Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֲמַרוּ לֵיהּ: אֲנַן מִזַּרְעָא דְּיוֹסֵף, דְּלָא שָׁלְטָא בֵּיהּ עֵינָא בִּישָׁא – דִּכְתִיב: ״בֵּן פֹּרָת יוֹסֵף, בֵּן פֹּרָת עֲלֵי עָיִן״, וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אַל תִּקְרֵי ״עֲלֵי עָיִן״, אֶלָּא ״עוֹלֵי עָיִן״.Les descendants de Yossef lui ont dit : Nous sommes de la descendance de Yossef, sur laquelle le mauvais œil n'a pas de pouvoir, comme il est écrit : « Yossef est un rameau fécond, un rameau fécond près d'une source (alei ayin) » (Genèse 49, 22), et Rabbi Abahou a dit : Ne lis pas « alei ayin », mais « olei ayin » (ceux qui s'élèvent au-dessus de l'œil), c'est-à-dire au-dessus de l'emprise du mauvais œil.
- רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא אֲמַר מֵהָכָא: ״וְיִדְגּוּ לָרוֹב בְּקֶרֶב הָאָרֶץ״; מָה דָּגִים שֶׁבַּיָּם – מַיִם מְכַסִּים עֲלֵיהֶם וְאֵין הָעַיִן שׁוֹלֶטֶת בָּהֶם, אַף זַרְעוֹ שֶׁל יוֹסֵף – אֵין הָעַיִן שׁוֹלֶטֶת בָּהֶם.Rabbi Yossé beRabbi 'Hanina a dit que la preuve vient d'ici, de la bénédiction de Yaakov aux fils de Yossef : « Et qu'ils se multiplient (veyidgou) en foule au sein de la terre » (Genèse 48, 16). Le mot veyidgou évoque le mot dag, poisson : de même que les poissons de la mer, les eaux les recouvrent et l'œil n'a pas de pouvoir sur eux, de même la descendance de Yossef, l'œil n'a pas de pouvoir sur elle.
- מְרַגְּלִים – יְהוֹשֻׁעַ וְכָלֵב נָטְלוּ חֶלְקָם. מְנָהָנֵי מִילֵּי? אָמַר עוּלָּא, דְּאָמַר קְרָא: ״וִיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן וְכָלֵב בֶּן יְפֻנֶּה חָיוּ מִן הָאֲנָשִׁים הָהֵם״ – מַאי ״חָיוּ״? אִילֵּימָא חָיוּ מַמָּשׁ, וְהָא כְּתִיב קְרָא אַחֲרִינָא: ״וְלֹא נוֹתַר מֵהֶם אִישׁ, כִּי אִם כָּלֵב בֶּן יְפֻנֶּה וִיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן״! אֶלָּא מַאי ״חָיוּ״ – שֶׁחָיוּ בְּחֶלְקָם.La Guemara revient à la baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Les explorateurs : Yehochoua et Calev ont pris leur part. D'où savons-nous cela ? Oulla a dit : C'est que le verset dit : « Et Yehochoua bin Noun et Calev ben Yefouné vécurent, parmi ces hommes-là » (Nombres 14, 38). Que signifie « vécurent » ? Si l'on dit qu'ils ont vécu au sens propre, voici qu'un autre verset écrit : « Et il n'en resta pas un homme, si ce n'est Calev ben Yefouné et Yehochoua bin Noun » (Nombres 26, 65), et pourquoi le dire deux fois ? Mais que signifie « vécurent » ? Qu'ils ont vécu dans leur part, celle des autres explorateurs.
- מִתְלוֹנְנִין וַעֲדַת קֹרַח – לֹא הָיָה לָהֶן חֵלֶק בָּאָרֶץ. וְהָתַנְיָא: מְרַגְּלִים, מִתְלוֹנְנִים וַעֲדַת קֹרַח – יְהוֹשֻׁעַ וְכָלֵב נָטְלוּ חֶלְקָם! לָא קַשְׁיָא; מָר מַקֵּישׁ מִתְלוֹנְנִים לִמְרַגְּלִים, מָר לָא מַקֵּישׁ מִתְלוֹנְנִים לִמְרַגְּלִים.La baraïta enseigne : Les plaignants et l'assemblée de Kora'h n'avaient pas de part dans le Pays. La Guemara objecte : Mais il a été enseigné dans une autre baraïta : Les explorateurs, les plaignants et l'assemblée de Kora'h : Yehochoua et Calev ont pris leur part ! Il en ressort que les plaignants et l'assemblée de Kora'h avaient une part. Ce n'est pas difficile : un Maître compare les plaignants aux explorateurs par un hékech (rapprochement de deux sujets), et un Maître ne compare pas les plaignants aux explorateurs.
- דְּתַנְיָא: ״אָבִינוּ מֵת בַּמִּדְבָּר״ – זֶה צְלָפְחָד. ״וְהוּא לֹא הָיָה בְּתוֹךְ הָעֵדָה״ – זֶה עֲדַת מְרַגְּלִים. ״הַנּוֹעָדִים עַל ה׳״ – אֵלּוּ מִתְלוֹנְנִים. ״בַּעֲדַת קֹרַח״ – כְּמַשְׁמָעוֹ.Car il a été enseigné dans une baraïta à propos des paroles des filles de Tselof'had (Nombres 27, 3) : « Notre père est mort dans le désert » : c'est Tselof'had. « Et lui n'était pas au sein de l'assemblée » : c'est l'assemblée des explorateurs. « Ceux qui se sont ligués contre Hachem » : ce sont les plaignants. « Dans l'assemblée de Kora'h » : au sens simple. Ainsi, ceux qui appartenaient à ces groupes n'auraient pas eu droit à une part.
