Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְאִם אָמַר לוֹ: ״עַל מְנָת שֶׁאֶפָּרַע מִמִּי שֶׁאֶרְצֶה״ – יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אִם יֵשׁ נְכָסִים לַלֹּוֶה – בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ לֹא יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב.Et s'il lui a dit : « à condition que je perçoive de qui je voudrai », il percevra du garant. Rabban Chimon ben Gamliel dit : si l'emprunteur a des biens, dans un cas comme dans l'autre, il ne percevra pas du garant.
- וְכֵן הָיָה רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הֶעָרֵב לְאִשָּׁה בִּכְתוּבָּתָהּ, וְהָיָה בַּעְלָהּ מְגָרְשָׁהּ – יַדִּירֶנָּה הֲנָאָה; שֶׁמָּא יַעֲשׂוּ קְנוּנְיָא עַל נְכָסִים שֶׁל זֶה, וְיַחְזִיר אֶת אִשְׁתּוֹ.Et de même, Rabban Chimon ben Gamliel disait : celui qui se porte garant envers une femme pour sa ketouba (contrat de mariage), et dont le mari allait la répudier, il, le mari, s'interdira par vœu tout profit d'elle, de sorte qu'il ne puisse plus jamais la réépouser, de crainte qu'ils ne fassent une kenounia (collusion) sur les biens de celui-ci, le garant, et qu'il ne reprenne sa femme.
- גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא? רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: גַּבְרָא אַשְׁלֵימְתְּ לִי, גַּבְרָא אַשְׁלֵימִי לָךְ.GUEMARA : On comprend d'abord que l'engagement du garant se limite au cas où le débiteur meurt ou s'enfuit. Quelle est la raison ? Rabba et Rav Yossef disent tous les deux : le garant peut répondre au créancier : tu m'as livré un homme, je te livre un homme ; il est devant toi, perçois de lui.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב נַחְמָן: הַאי – דִּינָא דְפָרְסָאֵי!Rav Na'hman objecta : c'est là une loi perse !
- אַדְּרַבָּה, בָּתַר עָרְבָא אָזְלִי!Au contraire, ils, les Perses, vont d'emblée vers le garant !
- אֶלָּא בֵּי דִינָא דְפָרְסָאֵי – דְּלָא יָהֲבִי טַעְמָא לְמִילְּתַיְיהוּ.Mais il voulait dire : c'est digne d'un tribunal perse, qui ne donne pas de raison à ses paroles.
- אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן: מַאי ״לֹא יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב״ – לֹא יִתְבַּע עָרֵב תְּחִלָּה.Mais Rav Na'hman a dit : que signifie « il ne percevra pas du garant » ? Il ne réclamera pas au garant en premier, avant d'avoir établi que le débiteur ne peut pas payer ; ensuite, il peut percevoir de lui.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ עַל יְדֵי עָרֵב – לֹא יִתְבַּע עָרֵב תְּחִלָּה. וְאִם אָמַר: ״עַל מְנָת שֶׁאֶפָּרַע מִמִּי שֶׁאֶרְצֶה״ – יִתְבַּע עָרֵב תְּחִלָּה.Il a aussi été enseigné ainsi dans une baraïta : celui qui prête à son prochain avec un garant ne réclamera pas au garant en premier. Et s'il a dit : « à condition que je perçoive de qui je voudrai », il réclamera au garant en premier.
- אָמַר רַב הוּנָא: מִנַּיִן לְעָרֵב דְּמִשְׁתַּעְבֵּד? דִּכְתִיב: ״אָנֹכִי אֶעֶרְבֶנּוּ, מִיָּדִי תְּבַקְשֶׁנּוּ״.Rav Houna a dit : d'où savons-nous que le garant est engagé ? Comme il est écrit : Yehouda dit à son père au sujet de Binyamin : « C'est moi qui me porte garant pour lui, de ma main tu le réclameras » (Genèse 43, 9).
- מַתְקֵיף לַהּ רַב חִסְדָּא: הָא קַבְּלָנוּת הִיא – דִּכְתִיב: ״תְּנָה אֹתוֹ עַל יָדִי, וַאֲנִי אֲשִׁיבֶנּוּ״!Rav 'Hisda objecta : c'est là un engagement de kablan (garant absolu, tenu directement, et non un garant ordinaire), comme il est écrit : Reouven dit : « Confie-le à ma main, et je te le ramènerai » (Genèse 42, 37) !
- אֶלָּא אָמַר רַבִּי יִצְחָק, מֵהָכָא: ״לְקַח בִּגְדוֹ כִּי עָרַב זָר, וּבְעַד נׇכְרִיָּה חַבְלֵהוּ״.Mais Rabbi Yits'hak a dit : la source est d'ici : « Prends son vêtement, car il a répondu pour un étranger, et pour une étrangère prends-le en gage » (Proverbes 20, 16).
