Traduction IA · non relue· en gras : le texte mot à mot
- דִּלְמָא רַבִּי נָתָן הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: מִנַּיִן לַנּוֹשֶׁה בַּחֲבֵירוֹ מָנֶה, וַחֲבֵירוֹ בַּחֲבֵירוֹ, מִנַּיִן שֶׁמּוֹצִיאִין מִזֶּה וְנוֹתְנִין לָזֶה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְנָתַן לַאֲשֶׁר אָשַׁם לוֹ״.Cela ne prouve pourtant pas que la baraïta (enseignement tannaïtique non retenu dans la Michna) citée par Rav Yossef soit erronée, car peut-être est-ce l'opinion de Rabbi Natan. Car il a été enseigné dans une baraïta : Rabbi Natan dit : D'où savons-nous, pour celui qui réclame un mané à son prochain, et que ce prochain réclame un mané à un autre, d'où savons-nous qu'on prélève l'argent de celui-ci, le dernier emprunteur, et qu'on le donne à celui-là, le premier prêteur, sans passer par l'intermédiaire ? Le verset enseigne : « Et il donnera à celui envers qui il s'est rendu coupable » (Nombres 5, 7) : celui qui détient le bien paie directement celui à qui le capital est dû, bien qu'il n'ait contracté aucune dette envers lui.
- אֶלָּא: לָא אַשְׁכְּחַן תַּנָּא דְּמַחְמִיר תְּרֵי חוּמְרֵי בִּכְתוּבָּה, אֶלָּא אִי כְּרַבִּי מֵאִיר אִי כְּרַבִּי נָתָן.Mais plutôt, voici pourquoi on rejette cette baraïta : nous n'avons pas trouvé de Tanna (Sage de l'époque de la Michna) qui soit rigoureux de deux rigueurs concernant la ketouba (contrat de mariage) ; mais on statue soit selon Rabbi Méïr, pour qui les biens meubles sont hypothéqués à la ketouba, soit selon Rabbi Natan. Or cette baraïta réunit les deux rigueurs : elle n'a donc pas d'autorité.
- אָמַר רָבָא: אִם כֵּן, הַיְינוּ דִּשְׁמַעְנָא לֵיהּ לְאַבָּיֵי דְּאָמַר: ״זוֹ אֵינָהּ מִשְׁנָה״, וְלָא יָדַעְנָא מַאי הִיא.Rava a dit : S'il en est ainsi, c'est le sens de ce que j'ai entendu d'Abayé, qui disait : « Ceci n'est pas une Michna », à savoir un enseignement digne de foi, et je ne savais pas ce que c'était, c'est-à-dire pourquoi il le rejetait.
- הָהוּא גַּבְרָא דִּנְפַלָה לֵיהּ יְבָמָה בְּמָתָא מַחְסֵיָא. בְּעָא אֲחוּהּ לְמִיפְסְלַהּ בְּגִיטָּא מִינֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי דַּעְתָּיךְ, אִי מִשּׁוּם נִכְסֵי — אֲנָא בְּנִכְסֵי פָּלֵיגְנָא לָךְ. אֲמַר לֵיהּ: מִסְתְּפֵינָא דְּעָבְדַתְּ לִי כְּדַעֲבַיד פּוּמְבְּדִיתָאָה רַמָּאָה. אֲמַר לֵיהּ: אִי בָּעֵית — פְּלוֹג לָךְ מֵהַשְׁתָּא.La Guemara rapporte un cas semblable : Il y avait un certain homme à qui échut une yevama (veuve de son frère mort sans enfant, soumise au lévirat) à Mata Me'hassia. Son frère voulut la lui rendre interdite par un get (acte de divorce). L'homme lui dit : Quelle est ton intention ? Si c'est à cause des biens du défunt, moi, je partagerai les biens avec toi. Le frère lui dit : Je crains que tu ne me fasses comme a fait le fourbe de Poumbedita, qui avait promis le partage puis s'était rétracté. L'homme lui dit : Si tu veux, partage pour toi dès maintenant ; l'acquisition prendra effet lorsque j'aurai épousé la yevama.
- אָמַר מָר בַּר רַב אָשֵׁי: אַף עַל גַּב דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ ״לֵךְ וּמְשׁוֹךְ פָּרָה זוֹ וְלֹא תִּהְיֶה קְנוּיָה לְךָ אֶלָּא לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם״, לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם קָנָה, וַאֲפִילּוּ עוֹמֶדֶת בַּאֲגַם.Mar bar Rav Achi a dit qu'un tel partage est sans valeur, bien que, lorsque Rav Dimi est venu de la terre d'Israël, il ait dit au nom de Rabbi Yo'hanan : Celui qui dit à son prochain : « Va, tire cette vache, et elle ne te sera acquise qu'après trente jours », il acquiert après trente jours par ce tirage (acte d'acquisition des biens meubles), et même si à ce moment la vache se tient dans un pré, un lieu qui n'appartient pas à l'acquéreur. Ce tirage présent vaut donc pour plus tard, et pourtant Mar bar Rav Achi distingue le cas de notre frère.
