Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- תָּנוּ רַבָּנַן: יָכוֹל הָאוֹמֵר ״רַגְלָהּ שֶׁל זוֹ עוֹלָה״ תְּהֵא כּוּלָּהּ עוֹלָה? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כֹּל אֲשֶׁר יִתֵּן מִמֶּנּוּ לַה׳ יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״ — מִמֶּנּוּ לַה׳, וְלֹא כּוּלּוֹ לַה׳.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : On pourrait penser que celui qui dit : « La patte de celle-ci est une ola » (holocauste), elle sera tout entière une ola. C'est pourquoi le verset dit : « Tout ce qu'il donnera de lui à Hachem sera saint » (Lévitique 27, 9) : « de lui » à Hachem, et non lui tout entier à Hachem.
- יָכוֹל תֵּצֵא לְחוּלִּין? תַּלְמוּד לוֹמַר ״יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״. הָא כֵּיצַד? תִּמָּכֵר לְצׇרְכֵי עוֹלוֹת, וְדָמֶיהָ חוּלִּין, חוּץ מִדְּמֵי אֵבֶר שֶׁבָּהּ — דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה.On pourrait penser que le membre consacré peut être racheté et sortir vers le profane ; c'est pourquoi le verset dit : « sera saint ». Comment cela ? L'animal sera vendu pour les besoins d'olot (à quelqu'un qui l'offrira tout entier en holocauste), et son prix sera profane, sauf le prix du membre qui s'y trouve (qui a été consacré). Ce sont les paroles de Rabbi Méïr et de Rabbi Yehouda.
- וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: מִנַּיִן לָאוֹמֵר ״רַגְלָהּ שֶׁל זוֹ עוֹלָה״, שֶׁכּוּלָּהּ עוֹלָה? שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּל אֲשֶׁר יִתֵּן מִמֶּנּוּ לַה׳״, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״יִהְיֶה קֹדֶשׁ״ — לְרַבּוֹת אֶת כּוּלָּהּ.Et Rabbi Yossé et Rabbi Chimon disent : D'où savons-nous, pour celui qui dit : « La patte de celle-ci est une ola », qu'elle est tout entière une ola ? Car il est dit : « Tout ce qu'il donnera de lui à Hachem » – on pourrait penser que seul ce membre est consacré ; lorsqu'il dit : « sera saint », c'est pour inclure l'animal tout entier.
- אָמַר מָר: תִּמָּכֵר לְצׇרְכֵי עוֹלוֹת, וְהָא קָמַיְיתֵי בְּהֵמָה מְחוּסֶּרֶת אֵבֶר? אָמַר רָבָא: בְּאוֹמֵר ״הֲרֵי עָלַי עוֹלָה בְּחַיֶּיהָ״.Le Maître a dit : l'animal « sera vendu pour les besoins d'olot ». Mais l'acheteur n'apporte-t-il pas un animal auquel manque un membre (celui consacré par le vendeur) ? Rava a dit : il s'agit de quelqu'un qui dit : « Je prends sur moi une ola par ce qui la fait vivre » (avec tous les membres dont dépend sa vie) ; le membre consacré n'en fait pas partie, et cela ne retranche rien à son vœu.
- אָמַר רַב חִסְדָּא: מוֹדֶה רַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁעוֹשֶׂה אוֹתָהּ טְרֵפָה. רָבָא אָמַר: בְּדָבָר שֶׁעוֹשֶׂה אוֹתָהּ נְבֵילָה. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: בְּדָבָר שֶׁהִיא מֵתָה.Rav 'Hisda a dit : Rabbi Yehouda (et Rabbi Méïr) admet que la sainteté s'étend à tout l'animal pour un membre qui, une fois ôté, la rend tréfa (atteinte d'une lésion mortelle). Rava a dit : seulement pour un membre qui la rend nevéla (cadavre, comme déjà morte). Et Rav Chéchèt a dit : seulement pour un membre sans lequel elle meurt aussitôt.
- מַאי אִיכָּא בֵּין רַב חִסְדָּא לְרָבָא? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ טְרֵפָה חַיָּה. רַב חִסְדָּא סָבַר לַהּ כְּמַאן דְּאָמַר טְרֵפָה אֵינָהּ חַיָּה, וְרָבָא סָבַר לַהּ כְּמַאן דְּאָמַר טְרֵפָה חַיָּה.Quelle différence y a-t-il entre Rav 'Hisda et Rava ? Il y a entre eux la question de savoir si un animal tréfa peut vivre. Rav 'Hisda pense comme celui qui dit qu'un tréfa ne peut pas vivre (il mourra bientôt ; c'est donc un membre vital), et Rava pense comme celui qui dit qu'un tréfa peut vivre.
