Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- כָּאן לְאַחַר בְּרָכָה.et ici, « la terre, Il l'a donnée aux fils de l'homme », il s'agit d'après la bénédiction.
- אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: כׇּל הַנֶּהֱנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה כְּאִילּוּ גּוֹזֵל לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וּכְנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״גּוֹזֵל אָבִיו וְאִמּוֹ וְאוֹמֵר אֵין פָּשַׁע חָבֵר הוּא לְאִישׁ מַשְׁחִית״. וְאֵין ״אָבִיו״ אֶלָּא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲלֹא הוּא אָבִיךְ קָּנֶךָ״, וְאֵין ״אִמּוֹ״ אֶלָּא כְּנֶסֶת יִשְׂרָאֵל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְאַל תִּטּוֹשׁ תּוֹרַת אִמֶּךָ״.Rabbi 'Hanina bar Pappa a dit : Quiconque profite de ce monde sans bénédiction, c'est comme s'il volait le Saint, béni soit-Il, et la communauté d'Israël (Knesset Israël), comme il est dit : « Celui qui vole son père et sa mère et dit : Ce n'est pas une faute, est le compagnon de l'homme destructeur » (Proverbes 28, 24). Et « son père » n'est autre que le Saint, béni soit-Il, comme il est dit : « N'est-Il pas ton Père, qui t'a acquis ? » (Deutéronome 32, 6) ; et « sa mère » n'est autre que la communauté d'Israël, comme il est dit : « Écoute, mon fils, la leçon de ton père, et n'abandonne pas l'enseignement de ta mère » (Proverbes 1, 8).
- מַאי ״חָבֵר הוּא לְאִישׁ מַשְׁחִית״? אָמַר רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: חָבֵר הוּא לְיָרׇבְעָם בֶּן נְבָט שֶׁהִשְׁחִית אֶת יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם.Que signifie « est le compagnon de l'homme destructeur » ? Rabbi 'Hanina bar Pappa a dit : Il est le compagnon de Yarov'am ben Nevat, qui a corrompu Israël envers leur Père céleste, en fautant et en faisant fauter les autres.
- רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא רָמֵי: כְּתִיב ״וְלָקַחְתִּי דְגָנִי בְּעִתּוֹ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ וְגוֹ׳״.Dans le même ordre d'idées, Rabbi 'Hanina bar Pappa soulève une contradiction : il est écrit : « Et Je reprendrai Mon blé en son temps, etc. » (Osée 2, 11), et il est écrit : « Et tu récolteras ton blé, etc. » (Deutéronome 11, 14). À qui appartient donc le blé : à D.ieu ou au peuple ?
- לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם, כָּאן בִּזְמַן שֶׁאֵין יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם.La Guemara répond : Ce n'est pas difficile : ici, « tu récolteras ton blé », c'est au temps où Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent ; ici, « Je reprendrai Mon blé », c'est au temps où Israël n'accomplit pas la volonté de l'Omniprésent : Il reprend alors le blé, montrant qu'il Lui appartient.
- תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ״ מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? — לְפִי שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יָמוּשׁ סֵפֶר הַתּוֹרָה הַזֶּה מִפִּיךָ״ — יָכוֹל דְּבָרִים כִּכְתָבָן, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ״ — הַנְהֵג בָּהֶן מִנְהַג דֶּרֶךְ אֶרֶץ, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל.Nos Maîtres ont enseigné : « Et tu récolteras ton blé » : que vient enseigner le verset ? Puisqu'il est dit : « Ce livre de la Torah ne s'écartera pas de ta bouche » (Josué 1, 8), j'aurais pu penser que ces paroles doivent être prises telles qu'elles sont écrites, en consacrant tout son temps exclusivement à l'étude ; le verset enseigne donc : « Et tu récolteras ton blé » : conduis-toi avec elles selon l'usage du monde (dérekh érets), en réservant aussi du temps au travail. Ce sont les paroles de Rabbi Ichmaël.
- רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי אוֹמֵר: אֶפְשָׁר אָדָם חוֹרֵשׁ בִּשְׁעַת חֲרִישָׁה, וְזוֹרֵעַ בִּשְׁעַת זְרִיעָה, וְקוֹצֵר בִּשְׁעַת קְצִירָה, וְדָשׁ בִּשְׁעַת דִּישָׁה, וְזוֹרֶה בִּשְׁעַת הָרוּחַ, תּוֹרָה מַה תְּהֵא עָלֶיהָ? אֶלָּא בִּזְמַן שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם — מְלַאכְתָּן נַעֲשֵׂית עַל יְדֵי אֲחֵרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָמְדוּ זָרִים וְרָעוּ צֹאנְכֶם וְגוֹ׳״, וּבִזְמַן שֶׁאֵין יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם — מְלַאכְתָּן נַעֲשֵׂית עַל יְדֵי עַצְמָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָסַפְתָּ דְגָנֶךָ״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמְּלֶאכֶת אֲחֵרִים נַעֲשֵׂית עַל יָדָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעָבַדְתָּ אֶת אוֹיְבֶךָ וְגוֹ׳״.Rabbi Chimon ben Yo'haï dit : Est-il possible qu'un homme laboure au temps du labour, sème au temps des semailles, moissonne au temps de la moisson, batte au temps du battage et vanne au temps du vent, toujours occupé ? La Torah, que deviendra-t-elle ? Mais plutôt, il faut se consacrer à la Torah, car au temps où Israël accomplit la volonté de l'Omniprésent, leur travail est fait par d'autres, comme il est dit : « Et des étrangers se tiendront et feront paître vos troupeaux, etc. » (Isaïe 61, 5) ; et au temps où Israël n'accomplit pas la volonté de l'Omniprésent, leur travail est fait par eux-mêmes, comme il est dit : « Et tu récolteras ton blé. » Et de plus, le travail des autres est fait par eux, comme il est dit : « Et tu serviras ton ennemi, etc. » (Deutéronome 28, 48).
- אָמַר אַבָּיֵי: הַרְבֵּה עָשׂוּ כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וְעָלְתָה בְּיָדָן. כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, וְלֹא עָלְתָה בְּיָדָן.Abayé a dit : Beaucoup ont agi selon Rabbi Ichmaël, alliant travail et étude, et cela leur a réussi ; beaucoup ont agi selon Rabbi Chimon ben Yo'haï, et cela ne leur a pas réussi.
- אֲמַר לְהוּ רָבָא לְרַבָּנַן: בְּמָטוּתָא מִינַּיְיכוּ, בְּיוֹמֵי נִיסָן וּבְיוֹמֵי תִּשְׁרֵי לָא תִּתְחֲזוֹ קַמַּאי, כִּי הֵיכִי דְּלָא תִּטַּרְדוּ בִּמְזוֹנַיְיכוּ כּוּלָּא שַׁתָּא.De même, Rava dit aux Sages qui fréquentaient sa maison d'étude : Je vous en prie, aux jours de Nissan et aux jours de Tichri, périodes des travaux agricoles, ne paraissez pas devant moi, afin que vous ne soyez pas préoccupés par votre subsistance toute l'année.
- אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִלְעַאי: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּדוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים. דּוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים עָשׂוּ תּוֹרָתָן קֶבַע וּמְלַאכְתָּן עֲרַאי, זוֹ וָזוֹ נִתְקַיְּימָה בְּיָדָן. דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים שֶׁעָשׂוּ מְלַאכְתָּן קֶבַע וְתוֹרָתָן עֲרַאי, זוֹ וָזוֹ לֹא נִתְקַיְּימָה בְּיָדָן.Rabba bar bar 'Hana a dit : Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï : Viens et vois que les dernières générations ne sont pas comme les premières générations. Les premières générations ont fait de leur Torah une occupation fixe et de leur travail une occupation occasionnelle, et l'une et l'autre se sont maintenues entre leurs mains. Les dernières générations, qui ont fait de leur travail une occupation fixe et de leur Torah une occupation occasionnelle, ni l'une ni l'autre ne se sont maintenues entre leurs mains.
- וְאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי אִלְעַאי: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּדוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים. דּוֹרוֹת הָרִאשׁוֹנִים הָיוּ מַכְנִיסִין פֵּירוֹתֵיהֶן דֶּרֶךְ טְרַקְסְמוֹן כְּדֵי לְחַיְּיבָן בְּמַעֲשֵׂר, דּוֹרוֹת הָאַחֲרוֹנִים מַכְנִיסִין פֵּירוֹתֵיהֶן דֶּרֶךְ גַּגּוֹת, דֶּרֶךְ חֲצֵרוֹת, דֶּרֶךְ קַרְפֵּיפוֹת, כְּדֵי לְפׇטְרָן מִן הַמַּעֲשֵׂר. דְּאָמַר רַבִּי יַנַּאי: אֵין הַטֶּבֶל מִתְחַיֵּיב בְּמַעֲשֵׂר עַד שֶׁיִּרְאֶה פְּנֵי הַבַּיִת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בִּעַרְתִּי הַקֹּדֶשׁ מִן הַבַּיִת״.Et Rabba bar bar 'Hana a dit : Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï : Viens et vois que les dernières générations ne sont pas comme les premières générations. Les premières générations faisaient entrer leurs fruits par la porte principale (terakssimon) afin de les rendre soumis à la dîme ; les dernières générations font entrer leurs fruits par les toits, par les cours, par les enclos, afin de les exempter de la dîme. Car Rabbi Yannaï a dit : Le tével (produit dont on n'a pas encore prélevé les dîmes) n'est soumis à la dîme que lorsqu'il a vu la façade de la maison, par où l'on entre et sort, comme il est dit dans la confession des dîmes : « J'ai ôté la chose sainte de la maison » (Deutéronome 26, 13).
- וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ חָצֵר קוֹבַעַת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָכְלוּ בִשְׁעָרֶיךָ וְשָׂבֵעוּ״.Et Rabbi Yo'hanan a dit : Même la cour rend le produit définitif et le soumet à la dîme, comme il est dit : « Et ils mangeront dans tes portes et se rassasieront » (Deutéronome 26, 12).
- חוּץ מִן הַיַּיִן וְכוּ׳: מַאי שְׁנָא יַיִן? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּאִשְׁתַּנִּי לְעִלּוּיָא אִשְׁתַּנִּי לִבְרָכָה, וַהֲרֵי שֶׁמֶן, דְּאִשְׁתַּנִּי לְעִלּוּיָא וְלָא אִשְׁתַּנִּי לִבְרָכָה, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל, וְכֵן אָמַר רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁמֶן זַיִת מְבָרְכִין עָלָיו ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״.Nous avons appris dans la Michna : sur les fruits de l'arbre on dit « … qui crée le fruit de l'arbre », à l'exception du vin, etc. La Guemara demande : En quoi le vin est-il différent ? Si l'on dit que, parce qu'il s'est transformé en mieux, sa bénédiction a changé, voici l'huile, qui s'est transformée en mieux et dont la bénédiction n'a pas changé ; car Rav Yehouda a dit : Chmouel a dit, et de même Rabbi Yits'hak a dit : Rabbi Yo'hanan a dit : Sur l'huile d'olive, on récite « … qui crée le fruit de l'arbre ».
- אָמְרִי: הָתָם מִשּׁוּם דְּלָא אֶפְשָׁר. הֵיכִי נְבָרֵיךְ? נְבָרֵיךְ ״בּוֹרֵא פְּרִי הַזַּיִת״ — פֵּירָא גּוּפֵיהּ ״זַיִת״ אִקְּרִי.On répond : Là, c'est parce que ce n'est pas possible de trouver une formule adéquate. Comment réciterait-on la bénédiction ? Réciterions-nous « … qui crée le fruit de l'olive » ? Le fruit lui-même est appelé « olive », et l'huile n'est qu'un produit fabriqué par l'homme à partir de ce fruit.
- וּנְבָרֵיךְ עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי עֵץ זַיִת״? אֶלָּא אָמַר מָר זוּטְרָא: חַמְרָא — זָיֵין, מִשְׁחָא — לָא זָיֵין.La Guemara objecte : Mais réciterions-nous sur elle « … qui crée le fruit de l'olivier », à l'image de « fruit de la vigne » ! Mais plutôt, Mar Zoutra a dit : on n'a pas fixé de bénédiction propre pour l'huile car le vin nourrit, l'huile ne nourrit pas.
