Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- אֲבַק רִבִּית אֵינָהּ יוֹצְאָה בְּדַיָּינִין, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ רִבִּית קְצוּצָה אֵינָהּ יוֹצְאָה בְּדַיָּינִין.mais l'« ombre d'intérêt » (avak ribit) n'est pas récupérée par les juges. Et Rabbi Yo'hanan dit : même l'intérêt fixe n'est pas récupéré par les juges. Selon Abayé, la transgression a de l'effet et le prêteur a acquis l'intérêt, comme le pense Rabbi Yo'hanan ; selon Rava, elle n'a pas d'effet, et les juges le récupèrent, comme le pense Rabbi Elazar.
- אֲמַר לֵיהּ: הָתָם בִּסְבָרָא פְּלִיגִי? הָתָם בִּקְרָאֵי פְּלִיגִי! דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן? אָמַר קְרָא: ״בַּנֶּשֶׁךְ נָתַן וְתַרְבִּית לָקַח וָחָי לֹא יִחְיֶה״, לְחַיִּים נִיתַּן וְלֹא לְהִישָּׁבוֹן.Rav A'ha lui dit : là-bas, divergent-ils sur un raisonnement ? Là-bas, ils divergent sur l'interprétation des versets ! Car Rabbi Its'hak a dit : quelle est la raison de Rabbi Yo'hanan ? Le verset dit : « Il a prêté à usure et pris des intérêts : vivrait-il ? Il ne vivra pas » (Ézéchiel 18, 13) : l'usurier a été livré au châtiment touchant sa vie, mais non à la restitution.
- רַב אַחָא בַּר אַדָּא אָמַר מֵהָכָא: ״וְיָרֵאתָ מֵּאֱלֹהֶיךָ... אֲנִי ה׳״ — לְמוֹרָא נְתַתִּיו, וְלֹא לְהִישָּׁבוֹן.Rav A'ha bar Ada dit : on l'apprend d'ici : « Tu craindras ton D.ieu… Je suis Hachem » (Lévitique 25, 36-38) : Je l'ai livré à la crainte, au châtiment divin, mais non à la restitution.
- רָבָא אָמַר מֵהָכָא: ״הַתּוֹעֵבוֹת הָאֵל עָשָׂה מוֹת יוּמָת דָּמָיו בּוֹ יִהְיֶה״, ״וְהוֹלִיד בֵּן פָּרִיץ שׁוֹפֵךְ דָּם״ — הוּקְּשׁוּ מַלְוֵי רִבִּית לְשׁוֹפְכֵי דָמִים: מָה שׁוֹפְכֵי דָּמִים לֹא נִיתְּנוּ לְהִישָּׁבוֹן, אַף מַלְוֵי רִבִּית לֹא נִיתְּנוּ לְהִישָּׁבוֹן.Rava dit : on l'apprend d'ici : « Il a commis toutes ces abominations, il mourra, son sang sera sur lui » (Ézéchiel 18, 13), et plus haut : « S'il engendre un fils violent, qui verse le sang » (Ézéchiel 18, 10) : les prêteurs à intérêt sont mis en parallèle avec ceux qui versent le sang : de même que la faute de ceux qui versent le sang n'est pas réparable par une restitution, de même celle des prêteurs à intérêt n'est pas réparable par une restitution.
- וְאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר? דְּאָמַר קְרָא: ״וְחֵי אָחִיךָ עִמָּךְ״ — אַהְדַּר לֵיהּ, כִּי הֵיכִי דְּנֵיחֵי עִמָּךְ.Et Rav Na'hman bar Its'hak a dit : quelle est la raison de Rabbi Elazar ? Car le verset dit : « Et que ton frère vive avec toi » (Lévitique 25, 36) : rends-lui l'intérêt, afin qu'il vive avec toi.
- וְאֶלָּא בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי אַבָּיֵי וְרָבָא? בְּשִׁינּוּי קוֹנֶה.Mais alors, sur quoi Abayé et Rava divergent-ils ? Sur la question de savoir si la modification – l'acte accompli contrairement à la Torah – fait acquérir. Leur divergence est seulement de principe : selon Abayé, sauf verset contraire, la transgression a de l'effet ; selon Rava, elle n'en a pas ; ils divergent donc sur ce qui est la règle et ce qui est l'exception.
- לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא, בְּהָנֵי שִׁינּוּיֵי דְּשַׁנִּינַן, בְּרִבִּית קְצוּצָה — לְאַבָּיֵי לָא מַהְדַּר רִבִּית, לְרָבָא מַהְדַּר רִבִּית.Autre version : selon ces réponses que nous avons données, ils divergent au sujet de l'intérêt fixe : selon Abayé, on ne rend pas l'intérêt, car le prêteur l'a acquis ; selon Rava, on rend l'intérêt.
- וְהָא אַבָּיֵי נָמֵי סָבַר מַפְּקִינַן רִיבִּית קְצוּצָה בְּדַיָּינִין! דְּאָמַר אַבָּיֵי: הָדֵין דְּמַסֵּיק בְּחַבְרֵיהּ אַרְבַּע זוּזֵי בְּרִיבִּיתָא, וִיהַביה לֵיהּ לְמַלְוֶה (בְּחָנוּתֵיהּ) [בְּגַוַּיְיהוּ] גְּלִימָא דְּשָׁוֵי חַמְשָׁא בְּאַרְבְּעָה — כִּי מַפְּקִינַן מִינֵּיהּ, אַרְבְּעָה מַפְּקִינַן מִינֵּיהּ, וְהַאי זוּזָא בְּמַתָּנָה הוּא דִּיהַב לֵיהּ. וְרָבָא אָמַר: חַמְשָׁא מַפְּקִינַן מִינֵּיהּ. מַאי טַעְמָא? כּוּלַּהּ בְּתוֹרַת רִיבִּיתָא קָאָתֵי לִידֵיהּ!Mais Abayé aussi est d'avis qu'on récupère l'intérêt fixe par les juges ! Car Abayé a dit : celui qui réclamait à son prochain quatre zouz d'intérêt, et le débiteur a donné au prêteur, à leur place, un manteau qui en vaut cinq, pour quatre : quand on lui fait restituer l'intérêt, on lui fait restituer quatre, et ce zouz supplémentaire, c'est en cadeau que le débiteur le lui a donné. Et Rava dit : on lui fait restituer cinq. Quelle est la raison ? Le tout lui est parvenu au titre d'intérêt. Abayé admet donc que l'intérêt fixe est récupéré par le tribunal !
- אֶלָּא, כִּי קָא מִיפַּלְגִי אַבָּיֵי וְרָבָא בְּשִׁינּוּי קוֹנֶה.Plutôt, lorsque Abayé et Rava divergent, c'est sur la question de principe de savoir si la modification fait acquérir.
- תָּנוּ רַבָּנַן: ״כׇּל אֲשֶׁר בּוֹ מוּם לֹא תַקְרִיבוּ״, מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? אִם בְּ״לֹא תִשְׁחֲטוּ״ — הֲרֵי כְּבָר אָמוּר לְמַטָּה! אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּל תַּקְרִיבוּ״? — ״בַּל תַּקְדִּישׁוּ״. מִכָּאן אָמְרוּ: הַמַּקְדִּישׁ בַּעֲלֵי מוּמִין לְגַבֵּי מִזְבֵּחַ עוֹבֵר מִשּׁוּם חֲמִשָּׁה שֵׁמוֹת.Nos Maîtres ont enseigné (dans une baraïta) : « Tout ce qui a un défaut, vous ne l'offrirez pas » (Lévitique 22, 20) : que vient enseigner le verset ? Si c'est l'interdit « vous n'égorgerez pas » un animal consacré atteint de défaut, c'est déjà dit plus bas ! Que vient donc enseigner « vous n'offrirez pas » ? « Vous ne consacrerez pas ». De là les Sages ont dit : celui qui consacre des animaux atteints de défaut pour l'autel transgresse cinq interdits (litt. noms) :
- מִשּׁוּם ״בַּל תַּקְרִיבוּ״, ״בַּל תַּקְדִּישׁוּ״, ״בַּל תִּשְׁחֲטוּ״, וּמִשּׁוּם ״בַּל תִּזְרְקוּ״, וּמִשּׁוּם ״בַּל תַּקְטִירוּ כּוּלּוֹ״, וּמִשּׁוּם ״בַּל תַּקְטִירוּ מִקְצָתוֹ״. מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אָמְרוּ: אַף קַבָּלַת הַדָּם.« Vous n'offrirez pas », c'est-à-dire « vous ne consacrerez pas » ; « vous n'égorgerez pas » ; « vous n'aspergerez pas » le sang ; « vous ne brûlerez pas sur l'autel la totalité » ; et « vous ne brûlerez pas une partie ». On a dit au nom de Rabbi Yossé, fils de Rabbi Yehouda : on transgresse aussi un interdit pour la réception du sang.
