Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דְּאָמַר קְרָא: ״לֹא תְחׇנֵּם״, לֹא תִּתֵּן לָהֶם חֲנָיָיה בַּקַּרְקַע. הַאי ״לָא תְחׇנֵּם״ מִיבְּעֵי לֵיהּ, דְּהָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: לֹא תִּתֵּן לָהֶם חֵן.La source en est que le verset dit : « Tu ne leur feras pas grâce (lo te'honem) » (Deutéronome 7, 2), ce qui se comprend ainsi : tu ne leur donneras pas de campement ('hanaya) sur la terre d'Israël, c'est-à-dire que tu ne les laisseras pas y acquérir de terrain. La Guemara (discussion des Amoraïm) objecte : Ce mot « lo te'honem », on en a besoin pour un autre enseignement, car voici ce que dit le Miséricordieux : tu ne leur donneras pas de grâce ('hen), c'est-à-dire que tu ne feras pas leur éloge !
- אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא ״לֹא תְחוּנֵּם״, מַאי ״לֹא תְחׇנֵּם״? שְׁמַע מִינַּהּ תַּרְתֵּי.La Guemara répond : S'il en était ainsi, que le verset dise « lo te'hounem », avec la lettre vav, forme qui signifie clairement la grâce. Pourquoi est-il écrit « lo te'honem », sans vav ? Déduis-en deux enseignements : on ne fera pas leur éloge, et on ne les laissera pas acquérir de terrain.
- וְאַכַּתִּי מִיבְּעֵי לֵיהּ, דְּהָכִי אָמַר רַחֲמָנָא: לֹא תִּתֵּן לָהֶם מַתְּנַת (שֶׁל) חִנָּם! אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא ״לֹא תְחִינֵּם״, מַאי ״לֹא תְחׇנֵּם״? שְׁמַע מִינַּהּ כּוּלְּהוּ.Mais encore, on en a besoin pour enseigner autre chose, car voici ce que dit le Miséricordieux : tu ne leur donneras pas de don gratuit ('hinam) ! La Guemara répond : S'il en était ainsi, que le verset dise « lo te'hinem », avec la lettre youd. Pourquoi est-il écrit « lo te'honem » ? Déduis-en tous ces enseignements.
- תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: ״לֹא תְחׇנֵּם״ — לֹא תִּתֵּן לָהֶם חֲנָיָיה בַּקַּרְקַע, דָּבָר אַחֵר: ״לֹא תְחׇנֵּם״ — לֹא תִּתֵּן לָהֶם חֵן, דָּבָר אַחֵר: ״לֹא תְחׇנֵּם״ — לֹא תִּתֵּן לָהֶם מַתְּנַת חִנָּם.Il a été enseigné également ainsi dans une baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) : « Lo te'honem » : tu ne leur donneras pas de campement sur la terre d'Israël. Autre explication : « Lo te'honem » : tu ne leur donneras pas de grâce. Autre explication : « Lo te'honem » : tu ne leur donneras pas de don gratuit.
- וּמַתְּנַת חִנָּם גּוּפַהּ תַּנָּאֵי הִיא, דְּתַנְיָא: ״לֹא תֹאכְלוּ כׇּל נְבֵלָה לַגֵּר אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ אוֹ מָכֹר לְנׇכְרִי״, אֵין לִי אֶלָּא לְגֵר בִּנְתִינָה וּלְגוֹי בִּמְכִירָה, לְגֵר בִּמְכִירָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּתְּנֶנָּה... אוֹ מָכֹר״.La Guemara remarque : Et la question du don gratuit à un non-Juif elle-même fait l'objet d'une divergence de Tannaïm (Sages de l'époque de la Michna), comme il a été enseigné dans une baraïta : « Vous ne mangerez d'aucune bête morte (nevéla) ; à l'étranger résident (guer) qui est dans tes portes tu la donneras, et il la mangera, ou bien vends-la à un étranger » (Deutéronome 14, 21). Je n'aurais appris de là que la permission de la transmettre au guer par don et au non-Juif par vente. D'où sait-on qu'elle peut être transmise au guer par vente ? Le verset enseigne : « Tu la donneras… ou bien vends-la » : chacune des deux possibilités est permise.
- לְגוֹי בִּנְתִינָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ אוֹ מָכֹר לְנׇכְרִי״, נִמְצָא אַתָּה אוֹמֵר: אֶחָד גֵּר וְאֶחָד גּוֹי בֵּין בִּנְתִינָה בֵּין בִּמְכִירָה, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: דְּבָרִים כִּכְתָבָן, לְגֵר בִּנְתִינָה, וּלְגוֹי בִּמְכִירָה.La baraïta poursuit : D'où sait-on qu'elle peut être transmise au non-Juif par don ? Le verset enseigne : « Tu la donneras, et il la mangera, ou bien vends-la à un étranger. » Tu en viens donc à dire que l'on peut la transmettre aussi bien au guer qu'au non-Juif, aussi bien par don que par vente. Telles sont les paroles de Rabbi Méïr. Rabbi Yehouda dit : Les choses s'entendent comme elles sont écrites : au guer uniquement par don, et au non-Juif uniquement par vente, car il est interdit de faire un don gratuit à un non-Juif.
