Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- כְּגוֹן דְּאִית לַהּ מְחִיצּוֹת. וְכִי הָא דְּאָמַר עוּלָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: קַרְפֵּף יוֹתֵר מִבֵּית סָאתַיִם שֶׁלֹּא הוּקַּף לְדִירָה, וַאֲפִילּוּ כּוֹר וַאֲפִילּוּ כּוֹרַיִים, הַזּוֹרֵק לְתוֹכוֹ חַיָּיב. מַאי טַעְמָא? — מְחִיצָה הִיא, אֶלָּא שֶׁמְחוּסֶּרֶת דָּיוֹרִין.La vallée dont parle la Michna de Taharot est un cas particulier : il s'agit du cas où elle a des cloisons de dix téfa'him (largeurs de main) qui l'entourent, et conformément à ce qu'a dit Oulla : Rabbi Yo'hanan a dit : un karpef (vaste enclos non attenant à la maison) de plus d'un terrain de deux séa (surface où l'on sème deux séa de grain), qui n'a pas été entouré pour l'habitation mais seulement pour protéger ses biens, et même s'il est de la taille d'un terrain d'un kor (trente séa) et même de deux kor, a le statut de domaine privé, et celui qui lance un objet à l'intérieur depuis le domaine public, le Chabbat, est 'hayav (passible). Quelle en est la raison ? C'est une cloison à part entière, sauf qu'il lui manque des habitants : si les Sages y ont interdit le transport à la manière d'une karmelit (domaine intermédiaire, ni privé ni public, institué par les Sages), il reste selon la Torah un domaine privé. Il en va de même de cette vallée.
- בִּשְׁלָמָא רַב אָשֵׁי לָא אָמַר כִּדְעוּלָּא, אֶלָּא עוּלָּא מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כִּשְׁמַעְתֵּיהּ? אָמַר לָךְ: אִי דְּאִית לַהּ מְחִיצּוֹת ״בִּקְעָה״ קָרֵי לַהּ?! קַרְפֵּף הִיא! וְרַב אָשֵׁי ״רְשׁוּת הַיָּחִיד״ קָתָנֵי.La Guemara demande : Certes, Rav Achi n'a pas dit comme Oulla, car il a donné sa propre explication. Mais Oulla, quelle est la raison pour laquelle il n'a pas dit conformément à son enseignement, avec des cloisons ? Oulla te dirait : si elle a des cloisons, l'appellerait-on « vallée » ? C'est un karpef ! Le mot « vallée » implique l'absence de toute cloison. Et Rav Achi répondrait : il est enseigné « domaine privé », et non karmelit ; son explication s'accorde donc mieux avec le langage de la Michna.
- וְהַכַּרְמְלִית. אַטּוּ כּוּלְּהוּ נָמֵי לָאו כַּרְמְלִית נִינְהוּ? כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אֲמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְקֶרֶן זָוִית הַסְּמוּכָה לִרְשׁוּת הָרַבִּים. דְּאַף עַל גַּב דְּזִימְנִין דְּדָחֲקִי בֵּיהּ רַבִּים וְעָיְילִי לְגַוַּהּ, כֵּיוָן דְּלָא נִיחָא תַּשְׁמִישְׁתֵּיהּ, כִּי כַרְמְלִית דָּמֵי.Dans la Tossefta, la liste des lieux au statut de karmelit (domaine intermédiaire institué par les Sages) comprend aussi : « et la karmelit ». La Guemara demande : Est-ce que tous les autres lieux énumérés (mer, vallée, colonnade) ne sont pas, eux aussi, des karmelit ? Que désigne donc celle-ci ? Quand Rav Dimi est venu d'Erets Israël à Babylone, il a dit : Rabbi Yo'hanan a dit : cela n'était nécessaire que pour le coin adjacent au domaine public : bien que parfois la foule s'y presse et y entre, comme son usage n'est pas commode, il est considéré comme une karmelit.
- כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בֵּין הָעַמּוּדִין נִידּוֹן כְּכַרְמְלִית. מַאי טַעְמָא? אַף עַל גַּב דְּדָרְסִי בַּהּ רַבִּים, כֵּיוָן דְּלָא מִסְתַּגִּי לְהוּ בְּהֶדְיָא — כְּכַרְמְלִית דָּמְיָא. אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב יְהוּדָה: אִיצְטְבָא שֶׁלִּפְנֵי הָעַמּוּדִים נִידּוֹן כְּכַרְמְלִית.De même, quand Rav Dimi est venu, il a dit : Rabbi Yo'hanan a dit : l'espace entre les colonnes situées le long du domaine public est jugé comme une karmelit. Quelle en est la raison ? Bien que la foule y marche, comme elle ne peut pas y circuler en ligne droite, il est considéré comme une karmelit. Rabbi Zeira a dit : Rav Yehouda a dit : le banc qui se trouve devant les colonnes, sur lequel les marchands disposent leurs articles, est jugé comme une karmelit.
- לְמַאן דְּאָמַר בֵּין הָעַמּוּדִים, כׇּל שֶׁכֵּן אִיצְטְבָא. לְמַאן דְּאָמַר אִיצְטְבָא — אִיצְטְבָא הוּא דְּלָא נִיחָא תַּשְׁמִישְׁתֵּיהּ, אֲבָל בֵּין הָעַמּוּדִים דְּנִיחָא תַּשְׁמִישְׁתֵּיהּ — לָא. לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: אֲבָל בֵּין הָעַמּוּדִין דְּזִימְנִין דְּדָרְסִי לֵיהּ רַבִּים, כִּרְשׁוּת הָרַבִּים דָּמְיָא.La Guemara précise : Selon celui qui a dit que l'espace entre les colonnes est une karmelit (domaine intermédiaire institué par les Sages), à plus forte raison le banc l'est-il. Selon celui qui a dit que c'est le banc qui est une karmelit, c'est seulement le banc, dont l'usage n'est pas commode ; mais l'espace entre les colonnes, dont l'usage est commode, non, il n'est pas une karmelit. Autre version : mais l'espace entre les colonnes, où parfois la foule marche, est considéré comme le domaine public.
- אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא אָמַר רַב חִסְדָּא: לְבֵינָה זְקוּפָה בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְזָרַק וְטָח בְּפָנֶיהָ — חַיָּיב. עַל גַּבָּהּ — פָּטוּר.Pour savoir dans quelle mesure l'usage de la foule détermine le statut d'un lieu, la Guemara cite : Rabba bar Cheila a dit : Rav 'Hisda a dit : s'il y a une brique dressée dans le domaine public, et que quelqu'un a lancé un objet à une distance de quatre coudées et l'a collé contre sa face, il est 'hayav (passible) pour avoir lancé dans le domaine public. Si l'objet s'est posé sur son dessus, il est pétour (exempt) : la foule ne marchant pas sur la brique, celle-ci n'est pas pleinement domaine public.
- אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: וְהוּא שֶׁגְּבוֹהָה שְׁלֹשָׁה, דְּלָא דָּרְסִי לַהּ רַבִּים. אֲבָל הִיזְמֵי וְהִיגֵי, אַף עַל גַּב דְּלָא גְּבִיהֵי שְׁלֹשָׁה. וְחִיָּיא בַּר רַב אָמַר: אֲפִילּוּ הִיזְמֵי וְהִיגֵי, אֲבָל צוֹאָה לָא. וְרַב אָשֵׁי אָמַר: אֲפִילּוּ צוֹאָה.Ce sont Abayé et Rava qui ont dit tous deux : à condition que cette brique soit haute de trois téfa'him (largeurs de main), car alors la foule ne marche pas dessus, et elle forme un lieu distinct bien que située dans le domaine public. Mais les épines et les ronces constituent un tel lieu même si elles n'ont pas trois téfa'him de haut, car on ne marche pas sur des épines. Et 'Hiya bar Rav a dit : même les épines et les ronces basses font partie du domaine public ; mais les excréments, non : on n'y marche pas. Et Rav Achi a dit : même les excréments font partie du domaine public, car les gens pressés finissent par y marcher.
