Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְנֵימָא רַבִּי עֲקִיבָא לְנַפְשֵׁיהּ – וַהֲלֹא עַצְמוֹ אֵין מִשְׁתַּלֵּם אֶלָּא מִגּוּפוֹ, הֲבִיאֵהוּ לְבֵית דִּין וִישַׁלֶּם לָךְ!La Guemara (discussion des Amoraïm sur la Michna) demande : Et que Rabbi Akiva se dise à lui-même l'objection qu'il a faite à Rabbi Eliézer : mais un bœuf tam (« innocent », qui n'a pas encore récidivé) ne se paie lui-même que sur son propre corps ; son propriétaire peut donc dire au maître de l'esclave : amène-le au tribunal et il te paiera ! Or le bœuf lapidé ne vaut plus rien.
- אָמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: כְּשֶׁקָּדַם בְּעָלָיו וּשְׁחָטוֹ; מַהוּ דְּתֵימָא: לִישְׁתַּלַּם מִינֵּיהּ; קָא מַשְׁמַע לַן, הוֹאִיל וּבַר קְטָלָא הוּא, אַף עַל גַּב דְּשַׁחְטֵיהּ – לָא לִישְׁתַּלַּם מִינֵּיהּ.Rav Chmouel bar Rav Yits'hak a dit : il s'agit du cas où son propriétaire a pris les devants et l'a abattu avant le jugement. Tu aurais pu dire que le maître de l'esclave serait payé sur sa viande ; le verset nous enseigne donc que, puisqu'il était passible de mort, bien qu'il l'ait abattu, il ne sera pas payé sur lui.
- אִי הָכִי, לְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר נָמֵי – כְּשֶׁקָּדַם וּשְׁחָטוֹ!La Guemara demande : S'il en est ainsi, selon Rabbi Eliézer aussi, on pourrait expliquer qu'il s'agit du cas où il a pris les devants et l'a abattu ! Pourquoi donc Rabbi Akiva lui a-t-il objecté ?
- הָכִי נָמֵי; וְסָבַר: דִּלְמָא אִית לֵיהּ טַעְמָא אַחֲרִינָא דַּעֲדִיף מֵהַאי, וְנֵימָא לֵיהּ.En effet, on pouvait répondre ainsi ; mais il pensait : peut-être a-t-il une autre raison, meilleure que celle-ci, et il me la dira.
- וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר נָמֵי – לִישַׁנֵּי לֵיהּ שֶׁקָּדַם וּשְׁחָטוֹ! אָמַר לָךְ: הָתָם הוּא דְּנִתְכַּוֵּון לַהֲרוֹג אֶת הַבְּהֵמָה וְהָרַג אֶת הָאָדָם, דְּשׁוֹר לָאו בַּר קְטָלָא הוּא כְּלָל; דְּסָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא נִיחַיַּיב – אִצְטְרִיךְ קְרָא לְמַעוֹטֵי; אֲבָל הָכָא, דְּמֵעִיקָּרָא בַּר קְטָלָא הֲוָה – לָא צְרִיךְ קְרָא, אַף עַל גַּב דְּשַׁחְטֵיהּ.Et que Rabbi Eliézer aussi lui réponde : qu'il a pris les devants et l'a abattu ! Rabbi Eliézer te dira : c'est là-bas, dans le cas où le bœuf a voulu tuer l'animal et a tué l'homme, que le bœuf n'est pas du tout passible de mort ; il aurait donc pu te venir à l'esprit de dire qu'il serait passible du demi-kofèr (rançon), et le verset était nécessaire pour l'exclure. Mais ici, où dès l'origine il était passible de mort, un verset n'est pas nécessaire, même s'il l'a abattu.
- וּלְרַבִּי עֲקִיבָא נָמֵי, וַדַּאי הָכִי הֲוָה!La Guemara demande : Mais selon Rabbi Akiva aussi, il en est certainement ainsi ! Un verset n'est pas nécessaire pour exempter celui qui a abattu son bœuf.
- אֶלָּא אָמַר רַב אַסִּי: הַאי מִילְּתָא – מִפִּי דְּגַבְרָא רַבָּה שְׁמִיעַ לִי, וּמַנּוּ – רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא; סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא, הוֹאִיל וְאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: אַף תָּם שֶׁחָבַל בָּאָדָם מְשַׁלֵּם בַּמּוֹתָר נֶזֶק שָׁלֵם, מִשְׁתַּלַּם נָמֵי [דְּמֵי עֶבֶד] מֵעֲלִיָּיה; כְּתַב רַחֲמָנָא ״בַּעַל הַשּׁוֹר נָקִי״.Mais Rav Assi a dit : cette chose, je l'ai entendue de la bouche d'un grand homme, et qui est-ce ? Rabbi Yossé fils de Rabbi 'Hanina : il aurait pu te venir à l'esprit de dire que, puisque Rabbi Akiva dit (dans la Michna, 33a) : même un tam qui a blessé un homme paie, sur l'excédent, le dommage complet, on devrait aussi payer le prix de l'esclave sur les meilleurs biens du propriétaire, et non sur le corps du bœuf. Il ne pourrait donc pas dire : amène-le au tribunal. C'est pourquoi le Miséricordieux a écrit : « Le propriétaire du bœuf sera quitte » (Exode 21, 28).
- אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא לְרַב אַסִּי: וְהָא תַּבְרֵיהּ רַבִּי עֲקִיבָא לִגְזִיזֵיהּ – דְּתַנְיָא, רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: יָכוֹל יְשַׁלֵּם מִן הָעֲלִיָּיה – תַּלְמוּד לוֹמַר: ״כַּמִּשְׁפָּט הַזֶּה יֵעָשֶׂה לוֹ״ – מִגּוּפוֹ מְשַׁלֵּם, וְאֵינוֹ מְשַׁלֵּם מִן הָעֲלִיָּיה!Rabbi Zeira a dit à Rav Assi : mais Rabbi Akiva a brisé son coup (il a lui-même restreint son opinion) ! Car il a été enseigné dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : Rabbi Akiva dit : on pourrait penser qu'il paie sur ses meilleurs biens ; le verset enseigne : « Selon cette règle il lui sera fait » (Exode 21, 31) : il paie sur son corps (celui du bœuf), et il ne paie pas sur ses meilleurs biens !
- אֶלָּא אָמַר רָבָא: אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּמַחְמִירַנִי בְּעֶבֶד יוֹתֵר מִבֶּן חוֹרִין, שֶׁבֶּן חוֹרִין יָפֶה סֶלַע – נוֹתֵן סֶלַע, שְׁלֹשִׁים – נוֹתֵן שְׁלֹשִׁים, וְעֶבֶד יָפֶה סֶלַע – נוֹתֵן שְׁלֹשִׁים; מִשְׁתַּלַּם נָמֵי דְּמֵי עֶבֶד מִן הָעֲלִיָּיה; כְּתַב רַחֲמָנָא: ״בַּעַל הַשּׁוֹר נָקִי״.Mais Rava a dit : le verset était nécessaire, car il aurait pu te venir à l'esprit de dire : puisque Je suis plus sévère pour l'esclave que pour l'homme libre (dit la Torah), car pour un homme libre valant un séla (pièce d'argent), le propriétaire donne un séla, valant trente, il donne trente ; alors que pour un esclave valant un séla, il donne trente, on paierait aussi le prix de l'esclave sur les meilleurs biens. C'est pourquoi le Miséricordieux a écrit : « Le propriétaire du bœuf sera quitte ».
- תַּנְיָא כְּוָתֵיהּ דְּרָבָא: ״בַּעַל הַשּׁוֹר נָקִי״ – רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: נָקִי מִדְּמֵי עֶבֶד.Il a été enseigné dans une baraïta conformément à Rava : « Le propriétaire du bœuf sera quitte » : Rabbi Akiva dit : il sera quitte du prix de l'esclave.
- וַהֲלֹא דִּין הוּא – הוֹאִיל וְחַיָּיב בְּעֶבֶד וְחַיָּיב בְּבֶן חוֹרִין; מָה כְּשֶׁחִיֵּיב בְּבֶן חוֹרִין – חָלַקְתָּ בּוֹ בֵּין תָּם לְמוּעָד, אַף כְּשֶׁחִיֵּיב בְּעֶבֶד – נַחְלֹק בּוֹ בֵּין תָּם לְמוּעָד!Mais n'est-ce pas un simple raisonnement ? Puisqu'il (la Torah) a rendu passible pour l'esclave et a rendu passible pour l'homme libre : de même que, lorsqu'il a rendu passible pour l'homme libre, tu as distingué entre le tam et le mouad (« averti », bœuf ayant récidivé), de même, lorsqu'il a rendu passible pour l'esclave, distinguons entre le tam et le mouad !
- וְעוֹד, קַל וָחוֹמֶר – וּמָה בֶּן חוֹרִין, שֶׁנּוֹתֵן כׇּל שׇׁוְויוֹ, חָלַקְתָּ בּוֹ בֵּין תָּם לְמוּעָד; עֶבֶד, שֶׁאֵינוֹ נוֹתֵן אֶלָּא שְׁלֹשִׁים, אֵינוֹ דִּין שֶׁנַּחְלוֹק בּוֹ בֵּין תָּם לְמוּעָד?De plus, c'est un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si, pour l'homme libre, pour qui l'on donne toute sa valeur, tu as distingué entre le tam et le mouad, pour l'esclave, pour qui l'on ne donne que trente sélaïm, n'est-il pas logique que nous distinguions entre le tam et le mouad ?
