Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְסֵיפָא אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ: פּוֹשְׁטִין וּמְקַפְּלִין וּמַנִּיחִין תַּחַת רָאשֵׁיהֶם.Cette mention du sommeil était nécessaire pour la fin de cette Michna (enseignement des Tannaïm, compilé par Rabbi Yehouda HaNassi) du traité Tamid, qui dit : ils ôtent leurs vêtements sacerdotaux, les plient et les placent sous leurs têtes. Puisqu'il leur est permis de dormir dessus, il fallait préciser qu'ils ne doivent pas dormir en les portant.
- פּוֹשְׁטִין וּמְקַפְּלִין וּמַנִּיחִין אוֹתָן תַּחַת רָאשֵׁיהֶן, שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ בִּגְדֵי כְּהוּנָּה נִיתְּנוּ לֵיהָנוֹת בָּהֶן! אָמַר רַב פָּפָּא: לָא תֵּימָא תַּחַת רָאשֵׁיהֶן, אֶלָּא אֵימָא כְּנֶגֶד רָאשֵׁיהֶן. אָמַר רַב מְשַׁרְשְׁיָא: שָׁמְעַתְּ מִינַּהּ תְּפִילִּין מִן הַצַּד שַׁפִּיר דָּמֵי.La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) tente de trancher la question à partir de cette fin : ils ôtent leurs vêtements, les plient et les placent sous leurs têtes. Déduis-en que les vêtements sacerdotaux ont été donnés pour qu'on en tire profit ! Autrement dit, il est permis d'en tirer un usage personnel. Rav Pappa a dit : ne dis pas « sous leurs têtes », mais dis plutôt « à côté de leurs têtes ». Rav Mecharchya a dit : à partir de cette lecture, déduis-en que poser ses tefilin sur le côté de sa tête quand on dort est bien ; on ne craint pas qu'il se retourne dans son sommeil et s'allonge dessus.
- הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא דִּכְנֶגֶד רָאשֵׁיהֶן, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ תַּחַת רָאשֵׁיהֶן, וְתִיפּוֹק לִי מִשּׁוּם כִּלְאַיִם — דְּהָא אִיכָּא אַבְנֵט. וּנְהִי נָמֵי דְּנִיתְּנוּ לֵיהָנוֹת בָּהֶן — הָא מִתְהֲנֵי מִכִּלְאַיִם!Il est aussi raisonnable de dire qu'il s'agit d'« à côté de leurs têtes » et non de dessous, car s'il te vient à l'esprit de dire « sous leurs têtes », je déduirais que c'est interdit à cause des kilayim (mélange interdit de laine et de lin), puisqu'il y a là la ceinture, tissée de laine et de lin. Et même en admettant qu'ils aient été donnés pour qu'on en tire profit, voici qu'il tire profit de kilayim !
- הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל זֶה הוּא אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן הֶדְיוֹט. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן גָּדוֹל לֹא זֶה הוּא אַבְנֵטוֹ שֶׁל כֹּהֵן הֶדְיוֹט, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר!Cela va bien selon celui qui a dit : la ceinture du Cohen Gadol (Grand Prêtre) à Yom Kippour, qui ne comporte pas de kilayim, est la même que la ceinture du simple Cohen (prêtre) ; selon lui la ceinture du simple Cohen ne comporte pas de kilayim, et on pourrait dormir dessus. Mais selon celui qui a dit : la ceinture du Cohen Gadol n'est pas la même que la ceinture du simple Cohen, celle du simple Cohen étant faite de kilayim, que peut-on dire ? Comment la Michna permettrait-elle de dormir dessus ?
