Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֶלָּא: תַּרְוַיְיהוּ אָזְלִי בָּתַר אוּמְדָּנָא.En tout cas, il est établi que Rav suit lui aussi le principe de l'estimation de l'intention, ce qui remet en cause la conclusion précédente sur celui qui a tranché comme Rabbi Elazar ben Azarya. Mais plutôt : tous deux, Rav et Rabbi Natan, suivent l'estimation de l'intention, et leur discussion s'explique autrement.
- מַאן דְּאָמַר הֲלָכָה — שַׁפִּיר, מַאן דְּאָמַר אֵין הֲלָכָה — הָכָא נָמֵי אוּמְדַּן דַּעְתָּא הוּא. מִשּׁוּם אִיקָּרוֹבֵי דַּעְתָּא הוּא, וְהָא אִיקָּרַבָא לֵיהּ דַּעְתָּא.Selon celui qui dit que la halakha (la règle pratique) est conforme à Rabbi Elazar ben Azarya, c'est bien. Selon celui qui dit que la halakha n'est pas conforme à lui, ici aussi c'est une estimation de l'intention : pourquoi lui a-t-il accordé le supplément de la ketouba (contrat de mariage) ? C'est pour se rapprocher d'elle, puisqu'ils étaient fiancés et allaient se marier ; or voici qu'il s'est déjà rapproché d'elle, et l'on estime donc qu'il entendait bien le lui donner.
- יָתֵיב רַב חֲנִינָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי וְקָאָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. אֲמַר לֵיהּ: פּוֹק, קְרִי קְרָאָךְ לְבָרָא! אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.Rav 'Hanina, connu pour enseigner les versets, était assis devant Rabbi Yannaï et disait : la halakha est conforme à Rabbi Elazar ben Azarya. Rabbi Yannaï lui dit : Sors, lis tes versets dehors ! Ton domaine est celui des versets et non de la halakha, car la halakha n'est pas conforme à Rabbi Elazar ben Azarya.
- אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי מִשּׁוּם רַבֵּינוּ: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.Rav Its'hak bar Avdimi a dit au nom de notre maître : la halakha est conforme à Rabbi Elazar ben Azarya. Rav Na'hman a dit que Chmouel a dit : la halakha est conforme à Rabbi Elazar ben Azarya.
- וְרַב נַחְמָן דִּידֵיהּ אָמַר: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. וּנְהַרְדָּעֵי מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן אָמְרִי: הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. וְאַף עַל גַּב דְּלָט רַב נַחְמָן וְאָמַר: כֹּל דַּיָּינָא דְּדָאֵין כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה הָכִי וְהָכִי תֶּיהְוֵי, אֲפִילּוּ הָכִי — הֲלָכָה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. וַהֲלָכָה לְמַעֲשֶׂה כְּרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.Et Rav Na'hman, pour sa part, a dit : la halakha n'est pas conforme à Rabbi Elazar ben Azarya. Et les Sages de Nehardéa disent au nom de Rav Na'hman : la halakha est conforme à Rabbi Elazar ben Azarya. La Guemara conclut : Et bien que Rav Na'hman ait maudit et dit : tout juge qui juge selon Rabbi Elazar ben Azarya, qu'il lui arrive ceci et cela, malgré cela, la halakha est conforme à Rabbi Elazar ben Azarya. Et la halakha en pratique est conforme à Rabbi Elazar ben Azarya.
- בָּעֵי רָבִין: נִכְנְסָה לְחוּפָּה וְלֹא נִבְעֲלָה, מַהוּ? חִיבַּת חוּפָּה קוֹנָה, אוֹ חִיבַּת בִּיאָה קוֹנָה.Puisque la halakha veut qu'une femme veuve ou divorcée après les fiançailles ne reçoive pas le supplément de la ketouba, Ravin a demandé : si elle est entrée sous le dais nuptial (la 'houppa) mais n'a pas eu de relation conjugale, qu'en est-il ? Est-ce l'affection du dais nuptial qui acquiert le droit au supplément, ou l'affection de la relation qui l'acquiert ?
- תָּא שְׁמַע, דְּתָנֵי רַב יוֹסֵף: שֶׁלֹּא כָּתַב לָהּ אֶלָּא עַל חִיבַּת לַיְלָה הָרִאשׁוֹן. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא חִיבַּת חוּפָּה קוֹנָה — הַיְינוּ דְּאָמַר לַיְלָה הָרִאשׁוֹן, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ חִיבַּת בִּיאָה קוֹנָה, בִּיאָה — בְּלַיְלָה הָרִאשׁוֹן אִיתַהּ, מִכָּאן וְאֵילָךְ לֵיתַהּ?!Viens et entends une preuve, car Rav Yossef a enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : il ne lui a écrit le supplément qu'en raison de l'affection de la première nuit. Si tu dis que l'affection du dais nuptial acquiert, c'est bien, c'est pourquoi il a dit « la première nuit », le dais n'ayant lieu qu'une fois. Mais si tu dis que l'affection de la relation acquiert, la relation n'existe-t-elle que la première nuit, et à partir de là il n'y en a plus ?!
