Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- מַתְנִי׳ הַמּוֹכֵר אֶת שָׂדֵהוּ בִּשְׁעַת הַיּוֹבֵל — אֵינוֹ מוּתָּר לִגְאוֹל פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּמִסְפַּר שְׁנֵי תְבוּאֹת יִמְכׇּר לָךְ״.MICHNA (enseignement des Tannaïm) : Celui qui vend son champ à l'époque où le Jubilé (yovel) s'applique n'est pas autorisé à le racheter avant deux ans, comme il est dit : « Selon le nombre des années de récoltes il te vendra » (Lévitique 25, 15) – « années » au pluriel : deux au minimum.
- הָיְתָה שְׁנַת שִׁדָּפוֹן וְיֵרָקוֹן, אוֹ שְׁנַת שְׁבִיעִית — אֵינָו עוֹלָה מִן הַמִּנְיָן. נָרָהּ אוֹ הוֹבִירָהּ — עוֹלָה לוֹ מִן הַמִּנְיָן. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מְכָרָהּ לוֹ לִפְנֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה וְהִיא מְלֵיאָה פֵּירוֹת — הֲרֵי זֶה אוֹכֵל מִמֶּנָּה שָׁלֹשׁ תְּבוּאוֹת בִּשְׁתֵּי שָׁנִים.Si c'était une année de rouille ou de jaunissement (fléaux des céréales), ou l'année sabbatique (Chemita), où l'acheteur ne peut tirer profit du champ, elle ne compte pas dans le décompte. S'il l'a labourée sans l'ensemencer ou l'a laissée en friche, elle compte pour lui dans le décompte, car elle était apte à produire. Rabbi Eliézer dit : S'il la lui a vendue avant Roch Hachana alors qu'elle était pleine de fruits, celui-ci (l'acheteur) en mange trois récoltes en deux ans, et n'a pas à la rendre dans le même état.
- גְּמָ׳ הַמּוֹכֵר שָׂדֵהוּ בִּשְׁעַת הַיּוֹבֵל וְכוּ׳. ״אֵינוֹ גּוֹאֵל״ לָא קָתָנֵי, אֶלָּא ״אֵינוֹ מוּתָּר לִגְאוֹל״, אַלְמָא קָסָבַר: אִיסּוּרָא נָמֵי אִיכָּא, דַּאֲפִילּוּ קַרְקוֹשֵׁי זוּזֵי נָמֵי אָסוּר.GUEMARA (discussion des Amoraïm sur la Michna) : Celui qui vend son champ à l'époque du Jubilé, etc. La Michna n'enseigne pas « il ne rachète pas », mais « il n'est pas autorisé à racheter » ; il ressort qu'elle pense qu'il y a aussi un interdit (issour), si bien que même faire tinter des pièces devant l'acheteur pour le persuader de revendre est interdit.
- וְלָא מִיבַּעְיָא מוֹכֵר, דְּקָאֵי בַּעֲשֵׂה, דִּכְתִיב: ״בְּמִסְפַּר שְׁנֵי תְבוּאֹת יִמְכׇּר לָךְ״, אֶלָּא אֲפִילּוּ לוֹקֵחַ נָמֵי קָאֵי בַּעֲשֵׂה, דְּבָעֵינַן ״שָׁנִים תִּקְנֶה״, וְלֵיכָּא.Et ce n'est pas nécessaire de le dire pour le vendeur, qui transgresse un commandement positif, comme il est écrit : « Selon le nombre des années de récoltes il te vendra » ; mais même l'acheteur transgresse un commandement positif, car nous exigeons (selon le même verset) « tu achèteras pour des années », et s'il rend le champ avant deux ans, ce n'est pas le cas.
- אִיתְּמַר: הַמּוֹכֵר שָׂדֵהוּ בִּשְׁנַת הַיּוֹבֵל עַצְמָהּ, רַב אָמַר: מְכוּרָה וְיוֹצְאָה, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֵינָהּ מְכוּרָה כׇּל עִיקָּר. מַאי טַעְמָא דִּשְׁמוּאֵל? קַל וָחוֹמֶר, וּמָה מְכוּרָה כְּבָר יוֹצְאָה, שֶׁאֵינָהּ מְכוּרָה אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא תִּימָּכֵר?Il a été dit (par les Amoraïm) : Celui qui vend son champ pendant l'année du Jubilé elle-même – Rav a dit : il est vendu et sort aussitôt des mains de l'acheteur, qui perd son argent ; et Chmouel a dit : il n'est pas vendu du tout. Quelle est la raison de Chmouel ? Un kal va'homer (raisonnement a fortiori) : si un champ déjà vendu avant le Jubilé sort au Jubilé, n'est-il pas logique que celui qui n'est pas encore vendu ne puisse être vendu pendant le Jubilé ?
- וּלְרַב, לָא אָמְרִינַן קַל וָחוֹמֶר כִּי הַאי גַוְונָא? וְהָתַנְיָא: יָכוֹל יִמְכּוֹר אָדָם אֶת בִּתּוֹ כְּשֶׁהִיא נַעֲרָה? אָמַרְתָּ קַל וָחוֹמֶר: וּמָה מְכוּרָה כְּבָר — יוֹצְאָה עַכְשָׁיו, שֶׁאֵינָהּ מְכוּרָה — אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא תִּימָּכֵר?Et selon Rav, ne disons-nous pas de kal va'homer de ce genre ? Or il a été enseigné dans une baraïta : On pourrait penser qu'un homme peut vendre sa fille comme servante lorsqu'elle est naara (jeune fille ayant atteint la puberté). Tu as dit un kal va'homer : si celle qui est déjà vendue sort libre maintenant (à la puberté), n'est-il pas logique que celle qui n'est pas vendue ne puisse être vendue ?
