Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אָמַר חִזְקִיָּה: מַאי קְרָא ״בְּשׂוּמוֹ כׇּל אַבְנֵי מִזְבֵּחַ כְּאַבְנֵי גִר מְנֻפָּצוֹת לֹא יָקֻמוּ אֲשֵׁרִים וְחַמָּנִים״? אִי אִיכָּא ״כְּאַבְנֵי גִיר מְנוּפָּצוֹת״ — לֹא יְקוּמוּן אֲשֵׁרִים וְחַמָּנִים, אִי לָאו — יָקוּמוּ.'Hizkiya a dit : quel est le verset d'où l'on apprend cette halakha (règle) ? « Quand il rendra toutes les pierres de l'autel comme des pierres de chaux pulvérisées, ne se dresseront plus les achérim (arbres idolâtres) et les statues solaires » (Isaïe 27, 9). S'il y a l'état décrit par les mots « comme des pierres de chaux pulvérisées », ne se dresseront plus les achérim et les statues solaires, c'est-à-dire que leur statut est annulé ; sinon, ils se dresseront, c'est-à-dire que leur statut n'est pas annulé.
- תָּנָא: נֶעֱבָד שֶׁלּוֹ אָסוּר, וְשֶׁל חֲבֵירוֹ מוּתָּר. וּרְמִינְהִי: אֵיזֶהוּ נֶעֱבָד? כֹּל שֶׁעוֹבְדִים אוֹתוֹ בֵּין בְּשׁוֹגֵג וּבֵין בְּמֵזִיד, בֵּין בְּאוֹנֶס וּבֵין בְּרָצוֹן. הַאי אוֹנֶס הֵיכִי דָּמֵי? לָאו כְּגוֹן דְּאָנַס בֶּהֱמַת חֲבֵירוֹ וְהִשְׁתַּחֲוָה לָהּ?Il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : un animal adoré par quelqu'un, s'il est le sien, est interdit sur l'autel, et s'il est celui d'autrui, il est permis. Or on oppose une autre baraïta : qu'est-ce qu'un animal adoré, disqualifié pour l'autel ? Tout animal que l'on adore, que ce soit par inadvertance ou délibérément, que ce soit sous la contrainte ou de plein gré. Ce cas de contrainte, à quoi ressemble-t-il ? N'est-ce pas un cas comme celui où l'on a pris de force l'animal d'autrui et où l'on s'est prosterné devant lui ? Cela montrerait que l'on peut interdire l'animal d'autrui !
- אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: לָא, כְּגוֹן שֶׁאֲנָסוּהוּ גּוֹיִם וְהִשְׁתַּחֲוָה לִבְהֶמְתּוֹ דִּידֵיהּ. מַתְקֵיף לַהּ רַבִּי זֵירָא: אוֹנֶס רַחֲמָנָא פַּטְרֵיהּ, דִּכְתִיב ״וְלַנַּעֲרָה לֹא תַעֲשֶׂה דָבָר״!Rami bar 'Hama a dit : non, il s'agit d'un cas comme celui où des non-Juifs l'ont contraint et où il s'est prosterné devant son propre animal. Rabbi Zeira s'y oppose : le contraint, le Miséricordieux l'exempte, comme il est écrit à propos de la jeune fiancée violée : « Et à la jeune fille tu ne feras rien » (Deutéronome 22, 26) !
- אֶלָּא אָמַר רָבָא: הַכֹּל הָיוּ בִּכְלָל ״לֹא תָעׇבְדֵם״, וּכְשֶׁפָּרַט לְךָ הַכָּתוּב ״וָחַי בָּהֶם״ וְלֹא שֶׁיָּמוּת בָּהֶם — יָצָא אוֹנֶס.Mais alors, Rava a dit : tous les cas étaient inclus dans l'interdit « tu ne les serviras pas » (Exode 20, 5), même sous la contrainte ; et quand le verset t'a précisé « et il vivra par eux » (Lévitique 18, 5), et non pas qu'il meure par eux, il en a exclu le cas de contrainte.
- וַהֲדַר כְּתַב רַחֲמָנָא: ״וְלֹא תְחַלְּלוּ אֶת שֵׁם קׇדְשִׁי״, דַּאֲפִילּוּ בְּאוֹנֶס. הָא כֵּיצַד? הָא בְּצִנְעָא, וְהָא בְּפַרְהֶסְיָא.Puis le Miséricordieux a encore écrit : « Et vous ne profanerez pas Mon saint Nom » (Lévitique 22, 32), ce qui enseigne que l'interdit s'applique même sous la contrainte. Comment concilier cela ? Celui-ci, qui exclut la contrainte, parle du culte en privé, et celui-là, qui l'inclut, du culte en public. Si l'on a donc adoré un animal en public, même sous la contrainte, il est interdit.
- אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: תַּנְיָא דִּמְסַיְּיעָא לָךְ, בִּימוֹסְיָאוֹת שֶׁל גּוֹיִם בִּשְׁעַת הַשְּׁמָד — אַף עַל פִּי שֶׁהַשְּׁמָד בָּטֵל, אוֹתָן בִּימוֹסְיָאוֹת לֹא בָּטְלוּ.Les Sages ont dit à Rava : il a été enseigné dans une baraïta ce qui te soutient : quant aux estrades des non-Juifs, utilisées pour l'idolâtrie au temps de la persécution, bien que la persécution ait été abolie, ces estrades n'ont pas perdu leur statut et restent interdites, bien que le culte y ait été pratiqué sous la contrainte.
- אֲמַר לְהוּ: אִי מִשּׁוּם הָא לָא תְּסַיְּיעַן, אֵימַר יִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּד הֲוָה וּפְלַח לַהּ בְּרָצוֹן. רַב אָשֵׁי אָמַר: לָא תֵּימָא ״אֵימַר״, אֶלָּא וַדַּאי יִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּד הֲוָה וּפְלַח לַהּ בְּרָצוֹן.Rava leur a dit : si c'est à cause de cela, vous ne me soutenez pas, car on peut dire qu'il y avait là un Juif apostat, et qu'il l'a servie de plein gré. Rav Achi a dit : ne dis pas « on peut dire », mais il est certain qu'il y avait là un Juif apostat, et qu'il l'a servie de plein gré.
- חִזְקִיָּה אָמַר, כְּגוֹן שֶׁנִּיסֵּךְ לַעֲבוֹדָה זָרָה יַיִן עַל קַרְנֶיהָ. מַתְקֵיף לַהּ רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: הַאי נֶעֱבָד הוּא? הַאי בִּימוֹס בְּעָלְמָא הוּא, וְשַׁרְיֵיהּ!'Hizkiya a dit : la contradiction entre les baraïtot se résout autrement : il s'agit d'un cas comme celui où l'on a versé pour une idole du vin en libation sur les cornes de l'animal d'autrui. Rav Adda bar Ahava s'y oppose : celui-ci est-il un animal adoré ? Celui-ci n'est qu'une simple estrade, et la baraïta l'a permise !
- אֶלָּא אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: כְּגוֹן שֶׁנִּיסֵּךְ לָהּ יַיִן בֵּין קַרְנֶיהָ, דַּעֲבַד בַּהּ מַעֲשֶׂה, וְכִי הָא דַּאֲתָא עוּלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ הַמִּשְׁתַּחֲוֶה לְבֶהֱמַת חֲבֵירוֹ לֹא אָסְרָה, עָשָׂה בָּהּ מַעֲשֶׂה — אֲסָרָהּ.Mais alors, Rav Adda bar Ahava a dit : il s'agit d'un cas comme celui où l'on lui a versé du vin, à l'animal lui-même en tant qu'idole, entre ses cornes, car il a accompli sur lui un acte. Et c'est comme ce que Oulla a rapporté, car Oulla est venu d'Erets Israël et a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : bien qu'on ait dit que celui qui se prosterne devant l'animal d'autrui ne l'a pas interdit, s'il a accompli sur lui un acte, il l'a interdit.
- אֲמַר לְהוּ רַב נַחְמָן: פּוּקוּ וֶאֱמַרוּ לֵיהּ לְעוּלָּא, כְּבָר תַּרְגְּמַהּ רַב הוּנָא לִשְׁמַעְתָּיךְ בְּבָבֶל, דְּאָמַר רַב הוּנָא: הָיְתָה בֶּהֱמַת חֲבֵירוֹ רְבוּצָה בִּפְנֵי עֲבוֹדָה זָרָה, כֵּיוָן שֶׁשָּׁחַט בָּהּ סִימָן אֶחָד — אֲסָרָהּ.Rav Na'hman leur a dit : sortez et dites à Oulla : Rav Houna a déjà expliqué ton enseignement en Babylonie, car Rav Houna a dit : si l'animal d'autrui était couché devant une idole, dès qu'on y a tranché un seul siman (la trachée ou l'œsophage, organes tranchés lors de l'abattage rituel), on l'a interdit.
- מְנָא לַן דַּאֲסָרָהּ? אִילֵּימָא מִכֹּהֲנִים, וְדִלְמָא שָׁאנֵי כֹּהֲנִים דִּבְנֵי דֵעָה נִינְהוּ!D'où savons-nous qu'il l'a interdit ? Si l'on dit que cela vient des Cohanim (prêtres) qui ont servi l'idolâtrie, même sous la contrainte, et qui sont disqualifiés, peut-être les Cohanim sont-ils différents, car ce sont des êtres doués de raison, responsables de leurs actes !
- וְאֶלָּא מֵאַבְנֵי מִזְבֵּחַ, וְדִלְמָא כִּדְרַב פָּפָּא?Mais alors, des pierres de l'autel, souillées par les Grecs alors qu'elles ne leur appartenaient pas ? Mais peut-être est-ce selon l'enseignement de Rav Pappa (voir plus haut, 52b), selon lequel les Grecs les avaient acquises ?
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