Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- טִירְפָא מֵאִיָּיר וְאֵילָךְ. אֲמַר לֵיהּ: יָכְלִי לְמֵימַר לָךְ: אַתְּ בַּר חַד בְּנִיסָן אַתְּ.un acte d'autorisation de saisie sur les biens vendus par le vendeur à partir d'Iyar et au-delà. Rav Yossef lui a dit : Les acheteurs peuvent te dire : Ton acte date du premier Nissan : le champ est donc légitimement à toi, et c'est l'autre qui l'a pris à tort ; reprends-le plutôt que de nous saisir.
- מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? נִכְתְּבוּ הַרְשָׁאָה לַהֲדָדֵי.Quel est son remède ? Qu'ils s'écrivent mutuellement une harchaa (procuration) : chacun pourra alors saisir les biens vendus après Nissan, quel que soit celui des deux actes qui est le premier.
- מַתְנִי׳ מִי שֶׁהָיָה נָשׂוּי שְׁתֵּי נָשִׁים וּמָכַר אֶת שָׂדֵהוּ, וְכָתְבָה רִאשׁוֹנָה לַלּוֹקֵחַ ״דִּין וּדְבָרִים אֵין לִי עִמָּךְ״ — הַשְּׁנִיָּה מוֹצִיאָה מֵהַלּוֹקֵחַ, וְרִאשׁוֹנָה מִן הַשְּׁנִיָּה, וְהַלּוֹקֵחַ מִן הָרִאשׁוֹנָה. וְחוֹזְרוֹת חֲלִילָה, עַד שֶׁיַּעֲשׂוּ פְּשָׁרָה בֵּינֵיהֶם. וְכֵן בַּעַל חוֹב, וְכֵן אִשָּׁה בַּעֲלַת חוֹב.MICHNA : Celui qui était marié à deux femmes et a vendu son champ, et la première épouse a écrit à l'acheteur : « Je n'ai ni procès ni affaire avec toi » : la deuxième épouse, qui n'a pas renoncé à son droit, le retire à l'acheteur pour le paiement de sa ketouba (contrat de mariage), le champ lui étant hypothéqué ; et la première le retire à la deuxième, car sa ketouba est antérieure ; et l'acheteur le retire à la première, puisqu'elle a renoncé à son droit à son égard. Et ils recommencent en cercle, jusqu'à ce qu'ils fassent un compromis entre eux. Et il en va de même d'un créancier, et de même d'une femme créancière.
- גְּמָ׳ וְכִי כָּתְבָה לֵיהּ מַאי הָוֵי? וְהָתַנְיָא: הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״דִּין וּדְבָרִים אֵין לִי עַל שָׂדֶה זוֹ״, וְ״אֵין לִי עֵסֶק בָּהּ״, וְ״יָדַי מְסוּלָּקֹת הֵימֶנָּה״ — לֹא אָמַר כְּלוּם. הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּשֶׁקָּנוּ מִיָּדָהּ.GUEMARA : Et si elle lui a écrit, qu'est-ce que cela change ? N'a-t-il pas été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Celui qui dit à son prochain : « Je n'ai ni procès ni affaire au sujet de ce champ », ou : « Je n'ai aucun rapport avec lui », ou : « Ma main s'en est retirée » : il n'a rien dit ? De quoi s'agit-il ici ? Du cas où l'acheteur a acquis de sa main, par un acte d'acquisition qui valide sa renonciation.
