Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- רִיחֵק נְגִיחוֹתָיו – חַיָּיב; קֵירַב נְגִיחוֹתָיו לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?! אֲמַרוּ לֵיהּ: זָבָה תּוֹכִיחַ, שֶׁרִיחֲקָה רְאִיּוֹתֶיהָ – טְמֵאָה, קֵירְבָה רְאִיּוֹתֶיהָ – טְהוֹרָה!Rabbi Méïr raisonne ainsi : s'il a espacé ses coups de corne sur trois jours, le propriétaire du bœuf est 'hayav (passible) d'un dédommagement entier ; s'il a rapproché ses coups de corne en un seul jour, à plus forte raison, n'est-ce pas ?! Ils lui dirent : le cas de la zava (femme atteinte d'un écoulement de sang hors de la période de ses règles) le prouvera, car ce raisonnement ne tient pas : si elle a espacé ses visions de sang sur trois jours, elle est tamé (rituellement impure) de l'impureté de zava ; si elle a rapproché ses visions en un seul jour, elle est tahor (pure) de cette impureté !
- אָמַר לָהֶן, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״וְזֹאת תִּהְיֶה טֻמְאָתוֹ בְּזוֹבוֹ״ – תָּלָה הַכָּתוּב אֶת הַזָּב בִּרְאִיּוֹת, וְאֶת הַזָּבָה בְּיָמִים.Il leur dit : le cas de la zava ne réfute pas mon raisonnement, car voici que le verset dit : « Et ceci sera son impureté dans son écoulement » (Lévitique 15, 3). Le mot « ceci » indique qu'on s'en tient ici à la lettre du texte : le verset a fait dépendre l'impureté du zav (homme atteint d'un écoulement) des visions, c'est-à-dire de leur nombre, et celle de la zava des jours où elle a vu du sang. Ce décret du verset ne s'applique pas au bœuf, pour lequel le raisonnement a fortiori reste valable.
- מִמַּאי דְּהַאי ״וְזֹאת״ – לְמַעוֹטֵי זָבָה מֵרְאִיּוֹת? אֵימָא לְמַעוֹטֵי זָב מִיָּמִים! אָמַר קְרָא: ״וְהַזָּב אֶת זוֹבוֹ לַזָּכָר וְלַנְּקֵבָה״ – מַקִּישׁ זָכָר לִנְקֵבָה; מָה נְקֵבָה בְּיָמִים, אַף זָכָר בְּיָמִים.La Guemara demande : d'où sait-on que ce « et ceci » vient exclure la zava des visions, son statut dépendant alors des jours ? Dis plutôt qu'il vient exclure le zav des jours, de sorte qu'il ne deviendrait zav que par trois écoulements en un seul jour, et non sur plusieurs jours ! La Guemara répond : le verset a dit : « Et celui qui a un écoulement, qu'il s'agisse de son écoulement, pour le mâle et pour la femelle » (Lévitique 15, 33). Il établit ainsi un hékech (rapprochement de deux sujets dans un même verset) : il compare le mâle à la femelle : de même que la femelle devient impure par les jours, de même le mâle devient impur par les jours.
- וְלַקֵּישׁ נְקֵבָה לְזָכָר – מָה זָכָר בִּרְאִיּוֹת, אַף נְקֵבָה בִּרְאִיּוֹת! הָא מַיעֵט רַחֲמָנָא ״וְזֹאת״.La Guemara objecte : mais qu'on compare plutôt la femelle au mâle : de même que le mâle devient impur par les visions, même en un seul jour, de même la femelle deviendrait impure par les visions ! La Guemara répond : voici que le Miséricordieux a exclu cela par le mot « et ceci ».
- וּמָה רָאִיתָ? מִסְתַּבְּרָא, קָאֵי בִּרְאִיּוֹת – מְמַעֵט רְאִיּוֹת; קָאֵי בִּרְאִיּוֹת – מְמַעֵט יָמִים?!La Guemara demande : et qu'as-tu vu pour exclure la femme des visions plutôt que l'homme des jours ? La Guemara répond : c'est logique : puisque le verset se tient dans le contexte des visions, il exclut la règle des visions pour la zava ; alors qu'il se tient dans le contexte des visions, il exclurait les jours ?!
- תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ מוּעָד – כֹּל שֶׁהֵעִידוּ בּוֹ שְׁלֹשָׁה יָמִים; וְתָם – שֶׁיְּהוּ הַתִּינוֹקוֹת מְמַשְׁמְשִׁין בּוֹ וְאֵינוֹ נוֹגֵחַ; דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מוּעָד – כֹּל שֶׁהֵעִידוּ בּוֹ שָׁלֹשׁ פְּעָמִים, וְלֹא אָמְרוּ שְׁלֹשָׁה יָמִים אֶלָּא לַחֲזָרָה בִּלְבָד.La Guemara revient au bœuf mouad (averti, déclaré dangereux par témoignage) et tam (sans antécédent, « innocent ») : nos Maîtres ont enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : quel bœuf est mouad ? Tout bœuf contre lequel des témoins ont témoigné qu'il a encorné trois jours ; et il redevient tam lorsque les enfants le caressent et qu'il n'encorne pas. Telles sont les paroles de Rabbi Yossé. Rabbi Chimon dit : le mouad est tout bœuf contre lequel des témoins ont témoigné qu'il a encorné trois fois, et les Sages n'ont parlé de trois jours que pour le retour à l'état de tam : il faut qu'il s'abstienne d'encorner pendant trois jours.
- אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּמוּעָד, שֶׁהֲרֵי רַבִּי יוֹסֵי מוֹדֶה לוֹ; וַהֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר בְּתָם, שֶׁהֲרֵי רַבִּי יוֹסֵי מוֹדֶה לוֹ.Rav Na'hman a dit au nom de ce qu'a dit Rav Ada bar Ahava : la halakha est conforme à Rabbi Yehouda de la Michna pour le mouad (trois jours), puisque Rabbi Yossé est d'accord avec lui ; et la halakha est conforme à Rabbi Méïr pour le tam (les enfants qui le caressent), puisque Rabbi Yossé est d'accord avec lui.
- אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: וְלֵימָא מָר הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר בְּמוּעָד, שֶׁהֲרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה לוֹ; וַהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּתָם, שֶׁהֲרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן מוֹדֶה לוֹ! אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא כְּרַבִּי יוֹסֵי סְבִירָא לִי, דְּרַבִּי יוֹסֵי נִימּוּקוֹ עִמּוֹ.Rava dit à Rav Na'hman : et que le Maître dise plutôt : la halakha est conforme à Rabbi Méïr pour le mouad, puisque Rabbi Chimon est d'accord avec lui ; et la halakha est conforme à Rabbi Yehouda pour le tam, puisque Rabbi Chimon est d'accord avec lui ! Il lui dit : moi, je suis de l'avis de Rabbi Yossé, car Rabbi Yossé, ses raisons sont avec lui : son argumentation est solide.
- אִבַּעְיָא לְהוּ: ״שְׁלֹשָׁה יָמִים״ דְּקָתָנֵי – לְיַיעוֹדֵי תּוֹרָא, אוֹ לְיַיעוֹדֵי גַּבְרָא?Ils ont posé la question : les « trois jours » qui sont enseignés dans la Michna servent-ils à rendre mouad le bœuf, ou à avertir l'homme qui en est le propriétaire, afin qu'il le surveille ?
- לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? דְּאָתוּ תְּלָתָא כִּיתֵּי סָהֲדִי בְּחַד יוֹמָא. אִי אָמְרַתְּ לְיַיעוֹדֵי תּוֹרָא, מִיַּיעַד; וְאִי אָמְרַתְּ לְיַיעוֹדֵי גַּבְרָא, לָא מִיַּיעַד – מֵימָר אָמַר: הַשְׁתָּא הוּא דְּקָמַסְהֲדוּ בִּי. מַאי?La Guemara demande : quelle différence cela fait-il ? Elle répond : le cas où trois groupes de témoins sont venus en un seul jour, chacun attestant un coup de corne survenu un jour différent. Si tu dis que les trois jours servent à rendre mouad le bœuf, ce bœuf devient mouad, puisqu'il a bien encorné trois jours différents. Mais si tu dis qu'ils servent à avertir l'homme, le bœuf ne devient pas mouad : le propriétaire peut dire : c'est seulement maintenant qu'ils témoignent contre moi, et il n'a pas été averti durant trois jours. Qu'en est-il ?