- וְאוֹמֵר: ״בְּנִי, אִם עָרַבְתָּ לְרֵעֶךָ תָּקַעְתָּ לַזָּר כַּפֶּיךָ, נוֹקַשְׁתָּ בְאִמְרֵי פִיךָ נִלְכַּדְתָּ בְּאִמְרֵי פִיךָ, עֲשֵׂה זֹאת אֵפוֹא בְּנִי וְהִנָּצֵל כִּי בָאתָ בְכַף רֵעֶךָ, לֵךְ הִתְרַפֵּס וּרְהַב רֵעֶיךָ״ – אִם מָמוֹן יֵשׁ לוֹ בְּיָדֶךָ, הַתֵּר לוֹ פִּיסַּת יָד; וְאִם לָאו, הַרְבֵּה עָלָיו רֵיעִים.Et il est dit : « Mon fils, si tu t'es porté garant pour ton prochain, si tu as frappé dans ta main pour un étranger, tu t'es pris au piège par les paroles de ta bouche, tu as été capturé par les paroles de ta bouche. Fais donc ceci, mon fils, et sauve-toi, puisque tu es tombé dans la main de ton prochain : va, humilie-toi et sollicite tes prochains » (Proverbes 6, 1-3). Si tu as de son argent dans ta main, comme garant, défais pour lui la paume de ta main (hatèr pissat, jeu de mots sur hitrapès) et rembourse-le ; et sinon, si tu lui dois seulement des excuses, multiplie pour lui les amis afin d'obtenir son pardon.
- אָמַר אַמֵּימָר: עָרֵב דְּמִשְׁתַּעְבַּד, מַחְלוֹקֶת רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי; לְרַבִּי יוֹסֵי דְּאָמַר: אַסְמַכְתָּא קָנְיָא – עָרֵב מִשְׁתַּעְבַּד. לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: אַסְמַכְתָּא לָא קָנְיָא – עָרֵב לָא מִשְׁתַּעְבַּד.Amémar a dit : l'engagement du garant fait l'objet d'une ma'hloket (divergence d'opinions) entre Rabbi Yehouda et Rabbi Yossé. Selon Rabbi Yossé, qui dit : l'asmakhta (engagement conditionnel pris sans intention ferme, dans l'idée qu'il ne se réalisera pas) fait acquérir, le garant est engagé. Selon Rabbi Yehouda, qui dit : l'asmakhta ne fait pas acquérir, le garant n'est pas engagé.
- אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְאַמֵּימָר: הָא מַעֲשִׂים בְּכׇל יוֹם, דְּאַסְמַכְתָּא לָא קָנְיָא וְעָרֵב מִשְׁתַּעְבַּד!Rav Achi dit à Amémar : mais ce sont des faits de chaque jour que l'asmakhta ne fait pas acquérir et que le garant est engagé !
- אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: בְּהָהוּא הֲנָאָה דְּקָא מְהֵימַן לֵיהּ – גָּמַר וּמִשְׁתַּעְבַּד נַפְשֵׁיהּ.Mais Rav Achi a dit : par ce plaisir que le garant éprouve de ce qu'on lui fait confiance et qu'on prête sur sa parole, il décide fermement et s'engage lui-même.
- וְאִם אָמַר ״עַל מְנָת שֶׁאֶפָּרַע מִמִּי שֶׁאֶרְצֶה״ כּוּ׳. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁאֵין נְכָסִים לַלֹּוֶה, אֲבָל יֵשׁ נְכָסִים לַלֹּוֶה – לֹא יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב.« Et s'il a dit : à condition que je perçoive de qui je voudrai, etc. » Rabba bar bar 'Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : on n'a enseigné cela que lorsque l'emprunteur n'a pas de biens ; mais si l'emprunteur a des biens, il ne percevra pas du garant.
- וְהָא מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אִם יֵשׁ נְכָסִים לַלֹּוֶה – לֹא יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב, מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא סָבַר: לָא שְׁנָא הָכִי וְלָא שְׁנָא הָכִי!Mais puisque la fin enseigne : Rabban Chimon ben Gamliel dit : si l'emprunteur a des biens, il ne percevra pas du garant, on en déduit que le premier Tanna (Sage de l'époque de la Michna) pense qu'il n'y a pas de différence, que ce soit ainsi ou ainsi !
- חַסּוֹרֵי מְחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ עַל יְדֵי עָרֵב – לֹא יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב. וְאִם אָמַר ״עַל מְנָת שֶׁאֶפָּרַע מִמִּי שֶׁאֶרְצֶה״ – יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים – בְּשֶׁאֵין נְכָסִים לַלֹּוֶה; אֲבָל יֵשׁ נְכָסִים לַלֹּוֶה – לֹא יִפָּרַע מִן הֶעָרֵב. וְקַבְּלָן, אַף עַל פִּי שֶׁיֵּשׁ נְכָסִים לַלֹּוֶה – יִפָּרַע מִן הַקַּבְּלָן.Il manque quelque chose dans la Michna, et voici ce qu'elle enseigne : celui qui prête à son prochain avec un garant ne percevra pas du garant avant d'avoir réclamé au débiteur. Et s'il a dit : « à condition que je perçoive de qui je voudrai », il percevra du garant. De quoi parle-t-on ? Lorsque l'emprunteur n'a pas de biens ; mais si l'emprunteur a des biens, il ne percevra pas du garant. Et quant au kablan (garant absolu), bien que l'emprunteur ait des biens, il percevra du kablan.
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.