Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא קָנָה לוֹקֵחַ. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: קָנָה לוֹקֵחַ.Rabbi Yo'hanan a dit : l'acheteur n'a pas acquis. Et Rech Lakich a dit : l'acheteur a acquis.
- רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לֹא קָנָה לוֹקֵחַ – קִנְיַן פֵּירוֹת כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי.Rabbi Yo'hanan a dit : l'acheteur n'a pas acquis, car selon lui la propriété des fruits équivaut à la propriété du fonds : le père, qui détenait tous les fruits, est considéré comme propriétaire du fonds, et la vente du fils ne pouvait prendre effet qu'à la mort du père. Le fils étant mort avant lui, sans avoir jamais acquis le bien, sa vente ne se réalise jamais.
- וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: קָנָה לוֹקֵחַ – קִנְיַן פֵּירוֹת לָאו כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי.Et Rech Lakich a dit : l'acheteur a acquis, car selon lui la propriété des fruits n'équivaut pas à la propriété du fonds : les droits du père n'empêchent donc pas le fils, propriétaire du fonds, de le vendre, et l'acheteur finit par recevoir tous les droits sur le bien.
- וְהָא אִיפְּלִיגוּ בַּהּ חֲדָא זִימְנָא! דְּאִיתְּמַר: הַמּוֹכֵר שָׂדֵהוּ לְפֵירוֹת – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מֵבִיא וְקוֹרֵא. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: מֵבִיא, וְאֵינוֹ קוֹרֵא.La Guemara demande : Mais ils ont déjà divergé sur ce point une fois ! Car il a été dit : Celui qui vend son champ pour ses fruits, gardant le fonds et vendant à autrui les droits sur toute sa récolte : Rabbi Yo'hanan a dit : l'acheteur apporte les bikkourim (prémices) de ce champ au Temple et lit les versets où il remercie D.ieu pour « le sol que Tu m'as donné, Hachem » (Deutéronome 26, 10). Et Rech Lakich a dit : il apporte, mais il ne lit pas, puisque ce n'est pas son champ.
- רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר מֵבִיא וְקוֹרֵא – קָסָבַר: קִנְיַן פֵּירוֹת כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא – קִנְיַן פֵּירוֹת לָאו כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי!Rabbi Yo'hanan a dit : il apporte et il lit, car il estime que la propriété des fruits équivaut à la propriété du fonds. Et Rech Lakich a dit : il apporte et il ne lit pas, car la propriété des fruits n'équivaut pas à la propriété du fonds ! Pourquoi ont-ils dû diverger deux fois sur la même question ?
- אָמַר לָךְ רַבִּי יוֹחָנָן: אַף עַל גַּב דִּבְעָלְמָא קִנְיַן פֵּירוֹת כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי, הָכָא אִצְטְרִיךְ; סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא: אַבָּא לְגַבֵּי בְּרֵיהּ אַחוֹלֵי אַחֵיל, קָא מַשְׁמַע לַן.La Guemara répond : Rabbi Yo'hanan te dira : Bien qu'en général la propriété des fruits équivaille à la propriété du fonds, ici il a fallu le préciser ; il aurait pu te venir à l'esprit de dire : un père, vis-à-vis de son fils, renonce à ses droits sur le bien. Il nous enseigne donc que même dans ce cas, la propriété des fruits du père équivaut à la propriété du fonds.
- וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: אַף עַל גַּב דִּבְעָלְמָא קִנְיַן פֵּירוֹת לָאו כְּקִנְיַן הַגּוּף דָּמֵי, הָכָא אִצְטְרִיךְ; סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא: כֹּל לְגַבֵּי נַפְשֵׁיהּ, אֲפִילּוּ בִּמְקוֹם בְּרֵיהּ, נַפְשֵׁיהּ עֲדִיפָא לֵיהּ; קָא מַשְׁמַע לַן.Et Rabbi Chimon ben Lakich dira : Bien qu'en général la propriété des fruits n'équivaille pas à la propriété du fonds, ici il a fallu le préciser ; il aurait pu te venir à l'esprit de dire : tout homme, pour ce qui le concerne lui-même, même face à son fils, se préfère lui-même ; celui qui donne le fonds à son fils en se réservant les fruits garderait ainsi aussi ses droits sur le fonds. Il nous enseigne donc qu'il n'en est rien.
- אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: ״נְכָסַי לְךָ, וְאַחֲרֶיךָ יִירַשׁ פְּלוֹנִי, וְאַחֲרָיו יִירַשׁ פְּלוֹנִי״ – מֵת רִאשׁוֹן, קָנָה שֵׁנִי. מֵת שֵׁנִי, קָנָה שְׁלִישִׁי.Rabbi Yo'hanan objecta à Rech Lakich à partir d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Si quelqu'un a dit « Mes biens sont à toi, et après toi, Untel héritera, et après lui, Untel héritera » : quand le premier meurt, le deuxième acquiert ; quand le deuxième meurt, le troisième acquiert.
- מֵת שֵׁנִי בְּחַיֵּי רִאשׁוֹן – יַחְזְרוּ נְכָסִים לְיוֹרְשֵׁי רִאשׁוֹן.Si le deuxième meurt du vivant du premier, les biens reviennent, à la mort du premier, aux héritiers du premier, et non au troisième, dont le droit consistait à hériter du deuxième, qui ne les a jamais reçus.
- וְאִם אִיתָא, לְיוֹרְשֵׁי נוֹתֵן מִיבְּעֵי לֵיהּ!Or, s'il en était ainsi, si la propriété des fruits n'équivalait pas à la propriété du fonds, il aurait fallu dire : « aux héritiers du donateur » ! En effet, le premier et le deuxième n'auraient reçu que la jouissance de leur vivant, et le fonds reviendrait à son propriétaire, le donateur, et à ses héritiers.
- אֲמַר לֵיהּ: כְּבָר תַּרְגְּמַהּ רַב הוֹשַׁעְיָא בְּבָבֶל: ״אַחֲרֶיךָ״ שָׁאנֵי. וְכֵן רָמֵי רַבָּה בַּר רַב הוּנָא קַמֵּיהּ דְּרַב, וְאָמַר: ״אַחֲרֶיךָ״ שָׁאנֵי.Rech Lakich lui répondit : Rav Hochaya l'a déjà expliqué à Babel : « après toi » est différent : par ces mots, le donateur entendait transférer au premier la pleine propriété, fruits et fonds. Et de même, Rabba bar Rav Houna souleva cette contradiction devant Rav, et celui-ci dit : « après toi » est différent.
- וְהָתַנְיָא: יַחְזְרוּ לְיוֹרְשֵׁי נוֹתֵן!La Guemara demande : Mais il a pourtant été enseigné dans une autre baraïta que dans ce cas les biens reviennent aux héritiers du donateur !
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