Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- וְאֵינָהּ מְקַבֶּלֶת טוּמְאָה בִּמְקוֹמָהּ, וְהָרוֹדֶה מִמֶּנָּה בְּשַׁבָּת – חַיָּיב חַטָּאת.Et cette ruche ne reçoit pas l'impureté tant qu'elle se trouve à sa place, et celui qui en retire du miel le Chabbat est 'hayav (passible) d'un 'hatat (sacrifice expiatoire), car il est assimilé à celui qui moissonne un produit attaché au sol.
- וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינָהּ כַּקַּרְקַע – וְאֵין כּוֹתְבִין עָלֶיהָ פְּרוֹזְבּוּל, וּמְקַבֶּלֶת טוּמְאָה בִּמְקוֹמָהּ, וְהָרוֹדֶה מִמֶּנָּה בְּשַׁבָּת – פָּטוּר.Mais les Sages disent : elle n'est pas comme la terre, et par conséquent on ne rédige pas sur elle de prozboul (acte qui préserve les créances de l'annulation de l'année sabbatique et qui suppose que le débiteur possède de la terre), et elle reçoit l'impureté même à sa place, et celui qui en retire du miel le Chabbat est pétour (exempt) de sacrifice. Cette Michna (enseignement des Tannaïm) laisse penser que, pour Rabbi Eliézer, un ustensile fixé au sol est en tout point comme la terre. Cela contredit la baraïta (enseignement tannaïtique hors de la Michna) selon laquelle une canalisation creusée puis fixée au sol reste un ustensile, de sorte que l'eau qui y coule est de l'eau puisée, qui invalide le mikvé (bain rituel) ; cette baraïta ne serait donc pas conforme à Rabbi Eliézer.
- הָתָם – כִּדְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר טַעְמָא, דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר? דִּכְתִיב: ״וַיִּטְבֹּל אוֹתָהּ בְּיַעְרַת הַדְּבָשׁ״;La Guemara (discussion des Amoraïm) rejette cette idée : là-bas, dans cette Michna, Rabbi Eliézer assimile la ruche à la terre pour la raison qu'a dite Rabbi Elazar, et non parce que tout ustensile fixé au sol serait comme la terre. Car Rabbi Elazar a dit : quelle est la raison de Rabbi Eliézer ? Comme il est écrit : « Et il la trempa dans le rayon de miel » (yaarat hadevach) (I Samuel 14, 27).
- מָה יַעַר – הַתּוֹלֵשׁ מִמֶּנּוּ בְּשַׁבָּת חַיָּיב חַטָּאת, אַף דְּבַשׁ – הָרוֹדֶה מִמֶּנּוּ בְּשַׁבָּת חַיָּיב חַטָּאת!Comme ces mots peuvent aussi se lire « forêt de miel », Rabbi Eliézer en déduit : de même que pour une forêt, celui qui y arrache quelque chose le Chabbat est passible d'un 'hatat, de même pour le miel, celui qui en retire le Chabbat est passible d'un 'hatat ! La ruche est donc assimilée à la terre en vertu d'une déduction particulière, qui ne s'étend pas forcément aux autres ustensiles ; on ne peut rien en conclure quant à la canalisation de la baraïta.
- אֶלָּא רַבִּי אֱלִיעֶזֶר דְּדַף. דִּתְנַן: דַּף שֶׁל נַחְתּוֹמִין שֶׁקְּבָעוֹ בַּכּוֹתֶל – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מְטַהֵר, וַחֲכָמִים מְטַמְּאִין.Mais alors, il s'agit de l'opinion de Rabbi Eliézer au sujet de la planche du boulanger, sur laquelle il pétrit, comme nous avons appris dans la Michna (Kélim 15, 2) : une planche de boulangers qu'on a fixée dans le mur : Rabbi Eliézer la déclare tahor (pure, c'est-à-dire insensible à l'impureté), et les Sages la déclarent tamé (impure, c'est-à-dire susceptible de contracter l'impureté). Il semble donc que pour Rabbi Eliézer, ce qui est fixé à la terre, ou à ce qui y est lui-même fixé, est comme la terre.
- מַנִּי? אִי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר – אֲפִילּוּ חֲקָקוֹ וּלְבַסּוֹף קְבָעוֹ! אִי רַבָּנַן – אֲפִילּוּ קְבָעוֹ וּלְבַסּוֹף חֲקָקוֹ נָמֵי!La Guemara reprend alors sa question sur la baraïta de la canalisation : de qui est-elle ? Elle ne semble être ni de Rabbi Eliézer ni des Sages. Si elle est de Rabbi Eliézer, même s'il l'a creusée et ensuite fixée au sol, l'eau qui y coule ne devrait pas être considérée comme puisée, puisque pour lui la planche qui était d'abord un ustensile, puis a été fixée au mur, est comme la terre ! Si elle est des Sages, même s'il l'a d'abord fixée et ensuite creusée, elle devrait aussi être considérée comme un ustensile et l'eau comme puisée, car ils ne distinguent pas selon le moment où la planche a été fixée !
- לְעוֹלָם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא, וְשָׁאנֵי פְּשׁוּטֵי כְלֵי עֵץ – דְּטוּמְאָה דְּרַבָּנַן.La Guemara répond : en réalité, elle est de Rabbi Eliézer, mais les ustensiles de bois plats et sans réceptacle, comme la planche du boulanger, sont différents, car leur impureté n'est que d'ordre rabbinique ; une fois la planche fixée au mur, Rabbi Eliézer admet donc qu'elle sort du décret des Sages. La canalisation, elle, est susceptible d'impureté selon la Torah et le reste même si elle est ensuite fixée au sol ; c'est pourquoi l'eau qui y coule invalide le mikvé.
- מִכְּלָל דִּשְׁאִיבָה דְּאוֹרָיְיתָא?!La Guemara demande : faut-il en déduire que la règle de l'eau puisée, qui invalide un mikvé incomplet, serait d'ordre toranique ?! Rabbi Eliézer serait en effet plus sévère pour la canalisation creusée avant d'être fixée au sol que pour celle fixée avant d'être creusée.
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