Zeva'him 89a
Talmud de Babylone · זבחים · Chapitre 10, Kol HaTadir
MICHNA : Toute offrande plus fréquente qu'une autre précède l'autre. Les tamid (offrandes quotidiennes) précèdent les moussafim (offrandes additionnelles). Les moussafim de Chabbat précèdent les moussafim de Roch 'Hodech. Les moussafim de Roch 'Hodech précèdent les moussafim de Roch Hachana, comme il est dit : « Outre l'holocauste du matin, qui est pour l'holocauste perpétuel, vous ferez ceux-ci » (Nombres 28, 23).
מַתְנִי׳ כׇּל הַתָּדִיר מֵחֲבֵירוֹ – קוֹדֵם אֶת חֲבֵירוֹ. הַתְּמִידִין קוֹדְמִין לְמוּסָפִין. מוּסְפֵי שַׁבָּת קוֹדְמִין לְמוּסְפֵי רֹאשׁ חֹדֶשׁ. מוּסְפֵי רֹאשׁ חֹדֶשׁ קוֹדְמִין לְמוּסְפֵי רֹאשׁ הַשָּׁנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר אֲשֶׁר לְעֹלַת הַתָּמִיד תַּעֲשׂוּ אֶת אֵלֶּה״.
Rachi
MICHNA : Toute offrande plus fréquente – Chabbat est plus fréquent que Roch 'Hodech, et de même pour tous.
Outre l'holocauste du matin – cela signifie : déjà accompli. Il en ressort que les tamid précèdent les moussafim.
GUEMARA : D'où le savons-nous ? La Guemara s'étonne : D'où le savons-nous ?! Comme la raison en est donnée dans la Michna : « Outre l'holocauste du matin » ! Elle explique : Peut-être sont-ce seulement les tamid qui précèdent les moussafim, parce qu'ils sont fréquents, étant quotidiens ; mais pour un moussaf par rapport à un moussaf, d'où le savons-nous ?
גְּמָ׳ מְנָא לַן? מְנָא לַן?! כִּדְקָאָמַר טַעְמָא: ״מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר״! דִּילְמָא תְּמִידִין הֵן דְּקָדְמִי לְמוּסָפִין – מִשּׁוּם דִּתְדִירִי; מוּסָפִין לְמוּסָפִין מְנָא לַן?
Rachi
GUEMARA : Parce qu'ils sont fréquents – car le tamid est offert chaque jour ; c'est pourquoi sa fréquence est importante.
Rabbi Iléa a dit : Car le verset dit : « Comme ceux-ci, vous ferez chaque jour, pendant sept jours » (Nombres 28, 24) : ceux-ci comme ceux-là, les moussafim suivent entre eux le même ordre que le tamid et le moussaf, le plus fréquent d'abord.
אָמַר רַבִּי אִילְעָא, דְּאָמַר קְרָא: ״כָּאֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיּוֹם שִׁבְעַת יָמִים״ – אֵלֶּה כָּאֵלֶּה.
Rachi
Comme ceux-ci, vous ferez, etc. – après le verset « outre l'holocauste du matin, vous ferez ceux-ci », il est écrit « comme ceux-ci, vous ferez », ce qui signifie : selon l'ordre que Je t'ai indiqué. « Comme ceux-ci » d'en haut : de même que ce qui est fréquent précède, tel sera l'ordre des moussafim, de sorte qu'un jour où il y a deux moussafim, comme le Chabbat qui tombe pendant la fête, le plus fréquent précédera.
La Guemara objecte : Mais ce verset est nécessaire pour lui-même, pour enseigner que le moussaf du premier jour de Pessa'h se répète chaque jour ! Elle répond : S'il en était ainsi, qu'il écrive : « Ceux-ci, vous ferez chaque jour ».
וְהַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְגוּפֵיהּ! אִם כֵּן, נִיכְתּוֹב: ״אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיּוֹם״.
Rachi
Pour lui-même – pour imposer un moussaf pendant les sept jours, car du premier verset nous ne déduisons que le premier jour.
La Guemara objecte : S'il avait écrit : « Ceux-ci, vous ferez chaque jour, les sept jours », j'aurais dit : ceux-ci pour l'ensemble des sept jours (oui, et rien d'autre) ! Elle répond : « Chaque jour » est écrit, ce qui exclut cette lecture.
אִי כְּתַב ״אֵלֶּה תַּעֲשׂוּ לַיּוֹם שִׁבְעַת הַיָּמִים״, הֲוָה אָמֵינָא: אֵלֶּה לְשִׁבְעַת הַיָּמִים (אִין, מִידֵּי אַחֲרִינָא לָא)! ״לַיּוֹם״ כְּתִיב.
