Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- לְבָתַר דִּנְפַק, אֲמַר לְהוּ עוּלָּא, הָכִי אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֲפִילּוּ מִיַּתְמֵי. אָמַר רַב נַחְמָן: אִשְׁתְּמִיטַן עוּלָּא.Après qu'il fut sorti – après que Rav Na'hman eut quitté la salle d'étude –, Oulla leur dit, à ceux qui restaient : voici ce qu'a dit Rabbi Elazar : un créancier perçoit sur les esclaves même auprès des orphelins du débiteur, car l'esclave a le statut d'un bien immobilier, gagé pour la dette. Oulla s'était tu devant Rav Na'hman, sachant qu'il tenait l'esclave pour un bien meuble. Rav Na'hman dit, en l'apprenant : Oulla m'a échappé, car s'il m'avait rapporté cet avis en entier, je lui aurais opposé mes preuves.
- הֲוָה עוֹבָדָא בִּנְהַרְדְּעָא, וְאַגְבּוֹ דַּיָּינֵי דִנְהַרְדְּעָא. הֲוָה עוֹבָדָא בְּפוּמְבְּדִיתָא, וְאַגְבְּיֵהּ רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא. אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן: זִילוּ אַהֲדוּרוּ, וְאִי לָא – מַגְבִּינַן לְכוּ לְאַפַּדְנַיְיכוּ.Il y eut un cas à Nehardéa, et les juges de Nehardéa firent percevoir des esclaves auprès d'orphelins. Il y eut un cas à Poumbedita, et Rav 'Hana bar Bizna fit percevoir de même. Rav Na'hman leur dit : allez restituer ces esclaves aux orphelins, sinon nous ferons percevoir leur valeur sur vos palais, car vous avez commis une erreur manifeste.
- אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: הָא עוּלָּא, הָא רַבִּי אֶלְעָזָר, הָא דַּיָּינֵי דִנְהַרְדְּעָא וְהָא רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא; מָר – כְּמַאן סְבִירָא לֵיהּ?Rava dit à Rav Na'hman : voici Oulla, voici Rabbi Elazar, voici les juges de Nehardéa et voici Rav 'Hana bar Bizna, qui tous tiennent l'esclave pour un bien immobilier ; le Maître, toi-même, selon qui raisonne-t-il ?
- אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא מַתְנִיתָא יָדַעְנָא – דְּתָנֵי אֲבִימִי: פְּרוֹזְבּוּל חָל עַל הַקַּרְקַע, וְאֵינוֹ חָל עַל הָעֲבָדִים. מִטַּלְטְלִין נִקְנִין עִם הַקַּרְקַע, וְאֵינָן נִקְנִין עִם הָעֲבָדִים.Rav Na'hman lui dit : moi, je connais une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) qui appuie mon avis, car Avimi enseigne : le prozboul (acte qui préserve une créance de l'annulation de l'année sabbatique) s'applique à celui qui possède de la terre, mais ne s'applique pas à celui qui possède des esclaves. Les biens meubles s'acquièrent avec la terre, mais ne s'acquièrent pas avec les esclaves. Dans ces deux lois, l'esclave n'a donc pas le statut de la terre.
- לֵימָא כְּתַנָּאֵי –Dirons-nous que la question est débattue entre Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) ?
- מָכַר לוֹ עֲבָדִים וְקַרְקָעוֹת; הֶחְזִיק בַּעֲבָדִים – לֹא קָנָה קַרְקָעוֹת, בְּקַרְקָעוֹת – לֹא קָנָה עֲבָדִים. קַרְקָעוֹת וּמִטַּלְטְלִין; הֶחְזִיק בְּקַרְקַע – קָנָה מִטַּלְטְלִין, בְּמִטַּלְטְלִין – לֹא קָנָה קַרְקַע. עֲבָדִים וּמִטַּלְטְלִין; הֶחְזִיק בַּעֲבָדִים – לֹא קָנָה מִטַּלְטְלִין, בְּמִטַּלְטְלִין – לֹא קָנָה עֲבָדִים.Une baraïta enseigne : si quelqu'un lui a vendu des esclaves et des terres et que l'acheteur a pris possession des esclaves, il n'a pas acquis les terres ; s'il a pris possession des terres, il n'a pas acquis les esclaves. S'il lui a vendu des terres et des biens meubles et qu'il a pris possession de la terre, il a acquis les biens meubles ; s'il a pris possession des biens meubles, il n'a pas acquis la terre. S'il lui a vendu des esclaves et des biens meubles et qu'il a pris possession des esclaves, il n'a pas acquis les biens meubles ; s'il a pris possession des biens meubles, il n'a pas acquis les esclaves.
