Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגוּפֵיהּ? אִם כֵּן, לִיכְתּוֹב ״לֹא תִשְׁחוֹט״, מַאי ״לֹא תִשְׁחֲטוּ״?La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) objecte : Mais ce verset n'est-il pas nécessaire pour lui-même, pour poser l'interdit d'égorger une bête et son petit le même jour ? Elle répond : S'il en est ainsi, si le verset ne venait que pour cela, qu'il écrive : « lo tich'hot » (« tu n'égorgeras pas », au singulier). Pourquoi est-il écrit : « lo tich'hatou » (« vous n'égorgerez pas », au pluriel) (Lévitique 22, 28) ? C'est pour enseigner que l'interdit vise aussi deux personnes différentes.
- וְאַכַּתִּי מִיבְּעֵי לֵיהּ, דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא ״לֹא תִשְׁחוֹט״ הֲוָה אָמֵינָא: חַד – אִין, תְּרֵי – לָא.La Guemara objecte : Mais le pluriel reste nécessaire pour lui-même, car si le Miséricordieux avait écrit : « lo tich'hot » au singulier, j'aurais dit : pour une seule personne, oui, c'est interdit, mais pour deux personnes, dont l'une égorgerait la mère et l'autre le petit, non.
- כְּתַב רַחֲמָנָא ״לֹא תִשְׁחֲטוּ״, וַאֲפִילּוּ תְּרֵי! אִם כֵּן, לִכְתּוֹב ״לֹא יִשְׁחֲטוּ״!C'est pourquoi le Miséricordieux a écrit : « lo tich'hatou » au pluriel, même deux personnes sont visées ! La Guemara répond : S'il en est ainsi, si le verset ne venait que pour cela, qu'il écrive : « lo yich'hatou » (« qu'ils ne soient pas égorgés ») !
- מַאי ״לֹא תִשְׁחֲטוּ״? שְׁמַע מִינַּהּ תַּרְתֵּי.Pourquoi est-il écrit : « lo tich'hatou », qui implique que tous deux transgressent l'interdit ? Déduis-en deux choses : que l'interdit s'applique même à deux personnes, et qu'il s'applique aussi bien à celui qui égorge la mère après le petit qu'à celui qui égorge le petit après la mère.
- שְׁחָטָהּ וְאֶת בַּת בִּתָּהּ, אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב יוֹסֵף: מַאי טַעְמָא דְּסוֹמְכוֹס?La Michna enseignait : S'il a égorgé la mère et la fille de sa fille, puis la fille, il reçoit quarante coups de fouet ; Soumkhos dit au nom de Rabbi Méïr : quatre-vingts. Abayé a dit à Rav Yossef : Quelle est la raison de Soumkhos ?
- קָא סָבַר סוֹמְכוֹס: אָכַל שְׁנֵי זֵיתֵי חֵלֶב בְּהֶעְלֵם אֶחָד – חַיָּיב שְׁתֵּי חַטָּאוֹת.Soumkhos estime-t-il de façon générale que celui qui a mangé par erreur deux kezayit (volumes d'une olive) de graisse interdite au cours d'un même oubli est passible de deux sacrifices expiatoires ? Il s'ensuit que celui qui transgresse deux fois le même interdit, en étant averti, reçoit deux séries de coups.
- וּבְדִין הוּא דְּלַישְׁמְעִינַן בְּעָלְמָא, וְהַאי דְּקָא מַשְׁמַע לַן בְּהָא, לְהוֹדִיעֲךָ כֹּחָן דְּרַבָּנַן, דְּאַף עַל גַּב דְּגוּפִין מוּחְלָקִין – פָּטְרִי רַבָּנַן.Et en bonne logique, il aurait dû nous enseigner son opinion dans le cas général, celui des deux kezayit de graisse ; et s'il nous l'enseigne dans ce cas-ci, c'est pour te faire connaître la force de l'opinion des Rabbanan : bien que les corps soient distincts, puisque l'interdit de la fille vient de deux bêtes différentes, les Rabbanan le dispensent de la seconde série de coups.
- אוֹ דִלְמָא קָסָבַר סוֹמְכוֹס: אָכַל שְׁנֵי זֵיתֵי חֵלֶב בְּהֶעְלֵם אֶחָד אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת, וְהָכָא הַיְינוּ טַעְמָא – הוֹאִיל וְגוּפִין מוּחְלָקִין? אֲמַר לֵיהּ: אִין, קָסָבַר אָכַל שְׁנֵי זֵיתֵי חֵלֶב בְּהֶעְלֵם אֶחָד חַיָּיב שְׁתֵּי חַטָּאוֹת.Ou bien Soumkhos estime-t-il que celui qui a mangé deux kezayit de graisse au cours d'un même oubli n'est passible que d'un seul sacrifice, et ici, dans notre Michna, la raison de deux séries de coups est que les corps sont distincts ? Rav Yossef lui a dit : Oui, il estime que celui qui a mangé deux kezayit de graisse au cours d'un même oubli est passible de deux sacrifices expiatoires.