Rachi
S'il avait écrit : ceux-ci, etc. – c'est une formulation d'objection.
Ceux-ci pour les sept jours – ces sept agneaux mentionnés dans le passage seraient répartis sur les sept jours.
La Guemara objecte : Et cependant, dis : ceux-ci pour le jour premier, mais pour les autres jours, je ne sais pas combien ! Elle répond : Le verset dit « vous ferez » : pour que toutes les pratiques soient égales. « Comme ceux-ci » reste donc superflu et enseigne la préséance.
וְאַכַּתִּי אֵימָא: אֵלֶּה לַיּוֹם, אֲבָל שְׁאָר יוֹמֵי לָא יָדַעְנָא כַּמָּה! אָמַר קְרָא ״תַּעֲשׂוּ״ – שֶׁיְּהוּ כׇּל הָעֲשִׂיּוֹת שָׁווֹת.
Rachi
Ceux-ci pour le jour – pour le premier jour ; et il est écrit ensuite : « sept jours, offrande de feu d'odeur agréable pour Hachem », sans que nous sachions combien. C'est pourquoi il faudrait « comme ceux-ci » : car nécessairement, désormais, tu appliqueras « vous ferez chaque jour » aux autres jours.
Abayé a dit : Cela se déduit du verset lui-même cité dans la Michna : S'il en était ainsi, que seul le tamid soit prioritaire, que le verset dise « outre l'holocauste du matin » et se taise. « Qui est pour l'holocauste perpétuel », pourquoi ai-je besoin de cela ? Pour dire que ce qui est fréquent précédera.
אַבָּיֵי אָמַר מִגּוּפַהּ דִּקְרָא: אִם כֵּן, לֵימָא קְרָא ״מִלְּבַד עֹלַת הַבֹּקֶר״ וְתִישְׁתּוֹק, ״אֲשֶׁר לְעֹלַת הַתָּמִיד״ לְמָה לִי? לְמֵימַר דְּהָךְ דִּתְדִירָא תִּיקְדּוֹם.
Rachi
Du verset lui-même – de « outre l'holocauste du matin », nous apprenons que les moussafim fréquents précéderont.
« Qui est pour l'holocauste perpétuel », pourquoi ai-je besoin de cela – il est évident que l'holocauste du matin est l'holocauste perpétuel ! C'est donc qu'il a fait dépendre pour toi la raison de sa préséance de sa fréquence, afin que tu en apprennes pour les autres fréquents qu'ils précèdent. Car pour lui-même, pourquoi aurais-je besoin d'en préciser la raison ?
MICHNA : Toute offrande plus sacrée qu'une autre précède l'autre. Le sang de la 'hatat (offrande expiatoire) précède le sang de l'holocauste, parce qu'il apaise, expiant même des fautes passibles de karet (retranchement). Les membres de l'holocauste précèdent les parties à brûler de la 'hatat, parce qu'il est entièrement livré aux feux de l'autel.
מַתְנִי׳ כׇּל הַמְקוּדָּשׁ מֵחֲבֵירוֹ – קוֹדֵם אֶת חֲבֵירוֹ. דַּם הַחַטָּאת קוֹדֵם לְדַם הָעוֹלָה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא מְרַצֶּה. אֵיבְרֵי עוֹלָה קוֹדְמִין לְאֵימוּרֵי חַטָּאת, מִפְּנֵי שֶׁהוּא כָּלִיל לָאִישִּׁים.
Rachi
MICHNA : Toute offrande plus sacrée qu'une autre – qui a un aspect de sainteté accrue par rapport à elle.
Le sang de la 'hatat précède le sang de l'holocauste – si toutes deux sont abattues et que leur sang attend d'être jeté.
Parce qu'il apaise – il expie pour ceux qui sont passibles de karet, qui ont besoin d'un grand apaisement.
Les membres de l'holocauste précèdent – quant à leur combustion, les parties à brûler de la 'hatat, si le sang de l'une et de l'autre a été jeté.
Parce qu'il est entièrement livré – et c'est un aspect de sainteté accrue pour l'autel.
La 'hatat précède l'acham (offrande de culpabilité), parce que son sang est donné sur les quatre cornes et que le reste est versé sur le socle. L'acham précède le toda (offrande de reconnaissance) et le bélier du naziréen, parce qu'il est de sainteté majeure (kodché kodachim). Le toda et le bélier du naziréen précèdent les chelamim (offrandes de paix), parce qu'ils se mangent un seul jour et requièrent des pains.