- מָר מַקֵּישׁ מִתְלוֹנְנִים לִמְרַגְּלִים, וּמָר לָא מַקֵּישׁ מִתְלוֹנְנִים לִמְרַגְּלִים.Un Maître compare les plaignants aux explorateurs, si bien que Yehochoua et Calev ont hérité des parts des uns et des autres, et un Maître ne compare pas les plaignants aux explorateurs.
- וַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: וּלְמַאן דְּמַקֵּישׁ מִתְלוֹנְנִים לִמְרַגְּלִים, אִיכְּפוּל יְהוֹשֻׁעַ וְכָלֵב וִירִתוּ לְכוּלַּהּ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל?! אֲמַר לֵיהּ: מִתְלוֹנְנִים שֶׁבַּעֲדַת קֹרַח קָאָמְרִינַן.Et Rav Pappa a dit à Abayé : Selon celui qui compare les plaignants aux explorateurs, Yehochoua et Calev auraient-ils donc contesté et hérité de toute la terre d'Israël ?! Car une grande partie du peuple s'est plainte dans le désert. Abayé lui a dit : Nous parlons des plaignants qui étaient dans l'assemblée de Kora'h, soit les deux cent cinquante hommes, et non de tous ceux qui se sont plaints.
- וַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר לְיוֹצְאֵי מִצְרַיִם נִתְחַלְּקָה הָאָרֶץ, הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וַיִּפְּלוּ חַבְלֵי מְנַשֶּׁה עֲשָׂרָה״ – שִׁיתָּא דְּשִׁיתָּא בָּתֵּי אָבוֹת, וְאַרְבְּעָה דִּידְהוּ – הָא עֲשָׂרָה.Et Rav Pappa a dit à Abayé : Cela se comprend selon celui qui dit que le Pays a été partagé entre ceux qui sont sortis d'Égypte : c'est ce qui est écrit : « Et les lots de Menaché tombèrent au nombre de dix » (Josué 17, 5) : six pour les six maisons paternelles de Menaché énumérées plus haut (Josué 17, 2), et quatre pour elles, les filles de Tselof'had : cela fait dix.
- אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר לְבָאֵי הָאָרֶץ, תְּמָנְיָא הוּא דַּהֲווֹ – שִׁיתָּא דְּשִׁיתָּא בָּתֵּי אָבוֹת, וּתְרֵי דִּידְהוּ – הָא תְּמָנְיָא!Mais selon celui qui dit qu'il a été partagé entre ceux qui sont entrés dans le Pays, il y en avait huit : six pour les six maisons paternelles, et deux pour elles, reçues de 'Héfer, leur grand-père, dont Tselof'had était l'aîné ; cela fait huit, car Tselof'had, qui n'est pas entré dans le Pays, n'avait pas de part propre !
- וְלִיטַעְמָיךְ, וּלְמַאן דְּאָמַר לְיוֹצְאֵי מִצְרַיִם נִתְחַלְּקָה הָאָרֶץ, תִּשְׁעָה הֲווֹ! אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר – חַד אַחָא דְאַבָּא הֲוָה לְהוּ; הָכִי נָמֵי, תְּרֵי אַחֵי דְאַבָּא הֲוָה לְהוּ –La Guemara objecte : Et selon ton raisonnement, même selon celui qui dit que le Pays a été partagé entre ceux qui sont sortis d'Égypte, il y en avait neuf, car la Michna (116b) ne compte que trois parts pour les filles de Tselof'had ! Mais que peux-tu dire ? Selon cette opinion, elles avaient un frère de leur père, mort sans enfants, dont elles ont reçu une part. De même, selon l'autre opinion, elles avaient deux frères de leur père.
- דְּתַנְיָא: ״נָתֹן תִּתֵּן לָהֶם״ זוֹ נַחֲלַת אֲבִיהֶן. ״בְּתוֹךְ אֲחֵי אֲבִיהֶן״ – זוֹ נַחֲלַת אֲבִי אֲבִיהֶן. ״וְהַעֲבַרְתָּ אֶת נַחֲלַת אֲבִיהֶן לָהֶן״ – זוֹ חֵלֶק בְּכוֹרָה.Car il a été enseigné dans une baraïta : « Tu leur donneras certes (naton titèn) » (Nombres 27, 7) : c'est l'héritage de leur père. « Parmi les frères de leur père » : c'est l'héritage du père de leur père. « Et tu feras passer l'héritage de leur père à elles » : c'est la part d'aînesse.
- רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: אַף חֵלֶק אֲחִי אֲבִיהֶם נָטְלוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נָתֹן תִּתֵּן״. וּלְמַאן דְּאָמַר תְּרֵי אַחֵי דְּאַבָּא הֲוָה לְהוּ, הַהוּא מֵ״אֲחֻזַּת נַחֲלָה״ נָפְקָא.Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : Elles ont aussi pris la part du frère de leur père, comme il est dit : « naton titèn », l'expression redoublée indiquant une part supplémentaire. Et selon celui qui dit qu'elles avaient deux frères de leur père, celle-là se déduit de « une possession d'héritage » (Nombres 27, 7), expression qui serait autrement superflue.
- וַאֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: קְרָא מַאי קָא חָשֵׁיב? אִי טְפָלִים קָא חָשֵׁיב, טוּבָא הֲווֹ! אִי בָּתֵּי אָבוֹת קָחָשֵׁיב, שִׁיתָּא הֲווֹ!Et Rav Pappa a dit à Abayé : Que compte le verset ? S'il compte les jeunes enfants, c'est-à-dire ceux qui ont hérité de leurs ascendants, comme les filles de Tselof'had, il y en avait beaucoup ! Et s'il compte les maisons paternelles, il y en avait six ! Pourquoi alors compter à part celles des filles de Tselof'had ?
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