- אָמַר רַבָּה דְּבֵי רַב שֵׁילָא: כִּי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין כַּרְמְלִית פְּחוּתָה מֵאַרְבָּעָה. וְאָמַר רַב שֵׁשֶׁת: וְתוֹפֶסֶת עַד עֲשָׂרָה. מַאי ״וְתוֹפֶסֶת עַד עֲשָׂרָה״? אִילֵּימָא דְּאִי אִיכָּא מְחִיצָה עֲשָׂרָה הוּא דְּהָוֵי כַּרְמְלִית, וְאִי לָא — לָא הָוֵי כַּרְמְלִית, וְלָא? וְהָאָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב חִיָּיא בַּר יוֹסֵף אָמַר רַב: בַּיִת שֶׁאֵין בְּתוֹכוֹ עֲשָׂרָה וְקֵרוּיוֹ מַשְׁלִימוֹ לַעֲשָׂרָה, עַל גַּגּוֹ — מוּתָּר לְטַלְטֵל בְּכוּלּוֹ, בְּתוֹכוֹ — אֵין מִטַּלְטְלִין בּוֹ אֶלָּא אַרְבַּע אַמּוֹת!Rabba de l'école de Rav Cheila a dit : Quand Rav Dimi est venu, il a dit : Rabbi Yo'hanan a dit : il n'y a pas de karmelit (domaine intermédiaire institué par les Sages) de moins de quatre téfa'him. Et Rav Chéchèt a dit : et elle s'étend jusqu'à dix. Que signifie : « et elle s'étend jusqu'à dix » ? Si l'on dit que s'il y a une cloison de dix téfa'him, c'est une karmelit, et sinon, ce n'est pas une karmelit — et n'est-ce pas une karmelit dans ce second cas ? Rav Guidel n'a-t-il pas dit : Rav 'Hiya bar Yossef a dit : Rav a dit : une maison dont l'intérieur n'a pas dix téfa'him de haut, et dont la toiture complète jusqu'à dix : sur son toit, il est permis de transporter partout, car c'est un domaine privé à part entière ; à l'intérieur, on ne transporte que sur quatre coudées, car la hauteur intérieure ne suffit pas à en faire un domaine privé et elle reste une karmelit ! On voit donc qu'un lieu sans cloison de dix peut être une karmelit.
- אֶלָּא מַאי ״וְתוֹפֶסֶת עַד עֲשָׂרָה״ — דְּעַד עֲשָׂרָה הוּא דְּהָוְיָא כַּרְמְלִית, לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה טְפָחִים לָא הָוְיָא כַּרְמְלִית. וְכִי הָא דַּאֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, לָא תְּיהַוֵּי בְּמִילֵּי דְשַׁבְּתָא לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה. לְמַאי הִלְכְתָא? אִילֵּימָא דְּאֵין רְשׁוּת הַיָּחִיד לְמַעְלָה מֵעֲשָׂרָה? וְהָאָמַר רַב חִסְדָּא: נָעַץ קָנֶה בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד וְזָרַק וְנָח עַל גַּבָּיו, אֲפִילּוּ גָּבוֹהַּ מֵאָה אַמָּה — חַיָּיב, מִפְּנֵי שֶׁרְשׁוּת הַיָּחִיד עוֹלָה עַד לָרָקִיעַ.Mais alors, que signifie « et elle s'étend jusqu'à dix » ? Que c'est jusqu'à dix téfa'him de hauteur que c'est une karmelit ; au-dessus de dix téfa'him, ce n'est pas une karmelit. Et conformément à ce qu'a dit Chmouel à Rav Yehouda : Chinana (esprit acéré), ne t'occupe pas, dans les lois du Chabbat, de ce qui est au-dessus de dix téfa'him. À quelle halakha (loi) cela se rapporte-t-il ? Si l'on dit qu'il n'y a pas de domaine privé au-dessus de dix, Rav 'Hisda n'a-t-il pas dit : si quelqu'un a planté un roseau dans le domaine privé, a lancé un objet depuis le domaine public et que celui-ci s'est posé dessus, même si le roseau est haut de cent coudées, il est 'hayav (passible), car le domaine privé s'élève jusqu'au ciel !
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