Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מִדְּמַשְׁכֵהּ גּוֹי קַנְיֵיהּ, יֵין נֶסֶךְ לָא הָוֵי עַד דְּנָגַע בֵּיהּ!dès lors qu'il l'a tiré, le vin, le non-Juif l'a acquis, alors que ce n'est devenu du vin de libation qu'au moment où il l'a touché ! Au moment de l'acquisition le vin était donc encore permis, et le vendeur peut en recevoir le prix.
- אִי דְּקָא כָיֵיל וְרָמֵי לְמָנָא דְּיִשְׂרָאֵל, הָכִי נָמֵי. לָא צְרִיכָא דְּקָא כָיֵיל וְרָמֵי לְמָנָא דְּגוֹי.La Guemara rejette cette preuve : S'il s'agit du cas où il mesure et verse dans le récipient d'un Juif, il est en effet permis de le faire sans se faire payer d'abord. Ce n'est nécessaire – l'enseignement de Rav ne porte – que dans le cas où il mesure et verse dans le récipient du non-Juif, qui contient du vin de libation : le vin devient interdit à son contact avant même que le non-Juif ne l'acquière par la traction.
- סוֹף סוֹף, כִּי מְטָא לְאַוֵּירָא דְּמָנָא קַנְיֵיהּ, יֵין נֶסֶךְ לָא הָוֵי עַד דְּמָטֵי לְאַרְעִיתֵיהּ דְּמָנָא, שְׁמַע מִינַּהּ נִצּוֹק חִבּוּר?La Guemara objecte : En fin de compte, lorsqu'il atteint l'espace intérieur du récipient du non-Juif, celui-ci l'a acquis, et cela ne devient du vin de libation qu'au moment où il atteint le fond du récipient ! L'acquisition précède donc l'interdit. Déduis-en alors que selon Rav le jet est une jonction entre deux masses de liquide ?
- לָא, אִי דְּנָקֵיט לֵיהּ גּוֹי לִכְלִי בִּידֵיהּ — הָכִי נָמֵי; לָא צְרִיכָא דְּמַנַּח אַאַרְעָא.La Guemara répond : Non. Le jet n'est pas une jonction : si le non-Juif tient le récipient à la main, en effet il acquiert le vin avant que celui-ci ne devienne interdit. Ce n'est nécessaire que dans le cas où il – le récipient – est posé à terre, de sorte qu'il n'y a aucun acte d'acquisition avant l'interdit.
- וְתִיקְּנֵי לֵיהּ כִּלְיוֹ! שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ: כִּלְיוֹ שֶׁל לוֹקֵחַ בִּרְשׁוּת מוֹכֵר — לֹא קָנָה לוֹקֵחַ.La Guemara demande : Mais que son récipient le lui acquière ! Le vin entrant dans son récipient devrait lui être acquis. Tu en déduirais alors que si le récipient de l'acheteur se trouve dans le domaine du vendeur, l'acheteur n'acquiert pas la marchandise – or c'est une question restée en suspens.
- לָא, לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ: קָנָה לוֹקֵחַ, וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? כְּגוֹן דְּאִיכָּא עַכֶּבֶת יַיִן אַפּוּמַּיהּ דְּכוּזַנְתָּא, דְּקַמָּא קַמָּא אִינְּסֵיךְ לֵיהּ.La Guemara répond : Non. En réalité, je te dirai : l'acheteur acquiert. Mais de quoi nous occupons-nous ici ? Du cas où il y a un reste de vin sur l'ouverture de la cruche du non-Juif, si bien que chaque goutte devient libation à son contact, avant même d'entrer dans la cruche. C'est pourquoi Rav a ordonné aux marchands de se faire payer avant de mesurer.