- מִמַּאי? מִדִּתְנַן: הַזּוֹרֵעַ כִּלְאַיִם כִּלְאַיִם לוֹקֶה. מַאי לוֹקֶה? אִילֵּימָא לוֹקֶה אַחַת – פְּשִׁיטָא! וְעוֹד, מַאי כִּלְאַיִם כִּלְאַיִם? אֶלָּא פְּשִׁיטָא שְׁתֵּי מַלְקִיּוֹת.D'où le sait-on ? De ce que nous avons appris dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Celui qui sème des kilayim, des kilayim (mélanges d'espèces interdits), reçoit le fouet. Que signifie « reçoit le fouet » ? Si l'on dit qu'il reçoit une seule série de coups, c'est évident ! Et de plus, pourquoi répéter « kilayim, kilayim », alors qu'une seule transgression suffit à le rendre passible d'une série de coups ? Il est donc évident qu'il s'agit de deux séries de coups.
- בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בְּזֶה אַחַר זֶה וּבִשְׁתֵּי הַתְרָאוֹת – תְּנֵינָא: נָזִיר שֶׁהָיָה שׁוֹתֶה יַיִן כׇּל הַיּוֹם אֵינוֹ חַיָּיב אֶלָּא אַחַת, אָמְרוּ לוֹ: ׳אַל תִּשְׁתֶּה!׳ וְהוּא שׁוֹתֶה, ׳אַל תִּשְׁתֶּה!׳ וְהוּא שׁוֹתֶה – חַיָּיב עַל כׇּל אַחַת וְאַחַת. אֶלָּא פְּשִׁיטָא בְּבַת אַחַת וּבְהַתְרָאָה אַחַת.De quoi s'agit-il ? Si l'on dit qu'il a semé l'un après l'autre et avec deux avertissements, il est inutile de l'enseigner, car nous l'avons déjà appris dans une Michna (Nazir 42a) : Un nazir (celui qui a fait vœu de s'abstenir de vin) qui a bu du vin toute la journée n'est passible que d'une série de coups. Si on lui a dit : « Ne bois pas ! » et qu'il boit, « Ne bois pas ! » et qu'il boit, il est passible pour chaque fois. Il est donc évident qu'il a transgressé en une seule fois et avec un seul avertissement, en semant d'une main du blé et un pépin de raisin, et de l'autre de l'orge et un pépin de raisin.
- מַנִּי? אִילֵּימָא רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּסוֹמְכוֹס – הַשְׁתָּא, וּמָה הָתָם דְּגוּפִין מוּחְלָקִין פָּטְרִי רַבָּנַן, הָכָא לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?Selon qui est cet enseignement ? Si l'on dit qu'il est selon les Rabbanan qui divergent de Soumkhos, c'est impossible : maintenant, si là-bas, dans notre Michna, où les corps sont distincts, les Rabbanan le dispensent de la seconde série de coups, ici, où les semences ne sont pas des corps distincts, à plus forte raison ne le dispenseraient-ils pas ?
- אֶלָּא לָאו סוֹמְכוֹס הִיא? לָא, לְעוֹלָם רַבָּנַן, וּמִילְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָא מַשְׁמַע לַן דְּאִיכָּא תְּרֵי גַּוְונֵי כִּלְאַיִם.N'est-ce donc pas Soumkhos, et l'on en déduit qu'il estime que même sans corps distincts on est doublement passible ? Non, en réalité c'est selon les Rabbanan, avec deux avertissements. Et s'il semble inutile de l'enseigner, il nous apprend en passant une notion : qu'il existe deux sortes de kilayim, blé avec pépin de raisin et orge avec pépin de raisin.
- וּלְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי יֹאשִׁיָּה, דְּאָמַר רַבִּי יֹאשִׁיָּה: עַד שֶׁיִּזְרַע חִטָּה וּשְׂעוֹרָה וְחַרְצָן בְּמַפּוֹלֶת יָד, קָא מַשְׁמַע לַן דְּכִי זָרַע חִטָּה וְחַרְצָן וּשְׂעוֹרָה וְחַרְצָן נָמֵי מִחַיַּיב.Et cela vient exclure l'opinion de Rabbi Yochiya, car Rabbi Yochiya a dit : on n'est passible que si l'on sème du blé, de l'orge et un pépin de raisin d'un seul jet de la main. Il nous enseigne ainsi que celui qui a semé du blé et un pépin, ou de l'orge et un pépin, est lui aussi passible.