- וְאֶלָּא מַאי, חוּפָּה? חוּפָּה בְּלֵילְיָא אִיתַהּ, בִּימָמָא לֵיתַהּ? וּלְטַעְמָיךְ — בִּיאָה בְּלֵילְיָא אִיתַהּ, בִּימָמָא לֵיתַהּ? הָא אָמַר רָבָא, אִם הָיָה בְּבַיִת אָפֵל מוּתָּר! הָא לָא קַשְׁיָא: אוֹרַח אַרְעָא קָא מַשְׁמַע לַן, דְּבִיאָה בַּלַּיְלָה.La Guemara rejette cette preuve : Mais alors quoi, le dais nuptial ? Le dais n'existe-t-il que de nuit, et pas de jour ? On répond : Et selon ta logique, la relation n'existe-t-elle que de nuit, et pas de jour ? Rava n'a-t-il pas dit que, si c'était dans une maison obscure, c'est permis ? Réplique : Cela n'est pas difficile : elle nous apprend la conduite habituelle, à savoir que la relation a lieu la nuit.
- אֶלָּא חוּפָּה קַשְׁיָא? חוּפָּה נָמֵי לָא קַשְׁיָא: כֵּיוָן דִּסְתַם חוּפָּה לְבִיאָה קָיְימָא, אוֹרַח אַרְעָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּבַלַּיְלָה.Mais l'explication par le dais nuptial resterait-elle difficile ? Le dais non plus n'est pas difficile : puisque le dais, sans autre précision, est destiné à la relation, elle nous apprend la conduite habituelle, à savoir que cela se fait la nuit. Cette baraïta ne prouve donc rien.
- בָּעֵי רַב אָשֵׁי: נִכְנְסָה לְחוּפָּה וּפֵירְסָה נִידָּה, מַהוּ? אִם תִּימְצֵי לוֹמַר חִיבַּת חוּפָּה קוֹנָה, חוּפָּה דְּחַזְיָא לְבִיאָה, אֲבָל חוּפָּה דְּלָא חַזְיָא לְבִיאָה — לָא, אוֹ דִלְמָא לָא שְׁנָא? תֵּיקוּ.Rav Achi a demandé : si elle est entrée sous le dais nuptial et qu'elle est devenue nidda (impure par ses règles), puis que le mari est mort, qu'en est-il ? Si tu en viens à dire que l'affection du dais nuptial acquiert, est-ce seulement un dais qui convient à la relation, mais pas un dais qui ne convient pas à la relation, ou peut-être n'y a-t-il pas de différence ? Tékou : la question reste en suspens.
- רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: רָצָה, כּוֹתֵב לִבְתוּלָה וְכוּ׳. וְסָבַר רַבִּי יְהוּדָה דְּכוֹתְבִין שׁוֹבָר? וְהָתְנַן: מִי שֶׁפָּרַע מִקְצָת חוֹבוֹ — רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יַחְלִיף. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: יִכְתּוֹב לוֹ שׁוֹבָר!La Michna a enseigné : Rabbi Yehouda dit : s'il le souhaite, il écrit pour une vierge, etc. une ketouba de deux cents zouz, et elle écrit un reçu d'une partie. Mais Rabbi Yehouda pense-t-il qu'on écrit un reçu ? N'avons-nous pas appris dans une Michna : celui qui a remboursé une partie de sa dette, Rabbi Yehouda dit : il échangera l'acte contre un nouveau. Rabbi Yossé dit : il lui écrira un reçu !
- אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: כְּשֶׁשּׁוֹבַרְתָּהּ מִתּוֹכָהּ.Rabbi Yirmeya a dit : il s'agit du cas où son reçu est inscrit à l'intérieur de la ketouba elle-même, de sorte que le mari n'a pas de reçu à conserver.