- וּכְמַאן? דְּלָא כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, דְּאִי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, הָאָמַר: יִמָּכֵר כּוּלּוֹ לְגוֹיִם חוּץ מִדְּמֵי יֵין נֶסֶךְ שֶׁבּוֹ!La Guemara objecte : Et selon qui Rav enseigne-t-il cela ? Pas selon Rabban Chimon ben Gamliel ! Car si c'était selon Rabban Chimon ben Gamliel, n'a-t-il pas dit du vin de libation tombé dans du vin permis : que tout soit vendu aux non-Juifs, à l'exception de la valeur du vin de libation qui s'y trouve ! Selon lui, il serait donc permis d'accepter le prix du vin. Or la halakha (la règle pratique) suit Rabban Chimon ben Gamliel.
- מִידֵּי הוּא טַעְמָא, אֶלָּא לְרַב, הָאָמַר רַב: הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל — חָבִית בְּחָבִית, אֲבָל לֹא יַיִן בְּיַיִן.La Guemara répond : Sur quoi porte cette question, sinon sur Rav ? Or Rav n'a-t-il pas dit : La halakha est conforme à Rabban Chimon ben Gamliel uniquement pour un tonneau mêlé à des tonneaux, mais non pour du vin mêlé à du vin ? Il n'y a donc aucune difficulté à ce que Rav s'écarte ici de Rabban Chimon ben Gamliel.
- מֵיתִיבִי: הַלּוֹקֵחַ גְּרוּטָאוֹת מִן הַגּוֹיִם וּמָצָא בָּהֶן עֲבוֹדָה זָרָה, אִם עַד שֶׁלֹּא נָתַן מָעוֹת מָשַׁךְ — יַחֲזִיר, אִם מִשֶּׁנָּתַן מָעוֹת מָשַׁךְ — יוֹלִיךְ לְיָם הַמֶּלַח. אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ מְשִׁיכָה בְּגוֹי קוֹנָה, אַמַּאי יַחְזִיר? אָמַר אַבָּיֵי: מִשּׁוּם דְּמִיחֲזֵי כִּי מִקָּח טָעוּת.On a objecté à Amémar, qui dit que la traction acquiert pour un non-Juif, à partir d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Celui qui achète des débris de vaisselle d'or ou d'argent aux non-Juifs et y trouve un objet d'idolâtrie : s'il a tiré l'objet avant d'avoir donné l'argent, il le rendra ; s'il a tiré après avoir donné l'argent, il le portera à la mer Morte. S'il te venait à l'esprit que la traction acquiert pour un non-Juif, pourquoi le rendrait-il ? L'objet lui appartient déjà ! Abayé a dit : Parce que cela paraît être une transaction erronée, puisqu'il n'entendait pas acheter une idole.
- אָמַר רָבָא: רֵישָׁא מִקָּח טָעוּת, סֵיפָא לָאו מִקָּח טָעוּת? אֶלָּא אָמַר רָבָא: רֵישָׁא וְסֵיפָא מִקָּח טָעוּת, וְרֵישָׁא דְּלָא יָהֵיב זוּזֵי — לָא מִיתְחֲזֵי כַּעֲבוֹדָה זָרָה בְּיַד יִשְׂרָאֵל, סֵיפָא דְּיָהֵיב זוּזֵי — מִיתְחֲזֵי כַּעֲבוֹדָה זָרָה בְּיַד יִשְׂרָאֵל.Rava a dit : Faudrait-il dire que dans le premier cas c'est une transaction erronée, et que dans le dernier cas ce n'est pas une transaction erronée ? Mais plutôt, Rava a dit : Dans le premier cas comme dans le dernier, c'est une transaction erronée. Mais dans le premier cas, où il n'a pas donné les zouzim, cela ne paraît pas être une idole en possession d'un Juif ; dans le dernier cas, où il a donné les zouzim, cela paraît être une idole en possession d'un Juif. Il ne peut donc pas la rendre et doit la jeter.