- וְכִי תֵּימָא: כִּלְאַיִם בִּלְבִישָׁה וְהַעֲלָאָה — הוּא דַּאֲסִיר, בְּהַצָּעָה שְׁרֵי, וְהָתַנְיָא: ״לֹא יַעֲלֶה עָלֶיךָ״, אֲבָל אַתָּה מוּתָּר לְהַצִּיעוֹ תַּחְתֶּיךָ. אֲבָל אָמְרוּ חֲכָמִים: אָסוּר לַעֲשׂוֹת כֵּן, שֶׁמָּא תִּיכָּרֵךְ נִימָא אַחַת עַל בְּשָׂרוֹ.Et si tu dis : les kilayim, c'est seulement les revêtir et s'en couvrir qui est interdit, mais les étendre sous soi est permis, ce n'est pas exact. Or n'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « Il ne montera pas sur toi » (Lévitique 19, 19), mais tu as le droit de l'étendre sous toi. Cependant les Sages ont dit : il est interdit d'agir ainsi, de peur qu'un seul fil ne s'enroule sur sa chair.
- וְכִי תֵּימָא דְּמַפְסֵיק לֵיהּ מִידֵּי בֵּינֵי בֵּינֵי — וְהָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר רַבִּי מִשּׁוּם קְהָלָא קַדִּישָׁא שֶׁבִּירוּשָׁלַיִם: אֲפִילּוּ עֶשֶׂר מַצָּעוֹת זוֹ עַל גַּב זוֹ וְכִלְאַיִם תַּחְתֵּיהֶן — אָסוּר לִישַׁן עֲלֵיהֶן. אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ: כְּנֶגֶד רָאשֵׁיהֶן, שְׁמַע מִינַּהּ.Et si tu dis qu'il intercale quelque chose entre lui et le tissu, Rabbi Chimon ben Pazi n'a-t-il pas dit, au nom de Rabbi Yehochoua ben Lévi, au nom de Rabbi (Rabbi Yehouda HaNassi), au nom de la sainte assemblée de Jérusalem : même s'il y a dix matelas l'un sur l'autre et des kilayim dessous, il est interdit de dormir dessus ? Le décret des Sages s'applique sans distinction. Mais alors, n'en déduis-tu pas qu'il s'agit d'« à côté de leurs têtes » ? Déduis-en qu'il en est bien ainsi.
- רַב אָשֵׁי אָמַר: לְעוֹלָם תַּחַת רָאשֵׁיהֶן, וְהָא קָא מִתְהֲנֵי מִכִּלְאַיִם — בִּגְדֵי כְהוּנָּה קָשִׁין הֵן. כִּי הָא דְּאָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: הַאי נַמְטָא גַּמְדָּא דְּנַרֶשׁ — שַׁרְיָא.Rav Achi a dit : en réalité, il s'agit bien de « sous leurs têtes ». Et quant à ton objection « voici qu'il tire profit de kilayim », les vêtements sacerdotaux sont durs, et l'interdit des kilayim ne s'y applique donc pas, comme l'a dit Rav Houna fils de Rabbi Yehochoua : ce feutre dur de Narech est permis, car ce qui est dur n'enveloppe pas le corps et ne procure pas de chaleur.
- תָּא שְׁמַע: בִּגְדֵי כְהוּנָּה, הַיּוֹצֵא בָּהֶן לַמְּדִינָה — אָסוּר. וּבַמִּקְדָּשׁ, בֵּין בִּשְׁעַת עֲבוֹדָה בֵּין שֶׁלֹּא בִּשְׁעַת עֲבוֹדָה — מוּתָּר, מִפְּנֵי שֶׁבִּגְדֵי כְהוּנָּה נִיתְּנוּ לֵיהָנוֹת בָּהֶן. שְׁמַע מִינַּהּ.La Michna de Tamid ne prouvant donc rien, la Guemara propose une autre preuve : viens et entends : les vêtements sacerdotaux, celui qui sort avec eux en province, c'est-à-dire hors du Temple, cela lui est interdit. Mais dans le Temple, que ce soit pendant le service ou hors du service, c'est permis, parce que les vêtements sacerdotaux ont été donnés pour qu'on en tire profit. Déduis-en qu'il en est bien ainsi.
- וּבַמְּדִינָה לָא? וְהָתַנְיָא: בְּעֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה [בְּטֵבֵת] יוֹם הַר גְּרִזִים [הוּא], דְּלָא לְמִסְפַּד?La Guemara s'étonne : Et en province, non ? Or n'a-t-il pas été enseigné dans une autre baraïta, dans la Méguilat Taanit : le vingt-cinq [Tevet est] le jour du mont Guerizim, jour de réjouissance où l'on ne prononce pas d'oraison funèbre ?
