Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אִי דִּבְלָאו אִיהוּ לָא אָזְלָא – פְּשִׁיטָא! אֶלָּא דִּבְלָאו אִיהוּ אָזְלָא – מַאי קָא עָבֵיד?Si, sans lui, il (le feu) ne serait pas allé jusqu'au champ d'autrui, c'est évident qu'il est seul passible ! Mais si, même sans lui, il y serait allé, qu'a-t-il donc fait ? Ce cas ne relève donc pas de la Michna.
- מַתְקֵיף לָהּ רַב פָּפָּא, וְהָא אִיכָּא הָא דְּתַנְיָא: חֲמִשָּׁה שֶׁיָּשְׁבוּ עַל סַפְסָל אֶחָד וְלֹא שְׁבָרוּהוּ, וּבָא אֶחָד וְיָשַׁב עָלָיו וּשְׁבָרוֹ – הָאַחֲרוֹן חַיָּיב. וְאָמַר רַב פָּפָּא: כְּגוֹן פָּפָּא בַּר אַבָּא.Rav Pappa a objecté à cela : mais voici qu'il y a ce qui a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : cinq personnes qui se sont assises sur un même banc sans le briser, et un autre est venu s'y asseoir et l'a brisé : le dernier est passible. Et Rav Pappa a dit que cela s'applique à quelqu'un comme Pappa bar Abba, homme particulièrement corpulent. N'est-ce pas un autre exemple du principe de la Michna ?
- הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא דִּבְלָאו אִיהוּ לָא אִיתְּבַר – פְּשִׁיטָא. אֶלָּא דִּבְלָאו אִיהוּ נָמֵי אִיתְּבַר – מַאי קָעָבֵיד?La Guemara rejette cela : dans quelles circonstances ? Si l'on dit que, sans lui, il ne se serait pas brisé, c'est évident qu'il est seul passible ! Mais si, même sans lui, il se serait brisé, qu'a-t-il donc fait ?
- סוֹף סוֹף, מַתְנִיתָא הֵיכָא מִתָּרְצָא?La Guemara demande : en fin de compte, comment la baraïta citée par Rav Pappa s'explique-t-elle ?
- לָא צְרִיכָא; דִּבְלָאו אִיהוּ הָוֵי מִיתְּבַר בִּתְרֵי שָׁעֵי, וְהַשְׁתָּא אִיתְּבַר בַּחֲדָא שָׁעָה; דְּאָמְרִי לֵיהּ: אִי לָאו אַתְּ – הָוֵי יָתְבִינַן טְפֵי פּוּרְתָּא, וְקָיְימִין.La Guemara répond : il n'est nécessaire de l'enseigner que dans le cas où, sans lui, il se serait brisé en deux heures, et où maintenant il s'est brisé en une heure ; le dernier est seul passible, car ils lui disent : sans toi, nous serions restés assis encore un peu, puis nous nous serions levés, et le banc n'aurait jamais cédé.
- וְלֵימָא לְהוּ: אִי לָאו אַתּוּן – בְּדִידִי לָא הֲוָה מִיתְּבַר!La Guemara objecte : mais qu'il leur dise : sans vous, sous mon seul poids, il ne se serait pas brisé !
- לָא צְרִיכָא, דְּבַהֲדֵי דְּסָמֵיךְ בְּהוּ, תְּבַר.Autre réponse : il n'est nécessaire de l'enseigner que dans le cas où, à l'instant même où il s'est appuyé sur eux, il (le banc) s'est brisé.
- פְּשִׁיטָא!La Guemara demande : c'est évident !
- מַהוּ דְּתֵימָא, כֹּחוֹ – לָאו כְּגוּפוֹ דָּמֵי; קָא מַשְׁמַע לַן דְּכֹחוֹ כְּגוּפוֹ דָּמֵי, דְּכֹל הֵיכָא דְּגוּפוֹ תָּבַר – כֹּחוֹ נָמֵי תָּבַר.La Guemara répond : tu aurais pu dire que sa force n'équivaut pas à son corps, et que les autres, dont le poids a contribué au dommage, partagent la responsabilité ; elle nous enseigne donc que sa force équivaut à son corps : partout où son corps brise et le rend passible, sa force brise aussi.
- וְתוּ לֵיכָּא? וְהָא אִיכָּא הָא דְּתַנְיָא: הִכּוּהוּ עֲשָׂרָה בְּנֵי אָדָם בְּעֶשֶׂר מַקְלוֹת, בֵּין בְּבַת אַחַת בֵּין בָּזֶה אַחַר זֶה, וָמֵת – כּוּלָּן פְּטוּרִין. רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא אוֹמֵר: בְּזֶה אַחַר זֶה – הָאַחֲרוֹן חַיָּיב, מִפְּנֵי שֶׁקֵּירַב אֶת מִיתָתוֹ!N'y a-t-il pas d'autres cas ? Mais voici qu'il y a ce qui a été enseigné dans une baraïta : dix personnes l'ont frappé avec dix bâtons, soit en même temps, soit l'une après l'autre, et il est mort : tous sont exempts. Rabbi Yehouda ben Betéra dit : si c'est l'une après l'autre, le dernier est passible, car il a hâté sa mort. N'est-ce pas un autre exemple du principe de la Michna ?
