Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן:GUEMARA. La Michna enseigne que si le fils a racheté le champ, il retourne au père au Jubilé. Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta, enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) au sujet du verset « Et s'il ne rachète pas le champ, et s'il a vendu le champ à un autre homme, il ne sera plus racheté » (Lévitique 27, 20) :
- ״אִם לֹא יִגְאַל אֶת הַשָּׂדֶה״ — בְּעָלִים, ״וְאִם מָכַר אֶת הַשָּׂדֶה״ — גִּיזְבָּר.« Et s'il ne rachète pas le champ » : il s'agit des propriétaires ; « et s'il a vendu le champ » : il s'agit du trésorier (guizbar) du Sanctuaire.
- ״לְאִישׁ אַחֵר״ — לְאַחֵר, וְלֹא לַבֵּן. אַתָּה אוֹמֵר: לְאַחֵר וְלֹא לַבֵּן, אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא לְאַחֵר וְלֹא לָאָח? כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״אִישׁ״ — הֲרֵי אָח אָמוּר, הָא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אַחֵר״ — וְלֹא לַבֵּן.« À un autre homme » : à un autre, et non au fils ; alors le champ revient aux Cohanim (prêtres) au Jubilé. Tu dis : « à un autre et non au fils » ; ou bien n'est-ce que « à un autre et non au frère » ? Lorsqu'il dit « homme », voici que le frère est mentionné (inclus dans « homme ») ; alors comment est-ce que j'accomplis « autre » ? Et non au fils.
- וּמָה רָאִיתָ לְרַבּוֹת אֶת הַבֵּן וּלְהוֹצִיא אֶת הָאָח? מְרַבֶּה אֲנִי הַבֵּן, שֶׁכֵּן קָם תַּחַת אָבִיו לִיעִידָה וּלְעֶבֶד עִבְרִי.Et qu'as-tu vu pour inclure le fils comme le père et exclure le frère ? J'inclus le fils, car il se tient à la place de son père pour la désignation (yi'ouda : la servante hébreue achetée par le père peut être désignée comme épouse du fils) et pour l'esclave hébreu (qui continue de servir le fils héritier, mais non le frère).
- אַדְּרַבָּה, מְרַבֶּה אֲנִי אֶת הָאָח, שֶׁכֵּן קָם תַּחַת אָחִיו לְיִיבּוּם. כְּלוּם יֵשׁ יִבּוּם אֶלָּא בִּמְקוֹם שֶׁאֵין בֵּן? הָא יֵשׁ בֵּן — אֵין יִבּוּם.Au contraire, j'inclus le frère, car il se tient à la place de son frère pour le lévirat (yiboum) ! Y a-t-il donc un lévirat ailleurs que là où il n'y a pas de fils ? S'il y a un fils, il n'y a pas de lévirat : le fils prime donc même en cela.
- וְתִיפּוֹק לֵיהּ, דְּהָכָא תַּרְתֵּי, וְהָכָא חֲדָא!La Guemara demande : qu'il le déduise plutôt de ce qu'ici, en faveur du fils, il y a deux raisons (désignation et esclave hébreu), et là, en faveur du frère, une seule (le lévirat) !
- מִשּׁוּם דְּעֶבֶד עִבְרִי מֵהַאי פִּירְכָא נָמֵי הוּא דְּנָפְקָא לֵיהּ: כְּלוּם יֵשׁ יִבּוּם אֶלָּא בִּמְקוֹם שֶׁאֵין בֵּן?La Guemara répond : parce que la règle de l'esclave hébreu, elle aussi, c'est de cette même réfutation qu'il la tire : « Y a-t-il donc un lévirat ailleurs que là où il n'y a pas de fils ? » Sans elle, il n'y aurait qu'une raison de chaque côté.
- בָּעֵי רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: בַּת מַהוּ שֶׁתַּעֲמִיד שָׂדֶה לְאָבִיהָ? כֵּיוָן דִּלְעִנְיַן יִבּוּם, בֵּן וּבַת כִּי הֲדָדֵי פָּטְרִי — מוֹקְמָה, אוֹ דִילְמָא כֵּיוָן דִּלְעִנְיַן נַחֲלָה, בַּת בִּמְקוֹם בֵּן כִּי אַחֵר דָּמְיָא — לָא מוֹקְמָה.Rabba bar Avouh a demandé : une fille, peut-elle préserver le champ pour son père en le rachetant, comme un fils ? Puisque pour le lévirat, le fils et la fille sont pareils et dispensent (la veuve du lévirat), elle le préserve ; ou peut-être, puisque pour l'héritage, la fille, en présence d'un fils, est considérée comme un autre (elle n'hérite pas), elle ne le préserve pas ?
