Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- תְּרֵי תַּנָּאֵי נִינְהוּ וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה.On répond : Ce sont deux Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna) qui divergent sur l'opinion de Rabbi Yehouda.
- אָמַר עוּלָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּבַר פְּדָא, אוֹמֵר הָיָה רַבִּי מֵאִיר: הֶקְדֵּשׁ בְּמֵזִיד – מִתְחַלֵּל, בְּשׁוֹגֵג – אֵין מִתְחַלֵּל. וְלֹא אָמְרוּ בְּשׁוֹגֵג מִתְחַלֵּל אֶלָּא לְעִנְיַן קׇרְבָּן בִּלְבָד. וְכִי מֵאַחַר דְּאֵין מִתְחַלֵּל, קׇרְבָּן בְּמַאי מִחַיַּיב?!Oula a dit au nom de Bar Pada : Rabbi Méïr disait : Le hekdèch (bien consacré au Temple), sciemment, est désacralisé ; par erreur, il n'est pas désacralisé. Et ils n'ont dit que, par erreur, il est désacralisé, que pour ce qui est du sacrifice. On s'étonne : Mais puisqu'il n'est pas désacralisé, pour quoi serait-il passible d'un sacrifice ?
- אֶלָּא כִּי אֲתָא רָבִין פָּרֵישׁ מִשְּׁמֵיהּ דְּבַר פְּדָא, אוֹמֵר הָיָה רַבִּי מֵאִיר: הֶקְדֵּשׁ בְּמֵזִיד – מִתְחַלֵּל, בְּשׁוֹגֵג – אֵין מִתְחַלֵּל. וְלֹא אָמְרוּ בְּשׁוֹגֵג מִתְחַלֵּל אֶלָּא לְעִנְיַן אֲכִילָה בִּלְבָד.Mais quand Ravin vint de Terre d'Israël, il expliqua au nom de Bar Pada : Rabbi Méïr disait : Le hekdèch, sciemment, est désacralisé ; par erreur, il n'est pas désacralisé. Et ils n'ont dit que, par erreur, il est désacralisé, que pour ce qui est de la consommation : celui qui mange le bien consacré le fait disparaître ; mais l'argent dépensé reste consacré.
- אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר בְּמַעֲשֵׂר הוֹאִיל וּסְתַם לַן תְּנָא כְּוָתֵיהּ, וַהֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּהֶקְדֵּשׁ הוֹאִיל וּסְתַם לַן תְּנָא כְּוָתֵיהּ.Rav Na'hman a dit que Rav Ada bar Ahava a dit : La halakha (loi, règle pratique) est conforme à Rabbi Méïr pour la dîme, puisque le Tanna a enseigné anonymement selon lui ; et la halakha est conforme à Rabbi Yehouda pour le hekdèch, puisque le Tanna a enseigné anonymement selon lui.
- כְּרַבִּי מֵאִיר בְּמַעֲשֵׂר, מַאי הִיא – דִּתְנַן: כֶּרֶם רְבָעִי, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין לוֹ חוֹמֶשׁ וְאֵין לוֹ בִּיעוּר. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: יֵשׁ לוֹ.Selon Rabbi Méïr pour la dîme, qu'est-ce ? Car nous avons appris dans la Michna : la vigne de quatrième année : Beit Chammaï disent : Elle n'a pas de cinquième à ajouter lors du rachat et elle n'a pas d'élimination à faire avec les dîmes. Et Beit Hillel disent : Elle en a.
- בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: יֵשׁ לוֹ פֶּרֶט וְיֵשׁ לוֹ עוֹלֵלוֹת. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: כּוּלּוֹ לַגַּת.Beit Chammaï disent : Elle a le pérèt (grains tombés, laissés aux pauvres) et elle a les olélot (grappillons laissés aux pauvres). Et Beit Hillel disent : Elle va tout entière au pressoir.