- בִּקְטָלָא לָא קָמַיְירֵי.La Guemara répond : la baraïta ne parle pas de mise à mort, mais seulement de paiement de dommages.
- וְאִיבָּעֵית אֵימָא: בִּפְלוּגְתָּא לָא קָמַיְירֵי. וְלָא?! וְהָא אוֹקֵימְנַן דְּלָא כְּרַבִּי! דְּלָא כְּרַבִּי – וּכְרַבָּנַן, מוֹקְמִינַן; כְּרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא – וְלָא כְּרַבָּנַן, לָא מוֹקְמִינַן.Et si tu veux, dis : elle ne parle pas d'un cas de divergence. La Guemara demande : non ?! Mais nous l'avons établie comme n'étant pas conforme à Rabbi ! La Guemara répond : non conforme à Rabbi et conforme aux Rabbanim, nous l'établissons ainsi ; conforme à Rabbi Yehouda ben Betéra et non conforme aux Rabbanim, nous ne l'établissons pas ainsi.
- חַבְתִּי בְּתַשְׁלוּמֵי נִזְקוֹ. ״חַבְתִּי בְּנִזְקוֹ״ לָא קָתָנֵי, אֶלָּא ״בְּתַשְׁלוּמֵי נִזְקוֹ״,La Michna enseigne : je suis tenu au paiement de son dommage. Il n'est pas enseigné « je suis tenu de son dommage », mais « du paiement (tachloumé) de son dommage », terme apparenté à lehachlim, « compléter » : l'auteur du dommage ne fait que compléter ce qui manque à la valeur de la carcasse.
- תְּנֵינָא לְהָא דְּתָנוּ רַבָּנַן: תַּשְׁלוּמֵי נֶזֶק – מְלַמֵּד שֶׁהַבְּעָלִים מִטַּפְּלִין בַּנְּבֵילָה.Nous avons déjà appris cela, comme nos Maîtres l'ont enseigné dans une baraïta : « le paiement du dommage » enseigne que les propriétaires de l'animal blessé s'occupent de la carcasse : elle leur reste, et l'auteur du dommage paie la différence.
- מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי אַמֵּי, דְּאָמַר קְרָא: ״מַכֵּה נֶפֶשׁ בְּהֵמָה, יְשַׁלְּמֶנָּה״ – אַל תִּקְרֵי ״יְשַׁלְּמֶנָּה״, אֶלָּא ״יַשְׁלִימֶנָּה״.D'où savons-nous cela ? Rabbi Ami a dit : car le verset dit : « Celui qui frappe mortellement un animal le paiera (yechalémenna) » (Lévitique 24, 18). Ne lis pas yechalémenna, mais yachlimenna, « il le complétera ».
- רַב כָּהֲנָא אָמַר, מֵהָכָא: ״אִם טָרֹף יִטָּרֵף יְבִאֵהוּ עֵד, הַטְּרֵפָה לֹא יְשַׁלֵּם״ – ״עַד טְרֵפָה יְשַׁלֵּם״, טְרֵפָה עַצְמָהּ לֹא יְשַׁלֵּם.Rav Kahana a dit que cela vient d'ici : « S'il a été mis en pièces, qu'il l'apporte en témoignage (éd) ; la bête déchirée, il ne la paiera pas » (Exode 22, 12), verset qu'il explique ainsi : « jusqu'à (ad) la valeur de la bête déchirée il paiera » ; la bête déchirée elle-même, il ne la paiera pas.
- חִזְקִיָּה אָמַר, מֵהָכָא: ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ – לַנִּיזָּק.'Hizkiya a dit que cela vient d'ici : « et le mort sera à lui » (Exode 21, 36) : à lui, c'est-à-dire à celui qui a subi le dommage.
- וְכֵן תָּנָא דְּבֵי חִזְקִיָּה: ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ – לַנִּיזָּק. אַתָּה אוֹמֵר לַנִּיזָּק, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לַמַּזִּיק? אָמַרְתָּ: לֹא כָּךְ הָיָה.Et de même l'a enseigné un Tanna de l'école de 'Hizkiya : « et le mort sera à lui » : à celui qui a subi le dommage. Tu dis : à celui qui a subi le dommage ; ou n'est-ce pas plutôt à l'auteur du dommage ? Tu répondras : il n'en a pas été ainsi.