- הָתָם לָא הָדְרָא מִיזְדַּבְּנָא, הָכָא הָדְרָא מִיזְדַּבְּנָא.Réponse : Là, la fille, une fois libérée, ne peut plus être revendue ; ici, le champ rendu peut de nouveau être vendu. Le kal va'homer ne s'applique donc pas.
- מֵיתִיבִי: ״אַחַר הַיּוֹבֵל שָׁנִים תִּקְנֶה״ — מְלַמֵּד שֶׁמּוֹכְרִין סָמוּךְ לַיּוֹבֵל, מוּפְלָג מִן הַיּוֹבֵל מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לְפִי רֹב הַשָּׁנִים... וּלְפִי מְעוֹט הַשָּׁנִים״.La Guemara objecte à Rav : « Après le Jubilé, tu achèteras pour des années » (Lévitique 25, 15) – cela enseigne qu'on vend dans l'année proche du Jubilé (juste après) ; éloignée du Jubilé, d'où le savons-nous ? Le verset dit : « Selon le grand nombre des années… et selon le petit nombre des années » (Lévitique 25, 16).
- וּבִשְׁנַת הַיּוֹבֵל עַצְמָהּ לֹא יִמְכּוֹר, וְאִם מָכַר — אֵינָהּ מְכוּרָה! אָמַר לְךָ רַב: אֵינָהּ מְכוּרָה לְמִסְפַּר שְׁנֵי תְבוּאוֹת, אֲבָל מְכוּרָה הִיא וְיוֹצְאָה.Et pendant l'année du Jubilé elle-même, on ne vendra pas, et si l'on a vendu, elle n'est pas vendue ! Cela contredit Rav. Réponse : Rav te dira : elle n'est pas vendue pour le nombre des années de récoltes – elle ne reste pas deux ans chez l'acheteur –, mais elle est vendue et sort aussitôt.
- וְאִי אִיזְדַּבּוֹנֵי מִיזְדַּבְּנָה, תֵּיקוּם בִּרְשׁוּתֵיהּ עַד בָּתַר יוֹבֵל, וּבָתַר יוֹבֵל נֵיכְלַיהּ שְׁנֵי תְבוּאוֹת וְנַיהְדְּרַהּ! מִי לָא תַּנְיָא: אֲכָלָהּ שָׁנָה אַחַת לִפְנֵי הַיּוֹבֵל — מַשְׁלִימִין לוֹ שָׁנָה אַחֶרֶת אַחַר הַיּוֹבֵל? הָתָם נָחֵית לַאֲכִילָה, הָכָא לָא נָחֵית לַאֲכִילָה.Mais si elle est vraiment vendue, qu'elle reste en sa possession (de l'acheteur) jusqu'après le Jubilé, et après le Jubilé, qu'il en mange deux années de récoltes et qu'il la rende ! N'a-t-il pas été enseigné : s'il en a mangé une année avant le Jubilé, on lui complète une autre année après le Jubilé ? Réponse : Là, il était entré dans le champ pour en manger (les fruits) ; ici, il n'est pas entré pour en manger, puisque le champ revient aussitôt au vendeur.
- אָמַר רַב עָנָן: שְׁמַעִית מִינֵּיהּ דְּמָר שְׁמוּאֵל תַּרְתֵּי, חֲדָא הָךְ, וְאִידַּךְ הַמּוֹכֵר עַבְדּוֹ לְגוֹיִם אוֹ בְּחוּצָה לָאָרֶץ יָצָא לְחֵירוּת.Rav Anan a dit : J'ai entendu deux règles de Mar Chmouel : l'une, celle-ci (le champ vendu pendant le Jubilé n'est pas vendu), et l'autre : celui qui vend son esclave cananéen à des non-Juifs ou hors de la terre d'Israël, l'esclave sort libre – on oblige le maître à l'affranchir, car il l'a soustrait aux mitsvot.
- חֲדָא הָדְרִי זְבִינֵי, וַחֲדָא לָא הָדְרִי זְבִינֵי, וְלָא יָדַעְנָא הֵי (מיניה) [מִינַּיְהוּ].Pour l'une, la vente est annulée et l'argent rendu, et pour l'autre, la vente n'est pas annulée et l'acheteur perd son argent ; et je ne sais pas laquelle d'entre elles.
- אָמַר רַב יוֹסֵף: נִיחְזֵי אֲנַן, מִדְּתַנְיָא בְּבָרַיְיתָא: הַמּוֹכֵר עַבְדּוֹ בְּחוּצָה לָאָרֶץ יָצָא לְחֵירוּת, וְצָרִיךְ גֵּט שִׁיחְרוּר מֵרַבּוֹ שֵׁנִי. שְׁמַע מִינַּהּ, מִדְּקָרֵי לֵיהּ לְשֵׁנִי ״רַבּוֹ״, אַלְמָא לָא הָדְרִי זְבִינֵי, וְכִי קָאָמַר שְׁמוּאֵל הָכָא: אֵינָהּ מְכוּרָה וּמָעוֹת חוֹזְרִין.Rav Yossef a dit : Voyons nous-mêmes, d'après ce qui a été enseigné dans une baraïta : Celui qui vend son esclave hors de la terre d'Israël, l'esclave sort libre, et il lui faut un acte d'affranchissement de son second maître. Déduis-en : puisqu'elle appelle le second propriétaire « son maître », il ressort que la vente n'est pas annulée ; et quand Chmouel dit ici que le champ n'est pas vendu, c'est que la vente n'a pas lieu et l'argent est rendu.
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