- וְכִי קָנוּ מִיָּדָהּ מַאי הָוֵי? תֵּימָא: נַחַת רוּחַ עָשִׂיתִי לְבַעְלִי. מִי לָא תְּנַן: לָקַח מִן הָאִישׁ וְחָזַר וְלָקַח מִן הָאִשָּׁה — מִקָּחוֹ בָּטֵל. אַלְמָא: יְכוֹלָה הִיא שֶׁתֹּאמַר נַחַת רוּחַ עָשִׂיתִי לְבַעְלִי.La Guemara demande : Et s'il a acquis de sa main, qu'est-ce que cela change ? Qu'elle dise : « J'ai voulu être agréable à mon mari », sans intention réelle. N'avons-nous pas appris dans une Michna (Guittin 55b) : S'il a acheté de l'homme puis a de nouveau acheté de la femme, sa vente est nulle ? Il en ressort qu'elle peut dire : « J'ai voulu être agréable à mon mari. »
- אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב חִסְדָּא, לָא קַשְׁיָא: הָא רַבִּי מֵאִיר, הָא רַבִּי יְהוּדָה.Rabbi Zeira a dit que Rav 'Hisda a dit : Ce n'est pas difficile : celle-ci, notre Michna, est selon Rabbi Méïr, celle-là, dans Guittin, est selon Rabbi Yehouda.
- דְּתַנְיָא: כָּתַב לָרִאשׁוֹן וְלֹא חָתְמָה לוֹ, לַשֵּׁנִי וְחָתְמָה לוֹ — אִיבְּדָה כְּתוּבָּתָהּ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.Car il a été enseigné dans une baraïta : S'il a écrit un acte de vente au premier acheteur et qu'elle ne le lui a pas signé, puis au second, et qu'elle le lui a signé, elle a perdu sa ketouba, s'il ne reste pas d'autres biens ; car le premier acheteur peut lui dire qu'il lui a laissé de quoi percevoir. Ce sont les mots de Rabbi Méïr.
- רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, יְכוֹלָה הִיא שֶׁתֹּאמַר: ״נַחַת רוּחַ עָשִׂיתִי לְבַעְלִי, אַתֶּם מַה לָּכֶם עָלַי״?Rabbi Yehouda dit : Elle peut dire : « J'ai voulu être agréable à mon mari ; vous, qu'avez-vous contre moi ? »
- וְרַבִּי, סָתֵם לַהּ הָכָא כְּרַבִּי מֵאִיר וְסָתֵם לַהּ הָתָם כְּרַבִּי יְהוּדָה?!La Guemara s'étonne : Et Rabbi Yehouda HaNassi, le rédacteur de la Michna, aurait-il rédigé sans attribution ici selon Rabbi Méïr et rédigé sans attribution là-bas selon Rabbi Yehouda ?!
- אָמַר רַב פָּפָּא: בִּגְרוּשָׁה, וְדִבְרֵי הַכֹּל.Rav Pappa a dit : Notre Michna parle d'une divorcée, qui a écrit à l'acheteur après son divorce, et c'est l'avis de tous : elle ne peut pas prétendre avoir voulu être agréable à son mari.
- רַב אָשֵׁי אָמַר: כּוּלַּהּ רַבִּי מֵאִיר הִיא, וְעַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר הָתָם, אֶלָּא בִּשְׁנֵי לָקוֹחוֹת, דְּאָמְרִי לַהּ: אִי אִיתָא דְּנַחַת רוּחַ עֲבַדְתְּ — לְקַמָּא אִיבְּעִי לָךְ לְמִיעְבַּד. אֲבָל בְּלוֹקֵחַ אֶחָד, אֲפִילּוּ רַבִּי מֵאִיר מוֹדֶה. וּמַתְנִיתִין דִּכְתַב לֵיהּ לְאַחֵר.Rav Achi a dit : Tout est de Rabbi Méïr. Et Rabbi Méïr n'a parlé là-bas que dans le cas de deux acheteurs, qui lui disent : « S'il est vrai que tu as voulu être agréable, c'est pour le premier que tu aurais dû le faire. » Mais pour un seul acheteur, même Rabbi Méïr admet qu'elle peut invoquer ce motif. Et notre Michna parle du cas où le mari avait écrit un acte de vente à un autre, et où elle ne l'avait pas signé.