- וְהָתַנְיָא: הֶחְזִיק בַּעֲבָדִים – קָנָה מִטַּלְטְלִין!Or il a été enseigné dans une autre baraïta : s'il a pris possession des esclaves, il a acquis les biens meubles !
- מַאי, לָאו בְּהָא קָמִפַּלְגִי – דְּמָר סָבַר: עֲבָדִים כִּמְקַרְקְעֵי דָּמֵי, וּמָר סָבַר: עֲבָדִים כְּמִטַּלְטְלִין דָּמֵי?N'est-ce pas sur ceci qu'ils divergent : l'un, le Tanna de la seconde baraïta, estime que les esclaves sont assimilés aux biens immobiliers, et l'autre, celui de la première, estime que les esclaves sont assimilés aux biens meubles ?
- אָמַר רַב אִיקָא בְּרֵיהּ דְּרַב אַמֵּי: דְּכוּלֵּי עָלְמָא – עֲבָדִים כִּמְקַרְקְעֵי דָּמֵי. וְהָדְתַנְיָא קָנָה – שַׁפִּיר; וְהָדְתַנְיָא לֹא קָנָה – בָּעֵינַן קַרְקַע דֻּומְיָא דְּ״עָרִים מְצוּרוֹת בִּיהוּדָה״ – דְּלָא נָיְידִי.Rav Ika, fils de Rav Ami, a dit : non, pour tous, les esclaves sont assimilés aux biens immobiliers. Ce qui a été enseigné : « il a acquis » les meubles se comprend bien ; et ce qui a été enseigné : « il n'a pas acquis » s'explique ainsi : pour acquérir des meubles avec une terre, nous exigeons une terre semblable aux « villes fortifiées en Juda », qui ne se déplacent pas – ce qui exclut l'esclave, même assimilé à la terre.
- דִּתְנַן: נְכָסִים שֶׁאֵין לָהֶם אַחְרָיוּת נִקְנִין עִם נְכָסִים שֶׁיֵּשׁ לָהֶם אַחְרָיוּת – בְּכֶסֶף, בִּשְׁטָר וּבַחֲזָקָה. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר חִזְקִיָּה, דְּאָמַר קְרָא: ״וַיִּתֵּן לָהֶם אֲבִיהֶם מַתָּנוֹת רַבּוֹת לְכֶסֶף וּלְזָהָב וּלְמִגְדָּנוֹת, עִם עָרֵי מְצֻרוֹת בִּיהוּדָה״.Car nous avons appris dans la Michna (Kiddouchin 26a) : les biens qui n'offrent pas de garantie, les meubles, s'acquièrent avec les biens qui offrent une garantie, les immeubles, par l'argent, par l'acte et par la prise de possession. D'où savons-nous cela ? 'Hizkiya a dit : car le verset dit : « Leur père leur donna des présents nombreux, en argent, en or et en objets précieux, avec des villes fortifiées en Juda » (II Chroniques 21, 3).
- אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב אִיקָא בְּרֵיהּ דְּרַב אַמֵּי: דְּכוּלֵּי עָלְמָא – עַבְדֵי כְּמִטַּלְטְלִין דָּמֵי. וְהָדְתַנְיָא לֹא קָנָה – שַׁפִּיר; הָא דְּתַנְיָא קָנָה – בְּעוֹדָן עָלָיו.Certains disent : Rav Ika, fils de Rav Ami, a dit : pour tous, les esclaves sont assimilés aux biens meubles. Ce qui a été enseigné : « il n'a pas acquis » se comprend bien ; ce qui a été enseigné : « il a acquis » vise le cas où les meubles sont encore sur lui, sur l'esclave, celui-ci étant considéré comme la cour de son maître, qui acquiert ce qui s'y trouve.
- וְכִי עוֹדָן עָלָיו מַאי הָוֵי? חָצֵר מְהַלֶּכֶת הִיא, וְחָצֵר מְהַלֶּכֶת – לֹא קָנָה! וְכִי תֵּימָא בְּעוֹמֵד, וְהָא אָמַר רָבָא: כֹּל שֶׁאִילּוּ מְהַלֵּךְ לֹא קָנָה – עוֹמֵד וְיוֹשֵׁב לֹא קָנָה!Et quand ils sont encore sur lui, qu'en résulte-t-il ? L'esclave est une cour mobile, et une cour mobile n'acquiert pas ! Et si tu dis qu'il s'agit d'un esclave debout, immobile, Rava n'a-t-il pas dit : tout ce qui, en se déplaçant, n'acquiert pas, n'acquiert pas non plus debout ou assis ?
- וְהִלְכְתָא בְּכָפוּת.Et la halakha (loi pratique) est énoncée pour un esclave ligoté, incapable de marcher, qui ressemble à une cour immobile.
- וְהָתַנְיָא: הֶחְזִיק בְּקַרְקַע – קָנָה עֲבָדִים!Or il a été enseigné dans une baraïta : s'il a pris possession de la terre, il a acquis les esclaves !
- הָתָם בְּעוֹמְדִין בְּתוֹכָהּ.Là, il s'agit d'esclaves se tenant à l'intérieur de la terre acquise.
- מִכְּלָל דְּהַאי ״לֹא קָנָה״ – כְּשֶׁאֵין עוֹמְדִין בְּתוֹכָהּ?On en déduit que ce « il n'a pas acquis » de la première baraïta vise le cas où ils ne se tiennent pas à l'intérieur ?
- הָנִיחָא לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמַר רַב אִיקָא בְּרֵיהּ דְּרַב אַמֵּי: עַבְדָּא כְּמִטַּלְטְלִי דָּמֵי; הַיְינוּ דְּאִי עוֹמְדִין בְּתוֹכָהּ – אִין, אִי לָא – לָא.Cela va bien pour cette version selon laquelle Rav Ika, fils de Rav Ami, a dit : l'esclave est assimilé aux biens meubles ; c'est pourquoi, s'ils se tiennent à l'intérieur, oui, ils sont acquis, et sinon, non.
- אֶלָּא לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמַר: עַבְדָּא כִּמְקַרְקְעֵי דָּמֵי; לְמָה לִי עוֹמְדִין בְּתוֹכָהּ? הָא אָמַר שְׁמוּאֵל: מָכַר לוֹ עֶשֶׂר שָׂדוֹת בְּעֶשֶׂר מְדִינוֹת, כֵּיוָן שֶׁהֶחְזִיק בְּאַחַת מֵהֶן – קָנָה כּוּלָּן!Mais selon cette version où il dit : l'esclave est assimilé aux biens immobiliers, pourquoi me faut-il qu'ils se tiennent à l'intérieur ? Chmouel n'a-t-il pas dit : s'il lui a vendu dix champs dans dix provinces, dès qu'il a pris possession de l'un d'eux, il les a tous acquis !
- וְלִיטַעְמָיךְ, לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמַר: עַבְדָּא כְּמִטַּלְטְלִין דָּמֵי; לְמָה לִי עוֹמֵד בְּתוֹכָהּ?Et selon ton raisonnement, pour cette version où il dit : l'esclave est assimilé aux biens meubles, pourquoi me faut-il qu'il se tienne à l'intérieur ?
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