- יוֹם שֶׁבִּקְּשׁוּ כּוּתִיִּים אֶת בֵּית אֱלֹהֵינוּ מֵאֲלֶכְּסַנְדְּרוֹס מוֹקְדוֹן לְהַחְרִיבוֹ, וְנָתְנוּ לָהֶם. בָּאוּ וְהוֹדִיעוּ אֶת שִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק. מֶה עָשָׂה? לָבַשׁ בִּגְדֵי כְהוּנָּה, וְנִתְעַטֵּף בְּבִגְדֵי כְהוּנָּה, וּמִיַּקִּירֵי יִשְׂרָאֵל עִמּוֹ, וַאֲבוּקוֹת שֶׁל אוֹר בִּידֵיהֶן. וְכׇל הַלַּיְלָה, הַלָּלוּ הוֹלְכִים מִצַּד זֶה, וְהַלָּלוּ הוֹלְכִים מִצַּד זֶה, עַד שֶׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר.C'est le jour où les Koutim (Samaritains) ont demandé la Maison de notre D.ieu à Alexandre de Macédoine pour la détruire, et il la leur a donnée, c'est-à-dire leur en a donné la permission. Ils vinrent et en informèrent Chimon HaTsadik (le Juste), le Cohen Gadol. Que fit-il ? Il revêtit les vêtements sacerdotaux, et s'enveloppa des vêtements sacerdotaux, et des notables d'Israël étaient avec lui, avec des torches de feu à la main. Et toute la nuit, ceux-ci marchaient de ce côté, les représentants d'Israël, et ceux-là marchaient de ce côté-là, les armées d'Alexandre et les Koutim, jusqu'à ce que monte l'aube.
- כֵּיוָן שֶׁעָלָה עַמּוּד הַשַּׁחַר, אָמַר לָהֶם: מִי הַלָּלוּ? אָמְרוּ לוֹ: יְהוּדִים שֶׁמָּרְדוּ בְּךָ. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ לְאַנְטִיפַּטְרֵס זָרְחָה חַמָּה וּפָגְעוּ זֶה בָּזֶה. כֵּיוָן שֶׁרָאָה לְשִׁמְעוֹן הַצַּדִּיק, יָרַד מִמֶּרְכַּבְתּוֹ וְהִשְׁתַּחֲוָה לְפָנָיו. אָמְרוּ לוֹ: מֶלֶךְ גָּדוֹל כְּמוֹתְךָ יִשְׁתַּחֲוֶה לִיהוּדִי זֶה?! אָמַר לָהֶם: דְּמוּת דְּיוֹקְנוֹ שֶׁל זֶה מְנַצַּחַת לְפָנַי בְּבֵית מִלְחַמְתִּי.Lorsque l'aube monta, Alexandre leur dit aux Koutim : Qui sont ceux-là ? Ils lui dirent : Des Juifs qui se sont révoltés contre toi. Lorsqu'il arriva à Antipatris, le soleil brilla et ils se rencontrèrent l'un l'autre. Lorsqu'il vit Chimon HaTsadik, il descendit de son char et se prosterna devant lui. Ils lui dirent : Un grand roi comme toi se prosternerait-il devant ce Juif ?! Il leur dit : L'image du visage de celui-ci me fait vaincre sur mes champs de bataille, c'est-à-dire que lorsque je combats, je le vois marcher devant moi.
