Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁהָיְתָה עִידִּית דְּנִיזָּק כְּזִיבּוּרִית דְּמַזִּיק; רַבִּי יִשְׁמָעֵאל סָבַר: בִּדְנִיזָּק שָׁיְימִינַן, וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: בִּדְמַזִּיק שָׁיְימִינַן.Ici, de quoi nous occupons-nous ? Il s'agit du cas où le tribunal vient percevoir le dédommagement auprès de l'auteur du dommage, qui n'a pas d'argent disponible, où la terre de première qualité (idit) du lésé était comme la terre de qualité inférieure (zibourit) de l'auteur du dommage, lequel possède aussi une terre de première qualité. Rabbi Ichmaël pense : nous évaluons d'après les terres du lésé, si bien que l'auteur du dommage peut payer avec sa terre de qualité inférieure, équivalente à la meilleure terre du lésé ; et Rabbi Akiva pense : nous évaluons d'après les terres de l'auteur du dommage, qui doit donc payer avec sa terre de première qualité.
- מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל? נֶאֶמְרָה ״שָׂדֶה״ לְמַטָּה, וְנֶאֶמְרָה ״שָׂדֶה״ לְמַעְלָה; מָה שָׂדֶה הָאֲמוּרָה לְמַעְלָה – דְּנִיזָּק, אַף שָׂדֶה הָאֲמוּרָה לְמַטָּה – דְּנִיזָּק.Quelle est la raison de Rabbi Ichmaël ? Il a été dit « champ » plus bas dans le verset : « Du meilleur de son champ et du meilleur de sa vigne il paiera » (Exode 22, 4), et il a été dit « champ » plus haut, au début du même verset : « et elle paîtra dans le champ d'autrui ». De même que le champ mentionné plus haut est celui du lésé, de même le champ mentionné plus bas est celui du lésé.
- וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר: ״מֵיטַב שָׂדֵהוּ יְשַׁלֵּם״ – דְּהַאיְךְ דְּקָא מְשַׁלֵּם.Et Rabbi Akiva pense : lorsque le verset dit « du meilleur de son champ il paiera », il s'agit du meilleur champ de celui qui paie, c'est-à-dire de l'auteur du dommage.
- וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אַהֲנַי גְּזֵרָה שָׁוָה וְאַהֲנִי קְרָא; אַהֲנַי גְּזֵרָה שָׁוָה – לִכְדַאֲמַרַן. אַהֲנִי קְרָא – דְּאִי אִית לֵיהּ לְמַזִּיק עִידִּית וְזִיבּוּרִית, וְזִיבּוּרִית דִּידֵיהּ לָא שָׁוְיָא כְּעִידִּית דְּנִיזָּק – דִּמְשַׁלֵּם לֵיהּ מִמֵּיטַב.Et Rabbi Ichmaël, que répond-il à cela ? La guezéra chava (analogie textuelle entre les deux occurrences de « champ ») a son utilité, et le verset lui-même, en son sens simple, a son utilité. La guezéra chava a son utilité pour ce que nous avons dit : le « meilleur » se mesure d'après les terres du lésé. Le verset lui-même a son utilité pour enseigner que si l'auteur du dommage possède une terre de première qualité et une terre de qualité inférieure, et que sa terre de qualité inférieure ne vaut pas la terre de première qualité du lésé, il lui paie à partir du meilleur, c'est-à-dire de sa propre terre de première qualité.
- רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: לֹא בָּא הַכָּתוּב אֶלָּא לַגְבּוֹת לַנִּיזָּקִין מִן הָעִידִּית, וְקַל וָחוֹמֶר לַהֶקְדֵּשׁ.La baraïta a enseigné : Rabbi Akiva dit : le verset ne vient que pour faire percevoir aux lésés leur dédommagement sur la terre de première qualité de l'auteur du dommage, et par un kal va'homer (raisonnement a fortiori), on en déduit la même chose pour le hékdèch (les biens consacrés au Temple).
- מַאי קַל וָחוֹמֶר לַהֶקְדֵּשׁ? אִילֵימָא דְּנַגְחֵיהּ תּוֹרָא דִידַן לְתוֹרָא דְהֶקְדֵּשׁ, ״שׁוֹר רֵעֵהוּ״ אָמַר רַחֲמָנָא – וְלֹא שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ!Quel est ce kal va'homer pour le hékdèch ? De quel cas s'agit-il ? Si l'on dit que notre bœuf, celui d'un particulier, a encorné un bœuf du hékdèch, c'est impossible, car le Miséricordieux a dit : « le bœuf de son prochain » (Exode 21, 35), et non un bœuf du hékdèch, pour lequel aucun dédommagement n'est dû !