- הָתָם — בְּיָדוֹ, הָכָא — לָאו בְּיָדוֹ.Car là, pour la vache, c'est en son pouvoir de la transférer dès à présent ; ici, ce n'est pas en son pouvoir, puisqu'il n'a pas encore accompli le lévirat et que les biens ne sont pas à lui.
- וְהָא כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לָא קָנֵי! לָא קַשְׁיָא: הָא דַּאֲמַר לֵיהּ ״קְנֵי מֵעַכְשָׁיו״, הָא דְּלָא אֲמַר לֵיהּ ״קְנֵי מֵעַכְשָׁיו״.La Guemara objecte : Mais voici que, lorsque Ravin est venu de la terre d'Israël, il a dit au nom de Rabbi Yo'hanan que dans le cas de la vache il n'acquiert pas ! La Guemara répond : Ce n'est pas difficile : ici, il acquiert, c'est lorsqu'il lui a dit : « Acquiers dès maintenant », de sorte qu'au bout de trente jours la vache est à lui rétroactivement ; là, il n'acquiert pas, c'est lorsqu'il ne lui a pas dit : « Acquiers dès maintenant ».
- בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵעוּלָּא: יִבֵּם וְאַחַר כָּךְ חִילֵּק, מַהוּ? לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. חִילֵּק וְאַחַר כָּךְ יִבֵּם, מַהוּ? לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם.Ils demandèrent à Oulla : Si le yavam (beau-frère tenu au lévirat) a accompli le lévirat et ensuite a partagé les biens promis à son frère, qu'en est-il ? Il répondit : Il n'a rien fait du tout. S'il a partagé et ensuite accompli le lévirat, qu'en est-il ? Il répondit : Il n'a rien fait du tout.
- מַתְקֵיף לַהּ רַב שֵׁשֶׁת: הַשְׁתָּא יִבֵּם וְאַחַר כָּךְ חִילֵּק, לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם, חִילֵּק וְאַחַר כָּךְ יִבֵּם מִבַּעְיָא?! שְׁנֵי מַעֲשִׂים הֲווֹ.Rav Chéchèt s'y est opposé : Maintenant que, s'il a accompli le lévirat et ensuite partagé, alors que les biens sont en sa possession, il n'a rien fait du tout, s'il a partagé et ensuite accompli le lévirat, est-il besoin de le demander ?! La Guemara répond : Ces deux questions n'ont pas été posées ensemble, mais il y eut deux cas distincts.
- כִּי אֲתָא רָבִין, אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: בֵּין יִבֵּם וְאַחַר כָּךְ חִילֵּק, בֵּין חִילֵּק וְאַחַר כָּךְ יִבֵּם — לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם. וְהִלְכְתָא: לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם.Lorsque Ravin est venu de la terre d'Israël, il a dit au nom de Rech Lakich : Qu'il ait accompli le lévirat et ensuite partagé, ou qu'il ait partagé et ensuite accompli le lévirat, il n'a rien fait du tout. Et la halakha (loi pratique) est qu'il n'a rien fait du tout.
- וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: פֵּירוֹת הַמְחוּבָּרִים לַקַּרְקַע — שֶׁלּוֹ. אַמַּאי? וְהָא כׇּל נְכָסָיו אַחְרָאִין וְעַרְבָאִין לִכְתוּבָּתָהּ! אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: תְּנִי — שֶׁלָּהּ.La Michna a enseigné : Et les Sages disent : Les fruits attachés au sol sont à lui. La Guemara demande : Pourquoi ? Mais voici que tous ses biens sont garants et cautions pour sa ketouba ! Rech Lakich a dit : Corrige le texte et enseigne : les fruits attachés au sol sont à elle.
- כְּנָסָהּ — הֲרֵי הִיא כְּאִשְׁתּוֹ. לְמַאי הִלְכְתָא? אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: לוֹמַר שֶׁמְּגָרְשָׁהּ בְּגֵט וּמַחְזִירָהּ. מְגָרְשָׁהּ בְּגֵט פְּשִׁיטָא?La Michna a encore enseigné : S'il l'a épousée, elle est comme son épouse. La Guemara demande : Pour quelle halakha ceci est-il dit ? Rabbi Yossé beRabbi 'Hanina a dit : C'est pour dire qu'il la divorce par un get et qu'il peut la reprendre ensuite. La Guemara demande : Qu'il la divorce par un get, n'est-ce pas évident ?
- מַהוּ דְּתֵימָא: ״וְיִבְּמָהּ״ אָמַר רַחֲמָנָא, וַעֲדַיִין יִבּוּמִין הָרִאשׁוֹנִים עָלֶיהָ. לָא תִּיסְגֵּי לַהּ בְּגֵט אֶלָּא בַּחֲלִיצָה, קָא מַשְׁמַע לַן.La Guemara explique : Il fallait le dire, de peur que tu ne dises : « Et il accomplira le lévirat », a dit le Miséricordieux (Deutéronome 25, 5), et le premier lévirat est encore sur elle ; il ne lui suffirait donc pas d'un get, mais il lui faudrait la 'halitsa (cérémonie de déchaussement libérant du lévirat). Il nous enseigne que non : une fois épousée, elle est comme toute autre femme.
- מַחְזִירָהּ: פְּשִׁיטָא!La Guemara poursuit : Et qu'il peut la reprendre, c'est évident !
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