- מַאי טַעְמָא דְּבֵית הִלֵּל – גָּמְרִי ״קֹדֶשׁ״ ״קֹדֶשׁ״ מִמַּעֲשֵׂר, מָה מַעֲשֵׂר יֵשׁ לוֹ חוֹמֶשׁ וְיֵשׁ לוֹ בִּיעוּר – אַף כֶּרֶם רְבָעִי יֵשׁ לוֹ חוֹמֶשׁ וְיֵשׁ לוֹ בִּיעוּר. וּבֵית שַׁמַּאי לָא גָּמְרִי ״קֹדֶשׁ״ ״קֹדֶשׁ״ מִמַּעֲשֵׂר.Quelle est la raison de Beit Hillel ? Ils apprennent par guezéra chava (analogie textuelle) « saint » (Lévitique 19, 24) de « saint » de la dîme (Lévitique 27, 30) : de même que la dîme a le cinquième et a l'élimination, de même la vigne de quatrième année a le cinquième et a l'élimination. Et Beit Chammaï n'apprennent pas « saint » de « saint » de la dîme.
- וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים כְּמַעֲשֵׂר, כְּמַאן סְבִירָא לְהוּ? אִי כְּרַבִּי יְהוּדָה, אַמַּאי כּוּלּוֹ לַגַּת? הָאָמַר מַעֲשֵׂר מָמוֹן הֶדְיוֹט הוּא! אֶלָּא לָאו כְּרַבִּי מֵאִיר!Et Beit Hillel, qui disent : comme la dîme, selon qui pensent-ils ? Si c'est selon Rabbi Yehouda, pourquoi va-t-elle tout entière au pressoir ? Il a pourtant dit que la dîme est un bien profane ! Il faudrait donc laisser le pérèt et les olélot. N'est-ce pas plutôt selon Rabbi Méïr ? Or la halakha suit Beit Hillel : c'est donc comme une Michna anonyme selon Rabbi Méïr.
- כְּרַבִּי יְהוּדָה בְּהֶקְדֵּשׁ מַאי הִיא – דִּתְנַן: שִׁילַּח בְּיַד פִּיקֵּחַ וְנִזְכַּר עַד שֶׁלֹּא הִגִּיעַ אֵצֶל חֶנְווֹנִי – חֶנְווֹנִי מָעַל לִכְשֶׁיּוֹצִיא.Selon Rabbi Yehouda pour le hekdèch, qu'est-ce ? Car nous avons appris (Mé'ila 21a) : celui qui a envoyé par erreur de l'argent du hekdèch pour acheter quelque chose, s'il l'a envoyé par la main d'une personne sensée et s'est souvenu avant que celle-ci n'arrive chez le boutiquier, le boutiquier commet la mé'ila (détournement d'un bien sacré) lorsqu'il le dépensera. La mé'ila se fait donc par erreur, et non sciemment.
- וּכְרַבִּי יְהוּדָה בְּמַעֲשֵׂר מִי לָא תְּנַן? וְהָתְנַן: הַפּוֹדֶה מַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁלּוֹ – מוֹסִיף עָלָיו חֲמִישִׁיתוֹ, בֵּין מִשֶּׁלּוֹ בֵּין שֶׁנִּיתַּן לוֹ בְּמַתָּנָה. מַנִּי? אִילֵימָא רַבִּי מֵאִיר הִיא – מִי מָצֵי יָהֵיב לֵיהּ בְּמַתָּנָה? וְהָאָמַר: מַעֲשֵׂר מָמוֹן גָּבוֹהַּ הוּא! אֶלָּא לָאו רַבִּי יְהוּדָה!Et selon Rabbi Yehouda pour la dîme, n'avons-nous pas appris anonymement ? Or nous avons appris : Celui qui rachète sa seconde dîme ajoute son cinquième, qu'elle provienne de son bien ou qu'elle lui ait été donnée en cadeau. De qui est-ce ? Si l'on dit que c'est de Rabbi Méïr, peut-il la lui donner en cadeau ? Il a pourtant dit que la dîme est un bien du Très-Haut ! N'est-ce pas plutôt de Rabbi Yehouda ?