- שַׁפִּיר קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר, וְרַבִּי יְהוּדָה אָמַר לָךְ: אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כִּדְקָאָמַר רַבִּי מֵאִיר, לִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״תִּתְּנֶנָּה וַאֲכָלָהּ ומָכֹר״, ״אוֹ״ לְמָה לִי? שְׁמַע מִינַּהּ לִדְבָרִים כִּכְתָבָן הוּא דַּאֲתָא.La Guemara commente : Rabbi Méïr dit bien, puisque le verset paraît laisser le choix. Mais Rabbi Yehouda te dira : S'il te venait à l'esprit de comprendre le verset comme le dit Rabbi Méïr, que le Miséricordieux écrive : « Tu la donneras, et il la mangera, et vends-la. » Pourquoi ai-je besoin du mot « ou » ? Déduis-en qu'il vient enseigner que les choses s'entendent comme elles sont écrites.
- וְרַבִּי מֵאִיר? הָהוּא לְאַקְדּוֹמֵי נְתִינָה דְּגֵר לִמְכִירָה דְּגוֹי. וְרַבִּי יְהוּדָה: כֵּיוָן דְּגֵר אַתָּה מְצוֶּּוה לְהַחְיוֹתוֹ, וְגוֹי אִי אַתָּה מְצוֶּּוה לְהַחֲיוֹתוֹ — לְהַקְדִּים לָא צְרִיךְ קְרָא.Et Rabbi Méïr, comment explique-t-il ce mot ? Celui-là sert à faire passer le don au guer avant la vente au non-Juif. Et Rabbi Yehouda ? Il considère que puisque tu as l'ordre de faire vivre le guer, et que tu n'as pas l'ordre de faire vivre le non-Juif, pour donner la priorité au guer, on n'a pas besoin d'un verset.
- דָּבָר אַחֵר: ״לֹא תְחׇנֵּם״ — לֹא תִּתֵּן לָהֶם חֵן. מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַב, דְּאָמַר רַב: אָסוּר לָאָדָם שֶׁיֹּאמַר ״כַּמָּה נָאָה גּוֹיָה זוֹ״.La baraïta citée plus haut disait : Autre explication : « Lo te'honem » : tu ne leur donneras pas de grâce. Ceci appuie l'opinion de Rav, car Rav a dit : Il est interdit à l'homme de dire : « Comme cette non-Juive est belle ! »
- מֵיתִיבִי: מַעֲשֶׂה בְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל שֶׁהָיָה עַל גַּבֵּי מַעֲלָה בְּהַר הַבַּיִת, וְרָאָה גּוֹיָה אַחַת נָאָה בְּיוֹתֵר, אָמַר: ״מַה רַבּוּ מַעֲשֶׂיךָ ה׳״. וְאַף רַבִּי עֲקִיבָא רָאָה אֵשֶׁת טוֹרָנוּסְרוּפוּס הָרָשָׁע, רָק, שָׂחַק וּבָכָה. רָק — שֶׁהָיְתָה בָּאָה מִטִּיפָּה סְרוּחָה, שָׂחַק — דַּעֲתִידָה דְּמִגַּיְירָא וְנָסֵיב לַהּ, בָּכָה — דְּהַאי שׁוּפְרָא בָּלֵי עַפְרָא.On a objecté à partir d'une baraïta : Il arriva que Rabban Chimon ben Gamliel se trouvait sur une marche, sur le mont du Temple, et il vit une non-Juive particulièrement belle. Il dit : « Que Tes œuvres sont nombreuses, Hachem ! » (Psaumes 104, 24). De même, Rabbi Akiva vit l'épouse de Turnus Rufus le méchant : il cracha, il rit et il pleura. Il cracha, parce qu'elle provenait d'une goutte putride ; il rit, parce qu'elle était destinée à se convertir et qu'il l'épouserait ; il pleura, parce que cette beauté finirait par se consumer dans la poussière.
- וְרַב, אוֹדוֹיֵי הוּא דְּקָא מוֹדֵה, דְּאָמַר מָר: הָרוֹאֶה בְּרִיּוֹת טוֹבוֹת אוֹמֵר ״בָּרוּךְ שֶׁכָּכָה בָּרָא בְּעוֹלָמוֹ״.Et Rav, comment explique-t-il le récit de Rabban Chimon ben Gamliel ? Celui-ci rendait grâce au Créateur, sans faire l'éloge de la femme elle-même, car le Maître a dit : Celui qui voit de belles créatures dit : « Béni soit Celui qui a de telles créatures dans Son monde. »
- וּלְאִסְתַּכּוֹלֵי מִי שְׁרֵי? מֵיתִיבִי: ״וְנִשְׁמַרְתָּ מִכֹּל דָּבָר רָע״ — שֶׁלֹּא יִסְתַּכֵּל אָדָם בְּאִשָּׁה נָאָה וַאֲפִילּוּ פְּנוּיָה, בְּאֵשֶׁת אִישׁ וַאֲפִילּוּ מְכוֹעֶרֶת,Mais est-il donc permis de regarder une femme ? On a objecté à partir d'une baraïta : « Et tu te garderas de toute chose mauvaise » (Deutéronome 23, 10) : ce verset enseigne que l'homme ne doit pas regarder une belle femme, même célibataire, ni une femme mariée, même laide,
Vous avez repéré une notion importante qui n’est pas expliquée ? Aidez-nous à compléter Limoud.