- אָמַר לָהֶם: לָמָּה בָּאתֶם? אָמְרוּ: אֶפְשָׁר בַּיִת שֶׁמִּתְפַּלְּלִים בּוֹ עָלֶיךָ וְעַל מַלְכוּתְךָ שֶׁלֹּא תֶּחְרַב, יַתְעוּךָ גּוֹיִם לְהַחְרִיבוֹ? אָמַר לָהֶם: מִי הַלָּלוּ? אָמְרוּ לוֹ: כּוּתִיִּים הַלָּלוּ, שֶׁעוֹמְדִים לְפָנֶיךָ. אָמַר לָהֶם: הֲרֵי הֵם מְסוּרִין בִּידֵיכֶם.Il leur dit aux représentants d'Israël : Pourquoi êtes-vous venus ? Ils dirent : Est-il possible qu'une Maison dans laquelle on prie pour toi et pour ton royaume, afin qu'il ne soit pas détruit, des nations t'égarent pour la détruire ? Il leur dit : Qui sont ceux-là ? Ils lui dirent : Ce sont ces Koutim qui se tiennent devant toi. Il leur dit : Ils sont livrés entre vos mains.
- מִיָּד נְקָבוּם בְּעִקְבֵיהֶם וּתְלָאוּם בְּזַנְבֵי סוּסֵיהֶם, וְהָיוּ מְגָרְרִין אוֹתָן עַל הַקּוֹצִים וְעַל הַבַּרְקָנִים, עַד שֶׁהִגִּיעוּ לְהַר גְּרִיזִים. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעוּ לְהַר גְּרִיזִים — חֲרָשׁוּהוּ, וּזְרָעוּהוּ כַּרְשִׁינִין, כְּדֶרֶךְ שֶׁבִּקְּשׁוּ לַעֲשׂוֹת לְבֵית אֱלֹהֵינוּ. וְאוֹתוֹ הַיּוֹם עֲשָׂאוּהוּ יוֹם טוֹב.Aussitôt, ils leur percèrent les talons et les attachèrent aux queues de leurs chevaux, et ils les traînaient sur les épines et les ronces jusqu'à ce qu'ils arrivent au mont Guerizim. Lorsqu'ils arrivèrent au mont Guerizim, ils le labourèrent et l'ensemencèrent de vesce, de la manière dont ils avaient voulu agir envers la Maison de notre D.ieu. Et ce jour-là, ils en firent un jour de fête.
- אִי בָּעֵית אֵימָא: רְאוּיִין לְבִגְדֵי כְהוּנָּה. וְאִי בָּעֵית אֵימָא: ״עֵת לַעֲשׂוֹת לַה׳ הֵפֵרוּ תּוֹרָתֶךָ״.Il ressort de ce récit que Chimon HaTsadik a porté les vêtements sacerdotaux hors du Temple. La Guemara répond : Si tu veux, dis : il portait des vêtements dignes d'être des vêtements sacerdotaux, de même matière et de même forme, mais non consacrés. Et si tu veux, dis : il s'agissait d'une situation d'urgence, selon le verset « Il est temps d'agir pour Hachem, ils ont annulé Ta Torah » (Psaumes 119, 126).
- חַזַּן הַכְּנֶסֶת נוֹטֵל סֵפֶר תּוֹרָה: שְׁמַע מִינַּהּ חוֹלְקִין כָּבוֹד לְתַלְמִיד בִּמְקוֹם הָרַב! אָמַר אַבָּיֵי: כּוּלָּהּ מִשּׁוּם כְּבוֹדוֹ דְּכֹהֵן גָּדוֹל הִיא.Nous avons appris dans la Michna : Le 'hazan (préposé) de la synagogue prend un Séfer Torah et le passe au chef de la synagogue, qui le passe au Ségan (adjoint), qui le passe au Cohen Gadol. Déduis-en qu'on accorde de l'honneur à un élève en présence du maître ! Car le Cohen Gadol est le maître de tous. Abayé a dit : on ne peut rien en déduire, car tout cela est en l'honneur du Cohen Gadol, pour montrer sa supériorité sur tous ceux qui se trouvent là.
- וְכֹהֵן גָּדוֹל עוֹמֵד. מִכְּלָל שֶׁהוּא יוֹשֵׁב, וְהָא אֲנַן תְּנַן:Il a été enseigné dans la Michna : Et le Cohen Gadol se lève pour recevoir le Séfer. On en déduit qu'il était assis jusque-là. Or nous avons appris dans une Michna :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.