- תָּא שְׁמַע: אָכַל מִזֶּה כְּזַיִת וּמִזֶּה כְּזַיִת – סוֹפֵג שְׁמוֹנִים. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ סוֹפֵג אֶלָּא אַרְבָּעִים. הֵיכִי דָמֵי? אִילֵּימָא בְּזֶה אַחַר זֶה וּבִשְׁתֵּי הַתְרָאוֹת – מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה? הַתְרָאַת סָפֵק הִיא, וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר: הַתְרָאַת סָפֵק לֹא שְׁמָהּ הַתְרָאָה.Viens et entends une preuve d'une Michna sur le nerf sciatique (96a) : S'il a mangé un kezayit de celui-ci et un kezayit de celui-là, des deux nerfs sciatiques de la même bête, il reçoit quatre-vingts coups. Rabbi Yehouda dit : Il n'en reçoit que quarante. De quel cas s'agit-il ? Si l'on dit qu'il les a mangés l'un après l'autre et avec deux avertissements, quelle est la raison de Rabbi Yehouda ? Pourquoi en reçoit-il même quarante ? Selon lui, c'est un avertissement douteux, puisqu'il ignore si l'interdit vise le nerf de droite ou celui de gauche, et nous avons entendu que Rabbi Yehouda dit : Un avertissement douteux ne s'appelle pas un avertissement.
- דְּתַנְיָא: הִכָּה אֶת זֶה וְחָזַר וְהִכָּה אֶת זֶה, קִלֵּל אֶת זֶה וְחָזַר וְקִלֵּל אֶת זֶה, אוֹ שֶׁהִכָּה שְׁנֵיהֶם בְּבַת אַחַת, אוֹ שֶׁקִּלֵּל שְׁנֵיהֶם בְּבַת אַחַת – חַיָּיב.Car il a été enseigné dans une baraïta, à propos de celui qui ignore lequel de deux hommes est son père : S'il a frappé celui-ci puis a frappé celui-là, s'il a maudit celui-ci puis a maudit celui-là, ou s'il a frappé les deux en une seule fois, ou s'il a maudit les deux en une seule fois, il est passible.
- רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בְּבַת אַחַת – חַיָּיב, בְּזֶה אַחַר זֶה – פָּטוּר. אֶלָּא פְּשִׁיטָא בְּבַת אַחַת וּבְהַתְרָאָה אַחַת.Rabbi Yehouda dit : En une seule fois, il est passible ; l'un après l'autre, il est dispensé, car chaque avertissement était douteux. Il est donc évident que dans la Michna du nerf sciatique il a mangé les deux en une seule fois et avec un seul avertissement.
- וּמַאן תַּנָּא קַמָּא? אִילֵימָא רַבָּנַן דִּפְלִיגִי עֲלֵיהּ דְּסוֹמְכוֹס – הַשְׁתָּא, וּמָה הָתָם דְּגוּפִין מוּחְלָקִין פָּטְרִי רַבָּנַן, הָכָא לֹא כׇּל שֶׁכֵּן? אֶלָּא לָאו סוֹמְכוֹס הִיא!Et qui est le premier Tanna (Sage de l'époque de la Michna), qui impose quatre-vingts coups ? Si l'on dit que ce sont les Rabbanan qui divergent de Soumkhos, c'est impossible : maintenant, si là-bas, où les corps sont distincts, les Rabbanan le dispensent, ici, où il n'y a qu'une seule bête, à plus forte raison ne le dispenseraient-ils pas ? N'est-ce donc pas Soumkhos ?
- לָא, לְעוֹלָם בְּזֶה אַחַר זֶה, וְרַבָּנַן, וְהַאי תַּנָּא סָבַר לַהּ כְּאִידַּךְ תַּנָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה.La Guemara répond : Non, en réalité il les a mangés l'un après l'autre, avec deux avertissements, et c'est l'opinion des Rabbanan. Et ce Tanna de la Michna sur le nerf sciatique pense comme l'autre Tanna qui rapporte l'opinion de Rabbi Yehouda.
- דְּאָמַר: הַתְרָאַת סָפֵק שְׁמָהּ הַתְרָאָה, דְּתַנְיָא: ״לֹא תוֹתִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר וְהַנֹּתָר מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר בָּאֵשׁ תִּשְׂרֹפוּ״ –Celui-ci rapporte que Rabbi Yehouda a dit : Un avertissement douteux s'appelle un avertissement, car il a été enseigné dans une baraïta : « Vous n'en laisserez rien jusqu'au matin, et ce qui en resterait jusqu'au matin, vous le brûlerez au feu » (Exode 12, 10) :
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