Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְכִי מִנַּיִן לְיָאִיר שֶׁלֹּא הָיָה לוֹ לִשְׂגוּב? מְלַמֵּד שֶׁנָּשָׂא יָאִיר אִשָּׁה וּמֵתָה, וִירָשָׁהּ.Et d'où Yaïr tenait-il des terres que son père Segouv n'avait pas ? Cela enseigne que Yaïr épousa une femme ayant hérité de la terre de son père, qu'elle mourut, et qu'il hérita d'elle. On voit donc qu'un mari hérite de sa femme.
- מַאי ״וְאוֹמֵר״? וְכִי תֵּימָא, בְּסִבַּת הַבֵּן קָא קָפֵיד קְרָא, אֲבָל בַּעַל לָא יָרֵית – תָּא שְׁמַע: ״וְלֹא תִסֹּב נַחֲלָה לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל מִמַּטֶּה לְמַטֶּה״.Que signifie : « Et il est dit » ? Pourquoi la baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) apporte-t-elle d'autres preuves après le premier verset ? Et si tu dis : c'est du transfert de l'héritage par le fils, qui appartient à la tribu de son père et hérite de sa mère, que se préoccupe le verset, mais le mari n'hérite pas de sa femme, viens et entends un autre verset, en apparence superflu : « Ainsi aucun héritage des Bnei Israël ne passera d'une tribu à l'autre tribu » (Nombres 36, 7).
- וְכִי תֵּימָא, לַעֲבוֹר עָלָיו בְּלָאו וַעֲשֵׂה – תָּא שְׁמַע: ״לֹא תִסֹּב נַחֲלָה מִמַּטֶּה לְמַטֶּה אַחֵר״.Et si tu dis que ce verset aussi concerne le transfert par le fils, et qu'il vient seulement faire transgresser à ce sujet un lav (interdit de la Torah) et un assé (commandement positif), viens et entends un autre verset : « Aucun héritage ne passera d'une tribu à une autre tribu » (Nombres 36, 9).
- וְכִי תֵּימָא, לַעֲבוֹר עָלָיו בִּשְׁנֵי לָאוִין וַעֲשֵׂה – תָּא שְׁמַע: ״וְאֶלְעָזָר בֶּן אַהֲרֹן מֵת וְגוֹ׳״.Et si tu dis que ce verset encore concerne le transfert par le fils, et qu'il vient seulement faire transgresser à ce sujet deux lavin et un assé, viens et entends une autre preuve : « Et Elazar, fils d'Aharon, mourut, etc. » et on l'enterra sur la colline de Pin'has son fils (Josué 24, 33). Pin'has possédait donc cette terre, qu'il tenait de sa femme.
- וְכִי תֵּימָא, אֶלְעָזָר הוּא דִּנְסֵיב אִיתְּתָא וּמֵתָה, וְיַרְתַהּ פִּנְחָס – תָּא שְׁמַע: ״וּשְׂגוּב הוֹלִיד אֶת יָאִיר וְגוֹ׳״.Et si tu dis : c'est Elazar qui épousa une femme possédant une terre ; elle mourut, et Pin'has, son fils, hérita d'elle, si bien que ce verset prouverait l'héritage du fils et non celui du mari, viens et entends : « Et Segouv engendra Yaïr, etc. » (I Chroniques 2, 22).
- וְכִי תֵּימָא, הָתָם נָמֵי הָכִי הוּא – אִם כֵּן, תְּרֵי קְרָאֵי לְמָה לִי?Et si tu dis : là aussi, il en est ainsi, Yaïr ayant hérité de sa mère défunte, s'il en est ainsi, pourquoi ai-je besoin de deux versets pour enseigner la même chose ?
- אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: מִמַּאי? דִּלְמָא לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: בַּעַל לָא יָרֵית; וּקְרָאֵי – בְּסִבַּת הַבֵּן, כִּדְשַׁנִּינַן; וְיָאִיר, דִּזְבַן מִיזְבָּן; וּפִנְחָס נָמֵי, דִּזְבַן מִיזְבָּן!Rav Pappa dit à Abayé : d'où le sais-tu ? Peut-être, en réalité, te dirai-je : le mari n'hérite pas de sa femme, et les versets traitent du transfert par le fils, comme nous l'avons expliqué, pour ajouter des interdits ; et Yaïr, c'est qu'il avait acheté la terre à un tiers ; et Pin'has également, c'est qu'il l'avait achetée !
