Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- רְאָיָה – בְּמַאי? רַב הוּנָא אָמַר: רְאָיָה בְּעֵדִים. רַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמְרִי: רְאָיָה בְּקִיּוּם הַשְּׁטָר.La Guemara demande : la preuve que doivent apporter les bénéficiaires, par quoi se fait-elle ? Rav Houna a dit : la preuve se fait par des témoins attestant que le donateur était bien portant. Rav 'Hisda et Rabba bar Rav Houna disent : la preuve se fait par la validation de l'acte, c'est-à-dire qu'il suffit d'établir que les signatures des témoins sur l'acte sont authentiques.
- רַב הוּנָא אָמַר רְאָיָה בְּעֵדִים – קָא מִיפַּלְגִי בִּפְלוּגְתָּא דְּרַבִּי יַעֲקֹב וְרַבִּי נָתָן;La Guemara explique : Rav Houna a dit que la preuve se fait par des témoins ; selon lui, Rabbi Méïr et les Sages de la Michna (enseignement des Tannaïm compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) divergent sur la machlokèt (divergence d'opinions) de Rabbi Yaakov et de Rabbi Natan rapportée dans la baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna, plus haut, 153b).
- (סִימָן: מַנִּיחַ.) רַבִּי מֵאִיר – כְּרַבִּי נָתָן, וְרַבָּנַן – כְּרַבִּי יַעֲקֹב.(Moyen mnémotechnique : mania'h, dont les lettres évoquent Méïr, Natan, Yaakov et les Sages ['hakhamim].) Rabbi Méïr, qui impose la preuve au donateur, est de l'avis de Rabbi Natan, pour qui l'on présume que la situation présente reflète celle du moment du don, et les Sages, qui l'imposent aux bénéficiaires, sont de l'avis de Rabbi Yaakov.
- רַב חִסְדָּא וְרַבָּה בַּר רַב הוּנָא אָמְרִי רְאָיָה בְּקִיּוּם הַשְּׁטָר – קָא מִיפַּלְגִי בְּמוֹדֶה בִּשְׁטָר שֶׁכְּתָבוֹ צָרִיךְ לְקַיְּימוֹ; דְּרַבִּי מֵאִיר סָבַר: מוֹדֶה בִּשְׁטָר שֶׁכְּתָבוֹ – אֵינוֹ צָרִיךְ לְקַיְּימוֹ. וְרַבָּנַן סָבְרִי: מוֹדֶה בִּשְׁטָר שֶׁכְּתָבוֹ – צָרִיךְ לְקַיְּימוֹ.Rav 'Hisda et Rabba bar Rav Houna disent que la preuve se fait par la validation de l'acte : selon eux, Rabbi Méïr et les Sages divergent sur le cas de celui qui reconnaît un acte qu'il a écrit : faut-il le valider devant le tribunal ? Car Rabbi Méïr pense : celui qui reconnaît un acte qu'il a écrit, il n'est pas nécessaire de le valider ; le donateur ne peut donc pas l'invalider en prétendant qu'il était alité. Et les Sages pensent : celui qui reconnaît un acte qu'il a écrit, il est nécessaire de le valider.
- וְהָא אִיפְּלִיגוּ בַהּ חֲדָא זִימְנָא! דְּתַנְיָא: אֵין נֶאֱמָנִין לְפוֹסְלוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: נֶאֱמָנִין!La Guemara objecte : mais ils ont déjà divergé là-dessus une fois ! Car il a été enseigné dans une baraïta, au sujet de témoins qui reconnaissent leur signature mais déclarent qu'ils n'étaient pas aptes à témoigner lorsqu'ils ont signé : ils ne sont pas crus pour invalider l'acte, telles sont les paroles de Rabbi Méïr. Et les Sages disent : ils sont crus !
- צְרִיכָא, דְּאִי אִיתְּמַר הָהִיא – בְּהַהִיא קָאָמְרִי רַבָּנַן, מִשּׁוּם דְּאַלִּימֵי עֵדִים וּמַרְעִי שְׁטָרָא; אֲבָל הָכָא – הוּא דְּלָאו כָּל כְּמִינֵּיהּ, אֵימָא לָא;La Guemara répond : les deux enseignements sont nécessaires. Car si seul celui-là avait été dit, on aurait pensé que c'est dans ce cas-là que les Sages parlent, parce que les témoins sont puissants et peuvent affaiblir l'acte ; mais ici, lui, le donateur, qui n'en a pas le pouvoir, je dirais que non.