- וּמַאי אִיכָּא בֵּין רָבָא לְרַב שֵׁשֶׁת? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּרַבִּי אֶלְעָזָר, דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: נִיטְּלָה יָרֵךְ וְחָלָל שֶׁלָּהּ — נְבֵילָה. רָבָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר, רַב שֵׁשֶׁת לָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי אֶלְעָזָר.Et quelle différence y a-t-il entre Rava et Rav Chéchèt ? Il y a entre eux l'enseignement de Rabbi Eléazar, car Rabbi Eléazar a dit : Si on lui a ôté la cuisse et sa cavité, l'animal est nevéla (et rend impur même vivant). Rava pense comme Rabbi Eléazar (et ce membre est donc vital) ; Rav Chéchèt ne pense pas comme Rabbi Eléazar.
- מֵיתִיבִי: אָמַר רַבִּי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁאֵין הַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, וְדִבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ. לָאו מִכְּלָל דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה?On objecta à partir d'une baraïta : Rabbi (Rabbi Yehouda HaNassi) a dit : Les paroles de Rabbi Yehouda paraissent justes pour un membre dont la vie ne dépend pas, et les paroles de Rabbi Yossé pour un membre dont la vie dépend. N'en déduit-on pas que Rabbi Yossé est en désaccord avec Rabbi Yehouda même pour un membre vital ?
- בִּשְׁלָמָא נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁאֵין הַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, מִכְּלָל דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי. אֶלָּא נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ — לָאו מִכְּלָל דִּפְלִיג עֲלֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה? וּתְיוּבְתָּא דְּכוּלְּהוּ!Certes, quand il dit : « Les paroles de Rabbi Yehouda paraissent justes pour un membre dont la vie ne dépend pas », on en déduit seulement que Rabbi Yehouda est en désaccord avec Rabbi Yossé dans ce cas. Mais quand il dit : « Les paroles de Rabbi Yossé paraissent justes pour un membre dont la vie dépend », n'en déduit-on pas que Rabbi Yossé est en désaccord avec Rabbi Yehouda aussi dans ce cas ? C'est une teyouvta (réfutation définitive) de tous ces Amoraïm !
- לָא, חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי לְרַבִּי יְהוּדָה בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, שֶׁאַף רַבִּי יְהוּדָה לֹא נֶחְלַק עָלָיו אֶלָּא בְּדָבָר שֶׁאֵין הַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ, אֲבָל בְּדָבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה תְּלוּיָה בּוֹ מוֹדֵי לֵיהּ.Non : la baraïta est lacunaire, et voici ce qu'elle enseigne : Les paroles de Rabbi Yossé paraissent justes à Rabbi Yehouda pour un membre dont la vie dépend ; car même Rabbi Yehouda n'a été en désaccord avec lui que pour un membre dont la vie ne dépend pas ; mais pour un membre dont la vie dépend, il l'admet.
- בָּעֵי רָבָא: בָּעוֹף מַהוּ? ״בְּהֵמָה״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהָא לָאו ״בְּהֵמָה״ הִיא, אוֹ דִלְמָא ״קׇרְבָּן״ אָמַר רַחֲמָנָא, וְהַאי נָמֵי ״קׇרְבָּן״ הוּא? תֵּיקוּ.Selon Rabbi Yossé, la sainteté d'un membre s'étend à tout l'animal. Rava a demandé : Pour un oiseau, qu'en est-il ? Le verset dit : le Miséricordieux a dit « animal » (behéma), et celui-ci n'est pas un « animal » ; ou peut-être le Miséricordieux a-t-il dit « offrande », et celui-ci aussi est une « offrande » ? Tékou (la question reste en suspens).
- בָּעֵי רָבָא: הִקְדִּישׁ אֵבֶר לְדָמָיו, מַהוּ דְּתֵיחוֹת לֵיהּ קְדוּשַּׁת הַגּוּף? מִי אָמַר: כֵּיוָן דְּנָחֲתָא לֵיהּ קְדוּשַּׁת דָּמִים — נָחֲתָא לֵיהּ נָמֵי קְדוּשַּׁת הַגּוּף, וּמִדְּאַקְדְּשֵׁיהּ לְחַד אֵבֶר — אַקְדְּשַׁיהּ לְכוּלַּהּ, אוֹ דִלְמָא חַד מִגּוֹ אָמַר, תְּרֵי מִגּוֹ לָא אָמַר?Rava a demandé : selon Rabbi Yossé, s'il a consacré un membre pour sa valeur (pour le vendre et acheter un sacrifice avec son prix), qu'en est-il : la sainteté corporelle (kedouchat haGouf) descend-elle sur tout l'animal ? Dit-on : puisque la sainteté de valeur est descendue sur lui, la sainteté corporelle est aussi descendue sur lui ; et du fait qu'il a consacré un membre, il l'a consacré tout entier ? Ou peut-être dit-on un seul « puisque » (migo), mais on ne dit pas deux « puisque » ?
- תִּפְשׁוֹט לֵיהּ מִדִּידֵיהּ, דְּהָאָמַר רָבָא: הִקְדִּישׁ זָכָר לְדָמָיו — קָדוֹשׁ קְדוּשַּׁת הַגּוּף!La Guemara suggère : Tranche-la à partir de sa propre parole, car Rava n'a-t-il pas dit : S'il a consacré un mâle pour sa valeur, il est saint d'une sainteté corporelle, puisqu'il est apte à être offert ?