- תָּא שְׁמַע, דְּתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: כֹּל שֶׁהוּא אַחֵר בִּמְקוֹם בֵּן, וְהָא נָמֵי בִּמְקוֹם בֵּן כִּי אַחֵר דָּמְיָא.Viens et entends (une preuve) : car il a été enseigné dans l'école de Rabbi Ichmaël : quiconque est un « autre » en présence d'un fils ne préserve pas le champ ; et celle-ci aussi, en présence d'un fils, est considérée comme un autre.
- בָּעֵי רַבִּי זֵירָא: אִשָּׁה מִי מַעֲמִיד לָהּ שָׂדֶה? בַּעַל מוֹקֵים לַהּ, שֶׁכֵּן יוֹרְשָׁהּ, אוֹ דִילְמָא בֵּן מוֹקֵים לַהּ, שֶׁכֵּן נוֹטֵל בָּרָאוּי כְּבַמּוּחְזָק? תֵּיקוּ.Rabbi Zeira a demandé : une femme qui a consacré son champ, qui le lui préserve en le rachetant ? Le mari le lui préserve-t-il, puisqu'il hérite d'elle ? Ou peut-être le fils le lui préserve-t-il, puisqu'il prend en héritage ce qui lui revenait (les biens qui devaient lui échoir) comme ce qu'elle possédait ? Tékou : la question reste en suspens.
- בְּעָא מִינֵּיהּ רָמֵי בַּר חָמָא מֵרַב חִסְדָּא: הִקְדִּישָׁהּ פָּחוֹת מִשְׁתֵּי שָׁנִים לִפְנֵי הַיּוֹבֵל, מַהוּ שֶׁתֵּצֵא לַכֹּהֲנִים?Rami bar 'Hama a demandé à Rav 'Hisda : s'il l'a consacré moins de deux ans avant le Jubilé et qu'il ne l'a pas racheté, sort-il pour les Cohanim au Jubilé ?
- אֲמַר לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּיךְ? ״וְנִגְרַע מֵעֶרְכֶּךָ... וְהָיָה הַשָּׂדֶה בְּצֵאתוֹ בַיּוֹבֵל״ — דְּבַת גֵּירָעוֹן — אִין, דְּלָאו בַּת גֵּירָעוֹן — לָא.Il lui a dit : quelle est ta pensée ? Que parce qu'il est écrit : « Et il sera déduit de ton estimation » (Lévitique 27, 18), puis « Et le champ, quand il sortira au Jubilé » (Lévitique 27, 21), on comprend qu'un champ susceptible de déduction, oui, il sort pour les Cohanim, mais un champ non susceptible de déduction (consacré moins de deux ans avant le Jubilé et racheté au prix plein), non ?
- אַדְּרַבָּה, ״אִם לֹא יִגְאַל הַשָּׂדֶה... וְהָיָה הַשָּׂדֶה בְּצֵאתוֹ בַיּוֹבֵל״, וְהַאי נָמֵי בַּת גְּאוּלָּה הִיא.Au contraire, il est écrit : « Et s'il ne rachète pas le champ… et le champ, quand il sortira au Jubilé » (Lévitique 27, 20-21) : tout champ rachetable et non racheté sort pour les Cohanim ; et celui-ci aussi est susceptible de rachat.
- גְּאָלָהּ אֶחָד מִן הַכֹּהֲנִים כּוּ׳. תָּנוּ רַבָּנַן: ״לַכֹּהֵן תִּהְיֶה אֲחוּזָּתוֹ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר?La Michna enseigne : « Si l'un des Cohanim l'a racheté, etc. » Nos Maîtres ont enseigné : « Au Cohen sera son patrimoine » (Lévitique 27, 21) : pourquoi le verset le dit-il ?