- לָא, לְעוֹלָם רַבִּי מֵאִיר וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, כְּגוֹן דְּיָהֵיב נִיהֲלֵיהּ בְּטִיבְלֵיהּ, וְקָסָבַר: מַתָּנוֹת שֶׁלֹּא הוּרְמוּ כְּמִי שֶׁלֹּא הוּרְמוּ דָּמְיָין.Non, en réalité c'est Rabbi Méïr, et de quoi s'agit-il ici ? Du cas où il la lui a donnée à l'état de tével (produit non encore prélevé), et il pense que les dons qui n'ont pas été prélevés sont considérés comme n'ayant pas été prélevés : la dîme, n'étant pas encore séparée, n'a pas de sainteté.
- תָּא שְׁמַע: הַפּוֹדֶה נֶטַע רְבָעִי שֶׁלּוֹ – מוֹסִיף עָלָיו חֲמִישִׁיתוֹ, בֵּין מִשֶּׁלּוֹ, בֵּין שֶׁנִּיתַּן לוֹ בְּמַתָּנָה. מַנִּי? אִילֵימָא רַבִּי מֵאִיר – מִי מָצֵי יָהֵיב לֵיהּ? וְהָא גָּמְרִי ״קֹדֶשׁ״ ״קֹדֶשׁ״ מִמַּעֲשֵׂר! אֶלָּא לָאו רַבִּי יְהוּדָה?Viens et entends : Celui qui rachète sa plantation de quatrième année ajoute son cinquième, qu'elle provienne de son bien ou qu'elle lui ait été donnée en cadeau. De qui est-ce ? Si l'on dit de Rabbi Méïr, peut-il la lui donner ? On apprend pourtant « saint » de « saint » de la dîme ! N'est-ce pas plutôt de Rabbi Yehouda ?
- לְעוֹלָם רַבִּי מֵאִיר, וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן, כְּגוֹן דְּיָהֵיב כְּשֶׁהוּא סְמָדַר. וּדְלָא כְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּאָמַר: סְמָדַר אָסוּר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא פֶּרִי.En réalité c'est Rabbi Méïr, et de quoi s'agit-il ici ? Du cas où il a donné le fruit lorsqu'il était semadar (bouton de fruit à peine formé), et non selon Rabbi Yossé, qui dit : Le semadar est interdit, parce que c'est un fruit.
- תָּא שְׁמַע: מָשַׁךְ הֵימֶנּוּ מַעֲשֵׂר בְּסֶלַע וְלֹא הִסְפִּיק לִפְדּוֹתוֹ עַד שֶׁעָמַד בִּשְׁתַּיִם – נוֹתֵן סֶלַע, וּמִשְׂתַּכֵּר בְּסֶלַע, וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁלּוֹ. מַנִּי? אִילֵימָא רַבִּי מֵאִיר, אַמַּאי מִשְׂתַּכֵּר בְּסֶלַע? ״וְנָתַן אֶת הַכֶּסֶף וְקָם לוֹ״ אָמַר רַחֲמָנָא! אֶלָּא לָאו רַבִּי יְהוּדָה!Viens et entends : S'il a tiré de chez lui de la dîme valant un sela (pièce d'argent) et n'a pas eu le temps de la racheter avant qu'elle n'atteigne deux, il donne un sela, il gagne un sela, et la seconde dîme est à lui. De qui est-ce ? Si l'on dit de Rabbi Méïr, pourquoi gagne-t-il un sela ? « Il donnera l'argent et cela lui restera acquis », a dit le Miséricordieux (voir Lévitique 27, 19) ! N'est-ce pas plutôt de Rabbi Yehouda ?
- לְעוֹלָם רַבִּי יְהוּדָה, וְהָכָא חַד סְתָמָא, וְהָכָא תְּרֵי סְתָמֵי.En réalité c'est Rabbi Yehouda ; et ici il y a une seule opinion anonyme, et là deux opinions anonymes.
- וְאִי סְתָמָא דַּוְקָא, מָה לִי חַד סְתָמָא מָה לִי תְּרֵי סְתָמֵי?! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר הוֹאִיל וּתְנַן בִּבְחִירָתָא כְּווֹתֵיהּ.Mais si l'opinion anonyme fait précisément autorité, que m'importe une seule opinion anonyme, que m'importent deux opinions anonymes ?! Rav Na'hman bar Yits'hak a dit : La halakha est conforme à Rabbi Méïr, puisque nous avons appris dans le traité choisi (Édouyot) selon lui.
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