- הָתָם — דְּאַקְדְּשֵׁיהּ לְכוּלֵּיהּ, הָכָא — דְּאַקְדְּשֵׁיהּ חַד אֵבֶר, מַאי? תֵּיקוּ.Là, il l'a consacré tout entier ; ici, il a consacré un seul membre : qu'en est-il ? Tékou (la question reste en suspens).
- בָּעֵי מִינֵּיהּ [אַבָּיֵי] מֵרָבָא: הִקְדִּישׁ חַד אֵבֶר, מַהוּ בְּגִיזָּה? תִּפְשׁוֹט לָךְ מֵהָא דְּתַנְיָא: ״לֹא תָגוֹז בְּכוֹר צֹאנְךָ״, אֲבָל אַתָּה גּוֹזֵז בְּשֶׁלְּךָ וְשֶׁל אֲחֵרִים.[Abayé] a demandé à Rava : S'il a consacré un seul membre, qu'en est-il pour la tonte ? Rava répondit : Tranche-la à partir de ce qui a été enseigné dans une baraïta : « Tu ne tondras pas le premier-né de ton petit bétail » (Deutéronome 15, 19) : ton premier-né à toi seul ; mais tu tonds un premier-né qui est à toi et à d'autres (en association avec un non-Juif). Ici aussi, l'animal est en association entre le sacré et le profane.
- הָתָם, לָא נָחֲתָא לֵיהּ קְדוּשָּׁה כְּלָל; הָכָא, נָחֲתָא לֵיהּ קְדוּשָּׁה. לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: הָתָם, אֵין בְּיָדוֹ לְהַקְדִּישׁוֹ; הָכָא, בְּיָדוֹ לְהַקְדִּישׁוֹ.Ce n'est pas une preuve : là, la sainteté n'est pas du tout descendue sur lui ; ici, la sainteté est descendue sur lui (sur ce membre). Autre version : là, il n'est pas en son pouvoir de le consacrer (à cause de l'associé non-juif) ; ici, il est en son pouvoir de le consacrer.
- בְּעָא מִינֵּיהּ אַבָּיֵי מֵרָבָא: הִקְדִּישׁ עוֹרָהּ, מַהוּ בַּעֲבוֹדָה? תָּא שְׁמַע: הָאוֹמֵר ״מָה שֶׁבְּמֵעֶיהָ שֶׁל זוֹ עוֹלָה״ — מוּתֶּרֶת בְּגִיזָּה, וַאֲסוּרָה בַּעֲבוֹדָה, מִפְּנֵי כִּחוּשׁ עוּבָּר שֶׁבָּהּ.Abayé a demandé à Rava : S'il a consacré sa peau (de l'animal), qu'en est-il pour le travail ? Rava répondit : Viens et entends : Celui qui dit : « Ce qui est dans le ventre de celle-ci est une ola », la mère est permise à la tonte et interdite au travail, à cause de l'affaiblissement du fœtus qui est en elle. Ici aussi, le travail abîme la peau.
- אֲמַר לֵיהּ: כִּי קָתָנֵי אֲסוּרָה בַּעֲבוֹדָה — מִדְּרַבָּנַן. אִי הָכִי, אֲפִילּוּ בְּגִיזָּה נָמֵי תִּיתְּסַר! אֲמַר לֵיהּ: עֲבוֹדָה דְּמַיכְחֲשָׁא — גָּזְרִי בַּהּ רַבָּנַן, גִּיזָּה — לָא גָּזְרִי בַּהּ רַבָּנַן.Abayé lui dit : Quand on enseigne qu'elle est interdite au travail, c'est d'ordre rabbinique ; or je demandais selon la Torah. Rava répondit : S'il en est ainsi, même la tonte devrait être interdite ! Abayé lui dit : Le travail, qui affaiblit l'animal, les Sages l'ont interdit par décret ; la tonte, les Sages ne l'ont pas interdite par décret.
- בְּעָא מִינֵּיהּ אַבָּיֵי מֵרַב יוֹסֵף: הִיא שְׁלָמִים וּוְלָדָהּ חוּלִּין, וּשְׁחָטָהּ בִּפְנִים, מַהוּ? לְמַאן דְּאָמַר וַלְדֵי קָדָשִׁים בַּהֲוָיָיתָן הֵן קְדוֹשִׁין, מִי הָוֵי חוּלִּין בַּעֲזָרָה אוֹ לָא?Abayé a demandé à Rav Yossef : s'il a dit d'une bête pleine : « Elle est un chelamim (sacrifice de paix) et son petit est profane », et qu'il l'a abattue à l'intérieur (dans le parvis du Temple), qu'en est-il ? Ou bien, selon celui qui dit que les petits d'animaux consacrés ne sont saints qu'à leur venue au monde (à la naissance), est-ce un cas d'abattage de profane dans le parvis ('houlin ba'azara, interdit) ou non ?
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