Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- רָבִינָא אָמַר: לְעוֹלָם לָא תֵּיפוֹךְ, וְרַבִּי יְהוּדָה לְדִבְרֵיהֶם דְּרַבָּנַן קָאָמַר לְהוּ:En réponse à la contradiction relevée par Rabbi Yo'hanan, qui l'a conduit à proposer d'inverser les opinions, Ravina a dit : en réalité, n'inverse pas les opinions. Et Rabbi Yehouda, dans le cas des deux jours de fête, ne donne pas son propre avis : il leur parle selon les propos des Sages.
- לְדִידִי אֲפִילּוּ בָּרִאשׁוֹן נָמֵי שַׁרְיָא, דְּאוּכְלָא דְאִפְּרַת הוּא. אֶלָּא לְדִידְכוּ — אוֹדוֹ לִי מִיהַת דְּבַשֵּׁנִי שַׁרְיָא, דִּשְׁתֵּי קְדוּשּׁוֹת הֵן. וְאָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן: לָא, קְדוּשָּׁה אַחַת הִיא.Voici le sens de ses paroles : Pour moi, même le premier jour de fête, l'œuf est également permis, car c'est un aliment qui s'est détaché (et non un liquide exsudé d'un fruit). Mais pour vous, qui l'interdisez à la manière d'un liquide sorti d'un fruit, reconnaissez-moi au moins qu'il est permis le second jour, car ce sont deux saintetés : les deux jours de Roch Hachana ne forment pas une seule unité, et si l'un est saint, l'autre est profane. Et les Sages lui ont répondu : non, c'est une seule sainteté, et le doute porte également sur les deux jours.
- רָבִינָא בְּרֵיהּ דְּרַב עוּלָּא אָמַר: הָכָא בְּתַרְנְגוֹלֶת הָעוֹמֶדֶת לְגַדֵּל בֵּיצִים, וְרַבִּי יְהוּדָה לְטַעְמֵיהּ, דְּאִית לֵיהּ מוּקְצֶה.Ravina fils de Rav Oulla a dit : voici une autre résolution de la contradiction. Ici, il s'agit d'une poule destinée à produire des œufs et non à être mangée, et Rabbi Yehouda suit son raisonnement habituel, car il admet l'interdit de mouktsé (ce qui a été écarté de tout usage avant la fête). L'œuf d'une telle poule est donc lui-même mouktsé, et le statut d'aliment détaché ne s'applique pas ici.
- מֵיתִיבִי: אֶחָד בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּשַׁבָּת וְאֶחָד בֵּיצָה שֶׁנּוֹלְדָה בְּיוֹם טוֹב — אֵין מְטַלְטְלִין אוֹתָהּ, לֹא לְכַסּוֹת בָּהּ אֶת הַכְּלִי, וְלֹא לִסְמוֹךְ בָּהּ כַּרְעֵי הַמִּטָּה.On a objecté à partir d'une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Qu'il s'agisse d'un œuf pondu le Chabbat ou d'un œuf pondu un Yom Tov (jour de fête), on ne le déplace pas, à aucune fin : ni pour en couvrir un récipient, ni pour en caler les pieds d'un lit.
- אֲבָל כּוֹפֶה עָלֶיהָ אֶת הַכְּלִי בִּשְׁבִיל שֶׁלֹּא תִּשָּׁבֵר. וּסְפֵיקָא אֲסוּרָה, וְאִם נִתְעָרְבָה בְּאֶלֶף — כּוּלָּן אֲסוּרוֹת.Mais on peut retourner sur lui un récipient, sans toucher l'œuf lui-même, afin qu'il ne se brise pas : bien qu'il soit interdit de déplacer l'œuf, on peut déplacer un récipient pour lui. Et le cas de doute (si l'on ignore s'il a été pondu un Yom Tov) est interdit ; et s'il s'est mêlé à mille autres œufs permis, tous sont interdits.
- בִּשְׁלָמָא לְרַבָּה, דְּאָמַר מִשּׁוּם הֲכָנָה, הָוֵי סְפֵיקָא דְאוֹרָיְיתָא — וְכׇל סְפֵיקָא דְאוֹרָיְיתָא לְחוּמְרָא.La Guemara analyse : Cela se comprend selon Rabba, qui a dit que l'œuf est interdit à cause de la préparation (hakhana) : il s'agit alors d'un doute portant sur un interdit de la Torah ; et tout doute portant sur un interdit de la Torah se tranche dans le sens de la rigueur.
