵשׁ, וְנִשְׁתַּפָּה הַשּׁוֹטֶה, וְהִגְדִּיל הַקָּטָן. רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: הֲרֵי הוּא בְּחֶזְקָתוֹ, רַבִּי יַעֲקֹב סָבַר: רְשׁוּת מְשַׁנָּה.Ravina lui-même a dit autrement : ce qui les sépare, c'est de savoir si le changement de domaine modifie le statut du bœuf. Par exemple, le bœuf est devenu mouad sous la garde du tuteur, et ensuite le sourd-muet a retrouvé ses facultés, le dément a recouvré la raison, ou le mineur a grandi, et le bœuf est revenu chez son propriétaire. Rabbi Yehouda pense : il reste dans son statut présumé, et le propriétaire paie le dommage entier. Rabbi Yaakov pense : le changement de domaine modifie le statut, le bœuf redevient tam, et le propriétaire ne paie que la moitié du dommage.
- תָּנוּ רַבָּנַן: אַפּוֹטְרוֹפְּסִים מְשַׁלְּמִין מִן הָעֲלִיָּיה, וְאֵין מְשַׁלְּמִין כּוֹפֶר.Nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta : Les tuteurs paient le dommage causé par un bœuf mouad sur les biens de première qualité, mais ils ne paient pas le kofer (la rançon due lorsque le bœuf a tué un homme).
- מַאן תְּנָא כּוּפְרָא – כַּפָּרָה, וְיַתְמֵי לָאו בְּנֵי כַפָּרָה נִינְהוּ?La Guemara demande : Qui est le Tanna qui enseigne que le kofer est une expiation, et que par conséquent le tuteur en est dispensé, car les orphelins ne sont pas soumis à l'expiation, n'étant pas moralement responsables ?
- אָמַר רַב חִסְדָּא: רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה הִיא, דְּתַנְיָא: ״וְנָתַן פִּדְיֹן נַפְשׁוֹ״ – דְּמֵי נִיזָּק. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה אוֹמֵר: דְּמֵי מַזִּיק.Rav 'Hisda a dit : C'est Rabbi Ichmaël, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, comme il a été enseigné dans une baraïta : « Il donnera le rachat de sa vie » (Exode 21, 30) : il s'agit de la valeur de la victime. Rabbi Ichmaël, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, dit : il s'agit de la valeur de celui qui a causé le dommage.
- מַאי, לָאו בְּהָא קָמִיפַּלְגִי – דְּרַבָּנַן סָבְרִי: כּוּפְרָא מָמוֹנָא הוּא; וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה סָבַר: כּוּפְרָא כַּפָּרָה?N'est-ce pas sur ce point qu'ils divergent ? Les Rabbanan pensent : le kofer est une compensation financière du dommage, et l'on verse donc aux héritiers la valeur de la victime ; tandis que Rabbi Ichmaël, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, pense : le kofer est une expiation pour la mort d'un homme, et son montant est donc la valeur du responsable, qui rachète ainsi sa propre vie.
- אָמַר רַב פָּפָּא: לָא; דְּכוּלֵּי עָלְמָא כּוּפְרָא כַּפָּרָה הוּא, וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי – רַבָּנַן סָבְרִי: בִּדְנִיזָּק שָׁיְימִינַן, וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה סָבַר: בִּדְמַזִּיק שָׁיְימִינַן.Rav Pappa a dit : Non ; pour tout le monde, le kofer est une expiation, et ici, voici sur quoi ils divergent : les Rabbanan pensent : nous l'évaluons d'après la valeur de la victime ; et Rabbi Ichmaël, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, pense : nous l'évaluons d'après la valeur de celui qui a causé le dommage.
- מַאי טַעְמָא דְּרַבָּנַן? נֶאֶמְרָה ״שִׁיתָה״ לְמַטָּה, וְנֶאֶמְרָה ״שִׁיתָה״ לְמַעְלָה; מָה לְהַלָּן בִּדְנִיזָּק, אַף כָּאן בִּדְנִיזָּק.La Guemara précise : Quelle est la raison des Rabbanan ? Il a été dit le mot « imposer » (chita) plus bas : « Si un kofer lui est imposé » (Exode 21, 30), et il a été dit « imposer » plus haut : « Comme le lui imposera le mari de la femme » (Exode 21, 22). De même que là-bas, à propos des fœtus, l'évaluation se fait d'après la victime, de même ici, elle se fait d'après la victime.
- וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָה סָבַר: ״וְנָתַן פִּדְיֹן נַפְשׁוֹ״ כְּתִיב.Et Rabbi Ichmaël, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, pense : il est écrit « Il donnera le rachat de sa vie » : il s'agit de la vie du propriétaire du bœuf, et le montant est donc sa propre valeur.
- וְרַבָּנַן: אִין, ״פִּדְיוֹן נַפְשׁוֹ״ כְּתִיב; מִיהוּ כִּי שָׁיְימִינַן – בִּדְנִיזָּק שָׁיְימִינַן.Et les Rabbanan répondent : Oui, il est écrit « le rachat de sa vie », ce qui montre que le but en est le rachat de sa vie ; mais lorsque nous évaluons le montant, nous l'évaluons d'après la valeur de la victime.
- מְשַׁבַּח לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן בִּדְרַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב, דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא. אָמַר לֵיהּ: לִכְשֶׁיָּבֹא לְיָדְךָ, הֲבִיאֵהוּ לְיָדִי.Rava faisait l'éloge de Rav A'ha bar Yaakov devant Rav Na'hman, disant que c'est un grand homme. Rav Na'hman lui dit : Lorsqu'il viendra chez toi, amène-le-moi.
- כִּי אֲתָא לְגַבֵּיהּ, אֲמַר לֵיהּ: בָּעֵי מִינַּאי מִילְּתָא. בְּעָא מִינֵּיהּ: שׁוֹר שֶׁל שְׁנֵי שׁוּתָּפִין, כֵּיצַד מְשַׁלְּמִין כּוֹפֶר?Lorsque Rav A'ha bar Yaakov vint chez lui, Rav Na'hman lui dit : Demande-moi quelque chose. Rav A'ha bar Yaakov lui demanda : Si un bœuf appartenant à deux associés a tué un homme, comment paient-ils le kofer ?
- מְשַׁלֵּם הַאי כּוֹפֶר וְהַאי כּוֹפֶר? כּוֹפֶר אֶחָד אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא שְׁנֵי כוּפְרִין! הַאי חֲצִי כוֹפֶר וְהַאי חֲצִי כוֹפֶר? כּוֹפֶר שָׁלֵם אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא חֲצִי כוֹפֶר!Celui-ci paierait-il un kofer entier et celui-là un kofer entier ? Le Miséricordieux a parlé d'un seul kofer, et non de deux kofer ! Celui-ci paierait-il un demi-kofer et celui-là un demi-kofer ? Le Miséricordieux a parlé d'un kofer entier, et non d'un demi-kofer !
- אַדְּיָתֵיב וְקָא מְעַיֵּין בַּהּ, אֲמַר לֵיהּ – תְּנַן: חַיָּיבֵי עֲרָכִין – מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָן. חַיָּיבֵי חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת – אֵין מְמַשְׁכְּנִין אוֹתָן. חַיָּיבֵי כוּפְרִין מַאי?Tandis qu'il était assis et y réfléchissait, Rav A'ha bar Yaakov lui dit : Nous avons appris dans la Michna : Ceux qui sont redevables d'une évaluation au Temple, on saisit leurs biens en gage ; ceux qui sont redevables de sacrifices expiatoires et de sacrifices de culpabilité, on ne saisit pas leurs biens en gage, car ils veulent eux-mêmes obtenir l'expiation. Ceux qui sont redevables du kofer, qu'en est-il ?
- כֵּיוָן דְּכַפָּרָה הוּא – כְּחַטָּאת וְאָשָׁם דָּמֵי,ּ מִחְמָר חֲמִיר עִילָּוֵיהּ וְלָא בָּעֵי מַשְׁכּוֹנֵיהּ; אוֹ דִלְמָא, כֵּיוָן דִּלְחַבְרֵיהּ הוּא דְּבָעֵי מִיתְּבָא לֵיהּ – מָמוֹנָא הוּא וְלָא לְגָבוֹהַּ הוּא, וְלָא חֲמִיר עֲלֵיהּ, וּבָעֵי מַשְׁכּוֹנֵיהּ?Puisque c'est une expiation, cela ressemble au sacrifice expiatoire et au sacrifice de culpabilité ; la chose lui pèse sérieusement, et il n'est pas nécessaire de saisir ses biens en gage. Ou peut-être, puisque c'est à son prochain qu'il doit le donner, c'est de l'argent, et non une dette envers le Très-Haut ; cela ne lui pèse pas, et il faut saisir ses biens en gage ?