- מַאי ״לֹא כָּךְ הָיָה״?La Guemara demande : que signifie « il n'en a pas été ainsi » ?
- אָמַר אַבָּיֵי: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ נְבֵילָה דְּמַזִּיק הָוְיָא, לִיכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״שׁוֹר תַּחַת הַשּׁוֹר״, וְלִישְׁתּוֹק; ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ – לַנִּיזָּק.Abayé a dit : s'il te vient à l'esprit que la carcasse est à l'auteur du dommage, que le Miséricordieux écrive « un bœuf pour le bœuf » (Exode 21, 36) et qu'il se taise ! Pourquoi ai-je besoin de « et le mort sera à lui » ? Déduis-en : à celui qui a subi le dommage.
- וּצְרִיכָא; דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״מַכֵּה בְּהֵמָה יְשַׁלְּמֶנָּה״ – מִשּׁוּם דְּלָא שְׁכִיחָא; אֲבָל טְרֵפָה, דִּשְׁכִיחָא – אֵימָא לָא; צְרִיכָא.Et il est nécessaire d'avoir ces trois sources. Car si le Miséricordieux avait écrit seulement « celui qui frappe un animal le paiera », j'aurais dit que l'auteur du dommage ne paie que la différence parce que c'est rare ; mais pour la bête déchirée, qui est fréquente, je dirais que non. C'est donc nécessaire.
- וְאִי אַשְׁמוֹעִינַן טְרֵפָה – מִשּׁוּם דְּמִמֵּילָא; אֲבָל מַכֵּה בְּהֵמָה, דִּבְיָדַיִם – אֵימָא לָא.Et s'il nous avait appris seulement la bête déchirée, j'aurais dit que c'est parce que cela arrive de soi-même ; mais pour celui qui frappe un animal, ce qui est de ses mains, je dirais que non.
- וְאִי אַשְׁמוֹעִינַן הָנֵי תַּרְתֵּי – הָא מִשּׁוּם דְּלָא שְׁכִיחָא, וְהָא מִשּׁוּם דְּמִמֵּילָא; אֲבָל ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ – דִּשְׁכִיחָא וּבְיָדַיִם, אֵימָא לָא.Et s'il nous avait appris seulement ces deux cas, j'aurais dit : celui-ci parce que c'est rare, et celui-là parce que cela arrive de soi-même ; mais pour « et le mort sera à lui », qui est fréquent et de ses mains, je dirais que non.
- וְאִי אַשְׁמוֹעִינַן ״הַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ – מִשּׁוּם דְּמָמוֹנָא קָא מַזֵּיק; אֲבָל הָכָא, דִּבְגוּפָא מַזֵּיק – אֵימָא לָא, צְרִיכָא.Et s'il nous avait appris seulement « le mort sera à lui », j'aurais dit que c'est parce que ce sont ses biens qui causent le dommage ; mais ici, où il cause le dommage par son corps, je dirais que non. C'est donc nécessaire.
- אֲמַר לֵיהּ רַב כָּהֲנָא לְרַב: אֶלָּא טַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״, הָא לָאו הָכִי הֲוָה אָמֵינָא: נְבֵילָה – דְּמַזִּיק הָוְיָא?Rav Kahana a dit à Rav : mais alors, la raison est que le Miséricordieux a écrit « et le mort sera à lui » ; sinon, j'aurais dit que la carcasse est à l'auteur du dommage ?
- הַשְׁתָּא אִי אִית לֵיהּ לְדִידֵיהּ כַּמָּה טְרֵיפוֹת – יָהֵיב לֵיהּ, דְּאָמַר מָר: ״יָשִׁיב״ – לְרַבּוֹת שָׁוֶה כֶּסֶף, וַאֲפִילּוּ סוּבִּין; דִּידֵיהּ מִבַּעְיָא?!Rav Kahana poursuit : or, si l'auteur du dommage avait plusieurs bêtes déchirées, il les lui donnerait en paiement, car le Maître a dit : « il rendra » (Exode 21, 34) vient inclure ce qui vaut de l'argent, et même du son ! A-t-on besoin de le dire pour la carcasse, qui est la sienne ?
- לֹא נִצְרְכָא אֶלָּא לִפְחַת נְבֵילָה.La Guemara répond : ce n'est nécessaire que pour la dépréciation de la carcasse entre la mort et le jugement.
- לֵימָא פְּחַת נְבֵילָה תַּנָּאֵי הִיא? דְּתַנְיָא: ״אִם טָרֹף יִטָּרֵף יְבִיאֵהוּ עֵד״ –La Guemara demande : dirons-nous que la dépréciation de la carcasse fait l'objet d'une divergence entre Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) ? Car il a été enseigné dans une baraïta : « S'il a été mis en pièces, qu'il l'apporte en témoignage (éd) » (Exode 22, 12) –
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