- לֹא, מַחְמִירַנִי בְּעֶבֶד יוֹתֵר מִבֶּן חוֹרִין; שֶׁבֶּן חוֹרִין יָפֶה סֶלַע – נוֹתֵן סֶלַע, שְׁלֹשִׁים – נוֹתֵן שְׁלֹשִׁים; וְעֶבֶד יָפֶה סֶלַע – נוֹתֵן שְׁלֹשִׁים, יָכוֹל יְהֵא חַיָּיב? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״בַּעַל הַשּׁוֹר נָקִי״ – נָקִי מִדְּמֵי עֶבֶד.Rabbi Akiva répond : Non ! On peut raisonner à l'inverse : Je suis plus sévère pour l'esclave que pour l'homme libre : car pour un homme libre valant un séla, on donne un séla ; valant trente, on donne trente ; alors que pour un esclave valant un séla, on donne trente. On pourrait penser qu'il sera passible même pour un tam ; le verset enseigne : « Le propriétaire du bœuf sera quitte » : quitte du prix de l'esclave.
- תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְהֵמִית אִישׁ אוֹ אִשָּׁה״ – אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: וְכִי מָה בָּא זֶה לְלַמְּדֵנוּ? אִם לְחַיֵּיב עַל הָאִשָּׁה כָּאִישׁ – הֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר: ״כִּי יִגַּח שׁוֹר אֶת אִישׁ אוֹ אֶת אִשָּׁה״!Nos Maîtres ont enseigné : « Et qu'il tuera un homme ou une femme » (Exode 21, 29) : Rabbi Akiva a dit : que vient donc nous enseigner cela ? Si c'est pour rendre passible pour la femme comme pour l'homme, il a déjà été dit : « Si un bœuf encorne un homme ou une femme » (Exode 21, 28) !
- אֶלָּא לְהַקִּישׁ אִשָּׁה לְאִישׁ, מָה אִישׁ – נְזָקָיו לְיוֹרְשָׁיו, אַף אִשָּׁה – נְזָקֶיהָ לְיוֹרְשֶׁיהָ.Mais c'est pour rapprocher la femme de l'homme : de même que pour l'homme, ses dommages vont à ses héritiers, de même pour la femme, ses dommages vont à ses héritiers, et non à son mari.
- וְסָבַר רַבִּי עֲקִיבָא: לָא יָרֵית לַהּ בַּעַל? וְהָתַנְיָא: ״וְיָרַשׁ אוֹתָהּ״ – מִכָּאן שֶׁהַבַּעַל יוֹרֵשׁ אֶת אִשְׁתּוֹ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא!La Guemara demande : Et Rabbi Akiva pense-t-il que le mari n'hérite pas d'elle ? Or il a été enseigné : « Et il héritera d'elle » (Nombres 27, 11) : d'ici nous apprenons que le mari hérite de sa femme : paroles de Rabbi Akiva !
- אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לֹא אָמַר אֶלָּא בְּכוֹפֶר – הוֹאִיל וְאֵין מִשְׁתַּלֵּם אֶלָּא לְאַחַר מִיתָה, וְהָוֵה לֵיהּ רָאוּי, וְאֵין הַבַּעַל נוֹטֵל בָּרָאוּי כִּבְמוּחְזָק.Rech Lakich a dit : il ne l'a dit que du kofèr, parce qu'il n'est payé qu'après la mort, et qu'il constitue donc un bien à venir ; or le mari ne prend pas le bien à venir comme le bien en possession.
- מַאי טַעְמָא? אָמַר קְרָא: ״וְהֵמִית אִישׁ אוֹ אִשָּׁה, הַשּׁוֹר יִסָּקֵל וְגַם בְּעָלָיו יוּמָת. אִם כֹּפֶר יוּשַׁת עָלָיו״.Quelle est la raison pour laquelle le kofèr n'est dû qu'après la mort, même si la victime est mourante ? Le verset dit : « Et qu'il tuera un homme ou une femme, le bœuf sera lapidé, et son propriétaire aussi sera mis à mort. Si un kofèr lui est imposé… » (Exode 21, 29-30) : le kofèr dépend de la lapidation du bœuf, qui ne vient qu'après la mort de la victime.
- וּבִנְזָקִין לֹא אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא?La Guemara demande : Et pour les dommages, Rabbi Akiva ne l'a-t-il pas dit ?
- וְהָתַנְיָא: הִכָּה אֶת הָאִשָּׁה וְיָצְאוּ יְלָדֶיהָ – נוֹתֵן נֶזֶק וָצַעַר לָאִשָּׁה, וּדְמֵי וְלָדוֹת לַבַּעַל. אֵין הַבַּעַל – נוֹתֵן לְיוֹרְשָׁיו, אֵין הָאִשָּׁה – נוֹתֶנֶת לְיוֹרְשֶׁיהָ. הָיְתָה שִׁפְחָה וְנִשְׁתַּחְרְרָה,Or il a été enseigné : s'il a frappé la femme et que ses enfants sont sortis, il donne le prix du dommage et de la douleur à la femme, et le prix des enfants au mari. S'il n'y a plus de mari, il le donne à ses héritiers ; s'il n'y a plus de femme, il donne à ses héritiers. Si elle était servante, et a été affranchie,
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