- תְּנַן הָתָם: אֵין נִפְרָעִין מִנְּכָסִים מְשׁוּעְבָּדִים בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ נְכָסִים בְּנֵי חוֹרִין, וַאֲפִילּוּ הֵן זִיבּוּרִית. אִיבַּעְיָא לְהוּ: אִישְׁתְּדוּף בְּנֵי חָרֵי, מַהוּ דְּלִיטְרוֹף מִמְּשַׁעְבְּדִי?Nous avons appris là-bas (Guittin 48b) : On ne perçoit pas sur des biens hypothéqués, vendus à un tiers, là où il y a des biens libres, même s'ils sont de qualité inférieure. Ils ont posé la question : Si les biens libres ont été frappés par la rouille des blés, peut-on saisir les biens hypothéqués ?
- תָּא שְׁמַע: כָּתַב לָרִאשׁוֹן וְלֹא חָתְמָה לוֹ, לַשֵּׁנִי וְחָתְמָה לוֹ — אִיבְּדָה כְּתוּבָּתָהּ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.Viens et entends une preuve : S'il a écrit au premier et qu'elle ne le lui a pas signé, puis au second et qu'elle le lui a signé, elle a perdu sa ketouba ; ce sont les mots de Rabbi Méïr.
- וְאִי סָלְקָא דַּעְתָּךְ אִישְׁתְּדוּף בְּנֵי חָרֵי טָרֵיף מִמְּשַׁעְבְּדִי, נְהִי דְּאִיבְּדָה כְּתוּבָּתָהּ מִשֵּׁנִי — מֵרִאשׁוֹן מִיהָא תִּיגְבֵּי.Et s'il te vient à l'esprit que, si les biens libres ont été frappés, on saisit les biens hypothéqués, certes elle a perdu sa ketouba vis-à-vis du second, mais du premier, au moins, qu'elle perçoive ! Le fait qu'elle ne le puisse pas prouve qu'on ne saisit pas les biens hypothéqués.
- אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאי ״אִיבְּדָה״ — אִיבְּדָה מִשֵּׁנִי.Rav Na'hman bar Yits'hak a dit : Que signifie « elle a perdu » ? Elle a perdu ses droits vis-à-vis du second seulement, mais non vis-à-vis du premier.
- אָמַר רָבָא: שְׁתֵּי תְּשׁוּבוֹת בַּדָּבָר, חֲדָא: דְּ״אִיבְּדָה״ לִגְמָרֵי מַשְׁמַע. וְעוֹד, תַּנְיָא: לָוָה מִן הָאֶחָד וּמָכַר נְכָסָיו לִשְׁנַיִם, וְכָתַב בַּעַל חוֹב לְלוֹקֵחַ שֵׁנִי: ״דִּין וּדְבָרִים אֵין לִי עִמָּךְ״ — אֵין לוֹ עַל לוֹקֵחַ רִאשׁוֹן כְּלוּם. מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לוֹמַר: הִנַּחְתִּי לְךָ מָקוֹם לִגְבּוֹת הֵימֶנּוּ.Rava a dit : Il y a deux réponses à ce propos. L'une : « elle a perdu » implique une perte totale. Et de plus, il a été enseigné dans une baraïta : Si un homme a emprunté à quelqu'un et a vendu ses biens à deux acheteurs, et que le créancier a écrit au second acheteur : « Je n'ai ni procès ni affaire avec toi », il n'a plus rien contre le premier acheteur, car celui-ci peut dire : « Je t'ai laissé un endroit où percevoir. »
- הָתָם אִיהוּ דְּאַפְסֵיד נַפְשֵׁיהּ בְּיָדַיִם.La Guemara rejette la preuve : Là-bas, c'est lui-même qui s'est causé la perte de ses propres mains en renonçant à son droit ; on ne peut donc rien en déduire pour des biens frappés par la rouille.
- אֲמַר לֵיהּ רַב יֵימַר לְרַב אָשֵׁי:Rav Yeimar a dit à Rav Achi :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.