- וּמִשְׁחָא לָא זָיֵין? וְהָתְנַן הַנּוֹדֵר מִן הַמָּזוֹן — מוּתָּר בַּמַּיִם וּבַמֶּלַח. וְהָוֵינַן בַּהּ: מַיִם וּמֶלַח הוּא דְּלָא אִקְּרִי ״מָזוֹן״, הָא כׇּל מִילֵּי אִקְּרִי ״מָזוֹן״.La Guemara demande : Et l'huile ne nourrit pas ? N'avons-nous pas appris dans une Michna : Celui qui fait vœu de s'interdire la nourriture (mazon) est permis dans l'eau et le sel, qui ne sont pas considérés comme nourriture ? Et nous avons discuté à son sujet : il en ressort que l'eau et le sel ne sont pas appelés « nourriture », mais toutes les autres choses sont appelées « nourriture ».
- נֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתָּא דְּרַב וּשְׁמוּאֵל, דְּאָמְרִי אֵין מְבָרְכִין ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״ אֶלָּא בַּחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין בִּלְבַד. וְאָמַר רַב הוּנָא: בְּאוֹמֵר ״כׇּל הַזָּן עָלַי״.Disons que c'est une réfutation de Rav et Chmouel, qui disent : On ne récite « … qui crée les diverses espèces de nourritures » que sur les cinq espèces de céréales seulement, car elles seules sont considérées comme nourrissantes ! Et Rav Houna a dit, pour résoudre cela, que la Michna parle de celui qui dit : « Tout ce qui nourrit m'est interdit » ; cette formule inclut tout ce qui nourrit tant soit peu, à l'exception de l'eau et du sel.
- אַלְמָא מִשְׁחָא זָיֵין! אֶלָּא, חַמְרָא סָעֵיד, וּמִשְׁחָא לָא סָעֵיד. וְחַמְרָא מִי סָעֵיד? וְהָא רָבָא הֲוָה שָׁתֵי חַמְרָא כׇּל מַעֲלֵי יוֹמָא דְפִסְחָא כִּי הֵיכִי דְּנִגְרְרֵיהּ לְלִבֵּיהּ וְנֵיכוֹל מַצָּה טְפֵי? טוּבָא — גָּרֵיר, פּוּרְתָּא — סָעֵיד.Il en ressort en tout cas que l'huile nourrit ! Mais plutôt, la différence est autre : le vin rassasie, et l'huile ne rassasie pas. La Guemara demande : Et le vin rassasie-t-il ? Rava ne buvait-il pas du vin toute la veille de Pessa'h, afin qu'il ouvre son cœur (son appétit) et qu'il mange davantage de matsa lors du Séder ? La Guemara répond : Beaucoup de vin ouvre l'appétit, un peu rassasie.
- וּמִי סָעֵיד כְּלָל?! וְהָכְתִיב: ״וְיַיִן יְשַׂמַּח לְבַב אֱנוֹשׁ וְלֶחֶם לְבַב אֱנוֹשׁ יִסְעָד וְגוֹ׳״ — נַהֲמָא הוּא דְּסָעֵיד חַמְרָא לָא סָעֵיד! אֶלָּא, חַמְרָא אִית בֵּיהּ תַּרְתֵּי: סָעֵיד וּמְשַׂמַּח. נַהֲמָא מִסְעָד סָעֵיד, שַׂמּוֹחֵי לָא מְשַׂמַּח.La Guemara demande encore : Et rassasie-t-il seulement ?! N'est-il pas écrit : « Et le vin réjouit le cœur de l'homme…, et le pain soutient le cœur de l'homme » (Psaumes 104, 15) : c'est le pain qui rassasie, le vin ne rassasie pas ! Mais plutôt, ce verset n'est pas une preuve : le vin a deux qualités : il rassasie et il réjouit ; le pain rassasie, mais il ne réjouit pas.
- אִי הָכִי נְבָרֵיךְ עֲלֵיהּ שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת! לָא קָבְעִי אִינָשֵׁי סְעוֹדְתַּיְיהוּ עִלָּוֵיהּ.La Guemara demande : Si c'est ainsi, récitons sur lui les trois bénédictions du Birkat hamazon, comme après le pain ! La Guemara répond : Les gens ne fondent pas leur repas sur lui.
- אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק לְרָבָא: אִי קָבַע עִלָּוֵיהּ סְעוֹדְתֵּיהּ מַאי? אָמַר לֵיהּ: לִכְשֶׁיָּבֹא אֵלִיָּהוּ וְיֹאמַר אִי הָוֵי קְבִיעוּתָא. הַשְׁתָּא מִיהָא בָּטְלָה דַּעְתּוֹ אֵצֶל כׇּל אָדָם.Rav Na'hman bar Yits'hak dit à Rava : S'il a fondé son repas sur lui, qu'en est-il ? Doit-il réciter le Birkat hamazon complet ? Il lui dit : Lorsqu'Eliyahou viendra et dira si c'est une base fixe de repas, la question sera tranchée ; à présent, en tout cas, son intention est annulée face à celle de tous les hommes, et il n'a pas à réciter le Birkat hamazon complet.
- גּוּפָא. אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל, וְכֵן אָמַר רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁמֶן זַיִת מְבָרְכִין עָלָיו ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״. הֵיכִי דָּמֵי? אִילֵּימָא דְּקָא שָׁתֵי לֵיהּ מִשְׁתָּא — אוֹזוֹקֵי מַזִּיק לֵיהּ. דְּתַנְיָא: הַשּׁוֹתֶה שֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה — מְשַׁלֵּם אֶת הַקֶּרֶן, וְאֵינוֹ מְשַׁלֵּם אֶת הַחוֹמֶשׁ. הַסָּךְ שֶׁמֶן שֶׁל תְּרוּמָה — מְשַׁלֵּם אֶת הַקֶּרֶן וּמְשַׁלֵּם אֶת הַחוֹמֶשׁ.Il a été dit plus haut qu'on récite « … qui crée le fruit de l'arbre » sur l'huile d'olive. Revenons au sujet lui-même (goufa) : Rav Yehouda a dit : Chmouel a dit, et de même Rabbi Yits'hak a dit : Rabbi Yo'hanan a dit : Sur l'huile d'olive, on récite « … qui crée le fruit de l'arbre ». De quel cas s'agit-il ? Si l'on dit qu'il la boit telle quelle, elle lui nuit ! Car il a été enseigné dans une baraïta : celui qui boit de l'huile de terouma (prélèvement donné au Cohen) par inadvertance paie le capital, mais ne paie pas le cinquième supplémentaire, car il n'en a tiré aucun profit ; celui qui s'enduit d'huile de terouma paie le capital et paie le cinquième, car il en a profité. Il en ressort que boire de l'huile n'est pas un profit, mais un dommage.
- אֶלָּא דְּקָא אָכֵיל לֵיהּ עַל יְדֵי פַּת. אִי הָכִי, הָוְיָא לֵיהּ פַּת עִיקָּר וְהוּא טָפֵל. וּתְנַן, זֶה הַכְּלָל: כׇּל שֶׁהוּא עִיקָּר וְעִמּוֹ טְפֵלָה — מְבָרֵךְ עַל הָעִיקָּר וּפוֹטֵר אֶת הַטְּפֵלָה! אֶלָּא דְּקָא שָׁתֵי לֵיהּ עַל יְדֵי ״אֲנִיגְרוֹן״, דְּאָמַר רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: ״אֲנִיגְרוֹן״ — מַיָּא דְסִלְקָא, ״אַנְסִיגְרוֹן״ — מַיָּאMais plutôt, il s'agit du cas où il la mange au moyen de pain, en y trempant son pain. La Guemara objecte : S'il en est ainsi, le pain est l'essentiel et elle est secondaire ; et nous avons appris dans une Michna : Voici la règle : tout aliment qui est essentiel et qu'accompagne un aliment secondaire, on récite la bénédiction sur l'essentiel et elle exempte le secondaire ! La Guemara répond : Mais plutôt, il s'agit du cas où il la boit au moyen d'anigaron, car Rabba bar Chmouel a dit : L'anigaron, c'est l'eau de bettes ; l'anssigaron, c'est l'eau
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