- מִנַּיִן לְשָׂדֶה שֶׁיּוֹצָא לַכֹּהֲנִים בַּיּוֹבֵל, וּגְאָלָהּ אֶחָד מִן הַכֹּהֲנִים, מִנַּיִן שֶׁלֹּא יֹאמַר: ״הוֹאִיל וְיוֹצְאָה לַכֹּהֵן, הֲרֵי תַּחַת יָדִי, וּתְהֵא שֶׁלִּי?״ וְדִין הוּא: בְּשֶׁל אֲחֵרִים אֲנִי זוֹכֶה, בְּשֶׁל עַצְמִי לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?D'où savons-nous, pour un champ qui doit sortir pour les Cohanim au Jubilé, et que l'un des Cohanim a racheté, d'où savons-nous qu'il ne dira pas : « Puisqu'il sort pour le Cohen, voici qu'il est en ma possession, et qu'il soit à moi » ? Et c'est pourtant un raisonnement logique : si j'acquiers une part dans les champs d'autrui, dans le mien propre, que j'ai racheté, à plus forte raison !
- תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אֲחוּזָּתוֹ״, אֲחוּזָּה שֶׁלּוֹ, וְאֵין זֶה שֶׁלּוֹ. הָא כֵּיצַד? יוֹצָא מִתַּחַת יָדוֹ וּמִתְחַלֶּקֶת לְאֶחָיו הַכֹּהֲנִים.Le verset dit : « Son patrimoine » : un patrimoine qui est à lui (hérité de ses pères), et celui-ci n'est pas à lui. Comment donc ? Il sort de sa possession et est partagé entre ses frères les Cohanim.
- מַתְנִי׳ הִגִּיעַ יוֹבֵל וְלֹא נִגְאֲלָה, הַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לְתוֹכָהּ וְנוֹתְנִין אֶת דָּמֶיהָ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: נִכְנָסִין וְלֹא נוֹתְנִין.MICHNA. Si le Jubilé est arrivé et que le champ n'a pas été racheté, les Cohanim y entrent et donnent son prix au Sanctuaire ; ce sont les paroles de Rabbi Yehouda. Rabbi Chimon dit : ils y entrent mais ne donnent pas son prix.
- רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: לֹא נִכְנָסִין וְלֹא נוֹתְנִין, אֶלָּא נִקְרֵאת ״שְׂדֵה רְטוּשִׁין״ עַד הַיּוֹבֵל הַשֵּׁנִי. הִגִּיעַ הַיּוֹבֵל הַשֵּׁנִי וְלֹא נִגְאֲלָה, נִקְרֵאת ״רְטוּשֵׁי רְטוּשִׁין״ עַד הַיּוֹבֵל הַשְּׁלִישִׁי. לְעוֹלָם אֵין הַכֹּהֲנִים נִכְנָסִין לְתוֹכָהּ עַד שֶׁיִּגְאָלֶנָּה אַחֵר.Rabbi Eliézer dit : ils n'y entrent pas et ne donnent pas son prix, mais il est appelé « champ abandonné » (sedé retouchin) jusqu'au deuxième Jubilé. Si le deuxième Jubilé est arrivé et qu'il n'a pas été racheté, il est appelé « abandonné d'entre les abandonnés » jusqu'au troisième Jubilé. Jamais les Cohanim n'y entrent, jusqu'à ce qu'un autre le rachète.
- גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה? גָּמַר ״קֹדֶשׁ״ ״קֹדֶשׁ״ מִמַּקְדִּישׁ בַּיִת,GUEMARA. Quelle est la raison de Rabbi Yehouda ? Il apprend par guezéra chava (analogie textuelle) le mot « saint » du champ patrimonial du mot « saint » dit de celui qui consacre une maison :
- מָה לְהַלָּן בְּדָמִים — אַף כָּאן בְּדָמִים.de même que là, la maison ne sort du Sanctuaire que contre de l'argent, de même ici, les Cohanim n'y entrent que contre de l'argent.
- וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, גָּמַר ״קֹדֶשׁ״ ״קֹדֶשׁ״ מִכִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת, מָה לְהַלָּן בְּחִנָּם, אַף כָּאן בְּחִנָּם.Et Rabbi Chimon apprend le mot « saint » du mot « saint » dit des agneaux de Atsérèt (Chavouot) : de même que là, ils sont donnés aux Cohanim gratuitement, de même ici, gratuitement.
- וְרַבִּי [יְהוּדָה] נָמֵי נֵילַיף מִכִּבְשֵׂי עֲצֶרֶת! דָּנִין קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִתEt que Rabbi Yehouda aussi l'apprenne des agneaux de Atsérèt ! La Guemara répond : on apprend des choses consacrées à l'entretien du Temple (bedek habayit)
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