- אָמַר מָר: אִם ״בַּל תִּשְׁחֲטוּ״ — הֲרֵי אָמוּר לְמַטָּה. הֵיכָן אָמוּר? דְּתַנְיָא: ״עַוֶּרֶת אוֹ שָׁבוּר אוֹ חָרוּץ אוֹ יַבֶּלֶת לֹא תַקְרִיבוּ״ — מָה תַּלְמוּד לוֹמַר? אִם ״בַּל תַּקְדִּישׁוּ״ — הֲרֵי כְּבָר אָמוּר לְמַעְלָה, אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״בַּל תַּקְרִיבוּ״? — ״בַּל תִּשְׁחֲטוּ״.Le Maître a dit : « Si c'est “vous n'égorgerez pas”, c'est dit plus bas ». Où est-ce dit ? Comme il a été enseigné : « Aveugle, ou brisé, ou mutilé, ou ayant une verrue… vous ne les offrirez pas » (Lévitique 22, 22) : que vient enseigner le verset ? Si c'est « vous ne consacrerez pas », c'est déjà dit plus haut ; que vient donc enseigner « vous n'offrirez pas » ? « Vous n'égorgerez pas ».
- ״וְאִשֶּׁה לֹא תִתְּנוּ מֵהֶם״ — אֵלּוּ אִשִּׁים, אֵין לִי אֶלָּא כּוּלָּן, מִקְצָתָן מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״מֵהֶם״.« Et vous n'en ferez pas un feu » (Lévitique 22, 22) : ce sont les feux de l'autel – on n'y brûlera pas l'animal atteint de défaut. Je ne sais cela que pour l'animal entier ; pour une partie, d'où le sait-on ? Le verset dit : « d'eux » (mehem), même une partie.
- זְרִיקַת דָּמִים מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עַל הַמִּזְבֵּחַ״, ״לַה׳״ — לְרַבּוֹת שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ.L'aspersion du sang, d'où sait-on qu'elle est interdite ? Le verset dit : « sur l'autel ». « À Hachem » : pour inclure le bouc émissaire (sa'ir hamichtalea'h) de Yom Kippour dans l'interdit, bien qu'il ne soit pas offert sur l'autel.
- וְ״לַה׳״ — לְרַבּוֹת הוּא? וְהָתַנְיָא: אִי ״קׇרְבָּן״ — שׁוֹמֵעַ אֲנִי אַף קׇדְשֵׁי בֶּדֶק הַבַּיִת, שֶׁנִּקְרְאוּ ״קׇרְבָּן״, כְּעִנְיָן שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַנַּקְרֵב אֶת קׇרְבַּן ה׳״!Et « à Hachem » vient-il pour inclure ? Mais il a été enseigné, au sujet de celui qui égorge une offrande hors du sanctuaire (Lévitique 17, 4) : si le verset disait seulement « offrande » (korban), je comprendrais qu'on est passible même pour les consécrations pour l'entretien du Temple, qui sont appelées « offrande », comme il est dit : « Nous avons apporté l'offrande de Hachem » (Nombres 31, 50) !
- תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְאֶל פֶּתַח אֹהֶל מוֹעֵד וְגוֹ׳״ — הָרָאוּי לְפֶתַח אֹהֶל מוֹעֵד חַיָּיבִין עָלָיו מִשּׁוּם שׁוֹחֲטֵי חוּץ, שֶׁאֵין רָאוּי לְפֶתַח אֹהֶל מוֹעֵד אֵין חַיָּיבִין עָלָיו מִשּׁוּם שׁוֹחֲטֵי חוּץ.Le verset dit donc : « et à l'entrée de la Tente d'assignation, etc. » : pour ce qui est apte à venir à l'entrée de la Tente d'assignation, on est passible au titre de l'interdit d'égorger à l'extérieur ; pour ce qui n'est pas apte à l'entrée de la Tente d'assignation, on n'est pas passible au titre d'égorger à l'extérieur.
- אוֹצִיא אֲנִי אֶת אֵלּוּ, וְלֹא אוֹצִיא פָּרַת חַטָּאת וְשָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, שֶׁהֵן רְאוּיִין לְפֶתַח אֹהֶל מוֹעֵד — תַּלְמוּד לוֹמַר ״לַה׳״, מִי שֶׁמְּיוּחָדִין לַה׳, יָצְאוּ אֵלּוּ שֶׁאֵין מְיוּחָדִין לַה׳.J'exclurais ceux-ci, mais je n'exclurais pas la vache de purification (la vache rousse) et le bouc émissaire, qui sont aptes à venir à l'entrée de la Tente d'assignation, puisqu'ils sont sans défaut ; le verset dit : « à Hachem » : on n'est passible que pour ceux qui sont réservés à Hachem comme offrandes ; ceux-ci sont exclus, qui ne sont pas réservés à Hachem. On voit donc que « à Hachem » vient exclure le bouc émissaire, et non l'inclure !