- אִי נָמֵי, כֵּיוָן דְּהוּא לָא חֲטָא, וּמָמוֹנֵיהּ הוּא דְּאַזֵּיק – לָא חֲמִיר מִילְּתָא עִילָּוֵיהּ, וּבָעֵי מַשְׁכּוֹנֵיהּ.Ou encore : puisque lui-même n'a pas fauté, et que c'est son bien, à savoir son bœuf, qui a causé le dommage, la chose ne lui pèse pas, et il faut saisir ses biens en gage.
- אֲמַר לֵיהּ: שִׁבְקַן, אֶסְתַּגַּר בְּקַמַּיְיתָא.Rav Na'hman lui dit : Laisse-nous ; je suis encore enfermé dans la première question et n'en ai pas la solution.
- תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁאָלוֹ בְּחֶזְקַת תָּם, וְנִמְצָא מוּעָד – בְּעָלִים מְשַׁלְּמִין חֲצִי נֶזֶק, וְשׁוֹאֵל מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.Nos Maîtres ont enseigné : Si quelqu'un l'a emprunté comme étant présumé tam, que le bœuf a encorné et qu'il s'est révélé être mouad, le propriétaire paie la moitié du dommage et l'emprunteur paie la moitié du dommage.
- הוּעַד בְּבֵית שׁוֹאֵל, וְהֶחְזִירוֹ לַבְּעָלִים – בְּעָלִים מְשַׁלְּמִין חֲצִי נֶזֶק, וְשׁוֹאֵל פָּטוּר מִכְּלוּם.S'il est devenu mouad dans la maison de l'emprunteur, et que celui-ci l'a rendu au propriétaire, et que le bœuf a ensuite encorné, le propriétaire paie la moitié du dommage, et l'emprunteur est exempt de tout.
- אָמַר מָר: שְׁאָלוֹ בְּחֶזְקַת תָּם, וְנִמְצָא מוּעָד – בְּעָלִים מְשַׁלְּמִין חֲצִי נֶזֶק, וְשׁוֹאֵל חֲצִי נֶזֶק. וְאַמַּאי? לֵימָא לֵיהּ: תּוֹרָא שְׁאֵילִי, אַרְיָא לָא שְׁאֵילִי!Le Maître a dit dans la baraïta : Si quelqu'un l'a emprunté comme étant présumé tam, et qu'il s'est révélé être mouad, le propriétaire paie la moitié du dommage, et l'emprunteur la moitié du dommage. Mais pourquoi l'emprunteur paierait-il ? Qu'il lui dise : J'ai emprunté un bœuf, je n'ai pas emprunté un lion !
- אָמַר רַב: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – שֶׁהִכִּיר בּוֹ שֶׁהוּא נַגְחָן.Rav a dit : De quoi s'agit-il ici ? Du cas où l'emprunteur savait qu'il était porté à encorner.
- וְנֵימָא לֵיהּ: תָּם שְׁאֵילִי, מוּעָד לָא שְׁאֵילִי!Mais qu'il lui dise : J'ai emprunté un tam, je n'ai pas emprunté un mouad !
- מִשּׁוּם דְּאָמַר לֵיהּ: סוֹף סוֹף אִי תָּם הֲוָה – פַּלְגָא נִזְקָא בָּעֵית שַׁלּוֹמֵי; הַשְׁתָּא נָמֵי, זִיל שַׁלֵּים פַּלְגָא נִזְקָא.Parce que le propriétaire peut lui dire : En fin de compte, s'il avait été tam, tu aurais dû payer la moitié du dommage ; maintenant aussi, va payer la moitié du dommage.
- וְנֵימָא לֵיהּ: אִי תָּם – הֲוָה מִשְׁתַּלֵּם מִגּוּפוֹ!Mais qu'il lui dise : S'il avait été tam, on aurait perçu le paiement sur son corps, et non sur mes biens !
- מִשּׁוּם דְּאָמַר לֵיהּ: סוֹף סוֹף, אַתְּ – לָאו תּוֹרָא בָּעֵית שַׁלּוֹמֵי לְדִידִי?Parce que le propriétaire peut lui dire : En fin de compte, ne devrais-tu pas me payer le bœuf ? L'emprunteur doit en effet restituer le bœuf dans l'état où il l'a reçu, et il paierait donc de toute façon.
- וְנֵימָא לֵיהּ:Mais qu'il lui dise :
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