- וְאִי אִיתְּמַר בְּהָא, בְּהָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר; אֲבָל בְּהָךְ, אֵימָא מוֹדֶה לְהוּ לְרַבָּנַן; צְרִיכָא.Et si seul ce cas-ci avait été dit, on aurait pensé que c'est dans ce cas-ci que Rabbi Méïr parle ; mais dans ce cas-là, celui des témoins, je dirais qu'il concède aux Sages. Les deux sont donc nécessaires.
- וְכֵן אָמַר רַבָּה: רְאָיָה בְּעֵדִים. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: מַאי טַעְמָא? אִי נֵימָא מִדְּכוּלְּהוּ כְּתִיב בְּהוּ: ״כַּד הֲוָה מְהַלֵּךְ עַל רַגְלוֹהִי בְּשׁוּקָא״, וּבְהָא לָא כְּתִיב בָּהּ – שְׁמַע מִינַּהּ שְׁכִיב מְרַע הָוֵי; אַדְּרַבָּה! מִדְּכוּלְּהוּ כְּתִיב בְּהוּ: ״כַּד קְצִיר וּרְמֵי בְּעַרְסֵיהּ״, וְהָא לָא כְּתִיב בָּהּ, שְׁמַע מִינַּהּ בָּרִיא הָוֵי!Et Rabba a dit de même : la preuve se fait par des témoins. Abayé lui a dit : quelle en est la raison ? Si nous disons que c'est parce que dans tous les actes de donation il est écrit : « alors qu'il marchait sur ses jambes au marché », et que dans celui-ci ce n'est pas écrit, déduis-en qu'il était alité en danger de mort, cela ne tient pas : au contraire ! Puisque dans tous les actes de personnes alitées il est écrit : « alors qu'il était malade et couché dans son lit », et que dans celui-ci ce n'est pas écrit, déduis-en qu'il était bien portant !
- אִיכָּא לְמֵימַר הָכִי וְאִיכָּא לְמֵימַר הָכִי, אוֹקִי מָמוֹנָא בְּחֶזְקַת מָרֵיהּ.Rabba a répondu : on peut dire ainsi et on peut dire ainsi ; rien ne se déduit donc de la rédaction de l'acte. Laisse l'argent en la possession de son dernier propriétaire.
- וּבִפְלוּגְתָּא; דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: רְאָיָה בְּעֵדִים, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: רְאָיָה בְּקִיּוּם הַשְּׁטָר.Et c'est aussi l'objet d'une divergence entre Amoraïm (Sages de l'époque de la Guemara) : car Rabbi Yo'hanan a dit : la preuve se fait par des témoins, et Rabbi Chimon ben Lakich a dit : la preuve se fait par la validation de l'acte.
- אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: מַעֲשֶׂה בִּבְנֵי בְרַק בְּאֶחָד שֶׁמָּכַר בְּנִכְסֵי אָבִיו, וּמֵת, וּבָאוּ בְּנֵי מִשְׁפָּחָה וְעִרְעֲרוּ לוֹמַר: קָטָן הָיָה בִּשְׁעַת מִיתָה, וּבָאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת רַבִּי עֲקִיבָא: מַהוּ לְבוֹדְקוֹ? אָמַר לָהֶם: אִי אַתֶּם רַשָּׁאִים לְנַוְּולוֹ. וְעוֹד, סִימָנִין עֲשׂוּיִין לְהִשְׁתַּנּוֹת לְאַחַר מִיתָה.Rabbi Yo'hanan a objecté à Rabbi Chimon ben Lakich à partir d'une baraïta : Il arriva à Bnei Brak qu'un homme vendit une part des biens de son père, puis mourut. Les membres de la famille vinrent contester, disant : il était mineur au moment de sa mort, et la vente est donc nulle. Ils vinrent interroger Rabbi Akiva : qu'en est-il de l'examiner, en exhumant le corps, pour vérifier s'il était mineur ? Il leur dit : vous n'avez pas le droit de le déshonorer. Et de plus, les signes de la puberté sont susceptibles de changer après la mort, de sorte que l'examen ne prouverait rien.
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