- תָּא שְׁמַע: אֵין הַשּׁוֹר נַעֲשֶׂה מוּעָד, עַד שֶׁיָּעִידוּ בּוֹ בִּפְנֵי בְעָלִים וּבִפְנֵי בֵית דִּין. הֵעִידוּ בּוֹ בִּפְנֵי בֵית דִּין וְשֶׁלֹּא בִּפְנֵי בְעָלִים, בִּפְנֵי בְעָלִים וְשֶׁלֹּא בִּפְנֵי בֵית דִּין – אֵינוֹ נַעֲשֶׂה מוּעָד, עַד שֶׁיָּעִידוּ בּוֹ בִּפְנֵי בֵית דִּין וּבִפְנֵי בְעָלִים.Viens et entends (une preuve), d'une baraïta : un bœuf ne devient pas mouad avant qu'on ait témoigné contre lui devant le propriétaire et devant le tribunal. Si l'on a témoigné contre lui devant le tribunal mais non devant le propriétaire, ou devant le propriétaire mais non devant le tribunal, il ne devient pas mouad, tant qu'on n'a pas témoigné contre lui devant le tribunal et devant le propriétaire.
- הֶעִידוּהוּ שְׁנַיִם בָּרִאשׁוֹנָה, וּשְׁנַיִם בַּשְּׁנִיָּה, וּשְׁנַיִם בַּשְּׁלִישִׁית – הֲרֵי כָּאן שָׁלֹשׁ עֵדִיּוֹת, וְהֵן עֵדוּת אַחַת לַהֲזָמָה.Si deux témoins ont témoigné contre lui pour le premier coup de corne, deux pour le deuxième et deux pour le troisième, il y a là trois témoignages distincts, mais ils forment un seul témoignage pour la hazama (la convocation de témoins qui réfutent les premiers en attestant qu'ils n'étaient pas sur les lieux).
- נִמְצֵאת כַּת רִאשׁוֹנָה זוֹמֶמֶת – הֲרֵי כָּאן שְׁתֵּי עֵדִיּוֹת, וְהוּא פָּטוּר וְהֵן פְּטוּרִים. נִמְצֵאת כַּת שְׁנִיָּה זוֹמֶמֶת – הֲרֵי כָּאן עֵדוּת אַחַת, וְהוּא פָּטוּר וְהֵן פְּטוּרִים.Si le premier groupe se révèle zomem (faux témoins convaincus par la hazama), il reste ici deux témoignages, pour lesquels le propriétaire paye le demi-dommage ; il est pétour (exempt) du dommage entier, et ils sont pétourim (exempts) de tout paiement, car à eux seuls ils n'auraient pas rendu le bœuf mouad. Si le deuxième groupe se révèle zomem, il reste ici un seul témoignage ; il est pétour et ils sont pétourim.
- נִמְצֵאת כַּת שְׁלִישִׁית זוֹמֶמֶת – כּוּלָּן חַיָּיבִין. וְעַל זֶה נֶאֱמַר: ״וַעֲשִׂיתֶם לוֹ כַּאֲשֶׁר זָמַם וְגוֹ׳״.Si le troisième groupe se révèle zomem, tous sont 'hayav : le troisième groupe paye au propriétaire le demi-dommage qu'il aurait injustement dû pour le troisième coup de corne, et tous partagent le paiement de l'autre moitié, car c'est leur témoignage commun qui l'aurait rendu mouad. Et à ce sujet il est dit : « Et vous lui ferez comme il avait projeté, etc. » (Deutéronome 19, 19).
- אִי אָמְרַתְּ לְיַיעוֹדֵי תּוֹרָא – שַׁפִּיר.Si tu dis que les trois jours servent à rendre mouad le bœuf, c'est bien : la baraïta peut traiter de témoins venus tous le même jour, qui se connaissaient forcément, de sorte que les premiers sont, eux aussi, responsables de l'aggravation.
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