- אָמַר רָבָא: הָתָם, מֵעִנְיָינָא דִּקְרָא, ״וְאֶל פֶּתַח״ — לְרַבּוֹת, ״לַה׳״ — לְהוֹצִיא; הָכָא, דְּ״אִשֶּׁה״ — לְהוֹצִיא, ״לַה׳״ — לְרַבּוֹת.Rava dit : là-bas, cela découle du contexte du verset : « et à l'entrée » vient inclure tout animal sans défaut, si bien que « à Hachem » vient exclure ; ici, où « feu » vient exclure ce qui n'est pas brûlé sur l'autel, « à Hachem » vient inclure.
- טַעְמָא דִּכְתַב קְרָא ״לַה׳״ הוּא דְּלָא מַיְיתֵי שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ, הָא לָא רַבִּי קְרָא ״לַה׳״ הֲוָה אָמֵינָא שָׂעִיר הַמִּשְׁתַּלֵּחַ בַּעַל מוּם שַׁפִּיר דָּמֵי. מִכְּדִי, אֵין הַגּוֹרָל קוֹבֵעַ אֶלָּא בְּדָבָר הָרָאוּי!La raison est que le verset a écrit « à Hachem » : c'est pour cela qu'on n'amène pas comme bouc émissaire un animal atteint de défaut ; mais si le verset n'avait pas inclus par « à Hachem », j'aurais dit qu'un bouc émissaire atteint de défaut est bien permis. Or, le tirage au sort ne fixe les boucs dans leur rôle que pour ce qui est apte aux deux rôles ! Un bouc défectueux ne peut donc pas servir, et le verset semble inutile.
- אָמַר רַב יוֹסֵף: הָא מַנִּי? חָנָן הַמִּצְרִי הִיא, דְּאָמַר: אֲפִילּוּ דָּם בְּכוֹס — מֵבִיא חֲבֵירוֹ וּמְזַוֵּוג לוֹ.Rav Yossef dit : de qui est-ce l'opinion ? C'est celle de 'Hanan l'Égyptien, qui a dit : si le bouc émissaire meurt, même si le sang de l'autre bouc est déjà dans la coupe, on amène un autre bouc et on l'apparie avec lui, sans tirage au sort ; on aurait donc pu penser qu'il peut être défectueux.
- נְהִי דְּשָׁמְעַתְּ לֵיהּ לְחָנָן הַמִּצְרִי, דְּלָא הָוֵי דִּיחוּי, דְּלָא צְרִיךְ הַגְרָלָה — מִי שָׁמְעַתְּ לֵיהּ? דִּילְמָא מַיְיתֵי וּמַגְרִיל!Admettons que tu l'aies entendu de 'Hanan l'Égyptien, qu'il n'y a pas de mise à l'écart (di'houï) du bouc déjà égorgé ; mais l'as-tu entendu dire qu'il n'est pas besoin de tirage au sort ? Peut-être amène-t-on deux boucs et fait-on un tirage au sort !
- אֶלָּא אָמַר רַב יוֹסֵף: הָא מַנִּי? רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא, דְּתַנְיָא: מֵת אֶחָד מֵהֶן — מֵבִיא חֲבֵירוֹ בְּלֹא הַגְרָלָה, דִּבְרֵי רַבִּי שִׁמְעוֹן.Plutôt, Rav Yossef dit : de qui est-ce l'opinion ? C'est celle de Rabbi Chimon, comme il a été enseigné : si l'un d'eux meurt, on amène un autre bouc sans tirage au sort ; ce sont les paroles de Rabbi Chimon.
- רָבָא אָמַר: לֹא נִצְרְכָא, כְּגוֹן שֶׁהוּמַם בּוֹ בַּיּוֹם וְחִילְּלוֹ עַל חֲבֵירוֹ.Rava dit : non, le verset est nécessaire pour le cas où le bouc émissaire est devenu défectueux le jour même, après le tirage au sort, et que le prêtre a transféré sa sainteté sur un autre bouc, lui aussi défectueux.
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