Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֲבָל עוֹקְרִין עִמּוֹ, כְּדֵי לְמַעֵוטי אֶת הַתִּיפְלָה.mais on arrache avec lui (avec le non-Juif) les plantes de kilayim (mélanges interdits de semences), afin de réduire l'inconvenance (la présence de ce qui est indigne dans le pays).
- סַבְרוּהָ: הָא מַנִּי? רַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּאָמַר: הַמְקַיֵּים בְּכִלְאַיִם לוֹקֶה. דְּתַנְיָא: הַמְנַכֵּשׁ וְהַמְחַפֶּה בְּכִלְאַיִם לוֹקֶה, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אַף הַמְקַיֵּים.Les Sages ont d'abord pensé : selon qui est cet enseignement ? C'est Rabbi Akiva, qui dit : celui qui maintient des plantes de kilayim reçoit les coups de fouet. Car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Celui qui désherbe et celui qui recouvre de terre des semences de kilayim reçoit les coups de fouet. Rabbi Akiva dit : même celui qui maintient ces plantes.
- מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי עֲקִיבָא? אָמַר קְרָא: ״שָׂדְךָ לֹא תִזְרַע כִּלְאָיִם״, אֵין לִי אֶלָּא זוֹרֵעַ, מְקַיֵּים מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא כִּלְאַיִם״.Quelle est la raison de Rabbi Akiva ? Le verset dit : « Ton champ, tu ne l'ensemenceras pas de kilayim » (Lévitique 19, 19). Je n'en ai que le cas de celui qui sème ; celui qui maintient, d'où le savons-nous ? L'enseignement dit : « Pas de kilayim », c'est-à-dire qu'il ne doit pas y en avoir dans ton champ.
- וְאִילּוּ לְמַעוֹטֵי תִּיפְלָה — שְׁרֵי.La Guemara conclut : et pourtant, s'il maintient les plantes un moment dans le but d'être payé pour les arracher, donc pour réduire l'inconvenance, c'est permis. Il en va de même du salaire reçu pour briser des tonneaux de vin de libation.
- לָא, הָא מַנִּי? רַבָּנַן הִיא.On rejette cette preuve : Non, selon qui est cet enseignement ? C'est selon les Rabbanan, pour qui maintenir des kilayim n'est pas passible, alors que maintenir du vin de libation reste interdit.
- אִי רַבָּנַן, מַאי אִירְיָא עוֹקְרִין? אֲפִילּוּ קַיּוֹמֵי נָמֵי שַׁפִּיר דָּמֵי! הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? כְּגוֹן דְּקָא עָבֵיד בְּחִנָּם, וְרַבִּי יְהוּדָה הִיא, דְּאָמַר: לִיתֵּן לָהֶם מַתְּנַת חִנָּם אָסוּר.Si c'est selon les Rabbanan, pourquoi préciser « on arrache » ? Même les maintenir est aussi permis ! On répond : De quoi s'agit-il ici ? Du cas où il le fait gratuitement, et c'est Rabbi Yehouda, qui dit : leur faire un don gratuit est interdit. Il fallait donc préciser qu'arracher reste permis.
- מִדְּרַבִּי יְהוּדָה נִשְׁמַע לְרַבִּי עֲקִיבָא, לָאו אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: אָסוּר לִיתֵּן לָהֶם מַתְּנַת חִנָּם, אֲבָל לְמַעוֹטֵי תִּיפְלָה שַׁפִּיר דָּמֵי. לְרַבִּי עֲקִיבָא נָמֵי, אַף עַל גַּב דְּאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: הַמְקַיֵּים בְּכִלְאַיִם לוֹקֶה, לְמַעוֹטֵי תִּיפְלָה שַׁפִּיר דָּמֵי. וְתוּ לָא מִידִּי.La Guemara objecte : De Rabbi Yehouda, nous apprendrons pour Rabbi Akiva. Rabbi Yehouda n'a-t-il pas dit : il est interdit de leur faire un don gratuit, mais pour réduire l'inconvenance, c'est permis ? Pour Rabbi Akiva aussi : bien que Rabbi Akiva dise que celui qui maintient des kilayim reçoit les coups de fouet, pour réduire l'inconvenance, c'est permis, et l'on revient ainsi à la thèse de Rav Na'hman. Et il n'y a rien de plus à objecter.
- הֲדוּר יָתְבִי וְקָמִבַּעְיָא לְהוּ: דְּמֵי עֲבוֹדָה זָרָה בְּיַד גּוֹי, מַהוּ? מִי תּוֹפֶסֶת דָּמֶיהָ בְּיַד גּוֹי, אוֹ לָא?Ils s'assirent de nouveau, et la question leur fut posée : le produit de la vente d'un objet d'idolâtrie, lorsqu'il est dans la main d'un non-Juif, qu'en est-il ? L'idolâtrie étend-elle son interdit à son produit dans la main d'un non-Juif, ou non ?
- אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן: מִסְתַּבְּרָא דְּמֵי עֲבוֹדָה זָרָה בְּיַד גּוֹי מוּתָּרִין, מִדְּהָנְהוּ דַּאֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבָּה בַּר אֲבוּהּ, אֲמַר לְהוּ: זִילוּ זַבִּינוּ כֹּל מָה דְּאִית לְכוּ, וְתוּ אִיתְגַּיַּירוּ.Rav Na'hman leur dit : Il est logique que le produit d'un objet d'idolâtrie dans la main d'un non-Juif soit permis, d'après ces non-Juifs qui vinrent devant Rabba bar Avouh pour se convertir. Il leur dit : Allez vendre tout ce que vous avez, et ensuite convertissez-vous.