- אֲמַר לֵיהּ: פִּנְחָס דִּזְבַן מִיזְבָּן לָא מָצֵית אָמְרַתְּ; דְּאִם כֵּן, נִמְצֵאת שָׂדֶה חוֹזֶרֶת בַּיּוֹבֵל, וְנִמְצָא צַדִּיק קָבוּר בְּקֶבֶר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ.Abayé lui dit : tu ne peux pas dire que Pin'has l'avait achetée, car s'il en était ainsi, il se trouverait que le champ retourne à son propriétaire d'origine au Jubilé, et il se trouverait que le juste, Elazar, est enterré dans une tombe qui n'est pas la sienne.
- אֶלָּא אֵימָא דִּנְפַלָה לֵיהּ מִשְּׂדֵה חֲרָמִים!Rav Pappa reprit : Mais dis plutôt qu'elle lui échut d'un champ de 'haramim (champ voué, attribué aux Cohanim), puisque Pin'has était Cohen !
- אָמַר אַבָּיֵי: סוֹף סוֹף, הָא קָא מִתְעַקְרָא נַחֲלָה מִשִּׁבְטָא דְאִימָּא לְשִׁבְטָא דְאַבָּא!Abayé dit : Même si l'on dit que le fils seul hérite de sa mère, en fin de compte, voici que l'héritage est déraciné de la tribu de la mère vers la tribu du père ! En effet, le verset parle aussi d'une fille ayant hérité de sa mère, et ce même si elle épouse un homme de la tribu de son père, son fils transférera l'héritage maternel à cette tribu. L'interdit n'atteindrait donc pas son but.
- וּמִמַּאי? וְדִלְמָא שָׁאנֵי הָתָם, שֶׁכְּבָר הוּסַבָּה! אֲמַר לֵיהּ: ״שֶׁכְּבָר הוּסַבָּה״ לָא אָמְרִינַן.Rav Pappa rejette cela : Et d'où objectes-tu cela ? Et peut-être est-ce différent là-bas, car l'héritage a déjà été transféré dès le mariage de la mère avec le père ! Abayé lui dit : nous ne disons pas « car il a déjà été transféré ».
- אֲמַר לֵיהּ רַב יֵימַר לְרַב אָשֵׁי: אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא שֶׁכְּבָר הוּסַבָּה, הַיְינוּ דְּמִתּוֹקְמָא קְרָא בֵּין בְּסִבַּת הַבֵּן, בֵּין בְּסִבַּת הַבַּעַל.Rav Yeimar dit à Rav Achi : Il est compréhensible que, si tu dis : « car il a déjà été transféré », c'est ainsi que le verset peut s'établir tant au sujet du transfert par le fils qu'au sujet du transfert par le mari. Dans les deux cas, son mariage avec un homme de la tribu de son père empêche efficacement tout transfert.
- אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לָא אָמְרִינַן שֶׁכְּבָר הוּסַבָּה, כִּי מִינַּסְבָא לְאֶחָד מִמִּשְׁפַּחַת מַטֵּה אָבִיהָ, מַאי הָוֵה? הָא מִתְעַקְרָא נַחֲלָה מִשִּׁבְטָא דְאִימָּא לְשִׁבְטָא דְאַבָּא!Mais si tu dis : nous ne disons pas « car il a déjà été transféré », lorsqu'elle se marie à l'un des membres de la famille de la tribu de son père, qu'en résulte-t-il ? Voici que l'héritage est déraciné de la tribu de la mère vers la tribu du père !
- דְּמַנְסְבִינַן לַהּ לְגַבְרָא דַּאֲבוּהִי מִשִּׁבְטָא דַאֲבוּהָ וְאִימֵּיהּ מִשִּׁבְטָא דְּאִימֵּיהּ.Rav Achi répondit : Il y a moyen de l'éviter, car nous la marions à un homme dont le père est de la tribu de son père à elle et dont la mère est de la tribu de sa mère à elle. L'héritage conserve ainsi exactement le statut qu'il avait entre ses mains.
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