- אֶלָּא לָאוֹמֵר ״הֲרֵי עָלַי מָנֶה לְבֶדֶק הַבַּיִת״, דְּאָתֵי גִּזְבָּר וְשָׁקֵיל מֵעִידִּית.Mais plutôt, le kal va'homer ne concerne pas un dommage : il vise celui qui dit : « Il m'incombe de donner un mané (cent dinars) pour l'entretien du Temple ». On enseignerait alors que s'il n'a pas d'argent, le trésorier du Temple vient et perçoit sur la terre de première qualité.
- לֹא יְהֵא אֶלָּא בַּעַל חוֹב, וּבַעַל חוֹב דִּינוֹ בְּבֵינוֹנִית! וְכִי תֵּימָא: קָסָבַר רַבִּי עֲקִיבָא בַּעַל חוֹב שָׁקֵיל בְּעִידִּית כְּנִיזָּקִין, אִיכָּא לְמִיפְרַךְ: מָה לְבַעַל חוֹב שֶׁכֵּן יִפָּה כֹּחוֹ בְּנִיזָּקִין, תֹּאמַר בְּהֶקְדֵּשׁ שֶׁכֵּן הוֹרַע כֹּחוֹ בְּנִיזָּקִין!Mais le trésorier ne devrait pas être mieux traité qu'un créancier, et le créancier, sa règle est de percevoir sur la terre de qualité moyenne (beinonit) ! Et si tu dis : Rabbi Akiva pense qu'un créancier perçoit sur la terre de première qualité comme les lésés, le raisonnement peut encore être réfuté : qu'en est-il du créancier ordinaire ? Il perçoit sur la terre de première qualité parce que la Torah a renforcé son pouvoir en matière de dommages, puisqu'un particulier est dédommagé lorsque le bœuf d'autrui lui nuit. Diras-tu la même chose du hékdèch, dont la Torah a affaibli le pouvoir en matière de dommages, puisqu'il ne reçoit pas de dédommagement ?
- לְעוֹלָם דְּנַגְחֵיהּ תּוֹרָא דִידַן לְתוֹרָא דְהֶקְדֵּשׁ, וְרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא – דְּתַנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא אוֹמֵר: שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁנָּגַח לְשׁוֹר שֶׁל הֶדְיוֹט – פָּטוּר, וְשֶׁל הֶדְיוֹט שֶׁנָּגַח לְשׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ – בֵּין תָּם וּבֵין מוּעָד, מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם.En réalité, il s'agit bien du cas où notre bœuf a encorné un bœuf du hékdèch, et Rabbi Akiva pense comme Rabbi Chimon ben Menassia, comme il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Chimon ben Menassia dit : un bœuf du hékdèch qui a encorné le bœuf d'un particulier – le Temple est pétour (exempt). Et si le bœuf d'un particulier a encorné un bœuf du hékdèch, qu'il soit tam (sans antécédents de dangerosité) ou mouad (averti, ayant déjà encorné trois fois), son propriétaire paie le dommage entier.
- אִי הָכִי, מִמַּאי דִּבְעִידִּית דְּנִיזָּק כְּזִיבּוּרִית דְּמַזִּיק פְּלִיגִי? דִּלְמָא דְּכוּלֵּי עָלְמָא בִּדְנִיזָּק שָׁיְימִינַן, וְהָכָא בִּפְלוּגְתָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא וְרַבָּנַן קָמִיפַּלְגִי –S'il en est ainsi, d'où sais-tu qu'ils divergent sur le cas de la terre de première qualité du lésé équivalente à la terre de qualité inférieure de l'auteur du dommage ? Peut-être que tout le monde, y compris Rabbi Akiva, admet que nous évaluons d'après les terres du lésé, et qu'ici ils divergent sur la machlokèt (divergence d'opinions) entre Rabbi Chimon ben Menassia et les Sages :
- דְּרַבִּי עֲקִיבָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא, וְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל סָבַר לַהּ כְּרַבָּנַן!Rabbi Akiva pense comme Rabbi Chimon ben Menassia, selon qui le particulier dont le bœuf a nui au hékdèch doit payer, et Rabbi Ichmaël pense comme les Sages, selon qui il ne doit rien !
- אִם כֵּן, מַאי ״לֹא בָּא הַכָּתוּב״? וְעוֹד, מַאי ״קַל וָחוֹמֶר לַהֶקְדֵּשׁ״? וְעוֹד, הָא אָמַר רַב אָשֵׁי,S'il en est ainsi, que signifie la formule de Rabbi Akiva : « le verset ne vient que » pour faire percevoir sur la terre de première qualité, qui montre qu'il diverge sur le sens du verset ? Et de plus, que signifie « un kal va'homer pour le hékdèch » ? Et de plus, Rav Achi n'a-t-il pas dit :
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.