- אַבָּיֵי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּשֶׁאֵין שׁוֹבַרְתָּהּ מִתּוֹכָהּ, בִּשְׁלָמָא הָתָם, וַדַּאי פַּרְעֵיהּ — דִּלְמָא מִירְכַס תָּבַרְתָּא, וּמַפֵּיק לֵיהּ לִשְׁטָרָא, וַהֲדַר גָּבֵי זִימְנָא אַחֲרִינָא. הָכָא, וַדַּאי יְהַב לַהּ? מִילְּתָא בְּעָלְמָא הִיא דַּאֲמַרָה לֵיהּ, אִי נַטְרֵיהּ — נַטְרֵיהּ, אִי לָא נַטְרֵיהּ — אִיהוּ הוּא דְּאַפְסֵיד אַנַּפְשֵׁיהּ.Abayé a dit : tu peux même dire qu'il s'agit du cas où son reçu n'est pas à l'intérieur de celle-ci. On comprend bien là-bas, pour un reçu ordinaire : il a certainement remboursé ; on craint alors que peut-être le reçu se perde, et que le prêteur sorte l'acte et perçoive de nouveau une autre fois. Mais ici, lui a-t-il certainement donné quelque chose ? Ce n'est qu'une simple parole qu'elle lui a dite pour renoncer à une partie de la somme : s'il l'a conservé, ce reçu, il l'a conservé ; s'il ne l'a pas conservé, c'est lui-même qui se porte préjudice.
- בִּשְׁלָמָא אַבָּיֵי לָא אָמַר כְּרַבִּי יִרְמְיָה, לָא קָתָנֵי שׁוֹבַרְתָּהּ מִתּוֹכָהּ. אֶלָּא רַבִּי יִרְמְיָה מַאי טַעְמָא לָא אָמַר כְּאַבַּיֵּי? גְּזֵירָה שׁוֹבָר דְּהָכָא אַטּוּ שׁוֹבָר דְּעָלְמָא.On comprend bien pourquoi Abayé n'a pas parlé comme Rabbi Yirmeya : il n'est pas enseigné dans la Michna que son reçu est à l'intérieur. Mais Rabbi Yirmeya, pour quelle raison n'a-t-il pas parlé comme Abayé ? Réponse : c'est une mesure préventive : le reçu d'ici est interdit à cause du reçu ordinaire.
- טַעְמָא — דְּכָתְבָה לֵיהּ, אֲבָל עַל פֶּה — לָא. אַמַּאי? דָּבָר שֶׁבְּמָמוֹן הוּא, וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: דָּבָר שֶׁבְּמָמוֹן — תְּנָאוֹ קַיָּים.La raison de Rabbi Yehouda est qu'elle lui a écrit un reçu, mais oralement, non. Pourquoi ? C'est une affaire d'argent, et nous avons entendu Rabbi Yehouda dire : dans une affaire d'argent, sa condition est valable.
- דְּתַנְיָא: הָאוֹמֵר לְאִשָּׁה ״הֲרֵי אַתְּ מְקוּדֶּשֶׁת לִי עַל מְנָת שֶׁאֵין לִיךְ עָלַי שְׁאֵר כְּסוּת וְעוֹנָה״ הֲרֵי זוֹ מְקוּדֶּשֶׁת, וּתְנָאוֹ בָּטֵל, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּדָבָר שֶׁבְּמָמוֹן — תְּנָאוֹ קַיָּים!Car il a été enseigné dans une baraïta : celui qui dit à une femme : « Te voici consacrée à moi à condition que tu n'aies pas sur moi de droit à la nourriture, l'habillement et les relations conjugales » : elle est consacrée, et sa condition est nulle, ce sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yehouda dit : dans une affaire d'argent, sa condition est valable ! Une renonciation orale devrait donc suffire pour la ketouba.
- קָסָבַר רַבִּי יְהוּדָה: כְּתוּבָּה דְּרַבָּנַן, וַחֲכָמִים עָשׂוּ חִיזּוּק לְדִבְרֵיהֶם יוֹתֵר מִשֶּׁל תּוֹרָה.La Guemara répond : Rabbi Yehouda pense que la ketouba est d'ordre rabbinique, et les Sages ont renforcé leurs paroles plus que celles de la Torah. La renonciation exige donc ici un écrit.
- הֲרֵי פֵּירוֹת דְּרַבָּנַן, וְלָא עֲבַדוּ לְהוּ רַבָּנַן חִיזּוּק! דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: לְעוֹלָם הוּא אוֹכֵל פֵּירֵי פֵירוֹת — עַד שֶׁיִּכְתּוֹב לָהּ: ״דִּין וּדְבָרִים אֵין לִי בִּנְכָסַיִךְ, וּבְפֵירוֹתֵיהֶן, וּבְפֵירוֹת פֵּירוֹתֵיהֶן עַד עוֹלָם״.On objecte : voici les fruits des biens de l'épouse : ils sont aussi d'ordre rabbinique, et pourtant les Sages ne les ont pas renforcés ! Car nous avons appris dans une Michna : Rabbi Yehouda dit : il mange toujours les fruits des fruits, jusqu'à ce qu'il lui écrive : « Je n'ai ni droit ni prétention sur tes biens, ni sur leurs fruits, ni sur les fruits de leurs fruits, à jamais. »
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