- מַאי טַעְמָא? מִשּׁוּם דְּקָסָבַר: דְּמֵי עֲבוֹדָה זָרָה בְּיַד גּוֹי מוּתָּרִין. וְדִלְמָא שָׁאנֵי הָתָם, דְּכֵיוָן דְּדַעְתֵּיהּ לְאִיגַּיּוֹרֵי — וַדַּאי בַּטְּלַהּ!Quelle en est la raison ? N'est-ce pas qu'il pense que le produit d'un objet d'idolâtrie dans la main d'un non-Juif est permis ? On rejette : Mais peut-être est-ce différent là-bas : puisque leur intention est de se convertir, ils l'ont certainement annulée (ils ont retiré à l'objet son statut d'idole), et le produit de la vente n'est donc pas interdit.
- אֶלָּא מֵהָכָא: יִשְׂרָאֵל שֶׁהָיָה נוֹשֶׁה בְּגוֹי מָנֶה, וּמָכַר עֲבוֹדָה זָרָה וְהֵבִיא לוֹ, יֵין נֶסֶךְ וְהֵבִיא לוֹ — מוּתָּר, אֲבָל אִם אָמַר לוֹ: ״הַמְתֵּן לִי עַד שֶׁאֶמְכּוֹר עֲבוֹדָה זָרָה וְאָבִיא לָךְ״, ״יֵין נֶסֶךְ וְאָבִיא לָךְ״ — אָסוּר.Plutôt, de ceci on apporte la preuve : Un Juif était créancier d'un non-Juif d'une mané (cent zouz) ; celui-ci vendit un objet d'idolâtrie et lui apporta l'argent, ou du vin de libation et lui apporta l'argent : c'est permis. Mais s'il lui a dit : « Attends-moi jusqu'à ce que je vende un objet d'idolâtrie et je t'apporterai l'argent », ou : « du vin de libation et je t'apporterai l'argent », c'est interdit. On voit que le produit de l'idolâtrie dans la main d'un non-Juif est permis.
- מַאי שְׁנָא רֵישָׁא וּמַאי שְׁנָא סֵיפָא? אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: סֵיפָא, מִשּׁוּם דְּהָוֵה לֵיהּ כִּי רוֹצֶה בְּקִיּוּמוֹ.Quelle différence entre le début et la fin ? Rav Chéchet a dit : La fin est interdite parce que cela revient à ce que le Juif désire sa conservation (celle de l'objet interdit), jusqu'à ce que le non-Juif le vende.
- וְכִי רוֹצֶה בְּקִיּוּמוֹ כְּהַאי גַּוְונָא מִי אֲסִיר? וְהָתְנַן: גֵּר וְגוֹי שֶׁיָּרְשׁוּ אֲבִיהֶן גּוֹי, גֵּר יָכוֹל לוֹמַר לוֹ: ״טוֹל אַתָּה עֲבוֹדָה זָרָה וַאֲנִי מָעוֹת״, ״טוֹל אַתָּה יֵין נֶסֶךְ וַאֲנִי פֵּירוֹת״; אִם מִשֶּׁבָּאוּ לִרְשׁוּת הַגֵּר — אָסוּר.Et désirer sa conservation, dans un cas comme celui-ci, est-ce interdit ? Or, nous avons appris dans une Michna (Demaï 6, 10) : Un converti et un non-Juif qui ont hérité de leur père non-Juif, le converti peut lui dire : « Prends, toi, l'idolâtrie, et moi l'argent » ; « Prends, toi, le vin de libation, et moi les fruits ». Mais si ces biens sont déjà arrivés dans le domaine du converti, c'est interdit.
- אָמַר רָבָא בַּר עוּלָּא: מַתְנִיתִין בַּעֲבוֹדָה זָרָה הַמִּתְחַלֶּקֶת לְפִי שְׁבָרֶיהָ.Rava bar Oula a dit : La Michna traite d'un objet d'idolâtrie qui se partage selon ses débris : même brisé, il garde sa valeur, et le converti n'a donc aucun intérêt à sa conservation.
- תִּינַח עֲבוֹדָה זָרָה, יֵין נֶסֶךְ מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? בְּחֶרֶס הַדְרְיָינִי.C'est bien pour l'objet d'idolâtrie ; mais pour le vin de libation, que peut-on dire ? On répond : Il s'agit de tessons hadrianiques, imprégnés de vin, qu'on trempe dans l'eau pour en extraire le vin ; si le récipient se brise, rien n'est perdu.
- וַהֲלֹא רוֹצֶה בְּקִיּוּמוֹ, שֶׁלֹּא יִגָּנֵובוּ וְשֶׁלֹּא יֵאָבֵדוּ! אֶלָּא אָמַר רַב פָּפָּא: יְרוּשַּׁת הַגֵּר קָאָמְרַתְּ? שָׁאנֵי יְרוּשַּׁת הַגֵּר, דְּאַקִּילוּ בַּהּ רַבָּנַן, גְּזֵירָה שֶׁמָּא יַחְזוֹר לְקִלְקוּלוֹ.Mais ne désire-t-il pas leur conservation, pour qu'ils ne soient pas volés et qu'ils ne se perdent pas ? Plutôt, Rav Pappa a dit : C'est de l'héritage du converti que tu parles ? L'héritage du converti est différent, car les Rabbanan ont été indulgents à son égard, par mesure préventive, de peur qu'il ne retourne à sa déchéance (si on le privait de l'héritage de son père). Ailleurs, désirer la conservation de l'interdit reste prohibé.
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