חַטָּאת קוֹדֶמֶת לְאָשָׁם, מִפְּנֵי שֶׁדָּמָהּ נִיתָּן לְאַרְבַּע קְרָנוֹת עַל הַיְסוֹד. אָשָׁם קוֹדֵם לְתוֹדָה וְאֵיל נָזִיר, מִפְּנֵי שֶׁהוּא קׇדְשֵׁי קָדָשִׁים. תּוֹדָה וְאֵיל נָזִיר קוֹדְמִים לִשְׁלָמִים, מִפְּנֵי שֶׁהֵן נֶאֱכָלִין לְיוֹם אֶחָד, וּטְעוּנִין לֶחֶם.
Rachi
Sur les quatre cornes – alors que pour l'acham, il y a deux aspersions qui sont quatre, et non sur les cornes.
Et sur le socle – c'est le versement du reste du sang, et pour l'acham nous ne trouvons pas que cela ait été dit.
Une aspersion de quatre – deux aspersions qui sont quatre, alors que le premier-né n'a qu'une seule aspersion, et ne requiert ni imposition des mains ni libations, comme nous le disons dans le traité Mena'hot, au chapitre Chté Midot (90b) : « Toutes les offrandes, etc. »
Les chelamim précèdent le premier-né, parce qu'ils requièrent une aspersion de quatre sur l'autel, l'imposition des mains, des libations, et le balancement de la poitrine et de la cuisse. Le premier-né précède la dîme du bétail, parce que sa sainteté vient du ventre maternel, et qu'il est mangé par les Cohanim.
הַשְּׁלָמִים קוֹדְמִין לַבְּכוֹר, מִפְּנֵי שֶׁהֵן טְעוּנִין מַתַּן אַרְבַּע [וּסְמִיכָה] וּנְסָכִים, וּתְנוּפוֹת חָזֶה וָשׁוֹק. הַבְּכוֹר קוֹדֵם לַמַּעֲשֵׂר, מִפְּנֵי שֶׁקְּדוּשָּׁתוֹ מֵרֶחֶם, וְנֶאֱכָל לַכֹּהֲנִים.
La dîme précède les oiseaux, parce qu'elle est un sacrifice abattu, et qu'il y a en elle des éléments de sainteté majeure : son sang et ses parties à brûler. Les oiseaux précèdent les offrandes de farine (mena'hot), parce que ce sont des espèces à sang. L'offrande de farine du pécheur précède l'offrande de farine volontaire, parce qu'elle vient pour une faute. La 'hatat d'oiseau précède l'holocauste d'oiseau, et de même pour sa consécration.
הַמַּעֲשֵׂר קוֹדֵם לָעוֹפוֹת, מִפְּנֵי שֶׁהוּא זֶבַח, וְיֵשׁ בּוֹ קוֹדֶשׁ קֳדָשִׁים – דָּמוּ וְאֵימוּרָיו. הָעוֹפוֹת קוֹדְמִין לַמְּנָחוֹת, מִפְּנֵי שֶׁהֵן מִינֵי דָמִים. מִנְחַת חוֹטֵא קוֹדֶמֶת לְמִנְחַת נְדָבָה, מִפְּנֵי שֶׁהוּא בָּא עַל חֵטְא. חַטַּאת הָעוֹף קוֹדֶמֶת לְעוֹלַת הָעוֹף, וְכֵן בְּהֶקְדֵּישָׁהּ.
Rachi
Parce qu'elle est une espèce de sacrifice – abattue au couteau, alors que l'oiseau l'est par melika. Et les sacrifices sont importants parce que leur mitsva est abondante, toutes les offrandes venant d'eux.
Et il y a en elle des éléments de sainteté majeure – pour la part du Très-Haut, deux choses : son sang et ses parties à brûler ; ce qui n'est pas le cas de la 'hatat d'oiseau, dont seul le sang va à l'autel. Et puisqu'elle précède la 'hatat d'oiseau, à plus forte raison précède-t-elle l'holocauste d'oiseau, car la 'hatat d'oiseau précède l'holocauste d'oiseau, comme il est enseigné à la suite.
Ce sont des espèces à sang – leur expiation est abondante.
Parce qu'elle vient pour une faute – et telle est sa sainteté : elle fait expiation.
La 'hatat d'oiseau précède l'holocauste d'oiseau – nous l'apprenons des versets dans la Guemara.
Et de même pour sa consécration – quand il désigne sa paire d'oiseaux, il nomme d'abord la 'hatat.