- אֶלָּא לְרַב יוֹסֵף וּלְרַבִּי יִצְחָק, דְּאָמְרִי מִשּׁוּם גְּזֵרָה, סְפֵיקָא דְרַבָּנַן הִיא — וְכׇל סְפֵיקָא דְרַבָּנַן לְקוּלָּא!Mais selon Rav Yossef et Rabbi Its'hak, qui disent que l'œuf est interdit à cause d'une décision préventive des Sages, il s'agit d'un doute portant sur un interdit rabbinique ; et tout doute portant sur un interdit rabbinique se tranche dans le sens de la souplesse ! Pourquoi donc le cas de doute est-il interdit ?
- (אֲמַר לֵיהּ:) סֵיפָא אֲתָאן לִסְפֵק טְרֵפָה.(Il lui a répondu :) Dans la dernière clause de la baraïta, nous en sommes arrivés à un autre cas : l'œuf d'une poule au sujet de laquelle il y a doute si elle est tréfa (atteinte d'une lésion mortelle, donc interdite par la Torah), et non un doute lié au Yom Tov.
- אִי הָכִי, אֵימָא סֵיפָא: נִתְעָרְבָה בְּאֶלֶף — כּוּלָּן אֲסוּרוֹת. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא סָפֵק יוֹם טוֹב סָפֵק חוֹל, הָוֵי דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין, וְכׇל דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין — אֲפִילּוּ בְּאֶלֶף לֹא בָּטֵיל.La Guemara objecte : S'il en est ainsi, cite la suite de cette baraïta : S'il s'est mêlé à mille œufs, tous sont interdits. Cela se comprend si tu dis qu'il s'agit d'un doute entre Yom Tov et un jour profane : c'est alors une chose qui deviendra permise d'elle-même après la fête, et toute chose qui deviendra permise d'elle-même n'est pas annulée, même parmi mille.
- אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ סְפֵק טְרֵפָה, דָּבָר שֶׁאֵין לוֹ מַתִּירִין הִיא, וְתִבְטַל בְּרוּבָּא!Mais si tu dis qu'il s'agit d'un doute de tréfa, c'est une chose qui ne deviendra jamais permise, et elle devrait être annulée par la majorité !
- וְכִי תֵּימָא בֵּיצָה חֲשׁוּבָה וְלֹא בָּטְלָה, הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר: כׇּל שֶׁדַּרְכּוֹ לִימָּנוֹת שָׁנִינוּ.Et si tu dis : l'œuf est important et il n'est pas annulé, puisqu'un objet important échappe à l'annulation, cela va bien selon celui qui a dit : nous avons appris dans la Michna : « tout ce dont l'habitude est d'être compté », c'est-à-dire tout ce qui se vend parfois à la pièce, ce qui inclut l'œuf.
- אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר: אֶת שֶׁדַּרְכּוֹ לִימָּנוֹת שָׁנִינוּ, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר!Mais selon celui qui a dit : nous avons appris : « ce dont l'habitude est d'être compté », c'est-à-dire uniquement ce qui se vend toujours à la pièce, que peut-on dire ? Car l'œuf se vend aussi sans être compté.
- דִּתְנַן: מִי שֶׁהָיוּ לוֹ חֲבִילֵי תִּלְתָּן שֶׁל כִּלְאֵי הַכֶּרֶם — יִדְלְקוּ. נִתְעָרְבוּ בַּאֲחֵרוֹת, וַאֲחֵרוֹת בַּאֲחֵרוֹת — כּוּלָּן יִדָּלְקוּ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: יַעֲלוּ בְּאַחַת וּמָאתַיִם.La Guemara cite la Michna où figure cette divergence : Car nous avons appris (Orla 3, 6-7) : Celui qui possédait des bottes de fenugrec provenant de kilé hakérem (cultures mêlées poussées dans une vigne, dont toute jouissance est interdite), elles seront brûlées. Si elles se sont mêlées à d'autres, et ces autres à d'autres encore, toutes seront brûlées, telles sont les paroles de Rabbi Méïr. Et les Sages disent : elles seront annulées dans deux cent une parts.
- שֶׁהָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אֶת שֶׁדַּרְכּוֹ לִמָּנוֹת — מְקַדֵּשׁ; וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ מְקַדֵּשׁ אֶלָּא שִׁשָּׁה דְּבָרִים בִּלְבַד; רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: שִׁבְעָה. וְאֵלּוּ הֵן: אֱגוֹזֵי פֶּרֶךְ, וְרִמּוֹנֵי בָּאדָן, וְחָבִיּוֹת סְתוּמוֹת, וְחִלְפֵי תְרָדִין, וְקִלְחֵי כְרוּב, וְדַלַּעַת יְוָנִית. רַבִּי עֲקִיבָא מוֹסִיף אַף כִּכָּרוֹת שֶׁל בַּעַל הַבַּיִת.La Michna poursuit : Car Rabbi Méïr disait : ce dont l'habitude est d'être compté sanctifie, c'est-à-dire interdit tout le mélange, car il n'est pas annulé. Et les Sages disent : seules six choses sanctifient ; Rabbi Akiva dit : sept. Et les voici : les noix de Perekh, les grenades de Badan, les tonneaux scellés de vin, les pousses de bettes, les tiges de chou et la courge grecque. Rabbi Akiva ajoute aussi les pains d'un maître de maison.
- הָרָאוּי לְעׇרְלָה — עׇרְלָה. הָרָאוּי לְכִלְאֵי הַכֶּרֶם — כִּלְאֵי הַכֶּרֶם. וְאִתְּמַר עֲלַהּ, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֶת שֶׁדַּרְכּוֹ לִמָּנוֹת שָׁנִינוּ. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ אָמַר: כׇּל שֶׁדַּרְכּוֹ לִמָּנוֹת שָׁנִינוּ.Ces choses sont interdites selon leur nature : Ce qui peut être soumis à orla (fruits des trois premières années d'un arbre) interdit au titre d'orla ; ce qui peut être soumis aux kilé hakérem interdit au titre de kilé hakérem. Et il a été dit à ce sujet : Rabbi Yo'hanan a dit : nous avons appris : « ce dont l'habitude est d'être compté ». Et Rabbi Chimon ben Lakich a dit : nous avons appris : « tout ce dont l'habitude est d'être compté ».
- הָנִיחָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן — מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?Revenant à la question de l'œuf, la Guemara reprend : Cela va bien selon Rabbi Chimon ben Lakich ; mais selon Rabbi Yo'hanan, que peut-on dire ? L'œuf n'étant pas toujours vendu à la pièce, celui d'une poule tréfa devrait être annulé par la majorité.
- אָמַר רַב פָּפָּא: הַאי תַּנָּא — תַּנָּא דְּלִיטְרָא קְצִיעוֹת הוּא, דְּאָמַר: כׇּל דָּבָר שֶׁבְּמִנְיָן, אֲפִילּוּ בִּדְרַבָּנַן לֹא בָּטֵיל, וְכׇל שֶׁכֵּן בִּדְאוֹרָיְיתָא.Rav Pappa a dit : ce Tanna (Sage de l'époque de la Michna), qui dit que l'œuf n'est pas annulé, est le Tanna de la loi de la litra de figues sèches, qui a dit : toute chose comptée n'est pas annulée, même pour un interdit rabbinique, et à plus forte raison pour un interdit de la Torah, tel l'œuf d'une tréfa.
- דִּתְנַן: לִיטְרָא קְצִיעוֹת שֶׁדְּרָסָהּ עַל פִּי עִגּוּל, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזֶה עִגּוּל דְּרָסָהּ, עַל פִּי חָבִית, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזוֹ חָבִית דְּרָסָהּ, עַל פִּי כַּוֶּרֶת, וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּאֵיזוֹ כַּוֶּרֶת דְּרָסָהּ. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, רַבִּי אֱלִיעֶזֶרCar nous avons appris : Une litra de figues sèches (de terouma, prélèvement donné au Cohen) qu'on a pressée sur l'ouverture d'un cercle (un récipient rond où l'on presse les figues en galettes), et l'on ne sait pas sur quel cercle on l'a pressée ; sur l'ouverture d'un tonneau, et l'on ne sait pas sur quel tonneau on l'a pressée ; sur l'ouverture d'une ruche (une corbeille de paille), et l'on ne sait pas sur quelle ruche on l'a pressée : Rabbi Méïr dit que telle est la divergence : Rabbi Eliézer
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