- אֲמַר לֵיהּ מָר קַשִּׁישָׁא בְּרֵיהּ דְּרַב חִסְדָּא לְרַב אָשֵׁי: תָּא שְׁמַע, הַמּוֹכֵר יֵינוֹ לְנׇכְרִי, פָּסַק עַד שֶׁלֹּא מָדַד — דָּמָיו מוּתָּרִים. וְאִי אָמְרַתְּ מְשִׁיכָה בְּגוֹי אֵינָהּ קוֹנָה, אַמַּאי דָּמָיו מוּתָּרִין? הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — דְּאַקְדֵּים לֵיהּ דִּינָר.Mar Kachicha, fils de Rav 'Hisda, a dit à Rav Achi : Viens et entends une preuve contre ton opinion, tirée de la Michna : Celui qui vend son vin à un non-Juif : s'il a fixé le prix avant de mesurer, l'argent en est permis. Or, si tu dis que la traction n'acquiert pas pour un non-Juif, pourquoi l'argent en est-il permis ? Rav Achi a répondu : De quoi nous occupons-nous ici ? Du cas où il lui a avancé un dinar avant la mesure, acquérant ainsi le vin par l'argent.
- אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: מָדַד עַד שֶׁלֹּא פָּסַק — דָּמָיו אֲסוּרִין, וְאִי דְּקָדֵים לֵיהּ דִּינָר, אַמַּאי דָּמָיו אֲסוּרִין?S'il en est ainsi, dis la fin de la Michna : S'il a mesuré avant d'avoir fixé le prix, l'argent en est interdit. Or, s'il lui a avancé un dinar, pourquoi l'argent en est-il interdit ?
- אֲמַר לֵיהּ: וּלְדִידָךְ דְּאָמְרַתְּ מְשִׁיכָה בְּגוֹי קוֹנָה, אַמַּאי רֵישָׁא דָּמָיו מוּתָּרִין, וְסֵיפָא דָּמָיו אֲסוּרִין?Il lui a répondu : Et selon toi, qui dis que la traction acquiert pour un non-Juif, pourquoi dans le premier cas l'argent en est-il permis, et dans le dernier cas l'argent en est-il interdit ?
- אֶלָּא מַאי אִית לָךְ לְמֵימַר? פָּסַק — סָמְכָא דַּעְתֵּיהּ; לֹא פָּסַק — לָא סָמְכָא דַּעְתֵּיהּ.Mais que peux-tu dire ? S'il a fixé le prix, son esprit s'y est fié, et la vente est conclue par la traction ; s'il n'a pas fixé le prix, son esprit ne s'y est pas fié.
- לְדִידִי נָמֵי, אַף עַל גַּב דִּקְדֵים לֵיהּ דִּינָר — פָּסַק, סָמְכָא דַּעְתֵּיהּ; לֹא פָּסַק, לָא סָמְכָא דַּעְתֵּיהּ.Selon moi aussi, bien qu'il lui ait avancé un dinar : s'il a fixé le prix, son esprit s'y est fié ; s'il n'a pas fixé le prix, son esprit ne s'y est pas fié.
- אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרַב אָשֵׁי: תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בֶּן נֹחַ נֶהֱרָג עַל פָּחוֹת מִשָּׁוֶה פְּרוּטָה, וְלֹא נִיתָּן לְהִישָּׁבוֹן, וְאִי אָמְרַתְּ מְשִׁיכָה בְּגוֹי אֵינָהּ קוֹנָה, אַמַּאי נֶהֱרָג?Ravina a dit à Rav Achi : Viens et entends, car Rabbi 'Hiya bar Abba a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Un descendant de Noa'h est exécuté pour un vol de moins de la valeur d'une pérouta (la plus petite pièce), et l'objet n'est pas sujet à restitution s'il a été volé à un Juif. Or, si tu dis que la traction n'acquiert pas pour un non-Juif, pourquoi est-il exécuté ? Son acte n'a aucune portée, puisque l'objet reste à son propriétaire.
- מִשּׁוּם דְּצַעֲרֵיהּ לְיִשְׂרָאֵל.La Guemara répond : Il est exécuté parce qu'il a causé de la peine à un Juif.
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